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lundi 9 janvier 2017

Le malheur français : Marcel Gauchet

Comprendre le malheur français : entretiens avec Eric Conan et François Azouvi
Marcel Gauchet
Paris, Stock, 2016. 378 pages

Il y a un malheur français, bien spécifique à ce pays : pourquoi sommes-nous les champions du monde du pessimisme et du mécontentement de nous-mêmes ? Pourquoi vivons-nous notre situation, notre place dans l’Europe et le monde, comme un malheur incomparable ?

« Pour les Français, la mondialisation est une rupture majeure. A l’intérieur du déclassement général de toutes les autres nations, européennes, la France subit le choc frontal de son héritage historique avec une provincialisation à laquelle elle ne se résigne pas. C’est sûrement l’une des clés du pessimisme français » (p. 33)

Marcel Gauchet aborde ce problème d’une façon originale, en procédant d’abord à un vaste examen historique du XVIIè-XVIIIè siècles à nos jours. Revenant sur le XXè siècle l’auteur analyse longuement les septennats de De Gaulle et de
Mitterrand, l’un et l’autre importants pour comprendre le présent ;  mais il analyse également sans concessions les politiques menées par leurs successeurs de Valéry Giscard d’Estaing à François Hollande
Puis Marcel Gauchet s’attaque aux ressorts de la société française d’aujourd’hui, dont il dissèque les maux : la mondialisation et l’insertion dans l’ensemble européen ressentis en France avec une particulière inquiétude ; le divorce entre les élites et le peuple qui prend chez nous ce tour dramatique ; la responsabilité ide nos dirigeants dans la montée de ce qu’on appelle «le populisme » ; et enfin dans le marasme français le néo-libéralisme assumé par la Gauche et auquel Mitterrand a converti la France sans le dire.

Ainsi nous sommes passés dans un monde où ce n’est pas le politique qui régule l’économie mais le marché qui impose ses lois au politique : « Nous sommes dans un nouveau mode de fonctionnement de l’économie, dans une nouvelle société dont le défi, adressé à la République, est désormais l’individu. Plus le citoyen ni les masses organisées, l’individu. La République des citoyens fonctionnait. La République des grandes organisations aussi. Mais la République des individus, c’est une autre affaire ! Des individus qui se réclament de leurs intérêts privés, qui se soucient comme d’une guigne de l’intérêt général, qui récusent l’autorité de l’Etat et pour qui la loi se définit de plus en plus comme ce qu’il faut contourner » (p. 214).

Les Français en tirent les conséquences : perte de confiance dans les élites qui nous gouvernent, sentiment profond que la mondialisation nous est imposée et que la France doit se dissoudre  sans ce vaste marché sans âme. « Ce qui est perçu le plus profondément, c’est que le monde et sa marche vont contre ce que nous sommes et, face à ce rouleau compresseur, nous ne sommes pas défendus. C’est le cœur du reproche principal fait à la fois aux hommes politiques et aux médias : les élites ne nous défendent pas parce qu’elles sont les alliées du mouvement de modernisation et de mondialisation dans lequel la spécificité française est appelée à se dissoudre. On ne voit pas comment cette manière d’être originale que l’on appelle le “modèle français” pourrait perdurer… » (p. 16).
L’auteur ne se montre guère indulgent sur le fonctionnement de l’Europe et les discours sur les bienfaits de cette Europe ne suscitent guère que la méfiance ou même le rejet : « ce n’est pas l’Europe qui a bâti la paix, mais l’inverse : l’Europe s’est bâtie grâce à la paix d’un genre spécial assurée par la Guerre froide. Quant à la prospérité, elle a été générale dans le monde occidental durant les trente ans qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, y compris pour des pays qui n’étaient pas embarqués dans l’aventure européenne. Celle-ci a pu être au plus un adjuvant. Mais la question brûlante aujourd’hui, ce sont les perspectives d’avenir. Que nous promet l’Europe ? » (p. 162).

