vendredi 6 juin 2014

Des pèlerinages en Provence


Les 8 et 9 juin prochain se tiendra le pèlerinage de Provence. A cette occasion, il nous a paru bon de publier une liste des ouvrages que la Bibliothèque diocésaine de Marseille possède dans son fonds sur les différents pèlerinages provençaux

Exemple d'Exode de Protestants haut-alpins après la Révocation de l'Edit de Nantes

Les associations des descendants des Court (Guillestre) et des frères Grimm (Kassel – Allemagne) ont publié en 2013, Du Dauphiné à La Hesse : exemple d’exode de Protestants Haut-Alpins après la Révocation de l’Edit de Nantes dans le cadre d’une collection intitulée Cahiers franco-allemands.
L’étude se focalise particulièrement sur le cas du village de Vars et de l’exil de ses habitants protestants vers La Hesse et le Württemberg… Les articles, relativement courts sont d’une qualité rare dans la recherche historique locale. Il faut rendre hommage à l’association des descendants des Court pour son travail inscrit dans la durée.
Dans « Vars et sa contribution au patrimoine mondial de l’humanité », Jean Seinturier souligne l’influence des descendants varsins (début XIXe siècle) dans la collecte des contes par Jacob et Wilhelm Grimm par le biais de la famille Droume/Hassenpflug.
Rappelons qu’un autre membre de la famille Court sera à l’honneur dans le diocèse de Gap lors des Journées du Patrimoine de septembre, le peintre Louis Court (Guillestre, 1670 – Avignon, 1733).

jeudi 5 juin 2014

LES SOLDATS DE LA PROVENCE FACE AUX CALOMNIES

La légende noire des soldats du Midi
Jean-Yves Le Naour
Paris, Vendémiaire, 2013.

Avec cet ouvrage l’auteur continue une œuvre de vulgarisation sur la guerre de 14-18. Ici il se concentre sur ce qui fut « l’affaire du XVè corps d’armée » au début de la Première Guerre Mondiale.

A partir du 14 août 1914, l’armée française lance une offensive en Lorraine. Si elle avance assez rapidement cette avancée coûteuse en hommes va se transformer en échec : les Allemands écrasent le 19 août les français sous un déluge de feu…. tuant de milliers de fantassins.  Ne pouvant tenir les troupes françaises battent en retraite.
Pour expliquer ce recul le Haut Commandement accuse le XVè Corps d’armée composée de méridionaux d'avoir failli face à l’ennemi. Le sénateur Gervais s’en fait l’écho dans la presse nationale : c’est ainsi que naît la « légende noire des soldats du Midi ». Les troupes de Provence sont stigmatisées et aux châtiments infligés par l’armée s'ajoute les railleries sur les soldats de « l’aimable Provence ». Malgré les protestations des élus provençaux et les tentatives du gouvernement pour réparer l'affront cela restera une blessure durant toute la guerre quand bien même les soldats provençaux feront leur devoir comme les autres.
L’auteur s’attache à montrer comment le Nord de la France se représente l’homme du Midi : un monde indolent, beau parleur, peu patriote. Cette image négative est véhiculée par les intellectuels parisiens et la presse surtout de droite. Il faudra attendre la fin de la guerre pour que les soldats du Midi soient réhabilités : mais le mal était fait dans l’opinion publique et au sein de l’armée.

Pour suivre au jour le jour les événements qui ont conduits à la « défaite de Lorraine » il faut se reporter à  l’ouvrage de Maurice Mistre « La légende noire du XVè corps » (ouvrage publié en 2009 aux Editions C’est-à-dire).


UNE HISTOIRE D'AIX-EN-PROVENCE PENDANT LA REVOLUTION FRANÇAISE

AIX SOUS LA TERREUR : La Révolution française Tome I. 26 avril 1795 au 12 août 1796Tome II. 13 août 1796 au 31 décembre 1797de Ambroise Thomas Roux-AlphéranVauvenargues, Editions Desbaumes, 2013

 





Enfoui à la Méjanes, dans le fonds patrimonial de cette prestigieuse bibliothèque aixoise, ce journal de Roux Alphéran, méritait assurément qu’on le tire de l’oubli dans lequel il était tombé. Réunies en un ouvrage austère, à la couverture jaunâtre, ces pages manuscrites furent écrites au jour le jour, à Aix, de 1795 à 1797, par un jeune homme d’à peine dix-neuf ans. Il nous conte ainsi par le détail, la vie terrifiante qui était alors celles des habitants de notre ville et de ses alentours, en ces temps révolutionnaires. Passionnant à plus d’un titre, ce livre nous fait la saveur inégalable de ce passé où il ne faisait pas bon se dire républicain comme royaliste. Tour à tour, soumis au uns ou au autres, notre malheureuse cité, vidée d’abord de ses nobles, se vidait aussi de son sang, par les assassinats et exécutions sommaires malgré les appels au calme de ses édiles. Il fallait avoir le coeur bien accroché pour vivre au milieu de ces troubles, parmi une population qui n’espérait plus rien, sinon la fin de ces atrocités continuelles. L’auteur d’ailleurs prenait grand risque sans doute, à coucher ainsi sur papier tout ce qui se passait en Aix. Mais où aller ? Que faire d’autre que d’être ce témoin privilégié, journaliste reporter avant l’heure, chroniqueur d’un désastre national dont on ne voyait encore pas la fin. En fin observateur et malgré tous les dangers, notre jeune bourgeois s’enquiert de tout, écoute ce qui se dit dans les cafés et les tavernes, se fait l’écho parfois de rumeurs les plus folles, comme il sait lire aussi les journaux arrivant de Paris par la malle-poste… quand celle-ci n’est pas dévalisée en chemin! C’est que la capitale tenait toujours le pays d’une main de fer. Le Directoire était alors la plus grande instance révolutionnaire et seule la distance atténuait ses dictats. La campagne d’Italie battait son plein et l’on était suspendu à ses victoires qui scellait le destin de la France. Un nom revient peu à peu d’ailleurs dans ces notes : celui d’un certain buonaparte…patronyme que nous lisons non sans sourire, nous qui connaissons la destinée du héros du pont d’Arcole ! Mais la lecture de notre ouvrage n’est pas seulement d’un intérêt historique. On y « sent » aussi la vie quotidienne des aixois et l’on partage ainsi leurs angoisses journalières à la montée des prix du pain et des autres denrées. On peut aussi ressentir une certaine nostalgie à l’évocation des cercles et de certains cafés dont quelques uns subsistent encore aujourd’hui sous d’autres noms. La vie malgré tout continuait et à la saison d’été, si l’on ne nous parle pas du chant des cigales, couvert sans doute par certains chants révolutionnaires ou royalistes, on a la surprise au coin d’une page, de savoir que certains jeunes gens s’étaient mis à jouer la sérénade, sous les fenêtres d’une belle. De même d’être au courant d’un bal près de la place Albertas malencontreusement interrompu par des pandores… Il y aurait aussi beaucoup à rire – si les conséquences de telles parures vestimentaires n’étaient point aussi tragiques – de voir Gravure autorisation Bibliothèque Nationale ainsi avec quelle effronterie certains n’hésitent pas à afficher leur conviction idéologique, s’affublant d’un ruban blanc ou se coiffant en oreille de chien pour les royalistes, d’un bouquet de thym à leur chapeau, pour les républicains ! La vie donc, la vie seulement pourrait-on dire malgré les épreuves, les peines et les angoisses qui touchaient jusqu’à nos campagnes, teintées de sang. On lance un aérostat à l’occasion d’une fête et voilà qu’il s’élève pour s’en aller tomber sur le flanc de la montagne Sainte- Victoire ! Mais pour cet épisode ludique, combien de coups de main tragiques, d’expéditions punitives qui se soldent, soit par la mort d’un paysan, soit par la blessure d’un soldat, soit le pillage d’une ferme ? On reste pantois de fait, devant tant de violence, d’intolérance, de trahison qui s’étalent tout au long de ces pages. On en est troublé d’autant plus que le cadre de ces faits sanglants n’a pas beaucoup changé. Le Cours (Mirabeau) est là, la maison commune, la caserne, les rues de notre vieille ville comme ses multiples églises destinées au fourrage et qui au gré des jours, revoient peu à peu leurs portes s’ouvrir comme leurs officiants reprendre leur service.
 Un livre remarquable, illustré de nombreux documents, tiré d’un manuscrit de plus de 600 pages, d’une écriture petite et nerveuse, presque sans rature, conservé pour nous et pour la postérité d’après même l’aveu de l’auteur. Ce dernier nous vaudra d’ailleurs bien plus tard son livre célèbre entre tous : « LES RUES D’AIX ».
 


UN PAPE DANS LA TOURMENTE DE LA GRANDE GUERRE

Benoît XV (1914-1922) :  Un pape pour la paix
Paris, le cerf, 2014.

Le pape de la Première Guerre mondiale, c'est lui, Benoît XV (1854-1922), visionnaire en un temps de chaos d’un monde en devenir. Révélant une page secrète des relations internationales, cet essai biographique raconte comment, à peine élu, ce diplomate de vocation n'aura cessé, depuis Rome, d'opposer à Paris et à Berlin la neutralité du Saint-Siège pour mieux appeler l'ensemble des belligérants à la paix.
Comment, en leur proposant inlassablement sa médiation, il leur intimera de projeter une Europe unie malgré l’opposition des belligérants et cette opposition viendra également des rangs catholiques : Benoît XV sera accusé d’être un « pape allemand » ou un « pape français » Comment, aussi, il multipliera les signes de réforme de l'Eglise catholique afin de la désengager de son terreau traditionnel en créant une nouvelle Congrégation pour les Eglises orientales en 1917 et en condamnant les nationalismes coloniaux en 1919.


Ce portrait vivant, dressé au milieu des grands événements d'une époque charnière, montre également que les incompréhensions suscitées par ses diverses initiatives ne sont pas allées sans désillusion ; Benoît XV ne pourra pas faire entendre son message de paix et le Saint-Siège sera exclu des négociations lors du traité de paix de Versailles comme il le sera de la future Société des Nations.
Benoît XV n'en reste pas moins une figure d'exception au sein d'un temps d'immense confusion. A la sortie de la Grande Guerre, grâce à son action, le catholicisme a pris toute la mesure de son universalité. Ses successeurs seront en dette de cette conception globale du monde et de l'histoire qui aura animé son court, mais intense pontificat.

LES CHRETIENS DANS LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

Chrétiens dans la première guerre mondiale : actes des Journées tenues à Amiens et à Péronne les 16 mai et 22 juillet 1992
Sous la direction de Nadine-Josette Chaline
Paris, le Cerf, 1993.

La guerre qui éclate pendant l’été de 1914 va bouleverser toutes les habitudes, et ceci dans tous les pays. Mais celles des chrétiens aussi. Au front comme à « l’arrière », on se tourne vers Dieu. Dans les tranchées, les soldats manifestent leur foi de multiples façons. Loin des combats, garçons et petites filles prient pour ceux qui luttent pour la victoire de l’armée française. Depuis l’Amérique, la petite Anaïs Nin prie pour la France, incarnant ces enfants catholiques qui assument par la prière leur part de l’effort de guerre. Un catholique pratiquant, Denys Cochin, entre au gouvernement, contribuant à effacer l’image d’une France anticléricale. Si en ces temps de grande tension, certains remettent en cause leur foi, d’autres au contraire la découvrent et/ou se convertissent. Le clergé participe aussi à la guerre : Les aumôniers militaires ont incarné auprès des soldats français et britanniques la permanence du christianisme dans un monde où tout s’écroule ; soldats et prêtres en partageant les mêmes dangers, les mêmes souffrances se découvrent mutuellement. La guerre est aussi l’occasion de côtoyer ceux qui appartiennent à une autre confession.

Cet affrontement dramatique et prolongé entre chrétiens, voire entre catholiques, inquiète le pape dont les initiatives, et particulièrement sa note d’août 1917, sont loin de faire l’unanimité : on lui reproche de vouloir « une paix allemande ». Et une fois la guerre finie, les survivants veulent maintenir le souvenir de leurs camarades morts. Beaucoup d’églises sont alors dotées de vitraux commémoratifs. Ce sera aussi l’occasion d’un rapprochement diplomatique entre la France et le Vatican puisque les relations diplomatiques seront rétablies en en1922.

150e anniversaire de la consécration de Notre-Dame de la Garde


C’est le samedi 4 juin 1864 qu’est consacré le sanctuaire de Notre-Dame de la Garde (rappelons qu'il ne porte pas encore le titre de basilique puisqu’il a été érigé en basilique mineure en 1896). Seul le clergé assiste à la cérémonie de consécration en présences des cardinaux Jean-Baptiste Pitra, Clément Villecourt, Césaire Mathieu et Fernand Donnet.
 

Procession du 5 juin 1864 sur la Canebière

Le lendemain de la consécration, se déroule la translation solennelle de la statue de Notre Dame dans son nouveau sanctuaire. Le 5 juin sont rassemblés autour de Mgr Patrice Cruice une cinquantaine d’évêques. Une foule immense, organisée en cinq processions, monte des rues de la ville vers le sanctuaire, autour des reliques de saint Jean de Matha, saint Ferréol, saint Sérénus, saint Vincent de Paul, saint Cannat, saint Victor, saint Théodore, sainte Marie Madeleine, sainte Marthe et saint Lazare.

Procession du 5 juin 1864

Pour commémorer l'anniversaire de la consécration, dimanche 8 juin 2014 à 16h, vêpres et office du rappel de la consécration suivis d'une messe à 17h.

Les photos de la célébration sont disponibles sur le site du diocèse de Marseille.