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lundi 9 novembre 2020

De la peste en Provence de 1720-722 à la pandémie du Covid-19

DE L’EPIDEMIE DE  PESTE DE 1720-1722

A LA PANDEMIE DU COCID-19 DANS LE MONDE EN 2020

 

Vue du Cours pendant la Peste. Michel Serre. 1721

 

Photo d'un hôpital en Chine 

Une brève chronologie des évènements de 1720 à 1722



Maquette du Grand-Saint-Antoine

25 mai 1720 : arrivée du Grand-Saint-Antoine dans le port de Marseille

27 mai 1720 : décès d’un marin à bord du navire

29 mai : les marchandises sont débarquées aux Infirmeries de la ville tandis que le navire reste à l’Île de Jarre

20 juin 17200 : premiers dans la ville de Marseille

fin juin – début juillet 1720  : d’autres cas mais les médecins et les échevins se refusent à parler de peste

9 juillet 1720 : les médecins diagnostiquent pour la première fois la peste et on commence à prendre les mesures qui s’imposent

31 juillet 1720 : le Parlement d’Aix interdit aux marseillais de sortir de la ville et aux habitants des alentours de communiquer avec eux.

Fin  juillet 1720 – septembre  1720  :  la peste se répand dans les villes d’alentour : Aix, Cassis Apt, Digne, Toulon

Début août 1720 : Tout Marseille est contaminée et on compte plus de 100 morts par jour

25 août 1720 : fermeture de toutes les églises dans les villes touchées par l’épidémie (ce qui entraîne la suppression des messes, la célébration des baptêmes, des mariages, des enterrements et aussi toutes les processions)

Septembre 1720 : toutes les localités proches de Marseille sont touchées

14 septembre 1720 : un arrêt du Conseil du Roi ordonne la mise en quarantaine de toute le Provence.

Octobre 1720 : La Peste est à Arles, Saint-Rémy-de-Provence et a atteint Le Languedoc

1er novembre 1720 : Mgr de Belsunce consacre la ville de Marseille au Sacré-Cœur de Jésus lors d’une cérémonie sur le Cours

Hiver 1720 : Pause dan l’épidémie

Décembre 1720 : Tarascon

31 décembre 1720 : Mg de Belsunce organise une procession pour bénir les fosses communes situées hors des remparts de la ville.

Janvier 1721 : le foyer de Bandol s’étend jusqu’aux abords de Toulon et jusqu’au Gévaudan

Printemps 1721 : après une pause de 2 mois l’épidémie reprend et touche la Camargue entre Arles et Toulon

Eté 1721 : Avignon, Orange et tout le Comtat sont à leur tour touchés

Automne 1721 : dans Le Languedoc ce sont les villes de Mende, Uzès, Marjevols, Viviers

Printemps 1722 : une légère reprise à Marseille, Avignon et Orange

22 août 1722 : les églises sont autorisées à ouvrir et le culte peut reprendre normalement

2 octobre 1722 : la peste est déclarée terminée pour la Provence

25 décembre 1722 : La peste est terminée dans Le Langedoc

2020 : Tricentenaire de la Grande Peste de 1720 et pandémie du Covid-19

 


 

Colère de Dieu, mémoire des hommes - La peste en Provence 1720-2020 

Gilbert Buti

Paris, Le Cerf, 2020.  309 pages

 


 

À l'heure du coronavirus, quelles sont les leçons d'hier sur les pandémies qui peuvent valoir pour aujourd'hui ? En dressant l'histoire de la grande peste en Provence au XVIIIe siècle, ce sont nos peurs, nos confinements, nos détresses qu'éclaire, comme en un miroir, Gilbert Buti.

Rarement un livre d'histoire n'aura revêtu une telle actualité.
Car l'épidémie de peste, qui a touché une partie de la France en 1720-1722, a d'étonnantes résonances avec la pandémie de la Covid-19.qui se sévit dans le monde depuis le début de l’année 2020 avec comme conséquences : confinement, restrictions dans les déplacements, fermetures des lieux recevant du public et dont notamment les lieux de culte
Introduite à Marseille par un navire venant de Syrie, la peste a tué 120 000 des 400 000 habitants de la Provence, du Comtat et du Languedoc, soit près d'un sur trois. Pourquoi la contagion s'est-elle propagée, ravageant ou épargnant des localités parfois proches ? Malgré un ensemble de mesures de lutte, dont le confinement décrété par les pouvoirs locaux et soutenu par l'État royal, elle a menacé le reste de la France et effrayé l'Europe qui ont multiplié les barrières pour s'en prémunir. Face à l'impuissante médecine contre l'ennemi invisible, les hommes ont invoqué la colère de Dieu et la médecine du Ciel.
Privilégiant la parole des témoins malades, médecins, savants et religieux – et les apports des anthropologues, démographes et sociologues –, Gilbert Buti dresse un bilan de l'événement-catastrophe très tôt instrumentalisé. Et, trois siècles après, il en décrypte les traces laissées dans les mémoires et l'imaginaire collectif.
Assurément, cet ouvrage se veut une invitation à réfléchir au temps présent même si l’époque diffère par son mode de vie, son mode de pensée.

 

Biographie de l'auteur

Historien, professeur émérite à Aix-Marseille Université, Gilbert Buti est spécialiste de la Méditerranée aux Temps modernes, auteur de nombreux travaux sur les sociétés littorales et leurs représentations, les économies maritimes, la course et la piraterie.

 

 

 

Marseille ville morte : la peste de 1720

Charles Carrière, Marcel Courdurié,  Férréol Rebuffat

Marseille, Editions Laffitte,  2016. 352 pages.

 


Bien que n’étant pas l’ouvrage le plus récent sur les évènements vécus par la ville de Marseille dans les années 1720-1722 cet ouvrage peut rester comme une reference : il se fonde sur les témoignage de l’apoque, sur les écrits de ceux qui ont vécu cette tragédie. Il s’accompagne de plus d’une abondante bibliographie.

 

Le samedi 25 mai 1720, après dix mois et trois jours d'absence, arrive au large de Marseille le Grand-Saint-Antoine. A son bord, des hommes, du textile et, la peste. En acceptant de laisser amarrer ce vaisseau, Marseille ne soupçonnait alors pas qu'elle causait sa perte, et qu'elle allait ainsi se délester de près de 50 000 de ses habitants. cette étude menée tambour battant par des historiens spécialisés dans l'histoire de la cité phocéenne, décrit minutieusement une catastrophe humaine, ses causes et ses conséquences dans la mémoire collective, et fait la part belle aux nombreuses idées reçues que les siècles ont traîné avec eux.
Ainsi apprend-on que toutes les couches sociales, sans distinction aucune, ont été touches (bien que les plus pauvres de la population marseillaise aient payés le plus lourd tribu), ou encore que la maladie n'a pas véritablement provoqué de famine, mais plutôt un manque de ressources humaines considérables dû à la fuite devant l’épidémie de nombreux notables ayant rendu difficiles les relations de commerce.

Ce tragique et apocalyptique épisode de l’histoire de la cité marseillaise fut tellement incroyable dans ses différents degrés d'horreur, que l'on a l'impression que Marseille ville morte plonge le lecteur d’aujourd’hui  dans une fiction digne des plus grands scénarios de films catastrophe.
Cet ouvrage nous rappelle également que l'homme doit faire preuve d'humilité face aux lois de la nature ; cela, nous le saisissons au quotidien : le tsunami survenu en Indonésie en 2004 est toujours présent dans les esprits, et plus récemment encore le tremblement de terre en Chine en 2008 ayant
causé la mort de dizaines de milliers de personnes. Et aujourd’hui la pandémie du Covid-19 qui depuis le début de l’année 2020 a cause des millions de morts dans le monde entier.



Henri de Belsunce (1670-1755) - l Evêque de la Peste de Marseille 

Régis Bertrand

Marseille, Editions Gaussen, 2020. 480 pages.

 


 

Henri de Belsunce de Castelmoron (1671-1755)  a laissé un grand souvenir dans la ville de Marseille. Une des principales artères du centre-ville porte son nom depuis 1852. Sa statue, immense, s'élève dans l'enclos de la cathédrale. Mgr de Belsunce a dû affronter la dernière grande peste marseillaise, celle de 1720-1722. C'est elle qui l'a fait entrer dès son vivant dans l'histoire, à la fois pour sa conduite très courageuse et même héroïque pendant l'épidémie. Nommé évêque de la ville en 1709, il refusera de quitter son diocèse pour devenir archevêque et il sera enterré en 1755 dans sa cathédrale. Son long épiscopat correspond à près d'un demi-siècle de l'histoire de Marseille et des villes voisines. Il a joué un rôle dans la fondation de l'Académie de Marseille, a encouragé celle de la société sacerdotale du Sacré-Coeur et a été le mécène de plusieurs artistes.

 

L’auteur

Régis Bertrand, né à Marseille en 1946, historien. Agrégé d'histoire, docteur d'État es-lettres, il a été d'abord professeur au Havre puis à Marseille il a fait l'essentiel de sa carrière à l'Université de Provence  où il y a assuré  le cours d'histoire de la Provence et a participé à la création de l'Unité Mixte de Recherches Telemme, dont il a été le responsable de 1998 à 2004. Il a été aussi président (1991-1997) de la Fédération Historique de Provence.

 

 

 

Belsunce et la peste de Marseille

Armand Praviel

Paris, Editions Spes, 1938. 254 pages.

 




Armand Pradiel dans son ouvrage sur l’action de Mgr de Belsunce pendant  l’épidémie de peste de 1720 à 1722 relate les évènements depuis l’arrivée du navire Le Grand-Saint-Antoine  jusqu’à la fin de l’épidémie. Son livre se concentre principalement sur l’action de Mgr de Belsunce.  Quoique qu’il soit écrit dans un style hagiographique il a le mérite, en s’appuyant sur de nombreuses sources,  de nous faire vivre ce qui est connu dans l’histoire sous le nom de « Grande Peste de Marseille ».



Ainsi lorsque le Parlement d’Aix ordonna le 15 juillet 1720, Mgr de Belsunce commença à organiser des prières publiques pour conjurer le fléau. Puis dès le mois d’août les églises se fermèrent et il n’y eut plus aucun culte et les processions interdites par crainte de la contagion. C’est alors que l’évêque se donna sans compter avec l’aide de ses prêtres pour soulager la misère de la population et administrer les derniers sacrements aux malades.

"La terreur est grande, mais j'ai confiance en la miséricorde de Dieu" écrivait-il à son confrère l’évêque d’Arles  ou encore : «Quant à moi, je suis déterminé à rester avec les malades, à les réconforter, à mourir, si nécessaire, de peste et de famine…»

Face aux dégâts causés par la peste et au manque absolu de ressources humaines pour enrayer le fléau, il consacra la ville au Sacré-Cœur de Jésus lors d’une cérémonie expiatoire organisée sur le cour qui porte actuellement son nom le 1er novembre 1720. Il fit imprimer et diffuser de petites images du Sacré-Cœur appelées garde-fous : de petits morceaux de tissu rouge, sur lesquels le Cœur était imprimé avec cette inscription Il avait l'inscription : « Cœur de Jésus, abîme d'amour et de miséricorde, je place toute ma confiance en vous et j'espère pour toute votre bonté."

Cet appel à la confiance en la miséricorde divine était un message directement contraire aux doctrines jansénistes répandues dans la région. Sous son impulsion les magistrats, par résolution du 28 mai 1722, se sont empressés de faire la promesse suivante :

«Nous, magistrats de la ville de Marseille, convenons à l'unanimité de faire un vœu ferme, stable, irrévocable, entre les mains du Seigneur Évêque, pour lequel, dans cette qualité, nous nous engageons, nous et nos successeurs, pour toujours, à partir chaque année, le jour qui est prévu pour la fête du Sacré-Cœur de Jésus, écoutez la Sainte Messe dans l'église du premier monastère de la Visitation, dite des Grandes Maries, pour y communier et offrir, en réparation des crimes commis dans cette ville, une bougie ou une bougie de la cire blanche, pesant quatre livres, ornée de l'emblème de la ville, à brûler ce jour-là devant le Saint Sacrement; d'assister le soir même à une procession générale d'action de grâce que nous demandons et demandons que l'Evêque veut établir à perpétuité ».

Le 15 septembre 1722 Mgr de Belsunce put célébrer par un grand Te Deum la fin de la peste.

 

 Armand Praviel

 Armand Praviel, né à L’Isle-Jourdain (Gers) en 1875 et mort à Perpignan (Pyrénées-Orientales) en 1944. C’est un poète, journaliste, critique littéraire, romancier et comédien français

 Fils de Philippe Joseph Félix Praviel et de Noémie Vast-Tintelin, Armand Praviel est licencié en droit en 1895 et docteur en 1888 après avoir soutenu une thèse sur la criminalité de l’enfance.

À 24 ans, il adopte une cape noire doublée de velours rouge, qu’il ne quittera plus jamais. En 1895 il écrit ses premiers poèmes, qui sont publiés en octobre 1907. Alors qu’il joue une pièce de théâtre à Montauban, il rencontre Marguerite Duval, qu’il épouse à Reims
En 1897, il fonde à Toulouse la revue littéraire l'Âme Latine
 dont il sera directeur jusqu'en 1910, quand la revue fut reprise par la Revue des Pyrénées.

Pendant la Première Guerre mondiale, le lieutenant Armand Praviel est fait prisonnier par les Allemands. Il profite de cette inactivité et de son statut d’officier pour lire l’intégralité de l’œuvre de Balzac et pour écrire son premier roman, qui eut un succès considérable.

Sa femme, à la santé précaire, le quitte en 1929. Il meurt à Perpignan, chez son gendre, le 15 janvier 1944, et inhumé, comme son testament le stipulait, dans sa vieille cape noire. Ses cendres sont transférées dans le caveau familial du cimetière de l’Isle-Jourdain en octobre 1945.

 

 

 

 

Arles et la peste de 1720-1721 

Odile Caylux ; avec une préface de Régi Bertrand

Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2009. 280 pages.



 

Située au bord du Rhône et à la limite du'Languedoc, Arles est, au XVIIIe siècle, la quatrième ville de Provence. Gagnée par l'épidémie de peste (1720-1721) six mois après Marseille, elle est atteinte et perd un tiers de sa population. Les autorités consulaires mettent en oeuvre les mesures habituelles en temps d'épidémie : interdiction de circuler, limitation des déplacements (mais le vaste terroir agricole arlésien est indispensable à la vie de la cité), ouverture d'infirmeries, soins aux pestiférés, aide alimentaire aux nécessiteux, le tout sur fond de crise financière aiguë. Le très important fonds d'archives conservé permet de suivre pas à pas cet épisode tragique, d'en connaître les acteurs, d'analyser les décisions prises, d'en voir les conséquences. Fait exceptionnel, quatre consuls et trente-cinq conseillers municipaux, dévoués à la population, meurent pestiférés après avoir affronté un soulèvement populaire d'une particulière ampleur.

 


 

Tombeau aux Alypscamps des Consuls morts pendant la peste de 1720

 

 

Une importante bibliographie

 

Reproduction du Grand-Saint-Antoine qui apporta la peste à Marseille

Livre de J.B. Bertrand de 1779..Relation historique de la peste de Marseille en 1720. Amsterdam et Marseille, Jean Mossy, 1723.

Dr Jean-Baptiste Bertrand. Relation historique de la peste de Marseille en 1720, Cologne, Pierre Marteau, 1721, Cologne, Pierre Marteau, 1721, 512 p. 

Régis Bertrand, Le Christ des Marseillais : histoire et patrimoine des chrétiens de Marseille, Marseille, La Thune, 2008, 248 p. 

Dr Jean-Noël Biraben, « La peste en 1720 à Marseille, à propos d'un livre récent », Revue historique, Presses universitaires de France, n° 502,  France,  avril-juin 1978, p. 407-426.

Charles Carrière, Marcel Coudurié et Ferréol Rebuffat, Marseille ville morte : la peste de 1720, Marseille, Jean-Michel Garçon, 1998, 356 p. Garçon, 

Chicoyeau, Verny et Soulier, Observations et réflexions touchant la nature, les évènements et le traitement de la peste à Marseille, Lyon, 1721, 338 p.

Olivier Dutour, Michel Signoli, Émmanuelle Georgeon et Jean Da Silva, Préhistoire anthropologie méditerranéennes, t. 3 : Le charnier de la grande peste (rue Leca), Aix-en-Provence, Université de Provence, 1994, p. 191-203.