L’auteur montre que nous sommes aujourd’hui au plein coeur d’une période d’idéologie (quand bien même on s’évertue à nous dire que le temps des idéologies est mort !), d’autant plus pernicieuse qu’elle n’est jamais repérée pour ce qu’elle est, mais toujours confondue avec le cours obligatoire des choses : il s’agit de l’idéologie néo-libérale, qui va de pair avec la dépolitisation de nos sociétés

Quant à la place de la France dans le monde  Marcel Gauchet le dit franchement : « la France ne sera jamais plus une grande puissance » et qu’il n’y a rien à regretter. Cela mérite débat. Il est vrai que la France ne sera jamais plus une grande puissance coloniale, ni une puissance impériale – ce qu’elle était brièvement devenue au rebours de sa vocation nationale. Il est vrai qu’il n’est pas dans la vocation de la France de dominer l’Europe car au rebours du nationalisme, une nation historique se conçoit dans le concert des nations. Mais il faut que la France dispose d’une puissance suffisante pour préserver son vaste domaine terrestre et maritime, pour diffuser sa culture  et pour participer au maintien ou au rétablissement des grands équilibres mondiaux – politiques, économiques, écologiques…"  

Il y cependant dans les dernières lignes de ce livre une note d’espoir : si la France a perdu sa puissance Marcel Gauchet évoque ce qui fait la force de ce pays : la liberté d’esprit et la capacité d’imagination qui permettront encore à la France et aux Français d’être utiles au monde et parfois exemplaires. La France à une vocation universaliste et cette ambition peut arracher ce pays au « malheur français »



Biographie de l'auteur

Marcel Gauchet est directeur d’études à l’EHESS et rédacteur en chef du Débat. Il est notamment l’auteur d’une histoire philosophique du monde contemporain intitulée L’Avènement de la démocratie (trois volumes, Gallimard, 2007, 2010). Chez Stock il a publié La Condition historique (2002), et avec Marie-Claude Blais et Dominique Ottavi, Conditions de l’éducation (2010) et Transmettre, apprendre (2014). Marcel Gauchet est ici interrogé par Éric Conan, journaliste à Marianne et auteur entre autres de Vichy, un passé qui ne passe pas (avec Henry Rousso, Fayard, 1994) et de La Gauche sans le peuple (Fayard, 2004), et par François Azouvi, directeur honoraire de recherche au CNRS, et auteur notamment du Mythe du grand silence. Auschwitz, les Français, la mémoire (Fayard, 2012).

publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

jeudi 20 octobre 2016

Retrouver le sens du politique : message des Evêques de France

Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Dans un monde qui change retrouver le sens du politique
Paris, Bayard, Mame, Le Cerf, 2016. 92 pages.

Extrait de l’introduction du texte du Conseil permanent de la Conférence des Evêques de France à propos des futures élections présidentielles de 2017 qui s’adresse à tous les Français : Dans un monde qui change retrouver le sens du politique.

 « Si nous parlons aujourd’hui, c’est parce que nous aimons notre pays, et que nous sommes préoccupés par sa situation. Il ne s’agit pas pour nous d’alimenter la morosité par de sombres constats ; mais, en regardant les choses en face, d’apporter résolument notre pierre, notre réflexion, au débat que notre pays se doit d’avoir.
Nous ne sommes pas des spécialistes de la politique, mais nous partageons la vie de nos concitoyens. Nous les écoutons et les voyons vivre. Et ce qui touche la vie de l’homme est au cœur de la vie de l’Eglise ».


Les évêques de France prennent la parole parce  que les catholiques sont des citoyens à part entière, qu’ils vivent au milieu de leurs contemporains : à ce titre ils ne peuvent pas se désintéresser de tout ce qui touche la vie en société, de ce qui touche à la dignité et à l’avenir de l’homme. Mais ils s’adressent aussi à l’ensemble des habitants de la France, un pays aujourd’hui fragilisé. Ce message est une invitation à le refonder tous ensemble.

publication : Claudette Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

mardi 12 avril 2016

PIERRE MANENT :SITUATION DE LA FRANCE


Situation de la France
Pierre Manent
Paris, Desclée de Brouwer,  2015. 176 pages.

Remontons  à  1789…  "Il  faut  refuser  tout  aux  Juifs  en  tant  que  nation,  et  accorder  tout  aux  Juifs comme individus". C’est par cette phrase célèbre, due à l’éloquence du comte de Clermont-Tonnerre, que se  résume souvent  l’émancipation que la France  révolutionnaire  a été la première en Europe à accorder à ses juifs.
"Refuser  tout  aux  Juifs  en  tant  que  nation,  et  accorder  tout  aux  Juifs  comme  individus" Cette phrase pourrait sous-tendre toute la réflexion que nous offre Pierre Manent dans son dernier ouvrage : Situation de la France.


La réponse aux attentats de janvier et de novembre 2015 appelait un renouvellement des idées, des dispositions et des actions de la part des gouvernants, des hommes politiques et des médias  notre pays. Au contraire, les manières de penser on tourner uniquement  seule réponse  tourna autour de  la « laïcité » comme la seule et unique solution au « problème de l'islam » ;  l'effacement de la présence publique du religieux serait la solution au problème des religions (l’auteur ajoute avec ironie : autant raser les cathédrales, les églises et tous nos monuments religieux !).

Tout est faux dans cette thèse selon Pierre Manent. Au lieu de chercher une neutralité impossible à réaliser, qui couvrirait en fait une guerre sournoise, nous devons accepter et organiser la coexistence publique des religions, leur participation à la conversation civique. :Il faut accepter que les « mœurs » des musulmans soient reconnus (à l’exception du port du voile intégral, de la polygamie, et du financement des lieux de cultes par des pays étrangers). Malheureusement cette notion de « mœurs » n’est pas précisée : on se demande alors de quels « mœurs » l’auteur veut parler !

En entrant dans la communauté nationale, l'islam est entré dans une nation de marque chrétienne, dans une Europe façonnée par le christianisme où les juifs jouent un rôle éminent. Toute politique qui ignore cette réalité court à un échec cuisant, et met en danger l'intégrité du corps civique. Pierre Manent a cette formule choc : que « la nation France se donne aux musulmans afin qu’ils de donnent à la France ». Il s'agit donc, tout en préservant la neutralité de l'État (ce qui est dans la loi de 1905 et que l’Eglise catholique a fini par accepter), de faire coexister et collaborer ces trois « masses spirituelles ».

Avec P. Manent on est loin d’une mondialisation qui réclame l'effacement de la nation et la neutralisation de la religion (et dont la seule religion se limite à la notion sans âme des  « droits de l’homme » !). Tout au contraire, c'est son indépendance politique et spirituelle, et son ouverture au religieux, qui permettront à la France de faire face franchir aux dangers qui la menacent aujourd’hui et de franchir cette .zone de turbulence dans laquelle elle est entrée.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix-en-Provence.

mardi 28 juillet 2015

Arles, histoire, territoires et cultures
Sous la direction générale de Jean-Maurice Rouquette
Paris, Imprimerie Nationale Editions, 2008. 1297 pages.


Arles méritait un ouvrage de référence à la mesure de ses singularités et de son prestige. Voici donc pour la première fois retracée l'histoire de la cité depuis ses origines jusqu'à nos jours.

A la lumière des recherches les plus actuelles, les historiens, archéologues, géographes ou conservateurs invités à mener à bien. Cette vaste synthèse brossent le portrait détaillé d'un patrimoine exceptionnel et soulignent le rôle important qu'a joué la ville tout au long de l'histoire.

Une centaine de contributions magistrales, toutes abondamment illustrées, dévoilent au fil des pages les contours d'une cité qui témoigne à merveille de l'importance de la civilisation urbaine dans le Midi provençal et rhodanien. A la faveur d'intenses échanges humains, d'axes de circulation majeurs et d'un terroir agricole vaste et contrasté, Arles, en effet, a su étendre son influence bien au-delà des vastes territoires que sont les plaines du Rhône, les marais de Camargue et le piémont des Alpilles.
Dressant tour à tour des portraits géographiques, historiques, politiques, religieux, économiques, artistiques et culturels, ce long récit s'attarde sur les phases les plus marquantes des vies successives de la cité, en analyse les lignes de force et en éclaire les particularismes comme les permanences.


Depuis l'antique Gallula Roma Arelas fondée à l'aplomb d'un méandre stratégique du Rhône jusqu'à son actuel rayonnement, les affirmations successives comme centre économique, politique, religieux et culturel ont fait d'Arles une cité d'art de premier plan ainsi qu'un pôle actif au rôle décisif à l'échelle tant régionale qu'européenne. La prise de conscience déjà fort ancienne de la richesse d'aussi vivants héritages contribue à forger une mémoire urbaine singulière. Mais la ville mémoire ne saurait survivre sans la volonté d'y inscrire également un avenir prestigieux : tout y concourt grâce au profond attachement de chacun. Ce n'est pas, en effet, un des moindres privilèges d'Arles que de susciter une telle curiosité, une telle passion chez tous ceux qui ont un jour pénétré dans son intimité.

lundi 20 juillet 2015

A LA DECOUVERTE DES ABBAYES

L'âge d'or des abbayes : Une révolution religieuse au Moyen Age
Les Collections de l’Histoire – N° 67 – avril 2015


Il y a 900 ans, en 1115, saint Bernard et ses moines partaient fonder en Champagne l’abbaye de Clairvaux. En ce XIIe siècle, monastères et prieurés clunisiens, cisterciens, chartreux ou camaldules peuplaient par milliers les campagnes de l’Europe. Phénomène total, religieux mais aussi économique, social, politique, artistique et culturel, le monachisme a façonné l’Occident médiéval. Comment expliquer un tel succès ?

Par Dominique Alibert, Arnaud Baudin, Jacques Berlioz, Julie Claustre, Thomas Coomans, Jacques Dalarun, Alexis Grélois, Isabelle Heullant-Donat, J.-F. Leroux-Dhuys, Élisabeth Lusset, Florian Mazel, Didier Méhu, Laurence Moulinier-Brogi, Michel Parisse, Michel Pastoureau, André Vauchez, Laurent Veyssière et le père abbé de Cîteaux.
Par Dominique Alibert, Arnaud Baudin, Jacques Berlioz, Julie Claustre, Thomas Coomans, Jacques Dalarun, Alexis Grélois, Isabelle Heullant-Donat, J.-F. Leroux-Dhuys, Élisabeth Lusset, Florian Mazel, Didier Méhu, Laurence Moulinier-Brogi, Michel Parisse, Michel Pastoureau, André Vauchez, Laurent Veyssière et le père abbé de Cîteaux.

AU SOMMAIRE DECE NUMERO
Une utopie médiévale
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La « robe blanche d'églises » dont se pare l'Occident au Moyen Age imprègne encore nos paysages.
ABBÉ
Au Ve siècle, le monachisme, apparu en Égypte deux cents ans plus tôt, est exporté vers l'Occident. L'Europe se couvre de couvents et d'abbayes, centres intellectuels et spirituels de première importance.
Le monachisme est né au IIIe siècle, en Égypte, lorsque des ascètes ont voulu fuir le monde pour vivre, en solitaire, l'expérience des apôtres du Christ. Mais ils furent bientôt rejoints par des foules de disciples.
Depuis plus de 1 500 ans, les Bénédictins suivent la règle établie par Benoît de Nursie vers 530. Que sait-on de cet Italien devenu, bien après sa mort, le père des moines d'Occident ?
La « Thébaïde » est une représentation idéale des ermites du désert égyptien.
La règle de saint Benoît n'avait rien prévu pour elles. Les femmes ont forcé les portes des monastères, sans jamais vaincre les réticences de l'Église.
Les temps carolingiens voient se développer les monastères par centaines. Le roi lui-même fonde des abbayes qu'il dote et protège. Et qui deviennent un refuge de la culture.


