lundi 14 novembre 2016

Un roman allégorique sur le handicap durant les premiers temps du christianisme

Ghislain du Chéné, Moi, Marie, femme de Cléophas, Paris et Namur, Fidélité, 2016, 185 p., 15,50 €.
Comme le succès de Monsieur le curé fait sa crise le montre, le roman chrétien a le vent en poupe. L’auteur de Moi, Marie, femme de Cléophas, Ghislain du Chéné est, depuis 2008, coordinateur international du mouvement Foi et lumière. L’une de ses filles est atteinte par le handicap. Dans un message électronique, Ghislain du Chéné a tenu à préciser qu’il a écrit ce livre « en grande partie au cours de l’été 2013 à Embrun ».
L’ouvrage se déroule aux premiers temps du christianisme, juste après la résurrection du Christ. La narratrice, Marie, se tenait au pied de la Croix. L’auteur s’appuie sur le verset 25 du chapitre 19 : « près de la croix de Jésus, se trouvaient debout sa mère, la sœur de sa mère, Marie femme de Clopas, et Marie de Magdala » (Traduction œcuménique de la Bible, selon les traductions, l’époux de Marie est appelé Clopas ou Cléophas). Marie, la narratrice, est mère d’un fils handicapé. Ce sont leurs vies, la force des rencontres et, essentiellement celle avec le Christ, qui sont ainsi racontées, au temps des premières communautés chrétiennes et de la persécution.

jeudi 10 novembre 2016

Les Jean-Quelque-Chose reviennent

Jean-Philippe Arrou-Vignod, Une famille aux petits oignons, histoires des Jean-Quelque-Chose, Paris : Gallimard jeunesse, 2013, 330 p., 18,90 €.
Jean-Philippe Arrou-Vignod, Une belle brochette de bananes, histoires des Jean-Quelque-Chose, Paris : Gallimard jeunesse, 2016, 160 p., 12 €.
En 2013 est paru un recueil des Histoires des Jean-Quelque-Chose, sous le titre Une famille aux petits oignons, qui réunit L’omelette au sucreLe camembert volantLa soupe de poissons rouges et Des vacances en chocolat. On y retrouve les premières aventures de la famille aux six garçons, prénommés Jean-A., Jean-B., Jean-C., Jean-D. et Jean-E.
À travers des portraits truculents et pleins vie, l’auteur, Jean-Philippe Arrou-Vignod, fait partager son enfance avec ses cinq frères. Chacun des personnages a une personnalité bien définie et son rôle dans la fratrie. La famille est catholique pratiquante. L’ambiance des années 1960 et 1970 donne un charme tout particulier à ces histoires.
D’un humour léger et avec un vocabulaire à la fois compréhensible et recherché, cet ouvrage est à recommander aux bons lecteurs à partir de 9 ans, et plus généralement aux collégiens.

Un nouvel opus paru en mars 2016

La cerise sur le gâteau, avant-dernier titre de la série, s’achève alors que les aînés sont à l’orée de leur adolescence, qui entraîne de grands changements dans la dynamique familiale. Dans Une belle brochette de bananes, on les retrouve d’une manière un peu différente, puisqu’il s’agit de souvenirs évoqués à partir de photos de famille, qui sont illustrées dans les dernières pages du volume. On y trouve notamment une image de la première communion de Jean-A. Découpé en chapitres plus courts et indépendants, ce dernier opus est adapté à des lecteurs plus jeunes, à partir de 7 ans.
En plus des volumes disponibles à la Médiathèque Mgr Depéry, tous les titres de la série sont disponibles en livres numériques sur le site de l’éditeur, Gallimard Jeunesse.

mardi 8 novembre 2016

Félicité Lamennais (1782-1854) : Paroles d'un croyant

Félicité Lamennais (1782 - 1854) : Paroles d'un croyant


Le 30 avril 1834 paraît à Paris Paroles d'un croyant. Ce petit ouvrage, qui en appelle à l'insurrection contre l'injustice au nom de l'Évangile, est immédiatement condamné par le Saint-Siège. Son auteur, Félicité de Lamennais (1782-1854),  né à Saint-Malo 42 ans plus tôt, peu avant la Révolution française est un prêtre qui va ensuite rompre avec l’Eglise mais dont les idées vont longuement imprégnées la société européenne.

Le catholicisme après la tourmente révolutionnaire
Ordonné prêtre à 34 ans en 1816, suivant l'exemple de son frère aîné, Lamennais accède brusquement à la célébrité l'année suivante avec son ouvrage en publiant Essai sur l'indifférence en matière de religion où il appelle à un renouveau de l’Eglise et à une meilleure formation du clergé.
L'Église sort à ce moment-là de la tourmente révolutionnaire et cette période est marquée par un réveil de la foi qui s’étend à toute l’Europe. L’Eglise retrouve une vitalité qui se voit par les initiatives multiples et le nombre impressionnant de vocations religieuses et sacerdotales.
Ces jeunes générations plaident pour un renforcement de l’autorité du pape sur l’ensemble de l’Eglise et se démarque du gallicanisme de l’Ancien Régime en militant pour un ultramontanisme conquérant. Mais marqués par les idées de la Révolution, certains – dont Lamennais, Lacordaire, Montalembert, Ozanam – souhaitent une séparation de l’Eglise et de l’Etat ; pour eux, le Concordat de 1801 a fait des prêtres et des évêques des fonctionnaires soumis à l’Etat et non à la seule autorité du pape.
« Nous sommes payés par ceux qui nous regardent comme des hypocrites ou des imbéciles et sont persuadés que notre vie tient à leur argent. Leur traitement est si injurieux que des hommes qui le souffrent tombent nécessairement au-dessous du mépris», écrit Lamennais

Ils seront déçus par les Papes successifs (Léon XII – 1823-1829 et Pie IX – 1846-1878) qui ne soutiennent pas les révoltes belges, irlandaises ou polonaises face aux gouvernements qui les oppriment. Une partie d’entre eux opteront ouvertement pour le libéralisme (Lamennais, Lacordaire, Ozanam). En même temps ils voient les côtés néfastes de l’industrialisation qui entraîne la pauvreté dans le peuple et l'enrichissement toujours plus grand de la bourgeoisie.

Une lente rupture avec l’Eglise.
C’est dans ce contexte que naît le journal L’Avenir en 1830 au moment où Charles X est chassé du pouvoir et remplacé par Louis-Philippe. Ce journal qui connaît un rapide succès inquiète le pouvoir mais aussi les autorités ecclésiastiques.  Le Pape Grégoire XVI condamne en 1832 dans l’Encyclique Mirari Vos les idées  libérales défendues dans ce journal. Si Lacordaire, Montalembert et Ozanam se soumettent, Lamennais  refuse de se soumettre.

La rupture avec l’Eglise.
En 1834 Lamennais publie Paroles d’un croyant où au nom de l’Evangile il condamne les injustices sociales, les gouvernements qui abusent de leur autorité pour opprimer le peuple. Ce pamphlet lyrique est un appel au peuple pour qu’il prenne son destin en main. Condamné par l’Eglise Lamennais abandonne son sacerdoce et se lance par ses écrits dans le débat public. Il deviendra député après l’avènement de la République en juillet 1848.
Usé par la maladie et la fatigue il meurt en février 1854 sans s'être réconcilié avec l'Eglise et sans avoir reçu les derniers sacrements. Conformément à ses vœux il sera enterré, comme les pauvres,  dans une fosse commune au Père Lachaise.

Conclusion

Félicité Lamennais eut sans doute le génie et le tord d’avoir eu raison trop tôt. Les idées qu’il défendit avec fougue et acharnement toute sa vie, et souvent dans la solitude, trouveront un écho au XXè siècle : la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le souci des pauvres au sein de l’Eglise marqué par l’Encyclique (mai 1891) Rerum Novarum promulgué par Léon XIII et reprise par ses successeurs, son influence dans la création en politique de partis "démocrate-chrétien".


OUVRAGES DE LAMENNAIS ET SUR LAMENNAIS
LAMENNAIS, Félicité. - Oeuvres posthumes. – Paris, Paulin et le Chevalier, 18756. 438 pages.

LAMENNAIS, Félicité. - Les Paroles d'un croyant de Lamennais. – Paris, Le Hire, 1919

LE GUILLOU, Louis. - Les Lamennais Paris, Les Editions ouvrières, 1990. 107 pages.

RICARD, Abbé Ant. – Lamennais.- Paris, Plon, 1884. 418 pages.

BOUTARD, Abbé Charles. – Lamennais. – Paris, Perrin et Cie, 1905-1908, 1913.
Comprend : 1. L’éducation de la démocratie. 2. La renaissance de l’ultramontanisme. – 3. Le catholicisme libéral.
       
HOURDIN, Georges. – Lamennais. - Paris, Perrin, 1982. 417 pages.

ROUSSEL, Alfred. -  Lamennais à la Chênaie. – Paris, Téqui, 1909. 300 pages.

MARECHAL, Christian. - Lamennais et Lamartine. – Paris, Bloud, 1949. VIII-380 pages.

LAMENNAIS, Félicité. - Dante-Lamennais. La Divine Comédie, traduite et précédée d'une introduction sur la vie, la doctrine et les oeuvres de Dante. –
In Les œuvres posthumes de F. Lamennais, publiées selon le voeu de l'auteur par E.-D. Forgues.. 1862. 482 pages.

RICARD, Ant. - Gerbet et Salinis ; L' École menaisienne. –Paris, Plon, 1883. 353 pages.

LAMENNAIS, Félicité. - Les Évangiles. - Traduction et Commentaires de Lamennais d'après les textes et manuscrits retrouvés par Pierre Harispe, et publiés pour la première fois avec l'approbation de la censure ecclésiastique. – Paris, Payot, 1928. 412 pages.

LEBRUN, Jean. – Lamennais. – Paris, Fayard, Mame, 1981. 281 pages.
VALLERY-RADOT, Robert. – Lamennais. – 1931.

MOLIEN, A. ; DUINE, F. - Lamennais, sa vie, ses idées. – Paris, E.Vitte, 1898. 348 pages.

BREHAT, René. - Lamennais le trop chrétien. – Paris, Denoël, 1941. – 280 pages.

FEUGERE, Anatole. – Lamennais. – Paris, Bloud, 1906. XIII-460 pages.

MARECHAL, Christian. - Lamennais et Lamartine. – Paris, Bloud, 1907. VIII-380 pages.

ROUSSEL, Alfred. - Lamennais d'après des documents inédits. – Paris, Hyacinthe Caillière, 1892. 282 pages.

ROUSSEL ; Alfred. - Lamennais à la Chênaie. - Paris, Téqui, 1909. 300 pages.

 LEBRUN, Jean. -  Lamennais. – Paris, Fayard, Mame, 1981. 281 pages.

[Attribué à THOMAS A KEMPIS]. - Imitation de Jésus-Christ / traduit par Félicité Lamennais –Plusieurs éditions : 1915, 1926, 1946. Publié par : Droguet-Ardant, 1915, 1950, 1959.

LAMENNAIS, Félicité. –Œuvres.- Plusieurs éditions. 4 tomes..

LAMENNAIS, Félicité. -  Lettres inédites. – Paris, Perrin, 1910. 338 pages.
     
 LAMENNAIS, Félicité. - Esquisse d'une philosophie. – Paris, Pagnerre, 1840.

LAMENNAIS, Félicité. -   Esquisse d'une philosophie : les meilleures pages. – Paris, J. Duvivier, 1911. 413 pages.

LAMENNAIS, Félicité. -  Essai sur l'indifférence en matière de religion. – Paris, Pagnerre, 1844. 403 pages.

LAMENNAIS, Félicité. - Oeuvres complètes. – Paris, Daubrée et Cailleux, 1836.
Contient : 1. Les affaires de Rome. 2. De la religion considérée dans ses rapports avec l’ordre politique et civil.

LAMENNAIS, Félicité. -  De l'art et du beau. – Paris, Garnier, 1872. 354 pages.

LAMENNAIS, Félicité. - Paroles d'un croyant. – Paris, Bureau de la publication, 1866. 127 pages.

LAMENNAIS, Félicité. - Paroles d'un croyant. – Paris, Impr. Viéville et Capiomont, 1833. 355 pages.

LAMENNAIS, Félicité. - Essai sur l'indifférence en matière de religion. – Paris, Tournachon-Molin, 1818. 4 volumes.

LAMENNAIS, Félicité. - Lettres inédites. – Paris, V. Forest et T. Grimaud, 1862. 178 pages.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles



Une entreprise à visage chrétien

Samuel Rouvillois, avec le parcours Perigot, La sagesse chrétienne : un enjeu pour l’entreprise, Paris : Presses de la Renaissance, 2016, 278 p., 15,90€.
Le parcours Perigot, fondé par François Perigot, président du CNPF de 1986 et 1994, est un groupe de grands dirigeants d’entreprise, qui se réunissent pour confronter leurs pratiques managériales aux valeurs portées par l’Évangile. Avec l’aide de Samuel Rouvillois, philosophe et théologien frère de la communauté Saint-Jean, ils interrogent la doctrine sociale de l’Église, en particulier Caritas in veritate, lettre encyclique du pape Benoît XVI et Evangelii Gaudium, exhortation apostolique du pape François.
Ensemble, ils reviennent sur les questions induites par la mondialisation et les techniques de communication apparues ces trente dernières années. L’accent est mis sur le partage des richesses, la mutualisation et la solidarité, l’éthique financière. La troisième partie est consacrée aux perspectives d’avenir, dans l’objectif de dessiner une économie à visage humain.
Cet ouvrage est à destination de ceux qui ont à exercer une responsabilité collective et qui souhaitent intégrer une dimension chrétienne et pleinement humaine à la gestion de leur entreprise. Il permet d’accéder à l’essentiel de la doctrine sociale de l’Église, enrichie par la réflexion et l’expérience de dirigeants qui tentent de l’appliquer au quotidien.

vendredi 4 novembre 2016

De la pudeur à l'amour de Inès Pélissié du Rausas

De la pudeur à l'amour
Inès Pélissié du Rausas
Paris, Le Cerf, 2016. 320 pages.


Ulysse, devant la belle Nausicaa, a une réaction pour le moins étrange : « il cassa dans la dense verdure un rameau bien feuillu qu’il donnerait pour voile à sa virilité… » À travers cette réaction apparemment anodine, Homère lève un voile sur le mystère de la sexualité humaine. Mystère de la personne qui refuse d’être considérée comme un objet, d’être « captée » par l’autre, d’être violée dans son intimité et qui donc se protège.
La pudeur ne trahit-elle pas une dimension métaphysique de la personne ?
C’est la thèse que défend ici Inès Pélissié du Rausas.

Poursuivant l’observation de la pudeur et de la sexualité chez les peuplades primitives et les tribus océaniques, comme dans la Bible, la littérature classique et l’histoire de la philosophie, l’auteur dégage une constante, une certitude quasi-scientifique : l’homme a un besoin infini d’être respecté, d’aimer et d’être aimé comme une personne.
C’est donc à une théologie de la pudeur que nous invite cet appel du coeur humain, en la révélant comme un écho lointain des origines où le corps était, en toute simplicité et vérité, le témoin fidèle de l’amour authentique entre les personnes.
Qui le comblera dans son désir ? La question reste ouverte.

Mariée et mère de cinq enfants, Inès Pélissié du Rausas est docteur en philosophie à l’université Paris IV-Sorbonne et enseigne à l’Institut de Théologie du corps. Elle est conférencière et auteur de nombreux ouvrages qui donnent aux parents les outils d’une éducation à l'amour éclairée par la théologie du corps et appuyée sur la psychologie de l’enfant.


Notes de l’éditeur

publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

La théologie du corps selon Jean-Paul II

La théologie du corps : l’amour humain dans le plan divin.
Jean Paul II ;  introduction, traduction et notes de Yves Semen.
Paris, Le Cerf, 2014. 784 pages.

Après le forum Wahou des 5 et 6 novembre prochain, faire une plongée dans l’œuvre de Jean-Paul III sur la théologie du corps.


Au-delà des traductions des homélies de Jean-Paul II sur le corps et l'amour humain, Yves Semen nous donne ici une traduction de l'ensemble des notes (rédigées avant l'élection de Karol Wojtyla comme pape) ainsi que toutes les catéchèses et interventions du Pape sur ce sujet. 
Yves Semen accompagne cette oeuvre de nombreuses notes et d'un vaste index (plus de 300 -thèmes commentés).

A noter : préfacée par le Cardinal Marc Ouellet, cette édition  contient, outre les 129 catéchèses prononcées, 6 catéchèses écrites par Jean-Paul II mais non prononcées (sur Tobie et le Cantique des Cantiques) ainsi que le Mémorandum de Cracovie (texte envoyé par Wojtyla à Rome en vue de l'encyclique Humanae Vitae, mais qui est parvenir trop tard pour servir de schéma à l'encyclique...)
[Note de l’éditeur]

jeudi 3 novembre 2016

Accompagner des personnes en soins palliatifs

François Buet, L'accompagnement spirituel de la personne en soins palliatifs, Paris : Nouvelle Cité, coll. Racines, 2016, 165 p., 17 €.
François Buet est prêtre du diocèse de Marseille et médecin en soins palliatifs. Auteur de Prier 15 jours avec Frère Luc, moine et médecin à Tibhirine, il a publié plusieurs ouvrages sur l'accompagnement global de la personne hospitalisée.
Dans son tout nouvel ouvrage, il revient sur l'importance de considérer le patient dans chacun des aspects de son être : physique, psychologique, social et spirituel. Ce livre s'adresse à tous, proches de malades comme visiteurs en hôpital ou médecins. Il reprend les principes essentiels de l'accompagnement spirituel et religieux. La bibliographie présente de nombreux titres, hiérarchisés selon leur importance.
Très intéressant dans le fond, le propos de François Buet est néanmoins desservi par la syntaxe peu soignée et un vocabulaire trop technique et un peu confus.

Hélène Biarnais
médiathèque Mgr Depery