Affichage des articles dont le libellé est François Cheng. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est François Cheng. Afficher tous les articles

vendredi 24 mars 2017

La vraie gloire est ici de François Cheng

La vraie gloire est ici
François Cheng
Paris, Gallimard, 2015. 160 pages


Présentation du livre.

Un recueil de poésies de François Cheng dont il suffit de goûter le style et l’agencement des pensées que l’auteur nous offre.  Il suffirait presque se contenter de rester là en silence le livre à la main… sans rien faire d’autre et se laisser aller au gré de la musique des mots et des images qui nous viennent à l’esprit.

Il y a dans chaque livre de François Cheng un souffle de vie qui prend à la gorge. Sans doute parce que celui-ci provient d'une voix sans autre exemple. D'une voix qui éperonne la pensée, avec une acuité foudroyante et douce. D'un chant qui a depuis longtemps puisé sa force dans l'élan intérieur. D'une sagesse orientale qui transmue le fugace en élixir d'éternité. D'une écriture tremblée qui s'enracine à même la rosée. D'un exil qui dépayse jusqu'à la nostalgie.

Avec ce titre, qui a tout d'un énoncé manifeste, le subtil penseur du vide médian ose de déroutants alliages : l'âpre et la joie, le silence et la lucidité, la mort et les nuages, les oiseaux et les larmes, l'émoi et les étoiles... C'est qu'à force d'avoir mordu la poussière d'ici-bas, les mots n'en finissent plus de renaître. Des âmes errantes ou du phénix, on ne sait qui mène la danse. Mais il suffit de la splendeur d'un soir pour que l'univers entier résonne en nous soudain. Il suffit de la sincérité d'un seul cœur brisé pour que la fulgurante beauté nous délivre de la fragilité humaine :

« Car tout est à revoir,
Tous les rires tous les pleurs
Toute la gloire... »

Ce nouveau livre de François Cheng est tout à la fois celui d'un philosophe, d'un poète, d'un sage alerté qui ne craint rien, pas même d'affirmer que "La vraie gloire est ici"



Biographie de l'auteur
François Cheng est né en 1929 en Chine. Enseignant et traducteur de la poésie française en chinois, il a publié parallèlement plus d'une trentaine d'écrits en français - romans, poèmes, méditations, essais - dont Le Dit de Tianyi, L'éternité n'est pas de trop (Albin Michel) et A l'orient de tout (Poésie/Gallimard) et tout récemment De l’âme

Source : note de l’éditeur

Publication : Claude Tricoire - 

samedi 14 janvier 2017

De l'âme : François Cheng





De l’âme : sept lettres à une amie
François Cheng
Paris, Albin Michel, 2016 162 pages




« De l’âme  « Lorsque j’ai reçu votre première lettre, chère amie, je vous ai répondu immédiatement. Avoir de vos nouvelles plus de trente ans après m’a procuré une telle émotion que ma réaction ne pouvait être qu’un cri instantané.
« Votre deuxième lettre, que j’ai sous les yeux, je l’ai gardée longtemps avec moi, c’est seulement aujourd’hui que je tente de vous donner une réponse. La raison de ce retard, vous l’avez sans doute devinée, puisque votre missive contient une singulière requête : "Parlez-moi de l’âme"…
Votre phrase : "Sur le tard, je me découvre une âme", je crois l’avoir dite à maintes reprises moi-même. Mais je l’avais aussitôt étouffée en moi, de peur de paraître ridicule. Tout au plus, dans quelques-uns de mes textes et poèmes, j’avais osé user de ce vocable désuet, ce qui sûrement vous a autorisée à m’interpeller. Sous votre injonction, je comprends que le temps m’est venu de relever le défi… »

Nous ne saurions rien de cette « chère amie » que François Cheng présente comme une inconnue rencontrée par hasard dans le métro il y a des années et qui soudain lui demande « Parlez—moi  de l’âme ! ». Mais grâce à cette scène l’auteur va nous livrer en sept lettres sa pensée sur ce qu’est l’âme pour lui.
Pour relever ce défi il revisite les philosophes et aussi les mystiques chinois, taoïstes ou occidentaux et des bribes de sa vie (souvenir d’enfance, lectures, impressions glanées au fil de ses rencontres et de ses promenades).

François Cheng aborde ce « terreau natif et irréductible de chaque être » et au fil du texte il va cerner les contours de l’âme, cette « clef de voûte » qui n’intéresse plus guère notre monde contemporain seulement préoccupé des exploits du corps ; en effet il nous fait comprendre que nous avons à la fois un corps, un esprit et une âme.
Au-delà de ses expériences personnelles ou de ses considérations philosophiques il emmène le lecteur bien loin : toutes les religions ont tenté de nous dire ce qu’était l’âme, ce qu’elle devenait après la mort « corporelle » et cela ne lui est pas indifférent ; il ne parle pas directement de Dieu qu’il ne nomme pas ni de résurrection mais en parlant de « communion des saints » on perçoit qu’il n’est pas loin d’une vision chrétienne de l’âme. D’ailleurs il signe sa dernière lettre « aum » (mot sacré dans l’hindouisme)  et surtout par ce dernier mot chrétien « Amen ».

En temps que romancier et poète François Cheng nous a livré sous forme épistolaire sa pensée sur l’âme où se révèle tout son talent littéraire et poétique. Aujourd’hui si une telle réflexion sur l’âme est rare c’est une raison suffisante pour se plonger dans ce petit livre et pour certains de découvrir cet auteur..


Biographie de l'auteur

François Cheng, d’origine chinoise (naturalisé en 1971), de l'Académie française, est à la fois poète (Entre source et nuage, 1990 ; Le Livre du vide médian, 2004), romancier (Le Dit de Tianyi Prix Femina 1998, L'Eternité n'est pas de trop 2002, Quand reviennent les âmes errantes 2012) et essayiste (Cinq méditations sur la beauté 2006, L'un vers l'autre 2008, Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie, 2013, Assise, 2014).

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles.