mardi 9 août 2016

Les mécanismes de la conversion au christianisme en Chine au XXIe siècle

Pierre Vendassi, Chrétiens de Chine : affiliations et conversions au XXIe siècle, préface de Charles-Henry Cuin, coll. Sciences des religions, Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2016, 239 p., 20 €.


Depuis trente ans, le christianisme se répand en Chine. Venu d'Occident, il apparaît comme une religion résolument moderne, loin d'être étrange dans ce pays traditionnellement traversé par une « religion diffuse ». Toutefois, cette religion présente pas un visage monolithique. L'Église catholique côtoie le protestantisme, favorisé par l'État, mais aussi une multitude de sectes et de mouvements qui se réclament de la Bible, dont certains sont spécifiques à la Chine. De même, certains chrétiens ont une affiliation à l'Église officielle, contrôlée par le Parti communiste, alors que d'autres appartiennent à l'Église souterraine ou clandestine. Au XIXe siècle, les « rice Christians », les chrétiens du riz, sont des paysans démunis qui se tournent vers les missionnaires pour profiter des ressources qu'ils apportent. Le chrétien chinois du XXIe siècle est plutôt jeune, appartenant à la classe moyenne ou aisé, il affiche sa foi autant que sa réussite économique. Toutefois, le christianisme est répandu dans toutes les couches sociales. Il est difficile d'évaluer son ampleur, tant pour des raisons pratiques que politiques et culturelles, notamment parce que le syncrétisme est très répandu. Les modalités d'appartenance sont aussi très nombreuses, allant de la simple adhésion verbale à l'engagement intégriste. Selon les estimations, il y aurait entre 50 et 100 millions de chrétiens pour une population d'un milliard trois cents millions.

lundi 8 août 2016

Les églises chrétiennes dans la Grande Guerre

Revue d'Histoire de l'Eglise de France, 102 (248), 2016
Les Églises chrétiennes dans la Grande Guerre.  Expériences historiographiques européennes


Ce dernier numéro de la Revue d’Histoire de l’Eglise de France fait le point de l'ensemble des publications autour du fait religieux pendant la Grande Guerre 1914-1918 dans les différents pays européens engagés dans ce conflit. Les auteurs remarquent que ce n’est qu’après les années 1960 (et surtout depuis 1990) que les historiens étudient les attitudes des églises et des chrétiens pendant ce conflit. Longtemps les études limitèrent leur champ d’investigation sur l’attitude du Vatican et des efforts de paix de Benoit XV pendant ce conflit. Aujourd’hui on se penche davantage à étudier comment les chrétiens des pays concernés ont vécu pendant ce temps de guerre et les conséquences qui en découlèrent une fois la paix revenue en Europe.


Sommaire de ce numéro
Nadine-Josette CHALINE: L'Église et la Grande Guerre
Xavier BONIFACE: L'histoire religieuse de la France durant la Grande Guerre: un état des recherches
Pierre-Yves KIRSCHLEGER: Une minorité religieuse dans la Grande Guerre: les protestants français
Erniel LAMBERTS : Historiographie de la vie religieuse en Belgique pendant la Grande Guerre
Maria PAIANO: L'Italie, le pays qui abrite le pape
Catherine MAURER : Vingt ans d'histoire religieuse de la première guerre mondiale en Allemagne : où en est l'histoire des formes de piété ?
Umberto MAZZONE : Églises et monarchie austro-hongroise
Michael SNAPE : The Christian Churches and the Great War : England, Scotland and Wales
Jean-Dominique DURAND : Conclusions

publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


Le tourment de la guerre : Pourquoi tant de violence ?

Le tourment de de la guerre
Jean-Claude Guillebaud
Paris, Editions de l’Iconoclaste, 2015. 391 pages.


Résumé du livre

« J'ai vu sur nos écrans parader des meurtriers qui soignaient la mise en scène de l'horreur : bourreaux cagoulés de noir, futures victimes en tenue orange... Face à ces torrents de violence, saurons-nous rester droits, sans devenir nous-mêmes barbares ? Aurons-nous assez de cran et de calme pour regarder en face les monstres qui nous habitent ? La guerre est une prodigieuse énigme dont le feu, une fois encore, revient nous tourmenter. »

Mêlant sa propre histoire de fils d'officier et d'ancien reporter de guerre à son talent d’ analyste, Jean-Claude Guillebaud se penche sur cette vérité encombrante, brutalement ressurgie du fond des ténèbres : l'homme a toujours fait et aimé faire la guerre. Convoquant ses souvenirs et ses lectures, retournant sur les lieux des grandes batailles, scrutant toutes les époques, il enquête sur cette effroyable passion qui nous fascine et nous répugne tout à la fois. Ce voyage au bout de la violence, comme un miroir qu'il nous tend, apporte un éclairage engagé et précieux sur les évènements contempoirains.


L’auteur

Jean-Claude Guillebaud est journaliste – prix Albert-Londres en 1972 pour sa couverture de la guerre du Vietnam – et essayiste. Il est l’auteur aux éditions de l’Iconoclaste de Je n’ai plus peur (2014) et Une autre vie est possible (2012).


Publication : quatrième de couverture

Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

vendredi 5 août 2016

"Prendre soin ce n'est pas nécessairement rajouter des jours à la vie mais de la vie aux jours"

Élodie Lemoine, Jean-Philippe Pierron (dir.), La mort et le soin : autour de Vladimir Jankélévitch, coll. Questions de soin, Paris : Presses Universitaires de France, 2016, 180 p., 13 €.


La collection Questions de soin, présentée sur le site des Presses Universitaires de France, créée en 2012, met en lien philosophie, sociologie et médecine (avec par exemple Souffrance et douleur : autour de Paul Ricoeur, 2013, À quel soi se fier ? Conversations avec Winicott, 2015). Elle présente des essais sur des points médicaux précis, amenés par les progrès médicaux, qui concernent souvent la relation au patient (Le soin maternel, 2013, Le patient autonome, 2014). Elle en montre les implications politiques. Certains de ces ouvrages sont disponibles en format numérique, pour un prix réduit (à partir de 4,49 €).
Bien que les soins palliatifs n'existaient pas à sa parution en 1966, La Mort de Vladimir Jankélévitch éclaire ce que l'on appelle aujourd'hui la fin de vie. Il situe la question de la mort dans sa portée existentielle, métaphysique, morale et relationnelle : il met en lumière le paradoxe entre la certitude de la mort, partagée par tous les êtres humains, et l'incertitude de la date à laquelle elle surviendra. C'est dans cet espace que prennent place les soins palliatifs, durant lesquels l'équipe médicale doit s'occuper du patient et l'entourer, sans espoir de guérison, sans tomber ni dans l'"abandonnisme" ni dans l'acharnement thérapeutique, défini aujourd'hui comme une obstination déraisonnable.
La mort et le soin, placé sous la direction d'Élodie Lemoine, doctorante en philosophie, et de Jean-Philippe Pierron, professeur à l'université Jean Moulin-Lyon 3, revient en 10 contributions sur les apports de Jankélévitch pour les appliquer aux situations médicales actuelles : définir le temps de la fin de vie, l'espace de vie permis par l'incertitude de la date de la mort, les questions éthiques de l'euthanasie et de l'acharnement thérapeutique. Les relations que le patient entretient avec les soignants et son entourage sont longuement explorées : Tanguy Châtel, sociologue, parle de l'accompagnant, Pascale Vassal, médecin, traite de la relation de soin. La philosophe Agata Zielinski observe la personne mourante agir comme un miroir pour celles qui y sont confrontées.
Les contributeurs sont médecins et oncologues d'une part, sociologues et philosophes universitaires de l'autre. Cette interdisciplinarité ouvre un champ de réflexion très large. Il est toutefois regrettable qu'une bibliographie, même sommaire, ne soit pas proposée.
Il est intéressant de compléter cet ouvrage avec les écrits de Marie de Hennezel, qui analyse en profondeur l'expérience spirituelle des personnes en fin de vie et de leurs accompagnateurs. Elle rejoint ici Jean-Philippe Pierron, qui rappelle justement dans son introduction que "prendre soin ce n'est pas nécessairement rajouter des jours à la vie mais de la vie aux jours" (p. 8).

Hélène Biarnais
médiathèque du diocèse de Gap et d'Embrun

jeudi 4 août 2016

Lourdes : l'histoire du pèlerinage

Lourdes : la grande histoire des apparitions, des pèlerinages et des guérisons.
Ruth Harris
Paris, JC Latès, 2001. 593 pages.


Comment la grotte de Massabielle est-elle devenue un des premiers sanctuaires de la chrétienté ? L'ouvrage de Ruth Harris se place hors de toute une production apologétique ou anticléricale, mais ce veut comme un livre qui relate un siècle d'apparitions, de pèlerinage et de guérisons. De l'anonymat provincial des débits à une reconnaissance mondiale, du catholicisme du XIXè siècle à celui d'après Vatican II, en passant des par les débats de la France de la Troisième République à ceux d'aujourd'hui, l'auteur explique comment le symbole est au-delà des faits se révèle comme un moteur de l'Histoire de notre temps.
Cet important ouvrage en partant des visions de Bernadette Soubirous  et poursuivant son enquête jusque vers 1914, montre comment cette petite ville de province va devenir un lieu incontournable pour les chrétiens d'un monde entier. Mais ce succès dès 1886 est dû à la conjonction de plusieurs facteurs : il y a une alliance objective entre des intérêts locaux et une politique républicaine après les lois de Séparation de 1905 ainsi qu'une volonté de l'Eglise de lutter contre l'esprit positiviste et anticléricale de cette époque. L’Eglise catholique ne lésinera pas pour promouvoir le nouveau sanctuaire de Lourdes par la diffusion des ouvrages, images et les moyens de transports modernes largement mis à contribution.

Ruth Harris s'attache aussi démontrer pourquoi ce pèlerinage est devenu à la fois une promotion pour le culte marial et également un espace où la douleur du corps a tient une place privilégiée. Si ce sont les élites parisiennes qui ont "fait" Lourdes ce sont les malades qui "font" Lourdes. Par le message de Bernadette, de sa personnalité ce sont bien les humbles qui donnent à Lourdes sont caractère si spécial dans le coeur des pèlerins.  
On ne s'étonnera donc pas de voir dans ce livre un développement sur façon dont furent gérées les premières guérisons miraculeuses avec la mise en place progressive (dès 1883) d'un Bureau de constatation des guérisons miraculeuses.  
Professeur à Oxford, historienne, spécialiste des mentalités du XIXè siècle, Ruth Harris ne craint pas de confier ce qu'elle-même a vécu à Lourdes : "Bien que je sois demeurée juive et sécularisée comme je l'étais auparavant, j'y ai rencontré une autre réalité que celle que l'on pouvait attendre".

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


mercredi 3 août 2016

La profondeur de l'existence divine

La profondeur divine de l’existence
Jean-Philippe Trottier
Montréal (Québec), 2014. 175 pages.



Avant que de plonger dans ce petit livre écrit par le québécois Jean-Philippe Trottier, il est bon de lire les la préface de Charles Taylor : « Dans une série d’études extrêmement riches, Jean-Philippe Trottier essaie de nous libérer de nos stéréotypes sur la foi et la non-foi, et sur ce qui est censé les séparer. Il nous offre de nouvelles pistes de réflexion non seulement sur le christianisme, mais aussi sur notre vie à l’âge séculier. »
Ainsi nous sommes prévenus : cet écrit pourra venir bousculer nos certitudes sur la foi, sur le fait d’être chrétien

Cet ouvrage n’est pas un traité de plus sur la foi ou la vie chrétienne mais plutôt une longue méditation de celui qui a rencontré Jésus à travers le film de Pasolini « L’Evangile selon saint Matthieu ». Pour qui a vu le film on peut dire que ce qui suit en garde la trace. En effet l’auteur nous parle d’un Jésus bien incarné et que douze pêcheurs de Galilée ont suivi  et côtoyé pendant trois ans.
L’ouvrage abord quelques notions de foi de façon peut-être inattendue  mais qui parle surtout à l’homme moderne bien souvent loin de toute culture religieuse. Il parle de ce qui fait nos préoccupations : les notions de liberté, de confiance  et de la place du corps dans la prière comme dans la liturgie. Il décrit le décalage qui existe entre notre représentation du divin, de la nostalgie de Dieu qui habite tout homme car nous sommes crées à son image et que cette nostalgie ne peut que nous habiter.
Ce ne sont pas forcément les plus érudits (pour l’auteur) qui s’approchent au plus de ce Jésus mais les humbles même dans leurs dévotions qui peuvent paraître parfois puériles.
L’auteur dans un dernier chapitre nous offre une longue et très belle méditation sur la Croix et tout particulièrement sur le Vendredi saint, le samedi saint et le jour de la Résurrection et sur ce que peuvent aujourd’hui nous dire ces paroles « porter sa croix ».


En terminant Jean-Phillippe Trottier nous dit pourquoi il est chrétien Et voici un extrait : «Parce que la croix est tombée sur son côté, faisant basculer l’axe vertical dans le temporel et l’axe horizontal dans le transcendant, créant ainsi toute idolâtrie.»


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles 

mardi 2 août 2016

Fermeture de la médiathèque de Gap du 28 juillet au 22 août

La médiathèque du diocèse de Gap sera fermée du 28 juillet au 22 août 2016.
Réouverture le mardi 23 à 8h30.
Merci de votre compréhension