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jeudi 24 novembre 2016

Tout Giono en 1000 pages

Mireille Sacotte et Jean-Yves Laurichesse (dir.), Dictionnaire Giono, Paris, Classique Garnier, 2016, 984 p. [59 €]
Dans l’imaginaire du sud-est de la France, Jean Giono (1895-1970) tient une place comparable à celle de René Bazin (1853-1932) dans l’ouest. Tout Haut-Alpin sait depuis le collège que Baumugnes se situe dans son département même s’il n’a rien lu de Jean Giono et ne situe pas le lieu à Saint-Julien-en-Beauchêne.
Un de Baumugnes (1929) est l’un des romans de la trilogie de Pan, comme Colline (1929) et Regain (1930). La localité n’est pas la seule des Hautes-Alpes à avoir touché Giono : le 6 septembre 1944, dans son Journal, il évoque « une hutte montagnarde du plus solitaire Valgaudemar ».
652 notices, 22 auteurs, une bibliographie académique, composent ce Dictionnaire Giono de 984 pages édité par Classiques Garnier dans la collection Dictionnaires et synthèses. Ce n’est pas simplement l’œuvre qui est interrogée par une entrée pour chaque titre et personnage (L’Absente de L’Iris de Suse ouvre le dictionnaire) mais l’ensemble du contexte, l’histoire de l’auteur (Première et Seconde Guerre mondiale, notamment) et l’espace où il vit (Basses-Alpes, Banon…)
Le rapport de Jean Giono à la géographie est précisé, par exemple à l’article Alpes. Il est rédigé par Jean-Paul Pilorget qui précise que l’auteur « voyage et séjourne en famille à plusieurs reprises dans le Briançonnais [,] à Saint-Julien en Beauchêne et aux Queyrelles, dans le Trièves à Lalley et à Tréminis ». A partir de cette réalité, Pilorget affirme que « Giono prend des libertés avec la géographie et Robert Ricatte emploie l’expression ‘Alpe imaginaire’ pour désigner l’espace qu’il recrée dans son œuvre romanesque ».
Ce dictionnaire traite de concepts comme l’Âme, l’Intelligence ou le Retour à la terre. Il évoque des expressions artistiques, comme à l’article Peinture, peintre ou à celui Kardas, Walter (peintre et photographe allemand), ou bien à celui sur le Baroque.
L’auteur est, pour une part, Moraliste. Ses œuvres ont été rassemblées dans les huit volumes de la Pléiade. Les aspects autobiographiques sont également soulignés. Le rapport à ses contemporains est étudié avec, notamment, les articles consacrés à Henri Pourrat et à Marcel Pagnol.
De nombreuses entrées concernent la relation de Jean Giono au religieux : BibleDieu(x)EcclésiastiquesEnfer(s)ParadisProtestant/protestantisme… L’article Catholique permet de comprendre l’un des liens de l’auteur avec le christianisme : « si les croix dressées çà et là dans la campagne de ses romans n’ont aucun pouvoir spirituel, Giono fait volontiers des instruments de l’apparat cultuel l’écume baroque de son romanesque d’après-guerre ».
Cet ouvrage est destiné aux enseignants de français en secondaire. Les candidats au baccalauréat de français et de philosophie les plus audacieux viendront y puiser un enrichissement utile. Enfin, les responsables de paroisses, prêtres et laïcs, les séminaristes et jeunes prêtres y trouveront un biais pour connaître l’intimité de leur territoire.

Jean Giono dans les bibliothèques diocésaines de la province de Marseille

Autour de Jean Giono
Sylvie Giono, Jean Giono à Manosque, Le Paraïs la maison d'un rêveur, Belin, 2012, 103 p. Vous en trouverez une recension ici : http://livresadecouvrir.blogspot.fr/2012/04/jean-giono-manosque.html.
Le site Christianisme et mémoires en Provence a publié un texte sur le film de Charly Baile et René Mannent sur Giono : http://livresadecouvrir.blogspot.fr/2013/11/jean-giono.html.
L’œuvre de Jean Giono
Cette bibliographie n’est pas exhaustive des livres se trouvant dans les collections diocésaines. L’accent a été mis sur les ouvrages se trouvant dans au moins deux bibliothèques ainsi que sur les textes concernant plus spécifiquement les Hautes-Alpes :
Jean Giono (préfacier), Raymond Collier (dir), Monuments et art de Haute-Provence, Digne, Société scientifique et littéraire des Basses-Alpes, 1966, 225 p. Il est disponible à la bibliothèque diocésaine d’Aix-en-Provence, de Fréjus-Toulon et de Gap.
Un de Baumugnes, Paris, Grasset, 1967, 188 p (Aix-en-Provence, édition de 1937 ; Gap ; Marseille).
Le chant du monde, Paris, Gallimard, 1967, 278 p (Aix-en-Provence, édition de 1934 ; Gap ; Marseille).
Un roi sans divertissement, Paris, Gallimard, 1966, 256 p (Gap ; Marseille, édition de 1982).
Le grand troupeau, Paris, Gallimard, 1931, 251 p (Gap ; Marseille, édition de 1968).
Le hussard sur le toit, Paris, Gallimard, 1971, 510 p (Gap).
Regain, Paris, Grasset, 1930, 240 p (Aix-en-Provence ; Marseille, édtion de 1963).
Que ma joie demeure, Grasset, 1959, 504 p (Aix-en-Provence ; Gap, édition de 1964 ; Marseille, édition de 1935).
Les catalogues des bibliothèques diocésaines peuvent être consultés : 

mercredi 20 juillet 2016

Marie-Madeleine en Provence

Naissance de la Provence chrétienne : La Chanson de Geste de la Madeleine.Yves BridonArles, Edisud, 2008. 95 pages.


Cet ouvrage en trois parties et abondamment illustré permet d’entrer dans la tradition provençale. Bien plus que du folklore le lecteur découvrira les différents épisodes de la vie de Marie Madeleine et de ses compagnons de voyages, les lieux qui ont marqués leur passage : les Saintes-Maries-de-la-Mer, Saint-Maximin, la Sainte-Baume. Le livre fait état également de l’influence de cette tradition dans l’art, la littérature et aussi la piété populaire de la Provence à travers les différents pèlerinages.

Le christianisme est né deux fois en Provence comme le souligne l’auteurt.
La première fois c’est quelques années après la résurrection de Jésus avec la venue dans le sud de la France des proches du Christ.La saga de cette arrivée, de la dispersion de la famille, et de l’évangélisation de la Provence, a traversé les siècles, et la tradition est toujours aussi vivante au cœur des provençaux. La deuxième fois, la Provence chrétienne est née à partir du 4ème siècle, avec la conversion officielle qui a suivi l’Edit de Milan de 313.
Cette double naissance a opposé pendant des siècles et encore aujourd’hui tenants de la tradition et les historiens qui doutent de la véracité des faits
Mais le sujet est de partir à la découverte de cette importante Chanson de Geste provençale, peut-être orale avant l’an 1000, écrite à partir du 11ème siècle.Cette épopée a historiquement créé deux villes : les Saintes-Maries de-la-Mer pour les deux servantes et Sara reine des Gitans, et Saint-Maximin la Sainte-Baume pour le tombeau de Marie-Madeleine. Trois autres villes lui doivent une part de leur réputation : Marseille avec Lazare, Tarascon avec Marthe, Aix-en-Provence avec Maximin. Cette épopée a aussi inspiré la majorité des oeuvres d’art sur Marie- Madeleine, la littérature religieuse des dix siècles passés. Cette tradition elle est indissociable de la vie religieuse et civile provençale.


LA FETE DE SAINTE MARIE MADELEINE
Juqu’à présent la fête de sainte Marie-Madeleine célébrée le 22 juillet n’était que « simple mémoire ». Désormais ce sera une fête liturgique à part entière. Ce geste a plutôt une portée symbolique car les texte du jour reste les mêmes. « Cette décision résulte du désir exprès du Saint-Père François », explique Mgr Arthur Roche, secrétaire de la Congrégation, dans L’Osservatore Romano. « Sainte Marie Madeleine a eu l’honneur d’être le premier témoin de la résurrection du Christ, la première à voir le tombeau vide, la première à entendre la vérité de sa résurrection et la première à en rendre témoignage aux Apôtres. » Il est donc « juste », explique-t-il, que celle que Raban Maur et saint Thomas d’Aquin appelaient « l’apôtre des Apôtres » dispose d’une fête « de même niveau » que celle des Douze. Le prélat évoque aussi la nécessité de « réfléchir plus profondément à la dignité de la femme » et de « mettre en avant l’importance de cette femme qui témoigna d’un grand amour pour le Christ », « sa mission spéciale », qui est « un exemple et un modèle pour toute femme dans l’Église ».

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles



vendredi 24 juin 2016

Naissance de de la Provence chrétienne : la Chanson de Geste de la Madeleine
Yves Bridonneau
Aix-en-Provence, Edisud, 2008. 95 pages.


Un ouvrage en trois parties, magnifiquement illustré, qui permet d’entrer dans la tradition provençale. Bien plus que du folklore, le lecteur pourra découvrir les différents épisodes de la vie de Marie Madeleine et de ses compagnons de voyage, avec les lieux marqués par leur passage : les Saintes-Maries-de-la-Mer, Saint-Maximin, la Sainte-Baume. Le livre fait état également de l’influence de cette tradition dans l’art, la littérature et aussi dans la piété populaire de la région à travers les pèlerinages

La Provence est née deux fois. Une première fois moins de 20 ans après la mort du christ, vers l’an 45, avec l’arrivée à l’embouchure du Petit Rhône de toute l’équipe des amis proches, la famille dite de « Béthanie » : Marie-Madeleine, sa sœur marthe, son frère Lazare, son ami Maximin, les servantes Marie-Jacobé et Marie-Salomé. La saga de cette arrivée, de la dispersion de la famille et de l’évangélisation de la Provence a traversé les siècles.La seconde fois, elle est née à  partir du IVè siècle, avec la conversion officielle qui a suivi l’Edit de Milan de 313.
Cette double naissance a opposé pendant des siècles – et encore aujourd’hui – fervents de la Tradition et historiens. Le sujet ici n’est pas de retracer cette querelle, mais de raconter la Chanson de geste provençale, écrite à partir du XIè siècle dans de nombreux manuscrits et reprise dans la Légende dorée de Jacques de Vorogine.
Cette époque a – historiquement – crée deux villes : les Sainte-Marie de la -Mer et Saint-Maximin la Sainte Baume. Trois autres villes lui doivent une part de leur réputation : Marseille, Tarascon, Aix-en-Provence.
Ce livre restitue à cette tradition – toujours vivante – l’importance qu’elle a dans le cœur de chaque Provençal, croyant ou non


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

lundi 6 juin 2016

Le centenaire de la bataille de Verdun suscite la publication d’ouvrages commémoratifs par les groupes éditant des quotidiens

Le Dauphiné Libéré propose dans sa collection « Les Patrimoines », 1914-1918 entre Alpes et Rhône à l’arrière comme au front par Gil Emprin. La déclaration de la guerre, les soldats, les hôpitaux et la vie à l’arrière des combats sont les grands thèmes très classiquement abordés. Les Hautes-Alpes, dans ce contexte, sont peu évoquées, hier regardant vers Grenoble et Lyon, aujourd’hui appartenant à la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Le département était du ressort de la 14e région militaire (p 8) et n’est donc pas intéressé aux questions touchant le XVe corps : celles-ci sont évoquées dans le numéro de La Provence-Histoire (p 57-61) que Claude Tricoire a déjà présenté sur ce blog. Le 159e régiment alpin, stationné à Briançon, est présenté page 11. L’autre présence haut-alpine dans cet ouvrage se trouve page 37 par la reproduction de deux lettres d’enfants de Gap, l’une adressée à « mon cher petit papa », provenant des archives départementales des Hautes-Alpes. La légende souligne que ces lettres montrent le mélange de deux sentiments, l’admiration et le manque.
L’année 1916 marque-t-elle « la fin de l’union sacrée ? ». La page 39 souligne le maintien de revendications sociales qui se développent en 1917 et 1918 même si « on constate partout que les grèves s’arrêtent quand les Allemands lancent des offensives. Le peuple est épuisé par la guerre, il veut la paix, mais pas la défaite ». Nous avions fait allusion à cette question dans notre recension de l’ouvrage de Louis Reynaud sur la bande Baudissard.

vendredi 13 mai 2016

LES CHRETIENS EN PROVENCE : 2000 ANS D'HISTOIRE

L'HERITAGE DES CHRETIENS EN PROVENCEHISTOIRE-LA PROVENCE - Numéro 2 - Automne 2015


Avec 148 pages, ce numéro consacre son dossier principal à "L’Héritage des Chrétiens de Provence". Ce magazine s’appuie sur une actualité importante pour l’Église catholique, puisque le pape François a fait de l’année 2016 décidé une Année Sainte.

Le spécialiste français des religions, Odon Vallet a supervisé ce numéro exceptionnel édité par le quotidien « La Provence » Dans un long entretien il retrace la chronologie de l’histoire des chrétiens dans notre région et analyse les défis qu’ils ont dû relever, hier comme aujourd’hui.
Écrits par des journalistes du quotidien et avec l’aide de nombreux chercheurs, une dizaine d’articles permettent de parcourir 2000 ans d’histoire. On y trouve donc, comme il se doit, "La tradition des Saints légendaires" ; "Saint-Césaire, père arlésien de l’Église" ; "L’abbaye de Saint-Victor, phare marseillais pour la chrétienté" ; "Le temps des Croisades" ; "Le siècle tourmenté de la Papauté d’Avignon" ; "Les Vaudois du Luberon, premiers martyrs du protestantisme" ; "1905, la séparation État / Église, les bagarres de Provence" ; "Années 1920, la religion comme ciment des Arméniens". C'est donc 2000 ans d’histoire qui défilent dans ces pages

Mais ce numéro en profite pour faire revivre certains évènements qui ont marqué la région :: "
1) Dossier attentats : un siècle de terrorisme en Provence,
2) "Réchauffement climatique : le compte à rebours en Provence",
3) "1515, le voyage provençal du vainqueur de Marignan", "Félix Gouin, l’Istréen qui a remplacé le général de Gaulle",
4) "Terreur Blanche en Provence après l’exil de Napoléon",
5) "Profanation : il y a 20 ans, Carpentras face à la rumeur",
6) "Régionales 1998, la première élection de Michel Vauzelle", etc.

Ce numéro propose également de se replonger dans l’univers des grands procès qui ont marqué le Sud-Est : en effet, il y a  40 ans (9 et 10 mars 1976), Christian Ranucci comparaissait à Aix-en-Provence devant les assises des Bouches-du-Rhône pour l’enlèvement et le meurtre d’une fillette à Marseille: au bout de deux jours d’audience, le jeune Niçois sera condamné à mort.


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

lundi 9 mai 2016

LA PROVENCE ET LA GRANDE GUERRE : L'ANNEE 1916

1916 : La Provence au cœur de la Grande Guerre
"La Provence – Histoire, N°4", mars-avril 2016. 148 pages


Ce nouveau numéro de "La Provence - Histoire" nous plonge dans l’univers de la Première Guerre mondiale, à l’occasion du Centenaire de la bataille de Verdun qui sera commémoré officiellement le 29 mai avec une cérémonie internationale à laquelle participeront Angela Merkel et François Hollande, confortant le rapprochement mémoriel entre les deux belligérants que furent la France et l'Allemagne.
A cette occasion, c'est l'historien Max Gallo (auteur de nombreux ouvrages sur le sujet et originaire de la région) qui introduit cette rétrospective dans un long entretien. 
Des journalistes du quotidien La Provence et des historiens réputés comme Jean-Yves Le Naour traitent de nombreux sujets, tant sur la vie au front pour les Poilus provençaux qu’à l’arrière. Ainsi, Jacques Mény évoque le baptême du feu de Jean Giono à Verdun et Claude Camous raconte le front des femmes, mobilisées pour remplacer les hommes dans les champs, les ateliers, les usines. Un article a trouvé sa place pour évoquer la façon dont les catholiques (prêtres, séminaristes ou simples soldats) soutenus par leurs évêques ont vécu cette période, comment ils ont vécu cette "Union sacrée" pour défendre la Patrie.


Il faut noter que cette réflexion sur la grande Guerre a été l'occasion de faire participer des collégiens et des lycéens qui ont réalisé un agenda du "Centenaire" dans la région, à Verdun un siècle après les combats, etc. Ce dossier est complété par une  rubrique « Les Archives des Provençaux » qui donnent la parole à des descendants de Poilus.

Ce numéro a obtenu le label officiel "Mission Centenaire", qui distingue les projets les plus ambitieux autour de 1916-2016. Le quotidien "La Provence" est partenaire d’un important colloque organisé le 30 avril au Musée d’Histoire de Marseille sur le passage dans le Sud-Est de soldats russes qui seront engagés sur le front français. Enfin, ce numéro sera diffusé auprès des plus jeunes lors du "Printemps des lycéens et des apprentis de la Région Paca" (20 mai à Brignoles).

En complément de cette publication, une rubrique spéciale a été est créée sur le site LaProvence.com. "La Provence - Histoire" (soutenu par l’INA, de l’Université Aix-Marseille, du CNRS, du MuCEM de Marseille, des éditions Grand Angle et Soleil, de l’Académie croate des sciences et des arts, des Archives départementales des Bouches-du-Rhône, des Archives municipales de Marseille, de La Caravane de la Mémoire, des Amis de Jean Giono, du CRT Lorraine, de l’ONACVG, etc.).

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque Diocésaine d'Aix et Arles

jeudi 10 septembre 2015

LES CATHEDRALES EN PROVENCE

Cathédrales en Provence

in Provence historique

janvier-juin 21015

Contrairement à l’Île-de-France, la Provence n’apparaît pas comme terre de cathédrales dans l’imaginaire collectif. Pourtant, la densité exceptionnelle de ces anciens diocèses en ferait plutôt un lieu de foisonnement. Les édifices y sont parfois modestes, les réfections nombreuses, le paysage monumental est donc discontinu et demeure méconnu. Le développement de l’archéologie monumentale et du bâti, tout comme les réflexions sur l’histoire et l’archéologie de l’espace urbain, ont suscité pourtant de nombreuses recherches. Le temps d’un premier bilan est sans doute venu. Mais la cathédrale n’est pas seulement un monument ou un style, avec son décor et son assise urbaine, elle est aussi un lieu de vie et de célébration liturgique, une institution de pouvoir et de culture, un élément de reconnaissance et d’identité. Tous ces aspects seront pris en compte, dans le cadre géographique des anciennes trois provinces ecclésiastiques d'Arles, Aix et Embrun et de ,leurs diocèses suffragants, depuis l'Antiquité tardive jusqu'à nos jours.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine du diocèse d'Aix et Arles



mercredi 11 mars 2015

Sainte Marie-Madeleine et les saints de Provence


 Sainte Marie Madeleine et les saints de Provence dans la tradition provençale. Volume I.Aldo FranzoniPlan d’Aups sainte-Baume, Association de Soutien à la Tradition des Saints de Provence, 2015. 453 pages.


               L’auteur nous offre dans cet épais volume de nouvelles études sur sainte Marie-Madeleine et ses compagnons dont la tradition dit qu’ils sont venus en Provence pour fuir les persécutions.
               Selon la tradition Marie-Madeleine, sa sœur Marthe et son frère Lazare débarquent en Provence vers l’an 43 ; missionnaire à Marseille, puis à Aix, Marie-Madeleine passer les dernières années de sa vie à la Sainte Baume aujourd’hui gardée par les Dominicains.
               Cette tradition – selon l’auteur qui fait ici une étude globale – reposerait sur les traditions orientales et occidentales, écrits des Pères de l’Eglise, des études d’historiens et s’appuierait également  sur les  découvertes scientifiques et archéologiques. Il évoque également les traditions qui font de Vezelay un lieu de rayonnement pour son culte.
               Le but de cette étude qui comprendra quatre volumes est de défendre les traditions provençales et de convaincre les sceptiques quant à la venue de Marie-Madeleine et de ses compagnons sur la terre de Provence.

mercredi 4 février 2015

La libération et les années tricolores (1944-1947) : Midi rouge, ombres et lumières. 4
Une histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône de 1900 à 1950.
Paris, Editions Syllepse, 2014.

            Le débarquement allié du 15 août 1944, sur les côtes varoises, donne le coup d’envoi de la libération de la Provence. Le 28 août, prises sous le feu de l’armée française de Libération et de l’insurrection populaire, les troupes allemandes capitulent à Marseille.
            Les nouveaux pouvoirs républicains se mettent en place, sous la direction du commissaire régional de la République, Raymond Aubrac. S’ouvre alors, jusqu’en 1947 et l’instauration de la 4è République, une période de transition décisive. Ce quatrième volume de la série Midi rouge, ombres et lumières, après avoir présenté un tableau du département pendant l’été 1944, puis les combats de la Libération, analyse les diverses étapes de ce processus, à Marseille et dans sa proche région. Il évoque les problèmes auxquels les nouvelles institutions ont à faire face : l’effort de guerre, le ravitaillement et le redressement économique, l’épuration, le maintien de l’ordre, le retour des absents (déportés, prisonniers de guerre, requis du STO), le rétablissement de la démocratie, les grandes réformes économiques et sociales.
             Dans ces années tricolores et d’union nationale, l’ouvrage s’intéresse au rôle et à la stratégie des divers acteurs politiques et sociaux, des organisations de Résistance, du patronat et de la classe ouvrière, des syndicats et partis, PCF, SFIO, MRP, ainsi qu’aux destins individuels, dont certains d’importance nationale, comme celui de Gaston Defferre, François Billoux ou Germaine Poinso-Chapuis. L’auteur ne néglige pas pour autant les mutations culturelles importantes d’une période effervescente.
             Cet ouvrage complète l’histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône, commencée par la période des années 1930. Il comble également, à la lumière des recherches les plus récentes et en s’appuyant sur de nombreux fonds d’archives publics et privés, une lacune historiographique.

vendredi 1 août 2014

Les fêtes en Provence

Les fêtes en Provence : autrefois et aujourd’huiSous la direction de Régis Bertrand et Laurent-Sébastien FournierAix-Marseille, Presses universitaires de Provence,  2014.


Les fêtes provençales constituent un aspect important du patrimoine régional et sont depuis longtemps un objet d’études pour les historiens et lesethnologues. L'introduction de l'ouvrage en propose une rapide synthèse. Des études novatrices quant à leurs méthodes, à leurs conclusions privilégient la variété des approches et des spécialités. Les changements et permanences sont illustrés par les fêtes religieuses d'Ancien Régime ou la dernière mise en scène de la Fête-Dieu d’Aix-en-Provence  ainsi que celles promues par le félibrige. Mutations et renouvellement sont manifestes  dans les transformations des pèlerinages, des danses folkloriques, des reconstitutions historiques…
L’historien Jean-Marie Guyon analyse cet imaginaire provençal de la fête en termes de « nostalgie d’un monde perdu ».

mercredi 23 juillet 2014

Les Confréries de Pénitents

Pénitent du Saint Nom de Jésus dit Bourras
Associations de laïques très présentes en Provence sous l'Ancien Régime, les confréries de pénitents sont marquées par le devoir de charité et l'aide aux plus pauvres.
Si les confrérie ont peu à peu décliné au 19e siècle, elles sont encore actives dans le Comtat Venaissin et dans les diocèses de Nice et d'Ajaccio.
 
"La charité, au long des siècles, nos confréries l'ont toujours pratiquée en faveur des petits et des pauvres, créant de nombreuses structures d'entraide et de solidarité dont certaines perdurent encore tandis que d'autres ont été reprises par des services publics" disait Mgr Bernard Barsi dans son homélie du 28 avril 2013 à la cathédrale de Monaco, lors de la réunion annuelle de la Maintenance et Frérie générale de Pénitents de langue d'Oc.

lundi 7 juillet 2014

Aux sources de notre foi




Bernard Lorenzato et Olivier Pety, Aux sources de l'Eglise de Provence : Île de Lérins, Arles, Marseille et Riez... Venelles : ASCP, 2014, 237 p.


L’association Aux Sources Chrétiennes de la Provence (ASCP) publie un livre très bien documenté. Après une brève introduction sur les Pères de l’Église en Provence complétée par une mise en situation sur les débuts du christianisme à Marseille et les grandes dates de la christianisation de la Provence, le livre présente les principaux écrivains et penseurs de l’Église de Provence du IVe au VIe siècle. Parmi eux Jean Cassien, le père du monachisme, Salvien de Marseille, Honorat, le fondateur du monastère de Lérins, Hilaire d’Arles, Césaire qui donna la première règle monastique écrite pour des femmes et bien d’autres encore.
 
Pour chacun d’eux, après avoir décrit l’homme de chair et de sang, les auteurs nous emmènent à la découverte de l’homme de foi puis ils nous présentent des extraits courts et percutants de ses écrits. Ce livre nous entraine au cœur de nos racines chrétiennes du sud de la France.

vendredi 4 juillet 2014

L'Eglise primitive en Provence



L’Antiquité tardive en Provence (IVe-VIe siècle) : Naissance d’une chrétienté
sous la direction de Jean Guyon et Marc Heijmans

Actes Sud / Aux Sources Chrétiennes de la Provence, 2013. 223 pages.



La Provence a été christianisée très tôt. L'Antiquité tardive en Provence nous offre un panorama complet de la région durant la période autrefois appelée Bas Empire, qui va de la conversion de Constantin en 312 et de l'Edit de Milan en 313 jusqu'à la mort de Grégoire le Grand, en 604. L'art et l'architecture romains, les premiers lieux de culte, le clergé naissant, les grandes controverses de l'époque, la mise en place de l'administration locale, mais aussi tout le contexte historique et social sont ici décrits avec une grande précision.


vendredi 6 juin 2014

PELERINAGES EN PROVENCE


BIBLIOGRAPHIE SUR LES PELERINAGES EN PROVENCE



CHASTEL, Guy. - La Sainte Baume. - Paris, Flammarion, 1930.

DEVOUCOUX DU BOUYSSON, Philippe. - Histoire du pèlerinage de Saint Maximin : la Sainte Baume. - Paris, Le Cerf, 1996.

DIOCESE D'AIX ET ARLES (édiiteur). - Les Provençaux en pèlérinage. -Aix-en-Provence, Imprimerie Makaire, 1939.

 ESCUDIER, Joseph. - La Sainte Baume. - Lyon, Imprimerie du Sud Est, 1842.

FROESCHLE-CHOPARD, Marie-Hélène (dir.). - Itinéraires pèlerins de l'ancienne Provence : la Sainte Baume, Notre-Dame-du-Moustiers,  Notre-Dame de Laghet. - Marseille, La Thune, 2002.

LAMOUREUX (Abbé). - Les Saintes Maries de Provence : leur vie et leur spiritualité. - Nîmes, Lafare Frères, 1895.

 MAGNAN (Abbé). - Les Saintes Maries de la Mer : panégyrique en langue provençale avec la traduction française.. - Marseille, Imprimerie Mouillot, 1919.

PRESBYTERE DES SAINTES-MARIES (Bouches-du-Rhône). - Manuel des pèlerinages des Sainte Maries : notice, cantiques, office, neuvaine Vaison-la-Romaine, Bonne Presse du Midi, 1938;

Des pèlerinages en Provence


Les 8 et 9 juin prochain se tiendra le pèlerinage de Provence. A cette occasion, il nous a paru bon de publier une liste des ouvrages que la Bibliothèque diocésaine de Marseille possède dans son fonds sur les différents pèlerinages provençaux

jeudi 5 juin 2014

LES SOLDATS DE LA PROVENCE FACE AUX CALOMNIES

La légende noire des soldats du Midi
Jean-Yves Le Naour
Paris, Vendémiaire, 2013.

Avec cet ouvrage l’auteur continue une œuvre de vulgarisation sur la guerre de 14-18. Ici il se concentre sur ce qui fut « l’affaire du XVè corps d’armée » au début de la Première Guerre Mondiale.

A partir du 14 août 1914, l’armée française lance une offensive en Lorraine. Si elle avance assez rapidement cette avancée coûteuse en hommes va se transformer en échec : les Allemands écrasent le 19 août les français sous un déluge de feu…. tuant de milliers de fantassins.  Ne pouvant tenir les troupes françaises battent en retraite.
Pour expliquer ce recul le Haut Commandement accuse le XVè Corps d’armée composée de méridionaux d'avoir failli face à l’ennemi. Le sénateur Gervais s’en fait l’écho dans la presse nationale : c’est ainsi que naît la « légende noire des soldats du Midi ». Les troupes de Provence sont stigmatisées et aux châtiments infligés par l’armée s'ajoute les railleries sur les soldats de « l’aimable Provence ». Malgré les protestations des élus provençaux et les tentatives du gouvernement pour réparer l'affront cela restera une blessure durant toute la guerre quand bien même les soldats provençaux feront leur devoir comme les autres.
L’auteur s’attache à montrer comment le Nord de la France se représente l’homme du Midi : un monde indolent, beau parleur, peu patriote. Cette image négative est véhiculée par les intellectuels parisiens et la presse surtout de droite. Il faudra attendre la fin de la guerre pour que les soldats du Midi soient réhabilités : mais le mal était fait dans l’opinion publique et au sein de l’armée.

Pour suivre au jour le jour les événements qui ont conduits à la « défaite de Lorraine » il faut se reporter à  l’ouvrage de Maurice Mistre « La légende noire du XVè corps » (ouvrage publié en 2009 aux Editions C’est-à-dire).


mardi 3 juin 2014



Aux Sources de l'Eglise de Provence
Les Pères de l'Eglise provençaux : Île de Lérins, Arles, Marseille et Riez…
Introduction aux pères de l’Eglise provençaux du IVè et VIè siècle
Bernard Lorenzato et Olivier Pety
Venelles, Association Aux Sources Chrétiennes de la Provence, 2014.



Ce livre présente les sources chrétiennes de l'Eglise de Provence à travers les écrits et la
vie  de ceux que l’on appelle les Pères de l'Eglise provençaux.
Après une présentation du cadre historique et des débuts de la christianisation, on
Découvrira les principaux écrivains et penseurs de l'Eglise de Marseille et de Provence
au IVè au VIè siècle. Ces pionniers vont dire le message évangélique dans la  culture de
leur temps, et aussi faire face aux défis et aux problèmes de l'Eglise.
Nous saluerons Cassien, le père du monachisme provençal avec son œuvre pour les
moines, Salvien venu de Trèves, d'abord moine de Lérins, puis prêtre à Marseille, qui
vante une spiritualité pour tous, en particulier pour les laïcs.
Sur l'île de Lérins, avec son monastère fondé par Honorat, on rencontre  des
hommes éminents comme Eucher, qui deviendra évêque de Lyon, Vincent le théologien
et l'écrivain. Fauste qui sera élevé au siège épiscopal de Riez. Place sera donnée
 aux inconnus de l'Eglise de Marseille du Vè siècle comme Gennade, rédacteur d'un
dictionnaire des "hommes illustres".
Seront présentés aussi ceux qui viennent s'établir près des lieux spirituels, des
monastères : Paula de Pella, Prosper d'Asquitaine…., ces laïcs qui veulent vivre un
christianisme plus fervent. Enfin les grandes figures des évêques d'Arles y seront
évoquées ; Hilaire, débordant de charité face aux invasions barbares et surtout Césaire
qui donne la première règle monastique féminine et compose des homélies encore pleine
de vitalité pour aujourd'hui.
En quelques pages, cet ouvrage sera consacré à l'héritage de nos Pères dans la foi qui ont
vécu sur la terre de Provence.

Les auteurs
Bernard Lorenzato, prêtre de l'Eglise de Marseille, ancien vicaire général, curé des
paroisses saint Michel et saint Pierre, également chargé des Relations avec le Judaïsme
pour son diocèse.

Olivier Pety, prêtre du diocèse d'Avignon, dirige un Centre de Réinsertion sociale au Mas de Carles (Villeuve-les-Avignon). Il est aussi avec la Pastorale des Migrants de la région apostolique.

mercredi 20 novembre 2013

Le Guide des sources sur la Première Guerre mondiale est disponible !

 
Les éditions du Laus publient ce Guide des sources ecclésiastiques sur la Première Guerre mondiale pour le Sud-Est de la France, coordonné par Luc-André Biarnais et Natacha Tourseiller, archivistes du diocèse de Gap et d'Embrun pour le premier et de l’archidiocèse de Marseille pour la seconde. Ce guide prend place au cœur des nombreuses initiatives qui commémorent le premier conflit mondial. Il est sous format électronique pour la simplicité de sa transmission, il est gratuit pour permettre à chacun d’y accéder. Il est conçu comme un outil simple et pratique pour l'érudit tout en étant précis dans le recensement des sources pour le spécialiste de la Grande Guerre.

mardi 5 novembre 2013

Jean Giono


A travers un documentaire, Charly Baile et René Mannent rendent hommage à Jean Giono, l’un des auteurs de son époque (1885-1970) les mieux connus aujourd’hui.


Nous avions déjà évoqué l’homme dans une newsletter par le biais de la recension de Jean Giono à Manosque : Le Paraïs, la maison d’un rêveur, par Sylvie Giono. L’œuvre de l’écrivain évoque les questions qui lui sont contemporaines, par exemple la guerre et ses horreurs avec Le Grand troupeau. Des titres sont ouvertement poétiques : Jean le bleu, Que ma joie demeure et bien évidemment Le Hussard sur le toit ! Des livres ont fait l’objet d’éditions de prestige comme Le Serpent d’étoiles par Ferenczi en 1937 (édition originale en 1933 par Grasset).


Giono est aussi l’écrivain de la Haute-Provence et du sud des Alpes. Ainsi, avec Un de Baumugnes, il publie un roman mettant en scène la société villageoise des Hautes-Alpes.