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vendredi 27 mars 2020

Dieu : la souffrance et le mal


Dieu : le mystère du mal



Dieu sans idée du mal 
Jean-Michel Garrigues
Paris, Desclée, 1998. 192 pages


Si Dieu existe, pourquoi le mal ? Une réponse classique à cette question consiste à situer l’origine du mal moral, sous forme de permission, dans les idées divines. C’est pourtant dans une direction très différente que nous entraîne Jean-Miguel Garrigues. Le dominicain dit avoir été un jour ébloui par ce qu’a écrit saint Thomas dans la Somme théologique : « Dieu n’a pas idée du mal. » Dieu est absolument innocent car Il est infiniment étranger au mal. Il ne peut prévoir le mal, ni même le « voir » car Il n’a rien de commun avec lui. Le théologien entraîne alors le lecteur dans sa « contemplation du mystère de l’innocence de Dieu ». Il le fait en s’appuyant sur l’icône de la Trinité de Roublev et sur la fresque du Christ aux outrages de Fra Angelico où Jésus, les yeux bandés, ne peut voir le mal. Sans jargon, mais sans rien céder sur l’exigence, Jean-Michel Garrigues conduit le lecteur à découvrir « l’accomplissement du dessein bienveillant (de Dieu) à travers les contradictions du mal ».

Présentation de l'éditeur
Sommaire
Le Mystère : l'innocente bienveillance du dessein créateur du Père
La toute-puissance du Père
L'humanité de Dieu
L'innocence du Père dans notre adoption
La croissance glorieuse de la liberté filiale
La folle bienveillance du Dieu agneau
La vulnérabilité du Dieu agneau
L'économie du mystère : l'accomplissement du dessein bienveillant à travers les contradictions du mal
Le fils, agneau immolé dès l'origine du monde
Gethsémani : la suprême contradiction du mal
La mystérieuse ambivalence de la coupe
Dans la cellule de la miséricorde
L'Intelligence du Mystère : savoir haïr l'absurde et adorer le mystère
Dieu sans idée du mal
Comment Dieu connaît-il le mal dont il n'a pas idée ?


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La Souffrance de Dieu 
François Varillon
Paris, Bayard/Le Centurion, 1975. 115 pages.


Quatrième de couverture
Un Dieu impassible qui surplombe du haut de sa gloire le mal et le malheur du monde ! Cette image continue de vivre dans les profondeurs de l'inconscient. Mais, si rien n'affecte jamais son éternelle sérénité, Dieu ne peut être qu'indifférent et insensible au drame des humains. Doit-on vraiment oublier la souffrance des hommes pour chanter l'éclat de Dieu trois fois saint ? La souffrance demeure. Aujourd'hui des théologiens s'interrogent sur la présence en Dieu même d'un mystère de souffrance. Ne souffrirait-il pas lui-même de tout le mal qui ravage la terre, comme osait l'écrire Jacques Maritain ? Il a fallu le courage intellectuel et l'audace croyante du père Varillon pour l'exprimer clairement, avec une fervente et patiente attention au mystère de Dieu vivant et à celui de notre condition. Pour parler de Dieu, de sa miséricorde autant que de sa puissance, de sa sensibilité autant que de sa perfection, pour dire la joie sans oublier le mal et la détresse, il faut méditer ces pages. Elles sont pleines du tourment de Dieu et de l'homme. Depuis la parution de ce très beau livre, beaucoup s'accordent à dire avec le père Jacques Guillet : " Personnellement je ne puis penser à Dieu autrement que sous ces traits. " Parce que ces traits consonnent le plus avec le témoignage même de la Bible.


Job
Adrienne von Speyer ; Préface de Hans von Bathasar
Fribourg, Editions Johannes, 2014. 208 pages.




Présentation de l'éditeur

Dans ce commentaire du livre de Job, Adrienne von Speyr suit chapitre après chapitre les méandres du grand débat sur la souffrance dans lequel Job, ses amis, puis Dieu lui-même prennent la parole. Elle propose une analyse synthétique des différentes interventions qui se succèdent, et montre que la souffrance de Job, sa « nuit », ne peut pas encore recevoir son sens ultime : celui-ci ne sera donné que par la nuit du Christ à la croix, que Job annonce et préfigure, mais dont il est séparé par ce saut irréductible qu'est le passage de l'Ancienne à la Nouvelle Alliance. Dans ces pages, l'auteur propose aussi un fin discernement des différentes attitudes spirituelles face au mystère de la souffrance. C'est là un trait proprement ignatien, comme aussi l'insistance sur la majesté de Dieu toujours plus grand, devant laquelle Job, émerveillé, finit par s'incliner. En préface de l'ouvrage, Hans Urs von Balthasar conclut : « Cette analyse compte parmi les meilleures uvres de son auteur. »

Née dans une famille protestante de Suisse romande, Adrienne von Speyr (La Chaux-de-Fonds 1902 - Bäle 1967) connaît très jeune une vie spirituelle intense, à la recherche de Dieu toujours plus grand. Elle fait des études de médecine, se marie, élève deux enfants et exerce sa profession à Bâle. A la suite d'une rencontre décisive avec Hans Urs von Balthasar, elle entre dans l'Eglise catholique en 1940. C'est le début d'une mission commune qui a pour fruit la fondation d'un institut séculier et la publication d'une œuvre  théologique et spirituelle qui compte plus de soixante volumes.


Publication : Bibliothèque diocéaine d'Aix et Arles

mardi 25 octobre 2016

La Confession de Adrienne von Speyr

Confession
Adrienne von Spyer
Traduit de l'allemand par Marthe Allisy et revu par Walthère Derouau, s.j. -- Préface de Thierry Dejond, s.j. -- 1991 (2e édition) 

 Un nouveau livre sur la confession ? Encore un manuel ou un guide de plus pour bien se confesser ? Non, bien plus que cela ! Un aperçu central de ce livre est de voir l'offrande de soi et la mort de Jésus sur la Croix comme étant l'archétype de la «confession» des fidèles ou plus communément appelé aujourd’hui sacrement de la réconciliation.

Il est appelé le sacrement de la confession, puisque la divulgation ou la confession des péchés à un prêtre est un élément essentiel de ce sacrement. Dans un sens profond, il est aussi une «confession» - la reconnaissance et de louange - de la sainteté de Dieu et de sa miséricorde envers l'homme pécheur. 
Qu’est-ce que se confesser? Quel sens cela a-t-il de le faire? Pour répondre, Adrienne von Speyr ouvre les évangiles et regarde Jésus qui révèle à certains leurs fautes et leur pardonne. Autre question : comment se confesser? L’auteur décrit la confession du laïc et du prêtre, celle de l’actif et celle du contemplatif. Les saints aussi se sont confessés : comment donc? Dans la confession sacramentelle, quelle est l’attitude du pénitent et quel est le ministère du prêtre ? 

Adrienne von Speyr  a abordé les aspects moraux et pratiques de ce sacrement ; elle traite également certains domaines, comme : la conversion, les scrupules, la contrition, la direction spirituelle, le laxisme, la fréquence de la confession. Elle n'hésite pas non plus à traiter des aveux des prêtres, des religieux ou des religieuses et même des saints. Elle a aborrdé et examiné ces questions qui posent problèmes et débats chez les chrétiens.
Lors du Synode sur la Pénitence et la réconciliation (1981), Jean Paul II avait recommandé ce livre aux Pères Synodaux.

"Dans son livre, La Confession, Adrienne von Speyr présente le sacrement dans sa perspective théologique : imiter l'obéissance du Fils qui se conforme en tout à la volonté du Père jusqu'à s'identifier à nos péchés (et les confesser) pour nous sauver. En suivant le Christ, le pénitent comprend alors que la confession des péchés est confession de foi, amour de l'église et du don de liberté que le Christ lui a confié" (Hans Urs von Balhasar)..
C'est pourquoi Hans Urs von Balthasar appelle cela «une de ses œuvres les plus centraux". Elle aborde les aspects moraux et pratiques du sacrement en profondeur. Les nombreux domaines couverts comprennent la conversion, les scrupules, la contrition, la direction spirituelle, le laxisme, la fréquence de la confession, les aveux de religieux et de laïcs, même les aveux de saints. Un des traités spirituels plus complet jamais écrit sur la confession.

Et ce n'est peut-être pas par hasard si lors du Synode sur la Pénitence et la réconciliation (1981), Jan-Paul II avait recommandé ce livre aux Pères Synodaux. On peut penser qu'il serait fort utile de le reprendre alors que va s'ouvrir l'Année Sainte sur la Miséricorde le 8 décembre prochain.

« La déréliction sur la croix, la totale séparation du Père font essentiellement partie du mystère de la « confession » du péché universel dont le Christ s’est chargé. Son corps ressuscité est le fruit de son corps crucifié mis au tombeau, de même que son corps terrestre était le fruit du dessein de l’incarnation. Le corps nouveau, dont le Père lui a fait don, est le corps de son retour au Père. Par rapport à la confession, on peut dire : son corps terrestre était le corps de l’aveu, celui qui devait porter le péché de tout individu, mais aussi le péché en soi. Le corps ressuscité, par contre, est le corps de l’absolution qui n’a plus à porter le péché, parce qu’il a déjà été porté et qu’à la croix tout a été expié. Le premier corps a réuni en lui l’aveu total et le second se livre comme le pardon total. Il regarde le péché en face, il ne l’a plus sur le dos, comme le corps qui en portait le fardeau. » (Adrienne Von Speyr, La confession).

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles