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mardi 3 janvier 2017

Marie Madeleine s'expose jusqu'au 24 septembre 2017

Marie Madeleine, la passion révélée, catalogue d'exposition, IAC Éditions d'Art, 220 p., 25 €.

Marie Madeleine est sans équivalent dans le christianisme : pécheresse repentie, disciple de Jésus, elle est la première à voir le Christ ressuscité, avant d'évangéliser la Provence. Elle est présente lors des grands événements de la vie du Christ : la résurrection de Lazare, la crucifixion, la résurrection. Elle tient une place comparable à celle des apôtres.
Le personnage dépeint par la tradition et les peintres est la synthèse de plusieurs femmes citées dans le Nouveau Testament : la pécheresse qui verse le parfum sur la tête de Jésus et l'essuie avec ses cheveux, Marie de Béthanie sœur de Marthe et de Lazare, Marie de Magdala, que Jésus a délivrée de sept démons. Cette confusion, instaurée par le Pape Grégoire le Grand, est réfutée par l'Église catholique depuis le concile Vatican II.

La première exposition sur ce thème en France

L'exposition Marie Madeleine, la passion révélée lui est entièrement consacrée, avec plus de 130 œuvres la représentant. Elle est visible au Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse jusqu'au 5 février, puis au Musée des Beaux-Arts de Carcassonne du 24 février au 24 mai, et au Musée de la Chartreuse de Douai du 17 juin au 24 septembre 2017. Elle réunit en un même ensemble des tableaux qui appartiennent à des particuliers, des musées français et européens, publics ou privés. Plusieurs toiles de maîtres sont ainsi exceptionnellement visibles par le public français.
« Les trois lieux accueillent en effet autour d'un large tronc commun des œuvres parfois différentes, présentées dans des muséographies spécifiques adaptées à des espaces par nature différents, mais dont la présentation suit une répartition thématique unique » (p.13). Chacun des musées a eu une grande part à sa réalisation, comme en témoignent les remerciements et les préfaces.
Le catalogue est d'une rare qualité, d'autant plus qu'il est vendu à un prix très raisonnable (25 €). Non seulement les reproductions sont très belles, de grande taille pour beaucoup, mais l'analyse qui sous-tend la présentation est très enrichissante pour l'historiographie de ce thème. La structure thématique est d'une grande clarté.
Les dix-sept auteurs sont des experts confirmés en histoire de l'art, conservateurs du patrimoine et bibliothécaires pour la plupart, mais place est aussi faite à des contributeurs plus novices, puisque trois d'entre eux sont étudiants. Les index, comme la bibliographie, sont détaillés et complets.

Une sainte aux multiples visages

« Pour évoquer cette femme plurielle, l'exposition se veut à la fois une et multiple » (p. 12).
Le catalogue s'ouvre sur quatre essais qui campent le personnage de Marie Madeleine dans ses diverses facettes. « Marie Madeleine, petite histoire d'une grande figure » par Isabelle Renaud-Chamska, professeur agrégée de lettres, revient sur son image dans les évangiles, dans la Légende dorée et dans la tradition. « De la courtisane à l'ermite de la Sainte-Baume, une approche iconographique de Marie Madeleine », par Marie-Paule Botte, commissaire pour le musée de Douai, étudie l'évolution de ses représentations au fil des siècles, dans les scènes où elle est seule comme dans les scènes issues des évangiles. Magali Briat-Philippe, commissaire pour le Monastère royal, traite de « La dévotion de la maison de Bourgogne et de Marguerite d'Autriche pour Marie Madeleine », qui est le prétexte original pour cette exposition. Enfin, Pierre-Gilles Girault, administrateur du Monastère royal et auteur de Un langage sans parole, l'image au Moyen âge publié par l'Abbaye de Noirlac en 1992, aborde le sujet plus connu de l'érotisation du personnage de Marie Madeleine à partir du XVe siècle.
Les notes de bas de pages témoignent du sérieux des références consultées, que ce soit dans le domaine de l'histoire de l'art ou de l'exégèse. Les évangiles sont abondamment cités, et bien remis dans leur contexte.
Le choix des œuvres puise son intérêt dans leur variété. Les commissaires n'ont pas hésité à sélectionner des images contemporaines pour montrer la permanence de ce thème, lui consacrant même un pan entier de l'exposition, intitulé « Marie Madeleine au XXe siècle ».
« L'exposition et ces pages ambitionnent […] de révéler au lecteur et au visiteur la triple passion de Marie Madeleine : la Passion du Christ dont elle fut le témoin privilégié, la passion amoureuse qu'elle vécut dans les désordres comme dans l'ascèse, mais aussi la passion jamais démentie que les artistes lui vouent depuis le XIIe siècle » (p.13). Même si nous aurions aimé, pour notre part, que l'évangélisation de la Provence soit plus amplement présentée, cet ouvrage vient considérablement enrichir la bibliographie disponible sur Marie Madeleine.

En pratique

Exposition Marie Madeleine, la passion révélée, visible au Monastère royal de Bourg-en-Bresse jusqu'au 5 février, puis au Musée des Beaux-Arts de Carcassonne du 24 février au 24 mai, et au Musée de la Chartreuse de Douai du 17 juin au 24 septembre 2017.
Catalogue en vente en librairie et dans les musées, au prix de 25 €.

jeudi 10 mars 2016

A quoi sert l’art sacré ?

Conférence le 17 mars 2016 à 20 h au centre diocésain Pape François de Gap par Chantal Desvignes-Mallet

Le 17 mars 2016 à 20 h, au centre diocésain Pape François, Chantal Desvignes-Mallet, conservateur honoraire du patrimoine, donnera une conférence intitulée « A quoi sert l’art sacré ? »
L’art sacré recouvre des domaines nombreux : musique, sculpture, peinture, orfèvrerie, architecture… autant de disciplines artistiques qui se retrouvent dans les édifices catholiques. Mais pourquoi cette présence ? Est-elle esthétique ? Liturgique ? Dans quelle mesure l’art sacré a-t-il évolué, tout particulièrement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ?
Chantal Desvignes-Mallet est conservateur honoraire du patrimoine, spécialité Inventaire général. Dans ses fonctions, elle s’est particulièrement intéressée au nord des Hautes-Alpes. Elle a, également, donné des cours d’histoire de l’art médiéval à l’université de Provence. Elle est l’auteur ou le coauteur de nombreux articles et livres parmi lesquels L’église Saint-Etienne de Vallouise à travers les âges, Association de sauvegarde de l’église Saint-Etienne (2015, 308 p.)

En pratique :
Jeudi 17 mars 2016, à 20 h, hémicycle du Centre diocésain Pape François à Gap (entrée par le 9 rue Capitaine de Bresson ou par la place Ladoucette) :
A quoi sert l’art sacré ? par Chantal Desvignes-Mallet.

Prochaines conférences :
Jeudi 21 avril 2016 : Philippe Franceschetti : les chrétiens dans la Seconde Guerre mondiale.
Jeudi 19 mai 2016 : Pierre Langeron, la laïcité
Jeudi 16 juin 2016 : Jean-Pierre Reybaud : le couvent des franciscains de Gap.

mercredi 13 janvier 2016

Un guide pour « les actions de valorisation du patrimoine »

Ateliers Mobimuse, laboratori Mobilità museo : « acteurs transculturels / creatività giovanile : linguaggi a confronta », programme alcotra, 2015, 79 p.
La collaboration entre le Musée muséum départemental de Gap et le diocèse de Gap et d’Embrun pour l’exposition Sur les pas des rois mages, a conduit la directrice du musée, Frédérique Verlinden, à remettre à la bibliothèque diocésaine, le guide intitulé Ateliers mobimuse.
Ce guide décline en autant de chapitres les modules de formation auxquels les acteurs institutionnels du patrimoine du Piémont italien et des départements des Alpes de Haute-Provence et des Hautes-Alpes ont participés. Cet ouvrage de 79 pages explique d’abord ce qu’est la conservation préventive. Par exemple, la lumière a des effets irréversibles sur les couleurs des tissus et des papiers. L’humidité en a sur les objets en « bois, cuir, ivoire… » (p 16-17). Le guide explique les bonnes pratiques en cas d’exposition, pour le transport, l’emballage et le déballage des œuvres (p 22-23).
L’organisation générale d’une exposition est le sujet du module 3 (p 38-46) tandis que la muséographie est celle du module 5 (p 47-52). Communiquer est l’une des clefs du succès d’une exposition (p 53-60). Il faut donc connaître les publics, y compris institutionnels, les accueillir et évaluer ce qui a, ou non, fonctionné dans cette communication.
Ce guide, dont la version en ligne est attendue, peut être utile à tous qui valorisent un patrimoine, notamment à des fins pastorales en Église. Les « pastorales du tourisme » de nos diocèses, les services d’archives, de bibliothèques, d’art sacré sont concernés. Les équipes d’animation des paroisses également : une crèche, par exemple, est une exposition, une représentation de la Nativité du Seigneur.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun


mercredi 9 décembre 2015

Les Hautes-Alpes… dans les pas des rois mages : une série de conférences au Musée de Gap

Le 5 décembre 2015, Catherine Briotet, Conservatrice des antiquités et objets d’art du département, a donné une conférence intitulée « La nativité et l’adoration des Rois Mages dans les œuvres d’art des Hautes-Alpes ». Elle a commencé par rappeler le statut légal des œuvres exposées et antérieures à la loi de 1905. Ces objets (tableaux, vases sacrés…) demeurent exclusivement affectés au culte et sont propriétés des communes (pour les églises) ou de l’État (pour la cathédrale de Gap). L’exposition sur les rois mages n’aurait pu avoir lieu sans l’autorisation des maires, des prêtres affectataires et, évidemment, de la conservation régionale des monuments historiques. Certaines des œuvres sont protégées au titre des monuments historiques. Dans les Hautes-Alpes, ce sont 2100 objets qui sont inscrits et 700 qui sont classés, pour l’essentiel des œuvres religieuses.

dimanche 30 novembre 2014

La beauté dans l’écrin de Notre-Dame du Laus

Quatre jours pour la beauté ! C’est le temps qui a été consacrée à cette notion à Nore-Dame du Laus du 21 au 24 novembre durant une session. Une exposition avec des œuvres d’art contemporaines, des objets liturgiques, des vêtements sacerdotaux et, le dimanche, l’ostensoir du Laus, est venue appuyée les propos sur la beauté à Notre-Dame du Laus par le recteur, le père Ludovic Frère, le père Guy Corpataux (la montagne dans l’expérience des pèlerins) et Hélène Biarnais (la nature dans les manuscrits du Laus). La beauté dans la Bible a été évoquée par le père Jean-Marie Dezon. La danse (Jessie Pezzoli notamment), la musique (dom Robert Guillot, Damien Bredif, Fabien Guilloth) ont eu leur place ainsi que la beauté dans la liturgie par le père Joseph-Charles Mbogba, ce dernier étant responsable de la pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse.
Le dimanche, jour du Christ Roi, une messe des artistes, présidée par Mgr André Fort, a été célébrée dans une basilique comble !
Sur les quatre jours, ce sont près de 120 personnes qui ont assisté à un moment de cette session sur la beauté, dans le magnifique cadre du sanctuaire Notre-Dame du Laus.

mardi 22 juillet 2014

Pierre, tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise (Mt 16, 17)


Frère Philippe Markiewicz, Ferrante Ferranti, Les pierres vivantes : l’église revisitée, Paris, Éditions Philippe Rey, 2005


L’été est un moment favorable pour prendre le temps d’observer et de contempler. C’est pour cela que nous vous proposons ce beau livre qui est une invitation à la contemplation des vieilles pierres et qui nous offre les clefs pour nous permettre de voir l’invisible et ainsi entrer plus en profondeur dans la liturgie de l’Eglise.
Architectes de formation, l’un est devenu moine, l’autre photographe. C’est au monastère de Ganagobie dans les Alpes de Hautes-provence que Frère Philippe Marakiewicz et Ferrante Ferranti se sont rencontrés. De leur questionnement sur le rôle du sensible pour montrer et rencontrer Dieu est né ce livre.
Avec leurs yeux et leurs mots les auteurs nous entrainent: de l’abbaye bénédictine de Ganagobie aux sanctuaires du Brésil, des peintures baroques du plafond de la chapelle Sixtine aux mosaïques romanes et aux icones du monastère Sainte Catherine dans le Sinaï, des statues européennes aux riches façades mexicaines, des rites chrétiens de la semaine sainte à Seville à ceux de la chrétienté d’Ethiopie sans oublier une magnifique photo des funérailles du pape Jean-Paul II. En quatre étapes : l’approche, la rencontre, la communauté et la mystagogie, ils nous emmènent en voyage à travers le monde et nous conduisent au cœur du mystère célébré par la liturgie. Ainsi Frère Philippe fait une remarquable comparaison, pleine d’enseignement, entre la liturgie de la dédicace d’une église et celle du sacrement de confirmation. Par ces rites, tous
deux, le monument de pierre comme le baptisé, sont ordonnés à la célébration de la Liturgie. Il écrit p. 165 : «L’art liturgique est un élément constitutif de la Liturgie et, à ce titre, sa raison d’être est de montrer quelque chose du mystère célébré »

Pour aller plus loin la bibliothèque de Gap vous propose :
Fernand Pouillon, Les Pierres sauvages, Paris, Éditions du Seuil, 1964
Louis Bouyer, Architecture et liturgie, Paris, Éditions du Cerf, 1967
Découvrir Ganagobie avec les moines, Marseille, Éditions Les Clef de l’Europe,
Guy Barruol, Ganagobie, Éditions Zodiac, 1979
Hélène de Villoutreys