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mardi 23 décembre 2014

Aix en archéologie 25 ans de découvertes

Aix en archéologie 25 ans de découvertes
 Collectif
Editeur : Snoeck, 2014. 531 pages


            Conçu pour célébrer les 25 ans d'existence du service archéologique de la ville d'Aix-en-Provence, cet ouvrage propose une rétrospective des innombrables découvertes archéologiques qui ont marqué ce quart de siècle, et contribué à complètement renouveler les connaissances sur la ville et son territoire. Pour la première fois, le lecteur pourra y suivre l'évolution de leur occupation, depuis la Préhistoire jusqu'à l'époque contemporaine.

            L'approche est ici double : classique, avec des chapitres de synthèse sur les grandes périodes chronologiques qui ont rythmé l'histoire d'Aix-en-Provence, mais aussi topographique. Pour chacune des grandes périodes retenues, les découvertes sont, en effet, déclinées sous la forme de notices qui privilégient les lieux de découverte, ce qui permet de déambuler, à la fois dans l'espace et dans le temps, au gré des opérations de fouille et des vestiges qu'elles ont révélés.
            S'il fait d'abord la lumière sur les principaux sites mis au jour, cet ouvrage met aussi en relief l'évolution même de la disciplines archéologique, tant au plan méthodologique que scientifique, en soulignant l'apport des sciences de la terre par exemple, mais également des sciences dures, comme en témoigne la contribution des analyses isotopiques à l'identification des pratiques alimentaires par exemple.
            L'écriture est collective et plurielle. La dizaine de textes de synthèse et les cent vingt notices de sites qui composent le contenu de l'ouvrage, ont mobilisé près de 80 archéologues, historiens et scientifiques rattachés à différents organismes : la Ville d'Aix-en-Provence avec ses Directions de l'Archéologie et du patrimoine et le Museum, mais aussi divers laboratoires du CNRS, deux universités (Aix-Marseille et Montpellier), l'INRAP, ainsi que d'autres collectivités au sein desquelles travaillent aujourd'hui des archéologues ayant naguère fouillé à Aix-en-Provence.


jeudi 16 octobre 2014

Le triptyque du Buisson ardent

Le Triptyque du Buisson ardent
sous la direction d’yves cranga et marie-claude leonelli
arles, actes sud, 2011.

Cet ouvrage se propose d'aborder le cas d'une œuvre emblématique du paysage provençal : le Triptyque du Buisson ardent, peint par Nicolas Froment en 1475-1476 à la demande du roi René. Sa restauration vient de s'achever, au terme de huit années d'étude, et sa réinstallation dans l'église Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence est prévue pour la fin du mois de janvier. Ainsi, c'est une véritable redécouverte que se propose de conduire cet ouvrage, relatant certes les différents stades de cette restauration délicate, mais également les enseignements historiographiques et artistiques qu'il est aujourd'hui permis d'en retirer.

jeudi 5 juin 2014

UNE HISTOIRE D'AIX-EN-PROVENCE PENDANT LA REVOLUTION FRANÇAISE

AIX SOUS LA TERREUR : La Révolution française Tome I. 26 avril 1795 au 12 août 1796Tome II. 13 août 1796 au 31 décembre 1797de Ambroise Thomas Roux-AlphéranVauvenargues, Editions Desbaumes, 2013

 





Enfoui à la Méjanes, dans le fonds patrimonial de cette prestigieuse bibliothèque aixoise, ce journal de Roux Alphéran, méritait assurément qu’on le tire de l’oubli dans lequel il était tombé. Réunies en un ouvrage austère, à la couverture jaunâtre, ces pages manuscrites furent écrites au jour le jour, à Aix, de 1795 à 1797, par un jeune homme d’à peine dix-neuf ans. Il nous conte ainsi par le détail, la vie terrifiante qui était alors celles des habitants de notre ville et de ses alentours, en ces temps révolutionnaires. Passionnant à plus d’un titre, ce livre nous fait la saveur inégalable de ce passé où il ne faisait pas bon se dire républicain comme royaliste. Tour à tour, soumis au uns ou au autres, notre malheureuse cité, vidée d’abord de ses nobles, se vidait aussi de son sang, par les assassinats et exécutions sommaires malgré les appels au calme de ses édiles. Il fallait avoir le coeur bien accroché pour vivre au milieu de ces troubles, parmi une population qui n’espérait plus rien, sinon la fin de ces atrocités continuelles. L’auteur d’ailleurs prenait grand risque sans doute, à coucher ainsi sur papier tout ce qui se passait en Aix. Mais où aller ? Que faire d’autre que d’être ce témoin privilégié, journaliste reporter avant l’heure, chroniqueur d’un désastre national dont on ne voyait encore pas la fin. En fin observateur et malgré tous les dangers, notre jeune bourgeois s’enquiert de tout, écoute ce qui se dit dans les cafés et les tavernes, se fait l’écho parfois de rumeurs les plus folles, comme il sait lire aussi les journaux arrivant de Paris par la malle-poste… quand celle-ci n’est pas dévalisée en chemin! C’est que la capitale tenait toujours le pays d’une main de fer. Le Directoire était alors la plus grande instance révolutionnaire et seule la distance atténuait ses dictats. La campagne d’Italie battait son plein et l’on était suspendu à ses victoires qui scellait le destin de la France. Un nom revient peu à peu d’ailleurs dans ces notes : celui d’un certain buonaparte…patronyme que nous lisons non sans sourire, nous qui connaissons la destinée du héros du pont d’Arcole ! Mais la lecture de notre ouvrage n’est pas seulement d’un intérêt historique. On y « sent » aussi la vie quotidienne des aixois et l’on partage ainsi leurs angoisses journalières à la montée des prix du pain et des autres denrées. On peut aussi ressentir une certaine nostalgie à l’évocation des cercles et de certains cafés dont quelques uns subsistent encore aujourd’hui sous d’autres noms. La vie malgré tout continuait et à la saison d’été, si l’on ne nous parle pas du chant des cigales, couvert sans doute par certains chants révolutionnaires ou royalistes, on a la surprise au coin d’une page, de savoir que certains jeunes gens s’étaient mis à jouer la sérénade, sous les fenêtres d’une belle. De même d’être au courant d’un bal près de la place Albertas malencontreusement interrompu par des pandores… Il y aurait aussi beaucoup à rire – si les conséquences de telles parures vestimentaires n’étaient point aussi tragiques – de voir Gravure autorisation Bibliothèque Nationale ainsi avec quelle effronterie certains n’hésitent pas à afficher leur conviction idéologique, s’affublant d’un ruban blanc ou se coiffant en oreille de chien pour les royalistes, d’un bouquet de thym à leur chapeau, pour les républicains ! La vie donc, la vie seulement pourrait-on dire malgré les épreuves, les peines et les angoisses qui touchaient jusqu’à nos campagnes, teintées de sang. On lance un aérostat à l’occasion d’une fête et voilà qu’il s’élève pour s’en aller tomber sur le flanc de la montagne Sainte- Victoire ! Mais pour cet épisode ludique, combien de coups de main tragiques, d’expéditions punitives qui se soldent, soit par la mort d’un paysan, soit par la blessure d’un soldat, soit le pillage d’une ferme ? On reste pantois de fait, devant tant de violence, d’intolérance, de trahison qui s’étalent tout au long de ces pages. On en est troublé d’autant plus que le cadre de ces faits sanglants n’a pas beaucoup changé. Le Cours (Mirabeau) est là, la maison commune, la caserne, les rues de notre vieille ville comme ses multiples églises destinées au fourrage et qui au gré des jours, revoient peu à peu leurs portes s’ouvrir comme leurs officiants reprendre leur service.
 Un livre remarquable, illustré de nombreux documents, tiré d’un manuscrit de plus de 600 pages, d’une écriture petite et nerveuse, presque sans rature, conservé pour nous et pour la postérité d’après même l’aveu de l’auteur. Ce dernier nous vaudra d’ailleurs bien plus tard son livre célèbre entre tous : « LES RUES D’AIX ».
 


mardi 18 mars 2014

UNE HISTOIRE DU PAYS D'AIX

En Pays d’Aix : histoires, témoignages, anecdotes, d’hier et d’aujourd’huiRobert Delgiovine, Jacky Chabert. Aix-en-Provence, Editions Desbaumes, 2013.



En Pays d’Une vision inédite de la ville d’Aix et plus généralement du Pays d’Aix.
Inédit par sa conception, cet ouvrage ne se veut pas historique, bien que l’Histoire, inévitablement, remonte à la surface des évènements qui y sont contés. Les auteurs, Robert DELGIOVINE et Jacky CHABERT ont, si l’on peut dire, ratissé large, car de l’époque avant l’apparition de l’homme sur ce territoire, c’est-à-dire de l’époque des dinosaures et des grands mouvements telluriques, jusqu’à la période contemporaine, tout en survolant les moments qui ont jalonné la petite et la grande histoire, il y avait de quoi raconter.
Aquae Sextiae – Marius – Mazarin – l’affaire Sarret – la saga des Bellon ou les conséquences de la Révolution de 1789 sur la ville – sans oublier le Roi René. Mais également les brillants artistes qui ont fait le charme des XVIIème et XVIIIème siècle.
On trouvera dans cet ouvrage des textes sur les évènements qui ont marqué la Libération de la ville – l’éducation nationale – le sport – le Festival de musique – mais aussi de nombreux témoignages, des anecdotes, des clins d’oeil. Bref, un panorama varié de ce qui a patiemment tissé le riche quotidien du Pays d’Aix. De nombreuses personnalités aixoises ont accepté de contribuer à cet ouvrage avec des textes inédits.
Parmi eux, citons Michel Vovelle, historien, professeur émérite Paris 1. Daniel Chol, docteur en Histoire de l’Art. Noël Coulet, professeur émérite des Universités. Nuria Nin, Conservateur en chef du patrimoine, direction de l’archéologie. Max Juvénal, journaliste ancien directeur de la Provence Libérée. Alain Paire, écrivain chroniqueur et galeriste. Michel Deleuil. Charles Samuel Cohen, ancien bâtonnier du barreau d’Aix. Robert Milhaud, directeur honoraire de l’Ecole Normale… et bien d’autres.
Un livre attrayant, facile à lire, illustré de nombreuses images et photos anciennes.