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lundi 21 août 2017

Saint François de Sales : une biographie

Saint François de Sales. : aventurier et diplomate 
Michel Tournade
Paris Salvator, 2017. 335 pages.


Le récit romancé de Michel Tournade  met ses pas dans ceux de saint François de Sales : on suit l’enfant, l’adolescent dans ses études de droit et de philosophie (Annecy, Paris, Milan Padoue) puis le prêtre qui se fait missionnaire dans son pays, et enfin l’évêque qui sut être un véritable pasteur.
François de Sales est né en 1567 au château de Sales près de Thorens-Glières dans le duché de Savoie. Il est d’abord destiné à une haute carrière de magistrat comme le voulait son père, mais depuis longtemps il veut devenir prêtre. Il est ordonné prêtre en 1593 et envoyé en mission avec son frère Louis de Sales pour convertir les protestants. D’abord co-adjuteur de son évêque Monseigneur Claude de Garnier en1598), il est nommé évêque de Genève à la mort de celui-ci  en 1602. Les populations du Chablais (région proche de Genève et influencé par les idées de Calvin) passées au protestantisme : il comprend sa mission (depuis son entrée dans la prêtrise en 1593 jusqu’à sa mort en 1622) de ramener ceux qui sont passés  à la Réforme, non par la force mais en prêchant l’exemple et par la parole (y compris par l’usage d’imprimés) à la foi catholique (ce qui fera de lui le saint patron des journalistes et des écrivains par l’encyclique du Pape Pie XI en 1923) :

« C'est par la charité qu'il faut ébranler les murs de Genève, par la charité qu'il faut l'envahir, par la charité qu'il faut la recouvrer [...]. Je ne vous propose ni le fer, ni cette poudre dont l'odeur et la saveur rappellent la fournaise infernale [...]. Nous devons vivre selon la règle chrétienne, de telle sorte que nous soyons chanoines, c’est-à-dire réguliers, et enfants de Dieu non seulement de cœur mais encore d’effet. (…). C'est par nous-mêmes que nous devons repousser l'ennemi [...], par l'exemple et la sainteté de notre vie [...]. Il faut renverser les murs de Genève par des prières ardentes et livrer l'assaut par la charité fraternelle. »

D’abord co-adjuteur de son évêque Monseigneur Claude de Garnier en1598), il est nommé évêque de Genève à la mort de celui-ci  en1602.

On suit également l’évêque de Genève en mission diplomatique auprès des princes de Savoie et du Roi de France pour régler les problèmes qui existent entre le Royaume de France et la Maison de Savoie. On le suit à Paris où il rencontre Pierre de Bérulle et saint Vincent de Paul, à Genève où il discute de manière clandestine avec Théodore de Bèze qui a succédé à Calvin. On y apprend sa rencontre avec la future sainte Jeanne de Chantal  ce qui aboutira à la création de la Visitation.
Il meurt  à Lyon où il se rendait pour un Synode en 1622.

Michel Tournade dans cet ouvrage se concentre sur l’essentiel des événements de la vie de François de Sales. Tout l’apostolat du prêtre, puis de l’évêque évoque dans cet ouvrage le désir de l’Apôtre du Chalais à convertir les protestants.  Ainsi François de Sales se lie d’amitié Germain Favre-Bonvin un paysan d calviniste, il dialogue qu’avec Théodore de Bèze (successeur de Calvin à l’Académie de Genève) à la page 201 car il a étudié la doctrine calviniste. D’ailleurs il citera même un extrait d’un cantique de Calvin dans un de ses discours :
« C’est un rempart que notre Dieu
Une invisible armure
Notre délivrance en tous lieux,
Notre défense sûre.
« Satan, notre ennemi
En fureur s’est promis
D’user de son pouvoir
Pour vaincre et décevoir.
Sur terre  il n’a plus d’abri. 

Certains évènements  qui ont marqué la mémoire collective sont évoqués : la mort sur le bûcher de Michel Servet (page 116), le massacre de la Saint-Barthélemy (pages 129-130.
L’infatigable évêque du Chablais meurt  à Lyon où il se rendait pour un Synode en 1622.


Quelques éléments biographique de Saint François de Sales

François de Sales, est né le 21 août 1567 au château de Sales près de Thorens-Glières (Savoie). Il est décédé à Lyon en décembre 1622. Prêtre, puis évêque de Genève ; il ne prendra jamais possession de son siège et resta en résidence dans la ville d'Annecy.
Issu d’une famille noble, il choisit le sacerdoce et renonce à tous ses titres de noblesse. Il fut l'un des théologiens les plus célèbres de son temps. Ce fut aussi un grand prédicateurs. Il fonda avec Jeanne de Chantal l'Ordre de la Visitation. Il exerça une influence marquante dans l'Eglise catholique et fut très écouté également des princes et des rois (les les ducs de Savoie Charles-Emmanuel Ier, Victor-Amédée Ier, la régente de Savoie Christine de France, les rois de France Henri IV et Louis XIII).
Homme d’écriture, il laissa une œuvre importante qui témoigne de sa vision de la vie. Depuis 1923, l’Église catholique il est le saint patrons des journalistes et des écrivains en raison de son recours à l'imprimerie et ses publications peuvent être considérés à juste titre comme les tout premiers journaux catholiques au monde.

Le procès en béatification de François de Sales est ouvert par Rome dès 1626. Il est canonisé en 1665 et déclaré Docteur de l’Eglise en 1877 par le Papa Pie IX. En 1923, le pape Pie XI  adresse une encyclique pour commémorer le troisième centenaire de sa mort : Rerum Omnium Perturbationem , le faisant saint patron des journalistes.
Sa dépouille mortelle est aujourd'hui conservée dans la basilique de la Visitation à Annecy, près de celle de Jeanne de Chantal.


Une liste non exhaustive des ses œuvres les plus célèbres
Lettre Ouverte aux Protestants (les Controverses)
Les Entretiens
Petit Traité sur la Communion
Bien faire sa confession
Méditations des Mystères Joyeux
Méditations des Mystères Douloureux
Traité de la Prédication
Conseils aux supérieurs


Le contexte au temps de François de Sales

La Haute-Savoie n’ayant été rattachée à la France qu’en 1860, l’histoire du protestantisme en Chablais est, jusqu’en 1906, indépendante de celle du protestantisme français. La Réforme a pénétré en Chablais lors de l’occupation bernoise et genevoise en 1536, avec les prédications


Biographie de l'auteur
Michel Tournade est religieux oblat de Saint François de Sales et prêtre. Docteur ès lettres, il est enseignant en lycée et curé d'une paroisse à Annecy. Il est notamment l'auteur du livre Un monde à aimer : une adaptation de l'Introduction à la vie dévote de saint François de Sales (Nouvelle Cité).


L’éloge de Paul VI à l'occasion du 300e anniversaire de la publication de sa lettre Sabaudiae Gemma :
« Vous connaissez certainement ce saint. C'est l'une des plus grandes figures de l'Église et de l'Histoire. Il est le protecteur des journalistes et des publicistes parce qu'il rédigea lui-même une première publication périodique. Nous pouvons qualifier d'« œcuménique » ce saint qui écrivit les controverses afin de raisonner clairement et aimablement avec les calvinistes de son temps. Il fut un maître de spiritualité qui enseigna la perfection chrétienne   pour tous les états de vie. Il fut sous ces aspects un précurseur du IIè concile œcuménique du Vatican. Ses grands idéaux sont toujours d'actualité. »


 Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque d'Aix et Arles

lundi 6 juin 2016

CORRESPONDANCE DE FRANÇOIS DE SALES ET JEANNE DE CHANTAL

Correspondance, François de Sales et Jeanne de Chantal,
Paris, Editions Desclée De Brouwer, 2016. 904 pages.


Présentation de l'ouvrage 

« L’amitié est d’abord, amour de soi, puis s’étend aux autres hommes […] . D’où il faut conclure que l’homme vertueux doit nécessairement s’aimer lui-même : des nobles conduites, il ne peut manquer de tirer les plus grands avantages personnels, et tous les autres en tirent profit ». (Aristote).
C’est cette amitié qui unit l’Evêque de Genève et la fondatrice de l’Ordre de la Visitation, mais une amitié toute entière tournée vers Dieu.

« Vive Dieu ! ma Fille : ou rien, ou Dieu ; car tout ce qui n'est pas Dieu, ou n'est rien, ou est pis que rien » écrivait François de Sales à Jeanne de Chantal le 11 juillet 1611.

"Je me sens, ma très Fille, une suavité extraordinaire de l'amour que je vous porte, car j'aime cet amour incomparablement, fort, impliable et sans mesure ni réserve ; bref, si je ne me trompe, tout en Dieu..." (7 juillet 1607).

La correspondance de ces deux saints qui furent des amis intimes qui est considéré comme un chef-œuvre de la littérature française et religieuse est pour la première fois accessible dans un français moderne. 

François de Sales (1567-1622) était le directeur spirituel de Jeanne de Chantal (1572-1641). Tous deux seront canonisés. La correspondance entre saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal est la chronique d’une véritable amitié spirituelle.
Les éditions Desclée De Brouwer publient toutes les lettres conservées qu'ont échangé François de Sales et Jeanne de Chantal pendant 18 ans et qui ne s'achèvera qu'avec la mort de l'Apôtre du Chablais. Ainsi, de petits billets « utilitaires » côtoient de magnifiques lettres qui nous révèlent le fond de la spiritualité salésienne et la saveur du génie littéraire de l'auteur au service de sa mission de conseiller spirituel. Cette édition est d’autant plus précieuse qu’elle est agrémentée de notes historiques et biographiques. C’est donc un aussi un document qui nous plongent dans une époque troublée par les guerres de religion entre catholiques et protestants : acteurs du relèvement catholique dans l’Europe de la Contre-Réforme après les Guerres de religion et donc mêlés à tous les débats politiques et religieux de l'époque, François de Sales et Jeanne de Chantal nous introduisent dans ce renouveau religieux qui caractérisent l'Occident chrétien.
La publication de cette correspondance à une époque où l’art épistolaire a disparu, où la correspondance était le seul moyen de communication, montre combien l'écriture demande un effort intellectuel mais également physique quand il s'agit de tenir une plume d’oie ! En effet, alors qu’il était malade, François de Sales était obligé de dicter car tout effort lui était interdit par les médecins. Il reste aujourd’hui, environ 2.500 lettres de François de Sales ce qui ne représenterait que  le dixième de ce qu’il a pu écrire, lui qui écrivait jusqu'à vingt-cinq lettres par jour.
Replacée dans son contexte historique avec des ajustements pour le lecteur contemporain cette audacieuse publication ne peut que servir à  faire saisir toute la richesse de la spiritualité salésienne. Elle est donc tout à la fois un hommage rendu à la littérature française  mais surtout le témoignage d’une amitié qui n’avait pas d’autre but que de s’entretenir de Dieu et du moyen de parvenir à la sainteté.


Qui sont les deux correspondants ? 

François de Sales
François de Sales (1567-1622), est né au château de Sales près deThorens-Glières. Evêque de Genève, il résida à Annecy car la vile de Genève était entièrement protestante. Il a été proclamé saint et Docteur de l'Eglise. 
Issu d’une famille noble, il consacre sa vie à Dieu et renonce à tous ses titres de noblesse. Il devint l'un des théologiens les plus considérés de son temps. Ce prédicateur accéda au siège d'évêque de Genève et fonda, avec la baronne Jeanne de de Chantal l'ordre de la Visitation. Il exerça une influence marquante au sein de l'Église et même au sein du pouvoir ( les ducs Charles-Emmanuel ier, Victor-Amédée Ier de Savoie, la régente de Savoie Christine de France et les rois de France Henri IV et Louis XIII. 
Homme de lettres, il laissa une œuvre importante qui a laissé sa marque dans la spiritualité chrétienne. Depuis 1923 il est le saint patron des journalistes et des écrivains en raison de son recours à l'imprimerie.  Ses publications comptent parmi les tout premiers journaux catholiques au monde

Jeanne de Chantal
Jeanne-Françoise Frémyot de Rabutin, baronne de Chantal (Madame de Sévigné dont on connait les lettres était la petite-fille de la sainte), originaire de Bourgogne,  est née le 23 janvier 1572 à Dijon  et morte le 13 décembre 1641 à Moulins. Elle fut la fondatrice de l Ordre de la Visitation de Sainte-Marie avec le soutien de saint François de Sales (1610). Elle a été canonisée le 16 juillet 1767.

Devenue veuve elle rencontra en 1604 François de Sales, évêque de Genève en résidence à Annecy, venu à Dijon pour prêcher le carême et il devint son directeur spirituel. En 1610, libérée de ses obligations familiales, elle rejoint François de Sales dans son diocèse et sous sa direction fonde une nouvelle congrégation, l'Ordre de la Visitation de Sainte-Marie dans le duché de Savoie. À partir de 1618 cet ordre devint un ordre cloîtré sur décision du Pape Urbain VIII et avec l'accord de François de Sales. 


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles