Affichage des articles dont le libellé est film. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est film. Afficher tous les articles

samedi 12 janvier 2019

Documentaire : J'irai marché jusqu'à vous ! : dans le cadre des Rencontres cinématographiques des Droits de l'Homme


Documentaire : J’ai marché jusqu’à vous
J’ai marché jusqu‘à vous – RÉCITS D’UNE JEUNESSE EXILÉE À MARSEILLE
Documentaire de Rachid Oujdi 52 min – 2016
AIX-EN-PCE ● 22 janvier ● 18h00




Récit d’une jeunesse exilée à Marseille : ces enfants sans visa, au terme d’un éprouvante périple, débarque à Marseille qui ne  veut pas d’eux.
Film proposé par le collectif avec la participation de Sciences Po Aix. Débat avec le réalisateur Rachid Oujdi, Giovanni Privitera, enseignant à Sciences Po et Jeanne Hutin, association étudiante C.A.S.A. et animé par Roxane Nadim, enseignante et responsable des affaires culturelles à Sciences Po.
Sciences Po Aix / Amphithéâtre René Cassin (25, rue de Saporta, Aix-en-Provence (participation libre).
Documentaire (France). Produit en 2016. Distribué par Comic Strip Production.

Synopsis
Ils ont moins de 18 ans, on les appelle les « Mineurs Isolés Etrangers ». Venus seuls, principalement d’Afrique et du Moyen Orient, ces voyageurs sans visas débarquent à Marseille, au terme d’un long périple. En attendant leur majorité, ils sont censés se trouver sous la protection de l’Aide Sociale à l’Enfance. Mais avant cette « mise à l’abri » rarement immédiate, ces jeunes subissent la rue, les réseaux malveillants et la s « J’ai marché jusqu’à vous », ce documentaire de Rachid Oujdi, livre au coeur du débat, ses récits d’une jeunesse exilée. Cette rencontre a questionné une société en rupture d’humanité.
« Tout mineur doit être protégé quel que soit son sexe, sa religion, ses origines, sa nationalité », stipule la Convention internationale des Droits de l’Enfant du 20 novembre 1989. La réalité est en France bien loin d’adhérer à ce droit fondamental. Caméra au poing, Rachid Oujdi s’est penché à Marseille sur le quotidien de jeunes contraints à l’exil, qui sur le sol des « droits de l’homme », ne sont pas arrivés au bout de leur peine sans fin. La Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty international, l’Assemblée citoyenne du Bassin Manosquin, avec le soutien des réseaux Éducation Sans Frontières et Hospitalité Solidaire, ont proposé un débat sur la situation de ces mineurs étrangers isolés. Mardi dernier, salle comble pour des échanges inspirés de ce documentaire poignant, « J’ai marché jusqu’à vous – Récits d’une jeunesse exilée » .
Ils ont entre 13 et 18 ans. Depuis le Moyen-Orient ou l’Afrique, ils ont marché jusqu’à nous pour venir se heurter à un double paradoxe politico-institutionnel. Les conditions de la protection ne sont pas à la mesure de la nécessité et de l’application du droit. Ces jeunes à la rue des semaines durant, voire des mois, quand ils en sortent, ne rentrent dans aucun cadre juridique. En tant que mineurs ils ne peuvent pas prétendre au statut de réfugié. Des milliers de kilomètres leur ont ouvert ce seul horizon : survivre dans ce no man’s land identitaire. Le carcan du processus d’intégration, les lourdeurs administratives anéantissent tout espoir pour ceux qui approchent l’âge de la majorité. A quoi , à qui, à combien peut répondre le 115 ?

Lorsque l’institution doute de l’âge annoncé, les adolescents sont livrés à des tests infâmes, examens osseux ou des parties génitales.
Sur le terrain les professionnels sont eux-mêmes dans l’impasse du chaînon manquant. La loi interdit l’hébergement d’un mineur par des personnes de la société civile. L’institution dans l’illégalité est ainsi à même de poursuivre un citoyen accueillant. C’est l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) qui a pour mission la protection de l’enfance, soumise à une gestion politique très disparate d’un département à l’autre.
Des filets d’humanité contournent la règle, entrent en désobéissance civile. Quarante collectifs solidaires s’organisent en Région Paca. Des citoyens s’impliquent aussi à titre individuel
Le film de Rachid Oujdi n’est pas une oeuvre militante, c’est une démarche engagée qui questionne notre humanité : « qu’en avons-nous fait au plus profond de nous ? » La distance choisie par le cinéaste pose un regard de subjectivité assumé. De la tendresse, de la subtilité sans tomber dans le pathos ou le voyeurisme. L’obscure réalité ainsi mise en lumière positionne le spectateur face à lui-même.
Le documentaire se termine sur une note claire. Mais depuis son tournage , il y a un an, le réalisateur décrit une situation qui à Marseille s’est assombrie plus encore, qui a gravement empiré.
« J’ai marché jusqu’à vous », le film fait oeuvre de sensibilisation, circule dans les collèges et les lycées, relayé par des enseignants du RESF. Visible en replay sur la chaîne LCP.
Journal La Marseillaise 9 janvier 2019.


Paroles de J’irai marché jusqu’à vous

Les coups de sang, les coups du sort
Les coups de points, les coups encore
J’en ai reçu jusqu’à mon tour
J’en ai reçu jusqu’à ce jour
J’ai quitté mon petit village
En portant pour seul bagage
Des restes de rêves d’enfants
Des gentils qui gagnent à la fin
J’ai marché jusqu’à vous


J’ai eu peur je l’avoue
À chaque pause chaque trêve
Mille fois j’ai fait ce rêve
Je lisais mon nom sur vos lèvres
J’ai marché jusqu’à vous


Je suis là voyez vous
Mille fois j’ai fait le voeu
je vous en fait l’aveu
De me voir un jour dans vos yeux
Les petits chemins retiré
Les routes fleuves et les forêts
Les vastes plaine et les plateaux
Les grandes villes comme en photo


J’ai marché tant que j’ai pu
Tant de fois je me suis perdu
Les trains les camions les bateaux
Les coups de blues, les coups de couteaux
J’ai marché jusqu’à vous
J’ai eu peur je l’avoue
À chaque pause chaque trêve
Mille fois j’ai fait ce rêve
Je lisais mon nom sur vos lèvres


J’ai marché jusqu’à vous
Je suis là voyez vous
Mille fois j’ai fait le voeu
je vous en fait l’aveu
De me voir un jour dans vos yeux

Combien de pays traversé?
Combien de frontières dépassées?
Et me voilà m’en voulez vous?
Je n’avais pas pris rendez-vous
De mon histoire vous savez tout
Arrivé seul et sans dessous
Mais surtout arrivé en vie
Comprenez pourquoi je souris

J’ai marché jusqu’à vous
J’y ai cru je l’avoue
À chaque pause chaque trêve
Mille fois j’ai fait ce rêve
Je lisais mon nom sur vos levres
J’ai marché jusqu’à vous
Je suis là voyez vous
Mille fois j’ai fait le voeu
je vous en fait l’aveu
De me voir un jour dans vos yeux

J’ai marché jusqu’à vous
J’ai eu peur je l’avoue
Mille fois j’ai fait ce rêve
Mille fois j’ai fait ce rêve
Je lisais mon nom sur vos lèvres
J’ai marché jusqu’à vous
J’ai marché jusqu’à vous
J’ai marché jusqu’à vous…

Paroles de Kaddour Hadadi
Album : L’Empire de papier (2017)





samedi 17 février 2018

Film l'Apparition de Xavier Giannoli


L’Apparition
Xavier Giannoli
. Critique du Père Frédéric Roder.
La bande annonce laissait présager un film particulièrement intense et contre toute attente, l’intensité est devenue viscérale, toutes les émotions et sensations se sont concentrées à l’intérieur de soi.
Le bruit de fond, le premier plan et la musique nous entraînent en pleine guerre, dans le feu de l’action, sous les bombardements et jusque dans la mort. Le personnage central du film entre en état de surdité qui mettra presque tout le film à cesser, quand enfin il sera prêt à écouter et non plus seulement à voir. Car son appareil photo, ce qui l’aide à appréhender le réel et à le représenter est maintenant souillé du sang de son ami.

Tout le film sera une longue quête du regard, pour voir l’invisible et oser la contemplation. Le seul regard qui marque tout le film est celui de l’Icône syrienne de la vierge à l’enfant trouée par deux balles à l’endroit des yeux et qui accompagne la surdité du héros avant que lui aussi soit illuminé et voit enfin plus loin que son objectif. Cette Icône semble la seule à comprendre le cours providentiel des événements et semble être la clé de la fin du film.

L’intrigue alors se met en place pour ce reporter qui a perdu le goût du travail, le Vatican l’appelle pour lui faire mener une enquête canonique. Nous avons alors droit à une visite des archives du Vatican. Tout de suite nous pensons au roman magnifique de Maurice West, « l’avocat du diable » et le film réussit à introduire tous les bons ingrédients d’une enquête : interrogatoire, corrélations, enquête de terrain et découverte de la voyante et de son entourage avec la certitude habituelle que la vérité d’une apparition dépend de la sainteté de la voyante.
La tout commence à sonner faux, sauf l’apparition de la Vierge, mais tous les ingrédients cyniques de l’argent autour du merveilleux ,des Chrétiens crédules et des complice peu scrupuleux. Pourtant, lentement mais sûrement l’enquête continue et même avance malgré le curé crédule et metteur en scène.

Enquête terminée et classée dans les archives du Vatican. Cependant, inclusion avec le début, nous voici de nouveau d’abord en Jordanie pour avoir le fin mot de l’affaire par Meriem (Marie encore) puis en Syrie, au milieu du désert devant un monastère en reconstruction. Marie est la, elle rend la vue au reporter et l’aide à entendre le silence. L’Apparition pourrait se décliner en « les apparitions » car beaucoup d’évènements, d’épiphanies nous ont lentement fait entrer en nous-mêmes jusqu’au lieu où Dieu lui-même se donne à connaître et à découvrir.
Cette belle enquête, suffisamment lente pour que nous ne restions pas indemne mais suffisamment courte pour ne pas ennuyer est soutenue par deux acteurs au jeu incroyable : Vincent Lindon et Galatea Bellugi et en même temps une musique incroyablement adaptée au film, une vraie découverte qui touche l’âme et le cœur et nous entraîne à oser des émotions, des doutes et du silence qui nous ferons entrer plus profondément encore dans ce film. Du réalisme au surnaturel, il n’y a qu’un pas... celui de la foi.



http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19576162&cfilm=252874.html

Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles