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lundi 27 juin 2016

« Proclamer publiquement la promesse chrétienne » à l’image du Christ

Stefano Simiz, Prédication et prédicateurs en ville (XVIe – XVIIIe siècles), Villeneuve d’Ascq : Presses universitaires du Septentrion, 2015, 352 p, 29 €.



Dans son introduction, Stefano Simiz évoque un projet d’étude sur « l’éloquence de la chaire » lancé par Amédée Gayot en séance de l’Académie de Troyes le 6 juin 1862 (p 17). Toujours au XIXe siècle, une religieuse vendéenne, en 1851, rappelait qu’il lui avait fallu attendre 1814 pour entendre « sermons ou instructions » d’une manière régulière dans une paroisse que venait de quitter un curé présent dès la Révolution française (sœur Marguerite Vrignaud, La Vendée aux lèvres closes, La Roche-sur-Yon : Centre vendéen de recherches historiques, 1998, p 129). Dans sa conclusion, l’auteur souligne l’avis de Mgr de Boulogne (1747-1825) sur « la chaire chrétienne […] une grande et utile institution », un art « qui sanctifie le génie par la religion, embellit la religion par le génie, et fait ainsi remonter vers le ciel les lumières et les talents qui en descendent » (p 314). L’homilétique ne distingue pas toujours le sermon des autres formes d’instruction (p 21).
Qu’est-ce que prêcher ? Cela « correspond à proclamer publiquement la promesse chrétienne » de la foi en la vie éternelle (p 18). C’est aussi être à l’image du Christ, « ministre de la parole et parole elle-même qui se réalisait sous les yeux de ses disciples » (p 218). La prédication doit aussi « occuper le calendrier du chrétien et l’instruire en profondeur sur les fondements et moyens de vivre sa foi » (p 310). Stefano Simiz étudie ce fait, à l’époque moderne, c’est-à-dire entre la Réforme et la Révolution française, dans les villes de Champagne et de Lorraine (p 30). En effet, « plus que jamais auparavant sans doute, la prédication s’est imposée dans le déroulé ordinaire de la ‘religion citadine’ d’Ancien Régime. Grâce à des initiatives toujours plus nombreuses et très diversifiées, le sermon est une des charpentes de l’édifice liturgique et cultuel de l’année, non seulement chez les catholiques, mais encore dans le monde protestant ou encore juif » (sic - p 67). Or, « faire de chaque église une chaire active » nécessite une action tout au long du XVIIe siècle (p 49). Des « stations » sont fondées par des fabriques paroissiales ou des confréries après le XVIIe siècle (p 54). Il faut souligner ici l’action de Georges d’Aubusson de La Feuillade, évêque de Metz entre 1668 et son décès en 1697, après avoir siégé à Embrun de 1649 à 1668. Il cherche à « contrecarrer l’enseignement calviniste » après 1680, mouvement qui « s’inscrit non pas dans une période de développement ou de consolidation du protestantisme, mais en accompagnement ‘pastoral’ des mesures prises afin d’accélérer son dépérissement » (p 51).