Augustin Fabre, Histoire des hôpitaux et des institutions de bienfaisance de Marseille, Imprimerie Jules Barile, Marseille, 1854, 2 volumes.

Jean Figarella (préf. Pierre Guiral), Jacques Daviel : Maître chirurgien de Marseille, oculiste du Roi (1693-1762), Marseille, Impr. Robert, 1979, 278 p.

Paul Gaffarel et de Duranty, La peste de 1720 à Marseille & en France, Paris, Librairie académique Perrin, 1911.

Françoise Hildesheimer, Le Bureau de la santé de Marseille sous l'Ancien Régime : Le renfermement de la contagion, Marseille, Fédération historique de Provence, 1980.

Louis François Jauffret, Pièces historiques sur la peste de Marseille et d'une partie de la Provence en 1720, 1721 et 1722, Marseille, Imprimerie Corentin Carnaud, 1820, deux vol. de 420 et 416 p.

Philippe Joutard (dir.), Paul Amargier, Marie-Claire Amouretti, James W. Joyce, « La peste de Marseille de 1720-21 vue par les Anglais », dans Provence historique, 1955, tome 5, fascicule 20, p. 146-154 

Georges Serratrice, Vingt-six siècles de médecine à Marseille, Marseille, Jeanne Laffitte, 1996, 798 p. 

Michel Signoli, Isabelle Seguy, Jean-Noël Biraben, Olivier Dutour, « Paléodémographie et démographie historique en contexte épidémique. La peste en Provence au XVIIIè siècle », Population, Vol. 57, no 6, 2002, p. 821-847.

Félix Tavernier, Aspects de Marseille sous la royauté, Marseille, Centre régional de documentation pédagogique, 1976, 117 p.

Charles Mourre, « La peste de 1720 à Marseille et les intendants du bureau de santé », p. 135-159, dans Provence historique, tome 13, fascicule 52, 1963 

Christelle Omnès, « La peste de Marseille de 1720 dans la littérature du xxe siècle », p. 99-111, dans Provence historique, tome 53, fascicule 211, 2003 

René Bore, Le Velay en lutte contre la propagation de la peste (1721-1722) : in Cahiers de la Haute-Loire 2018, Le Puy-en-Velay, Cahiers de la Haute-Loire, 2018

Fleur Beauvieux, «  Marseille en quarantaine : la peste de 1720 », L’Histoire, no 471, mai 2020, p. 10-19.

Gilbert Butti, Colère de Dieu, mémoire des hommes. La peste en Provence, 1720-2020, Cerf, 2020.



La Provence en 1720






La peste à Marseille à partir de l'Hôtel de Ville. Michel Serre






Tableau représentant le chevalier Nicolas Roze procédant à l'enlèvement des cadavres au quartier des Tourettes à Marseille. Michel Serre



Mgr de Belsunce pendant la peste de Marseille. François Gérard (1770-1837). 1834.



Le Mur de la Peste est un rempart édifié dans les Monts du Vaucluse pour protéger le Comtat Venaissin de la peste de Marseille. Il fut conçu par l'architecte de Carpentras Antoine d'Allemand.



Reproduction d'un billet de santé permettant aux habitants de se déplacer 


lundi 13 avril 2020

André Manaranche (1927-2020)



André Manaranche


André Manaranche, né le 8 janvier 1927 à Chatou, et mort le 12 avril 2020 à Lille, est un prêtre jésuite français, théologien et écrivain spirituel.

Biographie
De famille paysanne auvergnate émigrée dans la banlieue parisienne pour des raisons économiques André se sent très tôt appelé au sacerdoce. Entamant ses études au petit séminaire de Versailles. en 1939 il est ordonné prêtre à Versailles le 29 juin 1951. Il est alors envoyé pour des études supérieures à l'Institut d'études sociales de l'Institut catholique de Paris et y soutient une thèse intitulée Communauté et société dans l’Eglise inspirée des travaux d'Ernst Troeltsch. Il est nommé vicaire à la paroisse d'Ermont puis à la paroisse Saint-Symphorien de Versailles.

En 1960 il entre au noviciat des jésuites de Saint-Martin-d’Ablois, dans la Marne, puis rejoint la Faculté de Fourvière où il passe sa Maîtrise en Théologie, laquelle sera la source du livre Quel salut ? (Seuil, 1969). La même année il publie Y a-t-il une éthique sociale-chrétienne? où il se demande si la perception du Royaume ne se situe pas à un niveau plus originaire que celui des décisions morales1, ce qui amène Henri Desroche à penser que cela aurait pu conduire à une théologie sociologisante, sans être a-théologique2.
Il se tourne ensuite vers la dogmatique 3et, pour fuir l’ambiance ouest-européenne, consacre de nombreuses années à l’Afrique francophone, notamment au Sénégal, au Niger, au Bénin, au Burundi, au Rwanda, Madagascar, La Réunion et Maurice, avec des interventions ponctuelles au Maroc et en Algérie, pour des enseignements, des retraites et des services pastoraux, que l’âge et la santé rendront peu à peu moins lointains. En 1973, Mgr Bagnard requiert son aide au Séminaire de Paray-le-Monial puis au Séminaire d'Ars.
En 1986, l’abbé Barbotin, conseiller religieux national des Scouts d’Europe, et le Mouvement lui confie l’aumônerie nationale des Routiers, avec le pèlerinage annuel à Vézelay, qu'il fréquente toujours à la Toussaint. Il le sera durant dix ans.
Depuis 1984, il est membre de la communauté jésuite de la Rue de Grenelle à Paris, d'où il continue à assurer des services pastoraux divers et pas mal d'accompagnements spirituels de personnes individuelles ou de couples. Il a rédigé son autobiographie en 2009 (publiée aux éditions du Sarment-Jubilé sous le titre: Prêtre. Genèse d’une réflexion), dont le propos est le récit de sa vocation et des œuvres théologiques qui ont marqué son parcours de prêtre en des temps difficiles. Il a écrit une préface à la réédition du livre de Pierre Rousselot, Les Yeux de la foi. Bernard Pottier avait déjà indiqué en 1984 l'importance de cet ouvrage .
Atteint par le Covid-19, André Manaranche meurt le 12 avril 2020 à la Maison Saint-Jean de Lille, à l’âge de 93 ans.


Écrits
Cette bibliographie émane des Jésuites de France

Prêtre. Genèse d'une réflexion, éditions du Sarment - Jubilé, Paris 2009.
Dieu en Europe, Le sarment/Jubilé, Paris, 2003.
Jacques Fesch. Du non-sens à la tendresse, nouvelle édition revue et augmentée, Le Sarment/Jubilé, Paris, 2003
Déclin ou sursaut de la Foi, Sarment/Fayard, Paris, 2002.
Jacques Sevin, une identité, Sarment/Fayard, coll. "Témoins de la lumière", Paris, 1999.
Questions de Jeunes, Sarment/Fayard, Paris, 1998.
Tiens la route, Scout Europresse, Paris, 1997.
Croyances ou Révélation, Sarment/Fayard, coll. "Témoins de la lumière", Paris, 1996.
Vouloir et former des prêtres, Fayard, Paris, 1994.
Grâce à Dieu, Sarment/Fayard, Paris, 1993.
J'aime mon Église, Sarment/Fayard, Paris, 1992.
Adam, où es-tu ? Le péché originel, Sarment/Fayard, coll. "Témoins de la lumière", 1991.
En séparant le sable et l'eau… La création, Sarment/Fayard, coll. "Témoins de la lumière", Paris, 1990.
Premiers pas dans l'amour, Sarment/Fayard, coll. "Témoins de la lumière", Paris, 1988.
Rue de l'Evangile, Sarment/Fayard, coll. "Témoins de la lumière", Paris, 1987.
Un amour nommé Jésus, Sarment/Fayard, coll. "Témoins de la lumière", Paris, 1986.
Le monothéisme chrétien, Cerf, Paris, 1985.
Pour nous les hommes, la Rédemption, Fayard, Paris, 1984.
Le Prêtre, ce prophète, Fayard, Paris, 1982.
Des noms pour Dieu, Fayard, Paris, 1980.
Les Raisons de l'espérance, Fayard, coll. "Communio", Paris, 1979.
Attitudes chrétiennes en politique Seuil, Paris, 1978 
L'Esprit de la loi, Seuil, Paris, 1977.
Celui qui vient, Seuil, Paris, 1976.
Ceci est mon corps, Seuil, Paris, 1975.
L'Esprit et la Femme, Seuil, Paris, 1974.
L'Existence chrétienne, Seuil, Paris, 1973.
Dieu vivant et vrai, Seuil, Paris, 1972.
Un chemin de liberté, Seuil, Paris,1971.
Franc-parler pour notre temps, Seuil, Paris,1970.
'Quel salut ?, Seuil, Paris,1969.
Y a-t-il une éthique sociale chrétienne ?, Seuil, Paris, 1969. 
Je crois en Jésus-Christ aujourd'hui, Seuil, Paris, 1968.
Prêtres à la manière des apôtres, Centurion, Paris, 1967.
L'Homme dans son univers, Editions Ouvrières, Paris, 1966.

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 Bibliographie : oeuvres à la bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

MANARANCHE, André. – L’existence chrétienne : essai de discernement. è Paris, Le Seuil, 1972. 319 pages.

MANARANCHE, André. – Franc-parler pour notre temps. – Paris, Le Seuil, 1970. 166 pages.

MANARANCHE, André – Un amour nommé Jésus – Paris, Fayard, 1986. 313 pages.

MANARANCHE, André. – Rue de l’Evangile. – Paris, Fayard, 1987. 325 pages.

MANARANCHE, André. – Premiers pas dan l’amour. – Paris, Fayard, 1988. 331 pages.

MANARANCHE, André. - Les raisons de l’espérance. – Paris, Fayard, 1979. 287 pages..

MANARANCHE, André. – Je crois en Jésus-Christ aujourd’hui. – Paris, Le Seuil, 1968. 189 pages.

MANARANCHE, André. – Quel salut ?  - Paris, Le Seuil, 1969. 234 pages.

MANARANCHE, André. – Le monothéisme chrétien. – Paris, Le Cerf, 1985. 255 pages.

MANARANCHE, André. – Des noms pour Dieu. – Paris, Fayard, 1980. 318 pages.

MANARACHE, André.- Dieu vivant et vrai. – Paris, Le Seuil, 1972. 187 pages.

MANARANCHE, André. – L’Esprit et la femme. – Paris, Le Seuil, 1974. 187 pages.

MANARANCHE, André. – L’homme ans son univers. – Paris, Les Editions ouvrières, 1966. 249 pages.

MANARANCHE, André. – Celui qui vient. – Paris, Le Seuil, 1976. 238 pages.

MANARANCHE, André. – Ceci est mon corps. – Paris, Le Seuil, 1975. 184 pages.

MANARANCHE, André. – Vouloir et former des prêtres. – Paris, Fayard, 1994. 308 pages.

MANARANCHE, André. – Le prêtre ce prophète. – Paris, Fayard, 1982. 226 pages.

MANARANCHE, André. – L’esprit de la loi : morale fondamentale.- Paris, Le Seuil, 1877. 249 pages.

MANARANCHE, André.- Adam où es-tu ? : le péché originel. – Paris, Le Sarment/Fayard, 199. 221 pages.

MANARANCHE, André. – Y a-il une éthique sociale chrétienne ? – Paris, Le Seuil, 1969. 253 pages.

MANARANCHE, André. – Attitudes chrétiennes et politiques. – Paris, Le Seuil, 1978. 266 pages.

MANARANCHE, André. – Un chemin de liberté : essai de théologie spirituelle. – Paris, Le Centurion, 1970. 234 pages.

MANARANCHE, André. – Prêtes à la manière des apôtres pour les hommes de demain. – Paris, Le Centurion, 1967. 227 pages.

MANARANCHE, André. – Déclin ou sursaut de la foi ? – Paris, Le Sarment, 2002. 172 pages.

MANARANCHE, André. – Un chemin de liberté : essai de théologie spirituelle. – Paris, Le Seuil, 1971. 237 pages.

MANARANCHE, André. – Jacques Fesch : du non sens à la tendresse. – Paris, Le Sarment/Fayard, 1995. 287 pages.

MANARANCHE, André. – Pour nous les hommes :a Rédemption. – Paris, Fayard, 1984. 22 pages.

FESCH, Jacques ; préface de André MANARANCHE et DANIEL-ANGE.- Dans 5 heures, je verrai Jésus : journal de prison. – Paris, Le Sarment/Fayard, 1994. 319 pages.


Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles