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samedi 28 novembre 2020

Après Jésus : l'invention du christianisme


 Après Jésus : L'invention du christianisme (octobre 2020

Sous la direction de Antoine Guggenheim et de Roselyne Dupont-Roc ; avec une posface de Marcel Gauchet

Paris, Albin Michel, 2020. 700 pages

 


 

Jésus n'a laissé aucun écrit, il se référait aux Ecritures juives. Il n'a institué ni religion, ni credo, ni clergé, et encore moins une quelconque  théologie morale ou politique, et ni rite, hormis un repas « en mémoire de lui », et une prière, le « notre Père ». Comment ses disciples ont-ils donc fait pour exprimer et mettre en pratique leur foi en lui ? Comment ont-ils prié, communiqué entre eux, interagi avec les peuples qu'ils côtoyaient ? Tout cela restait à inventer... Le tout premier christianisme était sans image, sans « Nouveau Testament », sans prêtres, sans pape... et pendant plus de deux siècles il y eut des communautés chrétiennes très diverses, voire divergentes, certaines proches du judaïsme, d'autres le rejetant absolument. Il faudra beaucoup de temps pour qu'émerge une Eglise unifiée autour d'un début d'orthodoxie et que le christianisme s’éloignera du judaïsme. C'est alors, en 250, que les chrétiens subiront la première persécution générale dans un Empire en pleine crise.

Ce temps des commencements encore trop peu connu, ce temps tumultueux de tous les possibles est ici reconstitué de façon accessible et vivante par 80 des meilleurs spécialistes des premiers siècles de notre ère. 

 

 

Biographie des auteurs

Roselyne Dupont-Roc, normalienne, est titulaire de l'agrégation de grammaire, d'une licence canonique en théologie, du diplôme supérieur d'études bibliques et du diplôme supérieur de l'Ecole des langues et civilisations de l'Orient ancien. De 1987 à 2011, elle a enseigné le grec et l'exégèse du Nouveau Testament à la faculté de théologie de l'Institut catholique de Paris. Elle a notamment traduit avec Jean Lallot La Poétique d'Aristote (préface de Tzvetan Todorov, Le Seuil, 1980).

Antoine Guggenheim a été président de la Faculté Notre-Dame de Paris (2000-2006) et de son cycle doctoral (2006-2014). Fondateur et directeur du pôle de recherche du Collège des Bernardins de 2007 à 2014, il a été professeur invité aux universités de Fudan et Jiao Tong de Shanghai (Chine, 2015). Membre du comité éditorial de la revue des Etudes du Crif et membre associé du Centre d'études universitaires Emmanuel-Levinas (Paris IV-Sorbonne), il est également cofondateur et responsable scientifique de UP for Humanness (2016). Il a notamment publié La Circoncision : circoncision de la chair, circoncision du cœur . Une lecture de saint Paul (L'Herne, 2016), et dirigé avec Danielle Cohen-Levinas L'Antiju-daïsme à l'épreuve de la philosophie et de la théologie (Le Seuil, 2016).


Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

 

jeudi 5 janvier 2017

"Le message, c'est la rencontre"

Khalil Merroun, Michel Dubost, Michel Serfaty, L’Imam, l’Évêque et le Rabbin, entretiens menés par Florence Méréo, Paris, Autrement, 2016, 251 p., 17 €.
Les paroles du pape François sur ce que représente une rencontre conviennent parfaitement à ce livre de circonstance, après les attentats de 2015. Le livre est introduit par la journaliste Florence Méréo (p 7-12) avant la présentation (p 13-32) des trois auteurs, en responsabilité dans le département de l’Essonne, qu’elle a fait dialoguer. Deux sont nés au Maroc, seul Khalil Merroun est originaire de Ceuta, enclave espagnole au nord de ce pays. La présentation est complétée par des biographies chronologiques (p 245-250). Khalil Merroun est le recteur de la grande mosquée d’Évry-Courcouronnes, Michel Serfaty est le rabbin de Ris-Orangis. Mgr Michel Dubost est l’évêque du diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes.
Un glossaire (p 233-243) décrit la bible, par exemple. Il explique, également, les fondements de la dhimma, « régime juridique auquel est soumis le non-musulman » en terre d’islam, ou l’importance des traités de Westphalie (1648) dans la relation entre catholiques et protestants dans une grande partie de l’Europe.
Ce livre, au-delà de vouloir « favoriser un dialogue sincère, ouvert et fraternel » (p 229) selon les mots des auteurs, donne des éléments de réflexion à chacun sur la situation actuelle de notre pays.
VOIR DANS LE CATALOGUE

Luc-André Biarnais
archiviste du diocèse de Gap

lundi 14 novembre 2016

Un roman allégorique sur le handicap durant les premiers temps du christianisme

Ghislain du Chéné, Moi, Marie, femme de Cléophas, Paris et Namur, Fidélité, 2016, 185 p., 15,50 €.
Comme le succès de Monsieur le curé fait sa crise le montre, le roman chrétien a le vent en poupe. L’auteur de Moi, Marie, femme de Cléophas, Ghislain du Chéné est, depuis 2008, coordinateur international du mouvement Foi et lumière. L’une de ses filles est atteinte par le handicap. Dans un message électronique, Ghislain du Chéné a tenu à préciser qu’il a écrit ce livre « en grande partie au cours de l’été 2013 à Embrun ».
L’ouvrage se déroule aux premiers temps du christianisme, juste après la résurrection du Christ. La narratrice, Marie, se tenait au pied de la Croix. L’auteur s’appuie sur le verset 25 du chapitre 19 : « près de la croix de Jésus, se trouvaient debout sa mère, la sœur de sa mère, Marie femme de Clopas, et Marie de Magdala » (Traduction œcuménique de la Bible, selon les traductions, l’époux de Marie est appelé Clopas ou Cléophas). Marie, la narratrice, est mère d’un fils handicapé. Ce sont leurs vies, la force des rencontres et, essentiellement celle avec le Christ, qui sont ainsi racontées, au temps des premières communautés chrétiennes et de la persécution.

mardi 9 août 2016

Les mécanismes de la conversion au christianisme en Chine au XXIe siècle

Pierre Vendassi, Chrétiens de Chine : affiliations et conversions au XXIe siècle, préface de Charles-Henry Cuin, coll. Sciences des religions, Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2016, 239 p., 20 €.


Depuis trente ans, le christianisme se répand en Chine. Venu d'Occident, il apparaît comme une religion résolument moderne, loin d'être étrange dans ce pays traditionnellement traversé par une « religion diffuse ». Toutefois, cette religion présente pas un visage monolithique. L'Église catholique côtoie le protestantisme, favorisé par l'État, mais aussi une multitude de sectes et de mouvements qui se réclament de la Bible, dont certains sont spécifiques à la Chine. De même, certains chrétiens ont une affiliation à l'Église officielle, contrôlée par le Parti communiste, alors que d'autres appartiennent à l'Église souterraine ou clandestine. Au XIXe siècle, les « rice Christians », les chrétiens du riz, sont des paysans démunis qui se tournent vers les missionnaires pour profiter des ressources qu'ils apportent. Le chrétien chinois du XXIe siècle est plutôt jeune, appartenant à la classe moyenne ou aisé, il affiche sa foi autant que sa réussite économique. Toutefois, le christianisme est répandu dans toutes les couches sociales. Il est difficile d'évaluer son ampleur, tant pour des raisons pratiques que politiques et culturelles, notamment parce que le syncrétisme est très répandu. Les modalités d'appartenance sont aussi très nombreuses, allant de la simple adhésion verbale à l'engagement intégriste. Selon les estimations, il y aurait entre 50 et 100 millions de chrétiens pour une population d'un milliard trois cents millions.

jeudi 28 juillet 2016

Le martyre

Après la mort du P. Jacques Hamel, explications sur le martyre chrétien


Le mot martyr vient du grec martys, signifiant « témoin » : littéralement, lemartyros est celui qui rend témoignage, selon l’appel de Jésus dans les Actes des Apôtres : « Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8).


Qu'est-ce que le martyr ? 
C’est dans l’Apocalypse que le mot commence à désigner ceux qui ont témoigné jusqu’au don de leur vie : « Je vis sous l’autel les âmes de ceux qui furent égorgés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu’ils avaient porté » (Apocalypse 6, 9).
Pour cette raison, les premiers chrétiens vont considérer que ceux qui ont versé leur sang pour le Christ parvenaient directement à la béatitude céleste, même s’ils n’avaient pas été baptisés. Ce que les Pères de l’Église appelleront le« baptême de sang ». « Ne soyez pas surpris que j’appelle le martyre un baptême. Tout comme ceux qui sont baptisés sont lavés dans l’eau, de même ceux qui sont martyrisés sont lavés dans leur propre sang », expliquera plus tard saint Jean Chrysostome (Panégyrique de sainte Lucie).
Jusqu’au IIIe siècle, les martyrs sont alors aussi bien ceux qui ont souffert pour la foi que ceux qui sont morts pour elle. À partir du IVe siècle, alors que les persécutions contre l’Église déclinent, le mot désigne uniquement ceux qui ont été tués – on parlera de « confesseurs » pour ceux qui ont souffert au nom de leur foi – et dont le souvenir reste vivace.


Comment l'Eglise reconnait-elle le martyr ?
Pour l’Église, le fait de donner sa vie pour le Christ est la voie par excellence vers la sainteté. Dans les processus de béatification de l’Église catholique, la reconnaissance du martyre dispense d’ailleurs de celle d’un miracle.
L’Église mène donc une enquête rigoureuse sur la vie du futur bienheureux et son martyre. « La réputation de martyre est l’opinion répandue parmi les fidèles selon laquelle le Serviteur de Dieu a subi la mort pour la foi ou une vertu liée à la foi », résume l’instruction Sanctorum Mater publiée en 2007 par la Congrégation des causes des saints.
Subir la mort suppose donc une libre acceptation de celle-ci, mais pas de la rechercher. « Il n’y a pas lieu de féliciter ceux qui vont au-devant du martyre ; un tel zèle n’est pas évangélique », écrit l’auteur du Martyre de Polycarpe, dès le IIe siècle. « Chacun doit être prêt à confesser sa foi, mais personne ne doit courir au-devant », ajoutera saint Cyprien de Carthage.
L’autre condition est que la cause de la mort doit être « la foi ou une vertu liée à la foi ». Il s’agit de la traduction actuelle de l’ancienne règle de l’Église selon laquelle le martyr devait avoir été « en haine de la foi ». S’il est « certes nécessaire de repérer des preuves irréfutables sur la disponibilité au martyre, écrivait Benoît XVI en 2006 à la Congrégation des causes des saints. Il est tout autant nécessaire qu’apparaisse directement ou indirectement, aussi d’une façon moralement certaine, la haine de la foi du persécuteur. » Or, soulignait-il, « les contextes culturels du martyre et les stratégies de la part du persécuteur, qui cherche toujours moins à mettre en évidence de façon explicite son aversion envers la foi chrétienne ou a un comportement connexe avec les vertus chrétiennes mais simule différentes raisons, par exemple de nature politique ou sociale, ont en revanche changé ».
Ainsi, Maximilien Kolbe (1894-1941), tué à Auschwitz en s’offrant à la place d’un père de famille, n’avait pas été béatifié comme martyr, en 1971 par Paul VI, mais sera canonisé comme tel par Jean-Paul II onze ans plus tard. De la même manière Edith Stein, carmélite déportée car d’origine juive, a été reconnue comme martyre. La récente béatification d’Oscar Romero ouvre aussi de nouvelles perspectives pour tous ceux qui ont été tués pour des raisons politiques, mais liées à leur engagement de foi.

En soulignant que le martyre peut avoir lieu à cause de « la foi ou une vertu liée à la foi », la Congrégation des causes des saints relève aussi d’autres formes de martyre. C’est ainsi que le P. Damien de Veuster, mort de la lèpre alors qu’il s’occupait des lépreux d’Hawaï a été proclamé « martyr de la charité » en 1995. De la même manière, l’Église reconnaît depuis les premiers siècles comme « martyres de la pureté » celles qui ont préféré la mort à la perte de leur vertu, comme sainte Maria Goretti (1890-1902) ou la bienheureuse Albertina Berkenbrock (1919-1931).

Extrait du journal LA CROIX du mardi 27 juillet 2016



UNE BIBLIOGRAPHIE A CE SUJET

AUZENZT, DOMINIQUE. – Lettre ouverte aux martyrs : une lecture de l’Apocalypse de Saint Jean. – Paris, Pneumatèque, 1984.
BALEZ, Marie-Françoise. – Les persécutions dans l’Antiquité. – Paris, Fayard, 2007.
BOUTET, Thierry ; PINKAERS, Servais-Théodore ; SENTIS, Lurent. – Les martyrs,  semence de chrétiens. – Paris, Edifa, 200.
CHENU, Bruno ; PRUD’HOMME, Claude ; QUERE, France ; THOMAS, Jean-Claude. – Livre des martyrs chrétiens. – Paris, Le centurion, 1988.
DELAYE, Hippolyte. – Les origines du culte des martyrs. – Bruxelles, Société des Bollandistes, 1912.
EUSEBE DE CESAREE. – Histoire ecclésiastique. – Paris, Le Cerf, 1952-1960.
IGNACE D’ANTIOCHE, POLYCARPE DE SMYRNE. – Lettres. – Paris, Le Cerf, 1951.
JANKELEVIVITCH. – L’imprescriptible : pardonner ? . – Paris, Le Seuil, 1896.
JEAN-PAUL II. – Affermis tes frères : Eglises persécutées, églises souffrantes, martyrs du XXè siècle, le sens de la Croix aujourd’hui. – Mareil Marly, Aide à l’Eglise en Détresse, 1999.
KISER, John. – Passion pour l’Algérie : les moines de Tibhirine. – Montrouge, Nouvelle Cité, 2006.
MARAVAL, Pierre. – Les persécutions des chrétiens : durant les quatre premiers siècles. – Paris, Desclée, 1992.
MUNIER, CHARLES. – Justin martyr : apologie pour les chrétiens. – Paris, le Cerf, 2006.
RANCE, Didier. – Un siècle de martyrs : les martyrs du XXè siècle. – Paris, Le Sarment, 2000.
STEFFENS, Martin. – Rien que l’amour : repères pour le martyre qui vient. – Paris, Salvator, 25015.
Visages de la vie de l’Eglise : [aux premiers siècles, de Clément de Rome à Romanos le Mélode. – Paris, Bayard-Editions-Centurion, 1995.
WURMBRAND, R. – L’Eglise du silence torturée popur le Christ. – Paris, Apostolat des Editions, 1970.


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


jeudi 7 juillet 2016

La grande imagerie de Fleurus présente les religions

Les Religions : judaïsme, christianisme, islam. Paris : Fleurus, coll. La Grande imagerie, 2016, 28 p. 6,95 €.


Cet ouvrage, présenté dans un format accessible à tous, décrit quelques aspects importants des religions monothéistes se réclamant d’Abraham. Celui-ci permet aux auteurs de montrer des éléments du socle commun : le Dieu unique, Noé et le déluge, le modèle de croyant qu’est Abraham. Le judaïsme (p 10-15), le christianisme (p 16-21) et l’islam (p 22-27) sont ensuite déclinés par ordre chronologique d’apparition.
Les textes saints sont, pour chacun, présentés. Ce sont la Torah dont l’écriture s’étend « sur près de mille ans » pour les juifs (p 12) et le Coran qui est appris par cœur à l’école coranique pour les musulmans (p 26). Pour les textes chrétiens, les correspondances juives de l’Ancien Testament sont rappelées tandis que la composition du Nouveau Testament est expliquée : évangiles, actes des apôtres, épitres, apocalypse (p 18).
Les pratiques religieuses, communautaires et sociales sont présentées succinctement. Ainsi en est-il des fêtes juives (p 14-15). Malheureusement, il n’est rien dit de la shoah qui a vu la mort de 5 700 000 personnes soit plus du tiers de la population juive dans le monde en 1939, représentant 10 % du total des morts de la Seconde Guerre mondiale. En revanche, la partie sur l’islam n’écarte pas la question des « extrémistes » et des « terroristes islamistes ». L’ensemble des chrétiens, les catholiques, les orthodoxes, les protestants, est présenté dans son unité plus que dans la diversité.
Ce livre est doté d’une excellente iconographie dont la mise en valeur laisse à désirer : c’est bien dommage pour une collection dont le titre est « la grande imagerie ». Malgré quelques imprécisions (le pape François a été élu par le collège des cardinaux et non nommé, p 19), cet ouvrage originellement destiné à « faire connaître aux enfants les trois grandes religions monothéistes » (dixit le communiqué de presse l’accompagnant) est une bonne porte d’entrée à qui souhaite les découvrir.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun

lundi 6 juin 2016

CONFERENCE : FEMME SOUS LE REGARD DE DIEU

   LA PASTORALE CATECHETIQUE

 L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

Description : Description : http://www.enseignement-catholique.fr/images/stories/actus/logo_ec_actu.jpg




vous  invitent 

LE  MERCREDI 8 juin 2016
Salle  chêne de Mambré
De 9 h à 13 h

Conférence à trois voix

FEMME SOUS LE REGARD DE DIEU






« Trois visages, une recherche partagée »

Anthropologie biblique, talmudique et coranique


Béatrice Van Huffel, chrétienne
Licenciée en Théologie, animatrice d'ateliers bibliques et de formations théologiques.
Yaël Gronner, juive
Docteur  en  sociologie  du  fait  religieux,  enseignante  d’exégèse  hébraïque  et  de  la  cabale. Animatrice d’ateliers autour de la sagesse des femmes bibliques.
Dalila Boussouf, musulmane
Diplômée en sciences religieuses et responsable féminin de la mosquée de la Seyne.




mardi 12 avril 2016

PIERRE MANENT :SITUATION DE LA FRANCE


Situation de la France
Pierre Manent
Paris, Desclée de Brouwer,  2015. 176 pages.

