mercredi 25 mars 2009



HENRY QUINSON

MOINE DES CITES : DE WALL STREET AUX QUARTIERS NORD DE MARSEILLE

PARIS, NOUVELLE CITE, 2008

Henry Quinson (né en 1961 de mère française et de père américain) est un jeune banquier franco-américain. Il quitte à 28 ans (en 1989) une carrière lucrative de banquier international pour une vie monastique. Après des essais dans des monastères traditionnels il fonde – avec l’appui de Mgr. Bernard Panafieu – alors archevêque de Marseille – une petite fraternité dans la banlieue nord de Marseille.

L’auteur dans cet ouvrage témoigne de son cheminement spirituel, de sa quête pour réaliser sa vocation propre. Sa « vocation monastique » se réalisera par la fondation de cette Fraternité Saint-¨Paul qui s’implante dans un quartier populaire où se croisent diverses nationalités et confessions religieuses. Ainsi naissent des rencontres entre riches et pauvres, entre chrétiens, musulmans ou incroyants, entre Français et étrangers . Ces rencontres témoignent et transforment le discours habituel sur les représentations du monde et de Dieu.


Loin des poncifs du « choc des civilisations » et de la « crise des banlieues » cette expérience monastique au cœur de la ville témoigne d’une fraternité humaine toujours à l’œuvre ; elle témoigne également de la fécondité du « renouveau monachisme » qui voit le jour depuis les années 1990.

mardi 24 mars 2009

Jean Calvin (1509 - 1567)


Jean Calvin (1509 - 1567)


1°) Biographie

Jean Calvin est né à Noyon en 1509. Il reçoit une éducation catholique. Entre 1526 et 1531 il fait des études de droit à Orléans et Bourges. Vers 1533, il se convertit à la Réforme et compose des ouvrages théologiques. Après l'affaire des placards (1534), il s'exile et trouve refuge auprès de Marguerite de Navarre puis à Bâle en Suisse. C'est dans cette ville qu'est publiée pour la première fois son oeuvre majeure : l'Institution chrétienne (1536).

Nommé professeur à Genève en 1536, il est sollicité par Guillaume Farel , le père de la Réforme genevoise, pour organiser l'église locale. Mais son autoritarisme entraine un conflit avec la population et Calvin doit partir.

De 1536 à 1538 Calvin s'exile à Strasbourg où il se marie. Il est alors rappelé à Genève pour mettre en place une réforme de l'église. Il publie des ordonnances ecclésiastiques et compose un catéchisme. Il met également au point des prières et introduit le chant des Psaumes pour le Culte.


Toute son existence Calvin lutte pour transformer les moeurs et les croyances de ses concitoyens. Par ses écrits il étend sa renonmée dans l'Europe entière. Il soutient particulièrement les Réformés français.

Il est accusé souvent par ses opposants d'intolérance et d'intransigeance. Ce propos est souvent illustré par la condamnation au bûcher du médecin Michel Servet qui s'opposait à la doctrine calvinienne de la Trinité.

Epuisé par une activité inlassable Calvin meurt rongé par la maladie en 1567.


2°) La théologie de Calvin

La Théologie de Calvin est influencée par l'évangélisme et la théologie luthérienne de la Croix et du Salut. Au centre de la doctrine de Calvin se trouve la justification par la foi, le salut par le Christ et l'emprise totale du péché sur chaque homme.

A cela Calvin ajoute une théologie du Saint Esprit et une insistance sur l'Eglise visible et une attention à la sanctification du justifié.

Il se différence de l'Eglise catholique par son rejet de la hiérarchie (pape ; évêques ; prêtres) mais aussi sur des sujets comme le culte de saints ou la présence réelle dans l'Eucharistie.

Calvin ne reconnait que deux sacrements le Baptême et la Communion. Les pasteurs qui encadrent les fidèles sont élus ainsi que les conseils qui dirigent spirituellement les églises.

3°) Bibliographie

Nous vous proposons ici quelques oeuvres de Calvin ainsi que un ou deux ouvrages d'introduction à son oeuvre

1) Vie de Calvin

Bernard Cotteret : Jean Calvin, Paris, JC. Lattès, 1995
Bernard Crouzet : Jean Calvin : vies parallèles, Paris, Fayard, 2000

2) Introduction à l'oeuvre de Calvin

Jean Cadier : Calvin : Sa vie, son oeuvre avec un exposé de sa philosophie, Paris, PUF, 1967

Eric Fuchs, La morale selon Calvin, Paris, Cerf, 1986

Albert Marie Schmidt : Jean Calvin et la tradition calvinienne, Paris, Cerf, 1957

François Wendel : Calvin : sources et évolution de sa pensée religieuse, Genève, Labor et Fides, 1986

3°) Oeuvres de Calvin

Jean Calvin et Guillaume Farel : La vraie piété : divers traités de Jean Calvin et Confession de Foi de Guillaume Farel, Genève, Labor et Fides, 1986

Jean Calvin : Institution de la morale chrétienne, Genève, Labor et Fides, 1955 (4 vol.)

Jean Calvin : Trois traités comprenant en un volume : Epître à Sadolet, Le Traité de la Sainte Cène, le Traité des Scandales, Genève, Ed. Je sers, Labor et Fides, 1935

Jean Calvin : Le Catéchisme de Genève en français moderne suivi de la Confession de Foi des églises réformées de France et de la Confession de Foi des églises wallone et flamande des Pays-Bas, Genève, Ed. Je sers, 1943

jeudi 26 février 2009

Charles Darwin (1909-1882)



Voici un numéro spécial de Télérama consacré à Charles Darwin et à la théorie de l'évolution. Ce numéro fait suite à de nombreuses publications (revues ou journeaux) qui veulent nous faire comprendre l'homme, la théorie de l'évolution et ses implications. Aujourd'hui avec la théorie du créationnisme qui gagne du terrain dans le monde scientifique ou scolaire il est bon de se pencher sur cette théorie pour mieux la comprendre.

Ce numéro a l'avantage de faire faire revivre le Darwin de cette époque et de nous présenter de façon claire la théorie de l'évolution, des bouleversements qu'elle a engendré et des polémiques qu'elles suscitent encore aujourd'hui. En effet si à son époque cette théorie a fait scandale - surtout - dans les milieux religieux, elle reste pour beaucoup (fondamentalistes chrétiens ou musulmans notamment) une doctrine "impie" qu'il faut combattre.


Charles Robert Darwin (1809-1882) est un naturaliste anglais. Ses travaux et les théories sur l'évolution des espèces vivantes ont révolutionné la biologie. Il a apporté l'hypothèse que toutes les espèces vivantes on évolué au cours du temps grâce à la sélecttion naturelle. Si la théorie de l'évolution a été acceptée de son vivant par la communauté scientifique, il faut attendre les années 1930 pour que sa théorie sur la sélection naturelle le soit également. Au XXIè siècle, elle constitue la base de la théorie moderne de l'évolution. Sous une forme modifiée, la découverte scientifique de Darwin reste le fondement de la biologie car elle explique de façon logique et unifiée la diversitée de la vie.

JEAN CALVIN (1509-1564)


La revue "L'Histoire" du mois de mars 2009 publie un excellent dossier Jean Calvin (1509-1564) avec les contributions d'historiens spécialistes de la Réforme protestante en Europe pour le 500è anniversaire de sa naissance.
Calvin n'est pas l'inventeur du protestantisme mais il le fait entrer dans une phase décisive au milieu du XVIè siècle. Méconnu et malconnu, sa mémoire souffre d'une mauvaise répution que les auteurs s'efforcent de rétablir à la vue des faits.
Ce dossier a l'avantage de nous faire connaître Calvin et sa doctrine. Il a également l'avantage d'être une excellente introduction à l'étude de la Réforme protestante, en général, et du calvinisme en particulier.
Les lecteurs pourront par la suite aller plus loin notamment avec la biographie de Yves Krumenacker "Calvin : au-delà des légendes : biographie" (Bayard, 2009) ou celle de Bernard Cottret "Calvin : biographie" (J.C. Lattès, 1995). A noter que B. Cottrer est l'auteur de nombreux ouvrages sur la Réforme protestante ainsi que sur la Renaissance.

ANNEE CALVIN



Ce numéro de "Cahiers Evangile" est consacré à l'influence de l'imprimerie sur le schisme que va
connaître la chrétienté au XVè siècle avec Luther et
Calvin. Cependant d'autre facteurs y contribuent : la connaissance de l'hébreu et du grec, l'étude des textes "païens" et chrétiens aux sources de la culture occidentale.
Si les Réformes protestantes tiennent l'Ecriture comme seule autorité, le concile de Trente rappelle les rapports entre Ecriture et Tradition ainsi que le rôle du Magistère.
Voici donc un excellent document de travail pour appréhender une étude plus appronfondie de cette période qui va bouleverser le monde chrétien et pour mieux comprendre le monde où sont né les Réformes protestantes avec Luther et Calvin

LECTIO DIVINA : OUVRAGE DU¨P. CHRISTOPHE DE DREUILLE


PRÉFACE DE MGR CHRISTOPHE DUFOUR
« Mettons-nous en présence de Dieu et adorons-le ». C’est ainsi que mon père ouvrait la prière en famille, chaque soir, devant l’icône du Christ. Par ces simples mots, il ouvrait la porte à la Présence et nous introduisait dans le mouvement intérieur de la prière, vers l’adoration. Toute prière est recherche de la présence mystérieuse et amoureuse de Dieu. Toute prière est disponibilité, écoute, désir, quête profonde de l’Eternel Amour du Père manifesté en Jésus et répandu dans le monde par l’Esprit Saint. Et la lectio divina est une prière tournée vers la Présence, dans une lecture priante de la Bible, Ecriture inspirée, Parole de Dieu.
Je suis heureux de préfacer ce beau livre du Père Christophe de Dreuille, prêtre du Diocèse d’Aix-en-Provence et d’Arles, supérieur du Séminaire Saint-Luc à Aix-en-Provence ....).


Ce livre n’est pas un mode d’emploi : la lectio divina ne peut se réduire à un mécanisme qu’il suffirait de mettre en place, elle est une œuvre de l’Esprit. Ce livre n’est pas une recette ou un ensemble de recettes : la lectio divina ne s’accommode pas seulement d’ingrédients, elle est le travail d’un mystérieux artisan intérieur, le travail même de Dieu dans les intelligences et dans les cœurs. Ce livre sera pourtant utile, car la lectio divina est un art qui s’apprend. Ce livre puise abondamment dans la tradition de l’Eglise et doit permettre au plus grand nombre de progresser dans l’art de prier et d’entrer en conversation avec Dieu, à l’écoute de sa Parole (...)


(...) La lectio divina doit être la nourriture quotidienne de la vie chrétienne. Elle doit l’être en particulier pour les catéchistes, tous ceux qui prennent part à la responsabilité catéchétique de l’Eglise. « Le but de la catéchèse, disait Jean-Paul II, est de mettre quelqu’un en communion, en intimité avec Jésus-Christ ». Comment des « aînés dans la foi » pourraient-ils mettre quelqu’un en communion avec Dieu s’ils n’ont pas laissé la Parole de Dieu faire son travail, longuement, en eux-mêmes ? Je fais le vœu que, dans chaque paroisse, une école de lectio divina leur soit proposée (...)

Extrait de la Préface de Mgr. Dufout, archevËQUE coadjuteur d'Aix et Arles

mercredi 21 janvier 2009

RECENSION
ROY, Olivier. – La sainte ignorance : Le temps de la religion dans culture
Paris, Le Seuil, 2008. – 275 pages


Olivier Roy, dans son dernier livre, "La Sainte Ignorance", paru au Seuil en 2008,
expose la thèse selon laquelle « nous sommes dans le temps de la religion sans culture», qu'il identifie comme phénomène de « déculturation» du religieux. En d'autres termes on assisterait au processus de découplage entre religion et culture. Ce phénomène se repérerait au premier chef dans les mouvements contemporains du salafisme musulman et de l'évangélisme protestant. Mais également au niveau même des vieilles Eglises tentées par la nostalgie de cultures disparues et/ou la condamnation de la « culture de mort » qui sévirait chez les contemporains.

La spécificité de ces processus de déculturation, voire d'exculturation, serait typique de l'évolution actuelle des religions. En effet traditionnellement les religions s'étaient efforcé tout au contraire de s'exprimer à travers des cultures, autrement dit de s' « inculturer », ainsi le christianisme s'est assimilé la culture gréco-latine. Puis, la modernité a cherché au contraire à s'émanciper de la tutelle des Eglises à travers le processus dit de la « sécularisation », en promouvant une culture à part du religieux. Comment comprendre alors la « déculturation » du religieux ?

Si l'on peut y voir un processus réactif à la sécularisation des modernes, il faut surtout attirer l'attention sur le fait qu'à partir des années 1960, et ce notamment aux Etats-Unis, le religieux se standardise, s'exprime à travers des chaînes télévisées religieuses où l'on ne parle que religieux, où il faut vendre et exporter du religieux seulement. Dans le même temps le « culturel » se perçoit comme du paganisme.

Comme on l'a signalé face au danger que représente ces mouvements déculturés les grandes et vieilles Eglises sont tentées elles aussi de s'identifier face et contre le culturel ambiant. La nostalgie qui peut animer certaines d'entre elles risque bien de s'avérer irréaliste : la culture chrétienne qu'il s'agirait de réintroduire a bel et bien disparu !

Se pose la question en tout cas de l'identité de la « culture » contemporaine : s'agit-il vraiment d'une culture, ou plus précisément n'est-on pas en présence d'une sous-culture qui s'identifie autour de codes de comportements, de valeurs et de normes attestant d'une profond vide culturel. Mais face à ce constat, quelle attitude prendre ? Ne faut-il pas miser sur le souci et l'exigence de promouvoir un programme de reculturation ?

Enfin on peut porter un diagnostic impitoyable sur les mouvements qui s'exculturent. S'identifier par rupture avec une culture, ou une sous-culture , ne permet aucune transmission possible au motif qu'une rupture par définition ne peut s'hériter. A long terme de tels mouvements sont voués à disparaître. Avertissement cinglant aux « Eglises » qui risquent de succomber à la tentation du religieux pur de toute culture.