samedi 10 octobre 2020

Une histoire du sentiment religieux au XIXè siècle par Guillaume Cuchet

 

Une histoire du sentiment religieux au XIXiècle
Guillaume Cuchet
Paris, Le Cerf, 2020. 424 page.

 


Industriel, scientiste, positiviste, mais aussi mystique spiritualiste et occultiste, tel aura été le paradoxal XIXè siècle français dont Guillaume Cuchet se fait ici le médium historique. Un tableau sans précédant du choc des croyances. 

Le XIXè siècle a-t-il été fameux  temps de déclin religieux ? Le rationalisme y triomphait-il autant qu'on l'a dit ? Le positivisme y régnait-il en maître ?

Guillaume Cuchet démontre que le XIXè siècle a été une époque d'intenses ferveurs religieuses, à la mesure des bouleversements politiques qu'il a connus, aussi bien à l'intérieur des cultes existants, comme le catholicisme, qu'en dehors. Tout un New Age précoce de croyances et de pratiques hétérodoxes a rencontré un grand succès, notamment dans les rangs d'une gauche loin d'être entièrement sécularisée. Apparitions mariales, contestation de l'enfer, renouveau du purgatoire, nouvelles conceptions du paradis, culte de la tombe et des morts, définition de nouveaux dogmes comme l'Immaculée Conception ou l'Infaillibilité pontificale, succès des " philosophies religieuses ", vogue des tables tournantes et du spiritisme, essor de la piété " ultramontaine ", sont autant de manifestations de cette effervescence.

À travers toutes ces pratiques pour le moins surprenantes se dessine le visage d'un autre xixe siècle, plus intime et plus complexe, dans lequel croyants et incroyants se ressemblent souvent, là même, parfois, où ils s'opposent le plus.

Un essai détonnant.

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C’est une chose acquise : le XIXème siècle religieux a mauvaise presse. Le catholicisme pris dans la tourmente politique s’est ancré dans le refus du progrès et de la science. Il a généré des pratiques « pieusardes » et une morale étouffante. L’art – sulpicien forcément pourrait-on ajouter à la manière du Dictionnaire des idées reçues de Flaubert – ne plaide pas pour ce siècle, même si un courant historique semble déterminé à réhabiliter l’art religieux du XIXème siècle, beaucoup plus riche et innovant qu’on ne le croit d’ordinaire.
L’ouvrage de Guillaume Cuchet rassemble des articles publiés auparavant dans des revues savantes ou dans des actes de colloque. Il en sort un vrai livre organisé en trois parties : « portraits », « débats », « tendances ».

Cinq personnages – cinq hommes – sont l’objet des portraits : Jean Reynaud (1806-1863), Alphonse Gratry (1805-1872), Henri Perreyve (1831-1865), Charles Gay (1812-1892) et Victor Hugo (1802-1885). Le premier est un polytechnicien saint simonien, député en 1848 qui se retire de la vie politique après le coup d’État du 2 décembre 1851. Personnage écouté et auteur d’un ouvrage très original, Terre et Ciel (1856), il a depuis sombré dans l’oubli. Le retrouver dans les pages que lui consacre Cuchet c’est goûter au flot des idées philosophiques et spirituelles qui disent l’élan du XIXème siècle. Philosophie humanitaire qui espère en un monde meilleur, elle veut croire aux réalités spirituelles d’un monde que la technique et la science transforment. On peut oublier Reynaud, mais pas ce volet « prophétique » du XIXème siècle. Gratry, lui aussi polytechnicien et philosophe, est un essayiste catholique dont l’influence allait demeurer jusqu’à la génération de René Rémond (né en 1918). De son oeuvre bondante, qu’on a comparée à celle de Maritain, on retiendra l’amorce d’un retour vers saint Thomas d’Aquin, mais surtout « l’espoir de voir advenir enfin le champion intellectuel qui triompherait des objections de l’incrédulité contemporaine, tout en donnant du christianisme une présentation conforme aux attentes de l’époque » (p. 104). Prêtre de l’Oratoire, Henri Perreyve a produit une oeuvre, là encore oubliée depuis, mais dont l’importance fut reconnue de ses contemporains. Pour Cuchet, elle est l’exemple même d’une théologie libérale qui n’a pu véritablement porter ses fruits en ces années marquées par la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception  (dont Perreyve fait une lecture optimiste qui tranche avec les aspects antimodernes que la définition de ce dogme a revêtu à l’époque) et la publication du Syllabus en 1864. Quant au père Gay, tenu pour un mystique du XIXème siècle par le père Laberthonnière, Guillaume Cuchet en propose une relecture qui montre la réalité de ces élans mystiques qui précédent la publication en 1898 de l’Histoire d’une Âme de Thérèse de l’Enfant-Jésus. Ici le travail de l’historien est crucial pour repérer des expressions communes qui disent une époque et dévoilent alors le sens des trajectoires individuelles. Victor Hugo est abordé par la pratique qu’il eut, en exil à Jersey de 1854 à 1856, du spiritisme, un mouvement de mode et de fond qui traduit les interrogations des femmes et des hommes du XIXème siècle sur l’au-delà.

Cinq portraits qui servent tous à démontrer une chose : l’histoire spirituelle du XIXème siècle ne se réduit pas à l’histoire d’une lutte entre croyants et incroyants mais révèle la puissance de la réflexion religieuse, son inscription dans une tradition et son attention aux temps nouveaux, son exposition aux tensions politiques et culturelles d’une époque farouchement politique. Le XIXème siècle est bien le laboratoire de la modernité et donc des efforts catholiques pour savoir où se situer à la fois face à ce mouvement qui emporte tout et dans ce mouvement aussi.

Trois chapitres composent la partie « Débats » dont un qui reprend un des grands axes des recherches de Guillaume Cuchet, « le passage du petit au grand nombre des élus dans le discours catholique du XIXème siècle ». On sait depuis son livre Comment notre monde a cessé d’être chrétien, que Cuchet attribue à cette « révolution théologique oubliée » un rôle majeur dans les recompositions croyantes et les pratiques religieuses du XIXème siècle. Plus anecdotiques sont les deux aspects suivants : « la querelle du naturalisme historique » et « la première vague néo-bouddhiste au milieu du XIXème siècle ». Sans entrer dans le détail, ces deux chapitres servent à montrer la vitalité de l’interrogation proprement religieuse qui habite les hommes du XIXème siècle.

Dans la partie « Tendances », Guillaume Cuchet rassemble des articles sur « le tournant sulpicien des années 1850 dans la littérature de piété du XIXème siècle », « la religion du deuil et la communication avec l’au-delà », « Frédéric Ozanam » et « ésotérisme et révolution. Insurgés et initiés en 1848 ». De cette collection d’articles, Guillaume Cuchet tire une conclusion originale qui a le mérite d’une grande clarté. Il rappelle que le XIXème siècle reste un siècle de dogmes. « Ni le vieux dogme , écrit-il, qui a fait montre d’une étonnante capacité à se régénérer et à se développer dans un contexte bouleversé, ni le nouveau puisque le siècle est marqué par une grande effervescence philosophico-religieuse, y compris dans les rangs [de la] gauche » n’ont disparu ou se sont évaporé (p. 395). Du coup, l’historien est frappé de « l’intensité des recompositions religieuses de la période ». Il souligne aussi combien la bourgeoisie et la gauche sont sensibles à ces questions, quelles que soient les formes, même évanescentes, que peuvent prendre leurs préoccupations ou leurs formulations. Enfin, il souligne que la « forme par excellence du sentiment religieux du XIXème siècle [est] funéraire » (p. 401). Le deuil est devenu l’une des sources les plus fécondes de la religiosité.

Une fois refermé l’ouvrage et plein des nouvelles connaissances qu’il apporte au lecteur profane ou peu versé dans le matériau de l’histoire religieuse du XIXème siècle, on réhabilite donc ce « stupide XIXème siècle », selon l’expression parfaitement injuste de ce réactionnaire qu’était Lucien Daudet. Surtout, on mesure qu’une lecture binaire en terme d’affrontement entre croyants et incroyants (ou scientistes, rationalistes, athées) est absolument réductrice. Ne tiendrait-on pas là une clef pour comprendre aussi notre époque ? Héritier du dispositif intellectuel, politique et mental mis en place par les Lumières, la Révolution et la République, ne sommes-nous pas souvent tentés – et plus encore en ces temps où on joue avec la définition même de l’homme dans son Incarnation  – de penser notre position en terme d’opposition ? Ne faudrait-il pas alors essayer, comme nous y invite le pape François, de regarder le monde alentour en y détectant ses aspirations religieuses ? Le XIXème siècle fut un grand siècle missionnaire. Aller à la fois au-devant de populations ignorantes de la révélation et répondre aux angoisses ou aux critiques de ceux qui, en ayant été nourris, la rejette fut la tâche des pasteurs du XIXe siècle. La mission a-t-elle vraiment changé ?

 https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/culture/observatoire-foi-culture/500683-guillaume-cuchet-histoire-sentiment-religieux/


Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles




 

 

 

jeudi 8 octobre 2020

Fratelli tutti : nouvelle encyclique du Pape François

 

 “Fratelli tutti”, la nouvelle encyclique du Pape François

 


La fraternité et l’amitié sociale sont les voies indiquées par le Pape pour construire un monde meilleur, plus juste et plus pacifique, avec l’engagement de tous, peuples et institutions. Il rappelle avec force l’opposition à la guerre et à la mondialisation de l’indifférence.

 

Quels sont les grands idéaux mais aussi les voies concrètes que peuvent parcourir ceux qui veulent construire un monde plus juste et plus fraternel dans leurs relations quotidiennes, dans leur vie sociale, dans la vie politique, dans les institutions ? C’est la question à laquelle veut répondre Fratelli tutti, que le Pape présente comme une « encyclique sociale ». Elle tire son titre des Admonitions de saint François d’Assise, qui utilisait ces paroles « en s’adressant à tous ses frères et sœurs, pour leur proposer un mode de vie au goût de l’Évangile ». L’encyclique a pour objectif de promouvoir une aspiration mondiale à la fraternité et à l’amitié sociale. 

« Quand je rédigeais cette lettre, a soudainement éclaté la pandémie de la Covid-19 qui a mis à nu nos fausses certitudes », écrit François. Mais la crise sanitaire mondiale a démontré que « personne ne se sauve tout seul » et qu’est vraiment arrivé le moment de « rêver d’une seule et même humanité » dans laquelle nous sommes « tous frères ».


http://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.pdf


https://fr.aleteia.org/slideshow/les-passages-cles-de-lencyclique-fratelli-tutti


 

Les deux prières du pape François à découvrir dans Fratelli tutti

  

L’encyclique se termine sur deux prières composées par le souverain pontife lui-même. L’une est adressée au Créateur et invite à « reconnaître le bien et la beauté » de chaque peuple tandis que l’autre est une prière œcuménique.

 

 Prière au Créateur

 

Seigneur et Père de l’humanité,
toi qui as créé tous les êtres humains avec la même dignité,
insuffle en nos cœurs un esprit fraternel.
Inspire-nous un rêve de rencontre, de dialogue, de justice et de paix.
Aide-nous à créer des sociétés plus saines
et un monde plus digne,
sans faim, sans pauvreté, sans violence, sans guerres.
Que notre cœur s’ouvre
à tous les peuples et nations de la terre,
pour reconnaître le bien et la beauté
que tu as semés en chacun
pour forger des liens d’unité, des projets communs,
des espérances partagées. Amen !

 

 

Prière chrétienne œcuménique

 

Notre Dieu, Trinité d’amour,
par la force communautaire de ton intimité divine
fais couler en nous le fleuve de l’amour fraternel.
Donne-nous cet amour qui se reflétait dans les gestes de Jésus
dans sa famille de Nazareth et dans la première communauté chrétienne.
Accorde aux chrétiens que nous sommes de vivre l’Évangile
et de pouvoir découvrir le Christ en tout être humain,
pour le voir crucifié
dans les angoisses des abandonnés et des oubliés de ce monde
et ressuscité en tout frère qui se relève.

Viens, Esprit saint, montre-nous ta beauté
reflétée en tous les peuples de la terre,
pour découvrir qu’ils sont tous importants, que tous sont nécessaires, qu’ils sont des visages différents de la même humanité que tu aimes. Amen !

 

Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


jeudi 24 septembre 2020

Premiers récits de la création : un ouvrage de Stéphanie Anthonioz

 

Premiers récits de la création

Stéphanie Anthonioz

Paris, Le Cerf, 2020. 469 pages.

 


Présentation de l’éditeur

 

Sumer, Babylone, l'Égypte, la Perse, la Bible : voici, examinés l'un après l'autre, les grands récits de la création du monde qu'ont engendrés les premières civilisations de l'écriture. Un voyage fascinant aux sources de nos représentations du monde.

Chaque civilisation possède son grand récit de la Création. Égyptiens, Babyloniens, Sumériens, Hébreux, chrétiens même : depuis des millénaires, chaque époque réécrit l'histoire de sa naissance. Jamais pourtant on avait réussi à réunir en un volume ces incroyables cosmogonies, à les commenter toutes, à les comparer : c'est le tour de force de Stéphanie Anthonioz, qui offre de surcroît une traduction moderne à ces textes fondateurs.
Plongeant dans les différentes traditions de l'Orient ancien et du bassin méditerranéen, Stéphanie Anthonioz révèle avec clarté et vigueur la grande diversité des mythes originaux, dévoile les influences entre cultures voisines, explicite les passages qui peuvent sembler obscurs, pour le plus grand bonheur du lecteur. À une époque où les collapsologues parient sur la prochaine fin du monde, son enquête sur les débuts de l'humanité, savoureuse et pleine d'érudition, donne à penser et à rêver.

 

 

Recension de la Revue Eutdes, juin 2020.

Cet ouvrage magistral propose un parcours historique, exégétique, théologique et spirituel à travers les récits de Création de diverses traditions religieuses. L'intelligence des textes en sort renouvelée, grâce à une fine pédagogie qui ne se dément jamais. L'introduction revient d'abord sur ce que l'on entend aujourd'hui par « Création », et sur ce qu'en disent les textes anciens et la Bible ; le débat entre la théologie de la création et l'écologie s'en trouve clarifié, compte tenu des données de l'Histoire. Le premier chapitre dresse un tableau des mythes et des modes de Création en Orient et en Méditerranée, illustration d'un dieu créateur en action, à l'aide d'une traduction des textes fondateurs. Une synthèse des données facilite au deuxième chapitre la transition vers les textes bibliques. Les traditions de la Création dans le Pentateuque, au troisième chapitre, ouvrent ensuite la voie au livre d'Isaïe : Création et Recréation dans les traditions de Genèse, d'Exode et du mazdéisme. La théologie de la création s'en trouve articulée à celle du salut et de l'Histoire. La question du dualisme, mise en jeu dans le mazdéisme, ne devrait pas entamer les traditions bibliques, Nouveau Testament y compris. Celles-ci ne sont pas dualistes, à nos yeux, ni au plan de l'être, ni au plan de l'agir. Les combats n'en sont pas exclus, au contraire ! La Création dans le livre de Jérémie, sous influence deutéro-isaïenne, et les enjeux de l'époque hellénistique à Jérusalem approfondissent le lien entre Histoire et Création par la médiation de la Sagesse. Ézéchiel et Amos bénéficient d'un traitement très éclairant. Les contributions sur le livre des Psaumes, Job, les Proverbes et Qohélet apportent enfin leurs notes originales respectives. Les conclusions synthétisent les acquis du parcours, en ouvrant d'autres chantiers prometteurs.


Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

 

mercredi 16 septembre 2020

Les nouveautés de la rentrée de septembre 2020

 

LIVRES SEPTEMBRE 2020.

 


 

ACFEB (ASSOCIATION CATHOLIUE FRANÇAISE POUR L’ETUDE DE LA BIBLE). – Exodes et migrations dans les traditions bibliques. – Paris, Editions du Cerf, 2020. 230 pages.

 

ANDIA, Ysabel de. – Mystère du Christ, mystère de Dieu : introduction à la mystagogie et à la mystique. – Bruxelles, Lessius, 2019. 405 pages.

 

ASSMANN, Jan. - Le monothéisme et le langage de la Bible : les débuts bibliques de la religion radicale. - Paris, Bayard, 2018. 231 pages.


BIBLE : Traduction liturgique avec notes explicatives (la). - Paris, Salvator, 2020. 2872 pages.


BART, Karl. - Mozart (1756-1956). - Genève, Labor et Fides, 2020. 59 pages.


BOYARIN, Daniel. – Le Christ juif. – Paris, Le Cerf, 2019. 190 pages.

 

BUTI, Gilbert. - Colère de Dieu, mémoire des hommes : la peste en Provene (1720-2020). - Paris, Le Cerf, 2020. 309 pages.


CLEMENT D’ALEXANDRIE. – Les stromates : stromate III. – Paris, Le Cerf, 2020. 427 pages.

 

 GISEL, Pierre. - Sortir le religieux de sa boite noire. - Genève, Labor et Fides, 2019. 230 pages.


HUGUENIN, François. – L’Action française : une histoire intellectuelle. – Paris, Perrin, 2011. 686 pages.

 

MOOG, François. – Education intégral : les ressources éducatives d christianisme. – Paris, Salvator, 187 pages.

 

MOREAU, François-Régis. – Théologie fondamentale. – Paris, Artège/Lethielleux, 2020. 539 pages.

 

NOËL, Jean-François. – Epris d’absolu : idéal, désillusion et  confiance. – Paris, Nouvelle Cité, 2020. 188 pages.

 

PERRIER, Jacques. – Edmond Michelet : la hantise des autres. – Paris, Salvator, 2020. 421 pages.

 

PHILIPPE (Père). – Cités du cœur : avec les jeunes de la rue. – Paris, Salvator, 2020. SESBOÜE, Bernard. – Comprendre l’Eucharistie. – Paris, Salvator, 2020. 186 pages.

 

SENTIS, Du libre-arbitre et de la liberté : recherches sur le libre-arbitre et la liberté. - Paris, Beauchesne, 2109. 152 pages.


STEVENS, Bernard. – Heidegger et l’école de Kyôto : soleil levant sur forêt noire. – Paris, Le Cerf, 2020. 356 pages.

 

SUREAU, Denis. – Frère Laurent de la Résurrection. – Paris, Perpignan, Artège, 147 pages.

 

TARNEAUD, Jocelyne. – Le Roi Salomon : entre sagesse et folie. – Paris, Salvator, 2020.151 pages.


Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

lundi 14 septembre 2020

Institut Universitaire Saint-Luc : Conférence de rentrée pour l'année 2020/2021


 Conférence de rentrée de l’IUSL – La catholicité de l’Église et sa mission dans le monde

par Mgr Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille

 

Mardi 29 septembre 2020 à 20h30

Archevêché d’Aix-en-Provence, salle Chêne de Mambré

mardi 25 août 2020

Monseigneur Hippolyte Simon (1994-2020)



Monseigneur Hippolyte Simon (1944-2020)



Hippolyte Simon, né le 25 février 1944 à Saint-Georges-de-Rouelley dans la Manche, décédé le 25 août 2020, est un archevêque un émérite, ordonné évêque en 1996 puis nommé archevêque de 2002 à 2016 du diocèse de Clermont et vice-président de la Conférence des évêques de France de 2007 à 2013.


Biographie

Formation

Entré au grand séminaire de Coutances, Hippolyte Simon a poursuivi sa formation au séminaire de Bayeux  Il a, par la suite, obtenu une maîtrise de philosophie à l'Institut catholique de Paris et une maîtrise de philosophie politique à l'université de Paris I (université Panthéon-Sorbonne).
Il a soutenu son mémoire sur Le dépérissement de l’État selon Karl Marx , qui sera la base de l'ouvrage Chrétiens dans l’État moderne. Comment peut-on être chrétien après Marx et Hegel ?

Principaux ministères
Il est ordonné prêtre en juin 1970 pour le diocèse de Coutances-et-Avranches .
Après un premier ministère comme aumônier de lycée à Mortain  (Manche), il s'est consacré à l'enseignement, tout d'abord comme supérieur du séminaire interdiocésain de Caen de 1978 à 1990, puis comme vicaire épiscopal chargé de la formation permanente des prêtres et des laïcs et délégué diocésain pour le diaconat permanent de 1990 à 1996 du diocèse de Coutances-et-Avranches. Il a fait partie des auditeurs à l'Institut des hautes études de Défense nationale (IHEDN) entre 1993 et 1994.
Nommé évêque du diocèse de Clermont en février 1996, il a été consacré le 4 mai de la même année, des mains de Mgr Jacques Fihey dans la cathédrale de Clermont-Ferrand. Il est élevé à la dignité d'archevêque métropolitain de Clermont en décembre 2002, archevêque à la suite du redécoupage des proveninces ecclésiastiques en France et reçu le pallium des mains de Jean-Paul II en juin 2003. 
Il a été vice-président de la Conférence des évêques de France de 2007 à 2013.
Il a été par ailleurs représentant des évêques de France auprès de la Commission des épiscopats de la communauté européenne  (COMECE) jusqu'en novembre 2007. 
Il présente par lettre sa démission le 22 février 2016 pour raisons de santé au pape François, qui l'accepte. Celle-ci prend effet le jeudi 17 mars 2016.
Mort le 25 Août 2020

Prise de positions

À propos des tests ADN
En octobre 2007, Mgr Simon réagit vivement à l'amendement au projet de loi sur l'immigration proposant d’introduire le recours à des tests ADN  pour les candidats au regroupement familial. Il explique que la paternité ne peut se réduire au lien biologique, mais est avant tout un lien d'amour. C'est d'ailleurs ce qui donne tout son sens à l'adoption.

À propos de la candidature de la Turquie à l’Union européenne
En 2004, comme vice-président de la COMECE , Mgr Simon apporte sa voix dans le débat concernant une éventuelle adhésion de la Turquie à l'UNION Européenne. Il demande que l'État turc s'engage à reconnaître un statut officiel aux minorités religieuses présentes dans le pays, engagement qui « devrait faire partie des conditions préalables à l’ouverture des négociations d’adhésion ». Il existe en effet des manquements flagrants à la liberté religieuse dans ce pays.

À propos du dialogue interreligieux
En juin 2008, réagissant à une tribune de Christian Delorme,  il publie une déclaration intitulée « Le dialogue interreligieux suppose et exige l'État de droit ».
Il y insiste sur l'importance de l'État de droit pour permettre et garantir les conditions d'un véritable dialogue par le respect des libertés individuelles. Par ailleurs, il rappelle que dans ce dialogue, alors que les confessions religieuses différencient les participants, c'est la citoyenneté qui constitue leur point commun.
Il parle donc d'un « trilogue », associant l'État de droit aux acteurs du dialogue interreligieux.

A propos de l'Islam en France
En août 2016, Mgr Simon réagit dans le quotidien La Croix  au sujet de la question récurrente de l'organisation par l’État de l'islam en France  : Faut-il à tout prix « un islam de France ?»
Pour Mgr Simon, c'est la compréhension de la laïcité et de la loi de 1905 qui est en jeu. La laïcité « n’est pas une question religieuse mais une question juridique et institutionnelle. » C'est pourquoi d'ailleurs il n’y a pas plus de sens à parler de « l’Église de France ».

Ouvrages
Marx , l'État et la LibertéEsprit no 11 (novembre 1977)
Chrétiens dans l'État moderne, Cerf,  1984 (2e édition 2012, préfacée par A. Grosser)
Église et PolitiqueCenturion, 1990
Les Vocations, Documents épiscopat, mars-avril 1992
Vers une France païenne ?, Editions Cana, Paris, 1999 
Libres d’être prêtres, Les Éditions de l’Atelier, 2001
La Liberté ou les Idoles ?, Editions Cana/Desclée de Brouwer, 2002
Les catholiques et l'Europe (Commission des épiscopats de la Communauté européenne), Bayard, 2006. Préface de Jean-Marie Lustiger, postface de Jacques Delors.