Remontons  à  1789…  "Il  faut  refuser  tout  aux  Juifs  en  tant  que  nation,  et  accorder  tout  aux  Juifs comme individus". C’est par cette phrase célèbre, due à l’éloquence du comte de Clermont-Tonnerre, que se  résume souvent  l’émancipation que la France  révolutionnaire  a été la première en Europe à accorder à ses juifs.
"Refuser  tout  aux  Juifs  en  tant  que  nation,  et  accorder  tout  aux  Juifs  comme  individus" Cette phrase pourrait sous-tendre toute la réflexion que nous offre Pierre Manent dans son dernier ouvrage : Situation de la France.


La réponse aux attentats de janvier et de novembre 2015 appelait un renouvellement des idées, des dispositions et des actions de la part des gouvernants, des hommes politiques et des médias  notre pays. Au contraire, les manières de penser on tourner uniquement  seule réponse  tourna autour de  la « laïcité » comme la seule et unique solution au « problème de l'islam » ;  l'effacement de la présence publique du religieux serait la solution au problème des religions (l’auteur ajoute avec ironie : autant raser les cathédrales, les églises et tous nos monuments religieux !).

Tout est faux dans cette thèse selon Pierre Manent. Au lieu de chercher une neutralité impossible à réaliser, qui couvrirait en fait une guerre sournoise, nous devons accepter et organiser la coexistence publique des religions, leur participation à la conversation civique. :Il faut accepter que les « mœurs » des musulmans soient reconnus (à l’exception du port du voile intégral, de la polygamie, et du financement des lieux de cultes par des pays étrangers). Malheureusement cette notion de « mœurs » n’est pas précisée : on se demande alors de quels « mœurs » l’auteur veut parler !

En entrant dans la communauté nationale, l'islam est entré dans une nation de marque chrétienne, dans une Europe façonnée par le christianisme où les juifs jouent un rôle éminent. Toute politique qui ignore cette réalité court à un échec cuisant, et met en danger l'intégrité du corps civique. Pierre Manent a cette formule choc : que « la nation France se donne aux musulmans afin qu’ils de donnent à la France ». Il s'agit donc, tout en préservant la neutralité de l'État (ce qui est dans la loi de 1905 et que l’Eglise catholique a fini par accepter), de faire coexister et collaborer ces trois « masses spirituelles ».

Avec P. Manent on est loin d’une mondialisation qui réclame l'effacement de la nation et la neutralisation de la religion (et dont la seule religion se limite à la notion sans âme des  « droits de l’homme » !). Tout au contraire, c'est son indépendance politique et spirituelle, et son ouverture au religieux, qui permettront à la France de faire face franchir aux dangers qui la menacent aujourd’hui et de franchir cette .zone de turbulence dans laquelle elle est entrée.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix-en-Provence.

jeudi 10 décembre 2015

MOURIR POUR DIEU : JUDAÏSME, CHRISTIANISME, ISLAM

 Mourir pour Dieu dans le judaïsme, le christianisme, l’islam
Le Monde de la Bible n° 214, septembre-octobre-novembre 2015. 145 p
 Entre les chrétiens d’Orient, « martyrisés » par des djihadistes à cause de leur foi, et ces mêmes djihadistes se revendiquant « martyrs » au moment de mourir les armes à la main, « Le Monde de la Bible » donne des clés pour comprendre cette question du martyre à laquelle aucune tradition religieuse n’échappe
 Dans la Bible juiveL’actualité violente de ces dernières années – mais surtout attentats du 13 novembre dernier à Paris souoigne l’urgence qu’il y a à s’interroger sur la notion de martyre.
Selon Katell Berthelot (CNRS et université d’Aix-Marseille), qui propose une typologie instructive- à propos de la notion de « martyre dans les bibles hébraïques -  il faut distinguer celui qui consent à la mort imposée par un bourreau ; celui qui combat et se sacrifie pour Dieu et sauver les autres ; celui qui se suicide pour échapper à la torture et au renoncement de sa foi. Le premier se contentant de subir la violence, les deux autres la choisissant.
 Dans le christianisme : le témoignage des martyrsC’est le premier type de martyr que le christianisme célèbre, depuis le IIe siècle, quand des témoins – « martus » en grec – étaient persécutés par le pouvoir romain parce qu’ils refusaient de rendre un culte à l’empereur. « La mort, explique l’exégète suisse Daniel Marguerat, est la conséquence annoncée du témoignage. Toutefois, ce n’est pas la mort qui est témoignage mais la parole confessante  du témoin. » Dans l’islamIl est bon de s’attarder un peu plus longuement sur ce que signifie le martyr dans le monde de l’islamLa notion de martyr que l’on trouve dans la Bible a un sens éloigné de l’idéologie du martyre dans l’islam, ainsi que le rappelle l’historienne arabisante Jacqueline Chabbi. Selon son interprétation,  « la rhétorique guerrière » et les nombreuses incitations au combat que l’on trouve dans le Coran sont à comprendre comme les appels vains de Mohammed à ses vieux compagnons pour les pousser à s’engager, ceux-ci étant souvent peu enthousiastes à l’idée de participer à des expéditions lointaines. « Si les incitations sont nombreuses, c’est vraisemblablement que les volontaires ne se bousculaient pas », estime cette spécialiste du monde musulman médiéval.
Elle met en garde également contre une interprétation superficielle qui associerait la notion de « qitâl » (combat) à celle de « tuer ». Combattre dans le Coran, selon Jacqueline Chabbi, n’a pas pour but de tuer, pour la bonne raison que chaque tribu veut, au contraire, « avoir le plus grand nombre de fils qui atteignent l’âge adulte, afin d’assurer l’avenir et la défense du groupe ».
Ces versets coraniques qui associent le combat et la mort viseraient donc surtout à mettre en garde contre le risque d’être tué – donc de manquer aux siens – et de tuer autrui injustement – ce qui déclencherait automatiquement la riposte du talion. « On est donc aux antipodes des idéologies délirantes des mouvements dijhadistes actuels".

Publication : Claude TRICOIRE - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


délirantes des mouvements djihadistes actuels. »

jeudi 19 février 2015

Pour un engagement écologique : simplicité et justice
  • Editeur : PAROLE SILENCE
  • Collection : DOCUMENTS
  • Date de parution : 31/12/2014
Malgré une prise de conscience internationale des problèmes écologiques, les mesures qui impliqueraient en particulier de réduire une croissance dont on conçoit aisément qu’elle ne puisse être indéfinie sont difficiles à prendre et, quand elles sont annoncées, ne sont pas ou sont trop peu suivies d’effets. Et pourtant des choix urgents qu’il faudrait faire dépend l’avenir du monde que nous léguerons à nos enfants.
Les chrétiens sont ici concernés à un double titre : comme citoyens du monde, comme ceux qui, dans la foi, considèrent qu’ils ont une responsabilité particulière face à la Création et qu’ils doivent contribuer à la justice et au partage. Notre propos est de permettre aux chrétiens et donc à l’Eglise, d’être porteurs d’une parole prophétique.

mardi 18 mars 2014

DIEU DANS LES TROIS MONOTNEISMES

Dieu une enquête : judaïsme, christianisme, islam : ce qui les distingue, ce qui les raprocheSous la direction de Dionigli Albera et Katell BerthelotParis ? Flammarion, 2013. 1036 pages.


Les religions sont souvent suspectées d’être à l’origine de la violence à cause d’une prétendue intolérance. Leur connaissance rudimentaire  est source d’incompréhension, de tensions.
Cet ouvrage veut jeter des ponts entre le grand public et la recherche universitaire. Parce que ces trois monothéismes sont au cœur de grandes questions d’actualité, il est bon de comparer les croyances et les  pratiques de chacun. Prier at-il le même sens pour un chrétien, un juif ou un musulman ? Un musulman lit il le Coran de la même façon qu’un juif lit le Tanakh (livres de l’Ancien Testament pour le monde chrétien), ou un chrétien la Bible ?

Pour combattre les idées reçues ce livre nous donne des clés.  Ainsi du croyant fervent à l’athée convaincu, chacun trouvera une source de connaissance et de réflexion.