Ses abbés sont des seigneurs. Ses dépendances sont réparties dans plusieurs royaumes occidentaux. Le pape Urbain II lui-même est un ancien clunisien. Comment des moines bourguignons en sont-ils venus à exercer un tel pouvoir Saint Bernard. Chevalier de Dieu
Pour saint Bernard, action politique et action religieuse ne font qu'un. Au détriment de ses voeux monastiques, l'abbé de Clairvaux est parti à l'assaut de la société du XIIe siècle. Croisade, lutte contre l'hérésie, [...]
Aux XIe et XIIe siècles, de nombreuses communautés monastiques ont voulu pratiquer un régime plus austère que celui de Cluny. Aucune n'eut cependant la renommée de l'ordre de Cîteaux dont les abbayes couvraient tout l'Occident [...]
Expression d'une spiritualité dépouillée, abstraite et puissante, l'allure des monastères cisterciens continue de nous émouvoir. Mais existe-t-il vraiment une architecture type de cet ordre ?Entretien avec [...]
L'histoire de la rivalité entre Cluny et Cîteaux est aussi une bataille de couleurs entre le noir, symbole de l'humilité pour les Clunisiens, et le blanc, adopté en réaction par les Cisterciens.

Ilot de paix dans un monde hostile, le monastère est un refuge pour qui désire avoir un rapport absolu avec Dieu. Au rythme des saisons, le calendrier du moine défile, toujours identique.
Du lever au coucher, sa vie est organisée dans les moindres détails. Devenir moine, c'est s'abandonner dans un corps collectif et mourir au monde. Plus prosaïquement, c'est aussi la meilleure des assurances-vie au Moyen Age
Fondée en 1115 dans une clairière de la vallée de l'Aube, Clairvaux a subi bien des métamorphoses. Le XVIIIe siècle fut son second âge d'or. Devenue prison centrale en 1808, elle entrouvre aujourd'hui ses portes.
Pour la première fois depuis la Révolution, près de 160 oeuvres d'art, documents d'archives et manuscrits sur l'abbaye de saint Bernard sont exposés cet été à Troyes. « Clairvaux, l'aventure cistercienne » s'articule [...]
 « L'abbaye est pour les moines une prison aux portes ouvertes », affirmait saint Bernard. De fait, le cloître et la prison ont été associés dès le Moyen Age. Quels liens peut-on établir entre ces deux univers clos ?

Publication : Claude Tricoire
                       Bibliothèque du dioccèse d'Aix et d'Arles



vendredi 17 octobre 2014

La musique liturgique au XXe et XXIe siècle dans l'Eglise en France

 
Le catholicisme français au rythme du chant et de la musique (XXe-XXIe siècles)
Olivier Landron
Paris, Parole et Silence, 2014. 576 pages

               Cet imposant ouvrage se propose d'analyser les rapports entre le catholicisme français, le chant et la musique des XXe et XXIe siècles qui sont le reflet de l'évolution de l'Eglise en France. Dans la première partie du XXe siècle, on notera la redécouverte du grégorien et de la musique religieuse issue de la Renaissance. Puis la sortie de la Seconde Guerre mondiale verra la diffusion des chants en français. Naissent alors des tensions entre les tenants du chant en français et ceux du chant en latin. Le concile Vatican II, en donnant aux langues nationales une valeur pleinement liturgique, a apporté des changements profonds. Les années 1960 et 1970 ont vu la promotion des chants rythmés, issus des négro-spirituals et du jazz.  Les années 1970 voient aussi la mise en place de l'animateur de chant. Puis des auteurs et des compositeurs de chants liturgiques s'imposent : le père Didier Rimaud, Jacques Berthier, Jo Akepsimas... Le monde monastique n'a pas été en reste. Jusqu'aux années 2000, si la musique d'Eglise a continué d'être l'objet de conflits, elle a aussi fait preuve de dynamisme comme à Sylvanès, avec le père Gouzes, et à Lourdes, avec le Frère Lécot. Dans le sillage des JMJ de Paris en 1997 et de Rome en 2000 sont nés des groupes de pop louange inspirés des Etats-Unis et dont le plus célèbre est certainement Glorious.

Ce livre relate l'étonnante épopée de la musique d'Eglise contemporaine, dont la vitalité ne se dément pas.