Affichage des articles dont le libellé est Première Guerre mondiale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Première Guerre mondiale. Afficher tous les articles

jeudi 8 septembre 2016

Robert de Traz raconte le front français de la Première Guerre mondiale

Robert de Traz, Sur le front français : Verdun et l’Argonne, Genève, Slatkine, 2016, 83 p. 16 €.
Le livre est longuement présenté (p 7-29) par Landry Charrier, de l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. Cette présentation montre l’étape qu’est la guerre entamée en 1914 et sa relation destinée au Journal de Genève (les articles sont publiés d’avril à mai 1917) dans le cheminement idéologique de Robert de Traz. Celui-ci, un Suisse dont la mère est française, est helvétiste, puisant dans Maurras « un moyen de réhabiliter la vieille Suisse et ses structures traditionnelles d’avant 1798 ». Il se fera après la Guerre « le porte-parole d’un idéal européiste inspiré du système politique helvétique et revendiquant la primauté absolue des nations » (p 29).

Une description de la Guerre

Les articles de Robert de Traz rassemblés ici décrivent les hommes et leurs actions durant la Guerre, les destructions aussi, comme celles de la cathédrale et de l’évêché de Verdun. De cette ville, « il reste une Pompéi déserte et ruinée » (p 48).
Le cheminement intellectuel de Robert de Traz est sensible dans sa description de la discipline (p 78) : « quelques publicistes romands, au début de la guerre surtout, ont prétendu que la discipline dans l’armée française était si paternelle qu’elle en devenait relâchée, mais qu’il fallait l’imiter parce que c’était une discipline soi-disant démocratique […] Cette image est à la fois fausse et absurde. La discipline qui règne dans l’armée française est humaine autant que possible mais ferme et sévère ». L’article dont est issu ce texte est qualifié, page 27, par Landry Charrier de « modèle d’orthodoxie propagandistique ».
Ce petit ouvrage, d’une lecture simple, peut être utilisé par un enseignant pour illustrer un cours sur la Première Guerre mondiale au lycée. La présentation est un bon support. Des passages du texte de Robert de Traz peuvent être étudiés par des lycéens, mis en parallèle avec d’autres témoignages.

lundi 6 juin 2016

Le centenaire de la bataille de Verdun suscite la publication d’ouvrages commémoratifs par les groupes éditant des quotidiens

Le Dauphiné Libéré propose dans sa collection « Les Patrimoines », 1914-1918 entre Alpes et Rhône à l’arrière comme au front par Gil Emprin. La déclaration de la guerre, les soldats, les hôpitaux et la vie à l’arrière des combats sont les grands thèmes très classiquement abordés. Les Hautes-Alpes, dans ce contexte, sont peu évoquées, hier regardant vers Grenoble et Lyon, aujourd’hui appartenant à la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Le département était du ressort de la 14e région militaire (p 8) et n’est donc pas intéressé aux questions touchant le XVe corps : celles-ci sont évoquées dans le numéro de La Provence-Histoire (p 57-61) que Claude Tricoire a déjà présenté sur ce blog. Le 159e régiment alpin, stationné à Briançon, est présenté page 11. L’autre présence haut-alpine dans cet ouvrage se trouve page 37 par la reproduction de deux lettres d’enfants de Gap, l’une adressée à « mon cher petit papa », provenant des archives départementales des Hautes-Alpes. La légende souligne que ces lettres montrent le mélange de deux sentiments, l’admiration et le manque.
L’année 1916 marque-t-elle « la fin de l’union sacrée ? ». La page 39 souligne le maintien de revendications sociales qui se développent en 1917 et 1918 même si « on constate partout que les grèves s’arrêtent quand les Allemands lancent des offensives. Le peuple est épuisé par la guerre, il veut la paix, mais pas la défaite ». Nous avions fait allusion à cette question dans notre recension de l’ouvrage de Louis Reynaud sur la bande Baudissard.

dimanche 13 mars 2016

La bande Baudissard : où le crime se mêle à l'histoire de l’Église

Louis Reynaud, Histoire de la Bande Baudissard (1910-923) : les Bandits-Fantômes des Alpes, L'Argentière-la Bessée : Editions dou Courmié, Association Patrimoine de la Roche de Rame, 2015, 166 p.

Ce livre, consacré à un épisode de la criminalité de part et d'autre de la frontière franco-italienne, vient heureusement compléter la connaissance que nous avons de l'histoire de la Première Guerre mondiale dans le département. En toile de fond de cet ouvrage se trouvent la porosité des frontières, également évoquée par Emilie Carles dans Une Soupe aux herbes sauvages, et l'industrialisation de l'Argentière. La situation dans cette localité est évoquée dans « la main d'oeuvre coloniale de l'Argentière-La Bessée », contribution de Christel Manz à Vivre la guerre dans les Hautes-Alpes (p 142-151) dont la recension se trouve ici).
Des frères, nommés Baudissard et venus du Val Chisone, vont de 1917 à 1920 commettre sur les deux versants des Alpes des vols et des meurtres, dont celui de l'abbé Eugène Albert Rossignol dans la nuit du 14 au 15 août 1918 au presbytère de la Bessée.

jeudi 27 août 2015

1915-2015 : bibliographie sélective sur les Chrétiens d’Orient depuis un siècle

La situation des Chrétiens d’Orient dans le conflit qui frappe l’Irak et la Syrie est depuis plus d’un an sur le devant de l’actualité internationale. En effet, les persécutions perpétrées par l’organisation Etat islamique, depuis son émergence au grand jour, a placé ces conflits sous un jour nouveau.
2015 marque, pour les Arméniens, le centenaire « du crime imprescriptible de génocide qui les a frappés partout dans l’Empire ottoman » (Marc Varoujan, Génocide des Arméniens : une nation prise pour cible, in Perspectives et réflexions, n° 3 – 2015, p 27-43). Dans Qui s’en souviendra ? Joseph Yacoub évoque le génocide des Assyriens, des Chaldéens et des Syriaques (p 18), « en Anatolie orientale, en Iran et dans la province de Mossoul de janvier 1915 à juillet 1918, dans les mêmes conditions et presque sur les mêmes lieux que les Arméniens et dans un dessein analogue », celui de la turquification de l’Empire ottoman. Dans la dédicace imprimée de son livre, Joseph Yacoub précise que sa tante et son père se sont retrouvés en 1933 à Hassaké, ville où de nombreux combats ont eu lieu ces derniers mois.

jeudi 26 février 2015

Conflits et réconciliation : compte-rendu du colloque à l'Institut catholique de la Méditerranée

L’Institut catholique de la Méditerranée, associé au comité pontifical des sciences historiques, a organisé à Marseille les 22 et 23 janvier 2015, un colloque dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale.

La soirée du 22 janvier était consacrée, en partenariat avec Marseille Espérance, à « Conflits et réconciliation » avec des communications de Claire Ly et Joseph Yacoub. Ce dernier a travaillé notamment sur les Assyro-Chaldéens « victimes d’un génocide sous l’empire ottoman en 1915-1918 ».

La journée du lendemain était intitulée « des théologiens face à la guerre ». Jean-Marc Ticchi a replacé l’action du pape Benoît XV dans le conflit à travers la position traditionnelle de l’Eglise en faveur de la paix. Mgr Jean-Marc Aveline, évêque auxiliaire de Marseille, Claire Reggio (sur Jules Isaac), Édouard Robberechts ont étudié la pensée de théologiens et historiens catholiques, protestants et juifs face à la Première Guerre mondiale. En fin de journée, Joseph Yacoub a, de nouveau, évoqué les massacres au Moyen-Orient en étudiant la place des « acteurs religieux ». Paul Fournier a situé le bienheureux Charles de Foucauld dans les deux premières années du conflit : il est mort en décembre 1916. Mgr Bernard Ardura, président du comité pontifical des sciences historiques, a donné une communication intitulée « Des religieux charitables : l’abbé Fouque et la Première Guerre mondiale ».

L’histoire des diocèses n’a pas été oubliée. Jean Chagnaud a étudié « Le diocèse de Marseille pendant la guerre » à partir de la Semaine religieuse. Luc-André Biarnais a présenté « Le diocèse de Gap dans la Première Guerre mondiale ». 
Avec Natacha Tourseiller, archiviste diocésaine de Marseille, ils ont commenté le Guide des sources ecclésiastiques sur la Première Guerre mondiale pour le Sud-Est de la France à l’aide d’un diaporama qui a exposé la richesse iconographique des archives diocésaines. Les actes de ce colloque devraient être publiés dans Chemins de dialogue au mois de juin prochain.



jeudi 5 février 2015

La guerre de la cryptographie et les fusillés « pour l’exemple » : deux aspects spécifiques de la Première Guerre mondiale

            

André Bach, Fusillés pour l’exemple (1914-1915), Paris, Tallandier, 2003, 617 p.Sophie de Lastours, La France gagne la guerre des codes secrets, Paris, Tallandier, 1998, 263 p.

Le tout est-il la somme des parties ? L’histoire de la Première Guerre mondiale est-elle l’addition de l’analyse d’aspects particuliers du conflit ? Ecrire aujourd’hui une histoire de la Première Guerre mondiale est possible dans la mesure où les archives publiques sont ouvertes et que la plupart des archives privées, notamment les archives catholiques, sont également disponibles. Ce n’est pas le manque de sources mais peut-être le trop-plein qui guette le chercheur. De même, le public n’a-t-il pas forcément le goût pour une histoire « totale » qui pourrait être indigeste. Ce public cherche, souvent à des fins d’érudition, des points précis parfois portés par les médias : les progrès techniques de l’armement notamment de l’aviation, la guerre du renseignement dont Mata Hari est emblématique, la généalogie, aidé notamment par le site Mémoire des hommes.
Le général André Bach, qui a préfacé en 2014 Vivre la guerre dans les Hautes-Alpes (une recension ici), est l’auteur en 2003 de Fusillés pour l’exemple (1914-1915). Après le débat national en 1997-1998 sur la réhabilitation des soldats français fusillés pour refus de combattre en 1917, André Bach a repris le dossier. Plutôt que de se focaliser sur l’année 1917, il recherche la genèse de la question en travaillant sur les années 1914 et 1915. Ainsi, pour 1914, soit les premiers mois de la guerre, « un peu moins de 190 fusillés pour l’exemple [sont] répertoriés et assumés officiellement » (p 409) et « en seize mois, de septembre 1914 à décembre 1915, près de 430 soldats français ont été fusillés, sur un total qui, pour toute la durée de la guerre, s’élèvera à un peu plus de 600. La saignée pratiquée en 1914-1915 s’atténuera donc ensuite » (p 589-590). Les condamnations permettent d’en étudier le motif.
La France gagne la guerre des codes secrets (1914-1918), également chez Tallandier en 1998, est écrit par Sophie de Lastours qui est, significativement, spécialiste des armées russe et soviétique. Elle a publié son ouvrage, préfacé par l’amiral Pierre Lacoste, sous la direction de Rémi Kauffer. Il montre qu’un progrès dans le domaine des communications doit s’accompagner, stratégiquement, d’un progrès dans le renseignement. Ainsi, les généraux russes de 1914 n’avaient-ils pas conscience que l’usage de la radio, utile pour la circulation rapide des ordres, avait comme corollaire une plus grande vulnérabilité en cas d’interception de communications non cryptées (p 197-212).
L’auteur revient sur les qualités de certains chiffreurs. Elle cite, notamment, le lieutenant Brault, qui deviendra évêque de Saint-Dié en 1947 (p 216).
Si nous nous interrogeons avec l’auteur pour savoir si « la cryptologie [a été] la clé de voute de la Grande Guerre », il est évident qu’elle n’est pas le seul outil de la victoire.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap

jeudi 15 janvier 2015

22-23 janvier 2015, colloque à Marseille : Conflits et réconciliation, des théologiens face à la guerre



Dans le cadre de la commémoration de la Première Guerre mondiale, l’Institut catholique de la Méditerranée (ICM) s’est associé au Comité pontifical des sciences historiques pour organiser un événement public en deux temps.

Les archivistes des diocèses de Gap et d'Embrun et de Marseille sont y invités à une présentation du Guide des sources ecclésiastiques sur la Première Guerre mondiale dans le Sud-Est de la France, associées à un état des lieux des deux diocèses pendant le conflit.

lundi 1 décembre 2014

1914-1918 Marseille se souvient, monuments et plaques commémoratives de la Grande Guerre

Catalogue d'exposition - Comité du Vieux Marseille
C'est dans le cadre des expositions annuelles organisées par Comité du Vieux Marseille qu'est publié le catalogue de l'exposition présentée du 3 au 15 novembre 2014 au Centre Bourse, sur les monuments et plaques commémoratives de la Grande Guerre à Marseille.

Les membres du Comité ont choisi de parcourir la ville pour en inventorier les statues, tombes, plaques et monuments du Souvenir. Ce minutieux travail de catalogage est appuyé par les recherche en archives.

Abondamment illustré, le catalogue présente les monuments par arrondissements géographiques. Chaque entrée fait l'objet d'une notice bien documentée. Au début de l'ouvrage, quelques éléments historiques donnent aux lecteurs les repères nécessaires à la compréhension iconographique des monuments.

L'intérieur de nombreuses églises marseillaises présentent des plaques commémoratives, citons par exemple celles de Saint-André, Saint-Joseph ou Saint-Barnabé. La basilique du Sacré-Cœur, élevée et dédiée aux morts au cours de la guerre, n'est pas oubliée et fait l'objet de plusieurs pages illustrées par Le Souvenir, bulletin paroissial conservé aux Archives diocésaines de Marseille.

Ce recensement est précieux à l'étude des monuments du Souvenir de Marseille.

lundi 17 novembre 2014

Avec Mgr Jean-Marc Aveline, l’Eglise de Marseille a commémoré les soldats morts lors de la Première Guerre mondiale

Basilique du Sacré-Coeur - 11 novembre 2014
C’était le 11 novembre 1918. À cinq heures du matin, dans un wagon spécialement aménagé et installé dans une clairière de la forêt de Compiègne, près de la gare de Rethondes, l’armistice était signé.

La Grande Guerre, enfin, s’achevait, après avoir bouleversé et ravagé le monde pendant plus de quatre ans. Huit millions de morts, 20 millions de blessés. En France, on pleurait 1 400 000 victimes et presque six fois plus de blessés et de mutilés. Et tant de voiles de deuil sur les visages des femmes ! Et tant de jeunes enfants désormais privés d’un soutien paternel !

La session beauté au Laus, c'est dans trois jours !


A l'honneur ce mois-ci à la bibliothèque diocésaine de Gap, la beauté et la Grande Guerre.

mercredi 12 novembre 2014

L’Ubaye et la Grande Guerre

Un ouvrage fouillé donne sa place à la vallée de l’Ubaye dans le contexte de la Première Guerre mondiale

Hubert Tassel, L’Ubaye et la guerre de 1914-1918, Editions du Fournel, 2014, 304 p.

« Dans l’ensemble, [les récits] témoignent d’une foi en l’issue victorieuse de la guerre et d’une confiance envers leurs chefs même si parfois pointent des signes de mécontentement voire d’indignation » (p. 142).
Sous la responsabilité de l’Amicale ubayenne des Chasseurs alpins, Hubert Tassel dans L’Ubaye et la guerre de 1914-1918 évoque le sort des soldats venus de l’Ubaye dans la Grande Guerre. Il s’appuie sur de nombreuses sources notamment provenant d’archives ecclésiastiques et sur les travaux de l’abbé Alphonse Collé, curé de Ménil-sur-Belvitte, localité du front. L’auteur est militaire et maîtrise le vocabulaire de la guerre et des soldats.
Cet ouvrage enrichit l’histoire locale. Il pose le contexte et le récit est étayé par des sources variées et une bibliographie comprenant des documents électroniques.

mardi 11 novembre 2014

Deux ouvrages témoins du renouvellement historiographique sur la Première Guerre mondiale

Hôpitaux militaires dans la guerre 1914-1918, Ysec, 2014, 335 p.

Mon Village dans la Grande Guerre, Remollon (1914-1918), Copymedia, 2014, 278 p.


La commémoration de la Première Guerre mondiale, nous l’avons déjà écrit ici, provoque un renouvellement dans l’historiographie par des publications nationales ou très locales. Elles interrogent les sources, les publient parfois, les analysent à la lumière des dernières recherches. Elles offrent au curieux, à l’érudit, au chercheur, des perspectives nouvelles.

Le répertoire général des hôpitaux militaires, sous-titre de Hôpitaux militaires dans la guerre 1914-1918 (dont le tome IV est consacré au Sud-Est de la France) propose une analyse historique sur ces établissements sanitaires et une liste accompagnée d’une iconographie originale, notamment avec la publication des marques postales.

Cet ouvrage permet de voir la répartition des hôpitaux militaires dans les Hautes-Alpes : établissements bénévoles, par exemple à l’école des filles de Saint-Bonnet en 1914 et au petit séminaire de Serres jusqu’en 1916. Il permet d’évaluer l’importance relative du département dans cet ensemble puisque trois pages sur la totalité lui sont consacrées, six pour l’Ardèche et deux pour les Basses-Alpes, actuelles Alpes de Haute-Provence.

Yves Chiaramella et Nathalie Audier, eux, nous offrent avec Remollon (1914-1918) une lecture de la guerre dans cette commune des Hautes-Alpes. Les auteurs proposent une contextualisation du conflit et un itinéraire des soldats de Remollon, tombés ou revenus de la guerre.


mardi 28 octobre 2014

La Première Guerre mondiale dans les Hautes-Alpes

 
 
Vivre la guerre dans les Hautes-Alpes : loin du front, la guerre de tous, 1914-1918
Sous la direction de Gaël Chenard et Pierre Spitalier, préface d'André Bach
 
 
S’il était nécessaire de trouver une raison aux commémorations successives, ce livre Vivre la guerre dans les Hautes-Alpes : loin du front, la guerre de tous (1914-1918) serait une bonne réponse. En effet, le renouvellement de la bibliographie, l’ouverture de perspectives historiographiques sont le fruit de ce centenaire, comme ils l’avaient été pour le bicentenaire de la Révolution française en 1989.
L’ouvrage dirigé par Gaël Chenard (directeur des archives départementales des Hautes-Alpes) et Pierre Spitalier (enseignant à Gap) est publié chez Privat, maison gage de sérieux éditorial. Ici, la qualité de l’iconographie et de la mise en page font de Vivre la guerre dans les Hautes-Alpes un livre agréable à lire. Il est composé de contributions couvrant de nombreux domaines de la guerre : la place du 159e régiment d’infanterie dans le concert des armées en 1914-1915 est étudiée par Nicolas Cottin (p 55-70), « Les paysans alpins dans la guerre » par Christel Manz (p 120-141). C’est la même qui traite du sujet peu connu de « La main d’œuvre coloniale de l’Argentière-La Bessée » (p 142-151). Le lecteur aurait cependant apprécié de connaître un peu mieux les auteurs, ne serait-ce que par la simple mention de la profession.
L’histoire des mentalités gagnerait à ce que des sources peu exploitées, et rendues accessibles désormais, soient étudiées. Pensons aux chroniques tenues par les curés de paroisse ou les congrégations religieuses du Saint-Cœur et de la Providence, par exemple. Certaines de celles-ci sont répertoriées dans le Guide des sources ecclésiastiques sur la Première Guerre mondiale pour le Sud-Est de la France, paru électroniquement en novembre 2013 et disponible sur ce site Christianisme et mémoires en Provence. Le texte de la Providence est, il faut le souligner, cité page 183 dans l’article de Dominique Robert-Loubet (Le soin des blessés dans les Hautes-Alpes, p 171-189). De même, la mention du décès de Mgr Prosper Amable Berthet (p 186), qui a contracté « une simple bronchite » en octobre 1914 en visitant des malades à l’hôpital complémentaire pouvait être précisée par une consultation des sources diocésaines, ne serait-ce que la Quinzaine religieuse. La place de Mgr Gabriel de Llobet, évêque de Gap après la mort de Mgr Berthet, dans l’aumônerie aux armées puis parmi les anciens combattants serait intéressante à rendre publique, ainsi que les rapports entre le département et le territoire frontalier de l’Italie.
Les statistiques amènent des éclairages intéressants. Cependant, celles des « Morts et des disparus de la guerre entre les différentes professions » (75,4 % sont des agriculteurs ; 1,7 % sont des militaires de carrière ; 0,3 % des ecclésiastiques) auraient pu être étayées par la répartition de ces mêmes professions dans la population active (p 337). Enfin, il aurait été plus clair de distinguer, dans la bibliographie, les ouvrages généraux traitant de la Grande Guerre de ceux ayant comme sujet les Hautes-Alpes ou des localités du département. Cette bibliographie est complétée par une (trop) courte filmographie comptant une seule référence, les ressources électroniques auraient été bienvenues telle www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Il ne reste qu’à attendre les travaux complémentaires que ce livre ne manquera pas de susciter.
Luc-André Biarnais, archiviste du diocèse de Gap, co-coordinateur du Guide des sources ecclésiastiques sur la Première Guerre mondiale pour le Sud-Est de la France.

samedi 11 octobre 2014

La Première Guerre mondiale sous l’angle des religions

Xavier Boniface nous offre une Histoire religieuse de la Grande Guerre (Fayard, 2014, 494 p)

 
Des histoires religieuses de la Première Guerre mondiale ont déjà été publiées. Il suffit de penser à la seconde partie du tome II de l’Histoire religieuse de la France contemporaine dirigée par Gérard Cholvy et Yves-Marie Hilaire ou bien au 12e volume de l’Histoire du Christianisme, collection publiée par Desclée sous l’autorité de Jean-Marie Mayeur et de ses collaborateurs.
Cependant, l’ouvrage de Xavier Boniface a un avantage sur ses prédécesseurs en couvrant les rapports à la guerre de toutes les religions des nations impliquées. Ainsi, l’auteur traite-t-il des liens entre l’Allemagne et l’Islam, du soutien à la France des responsables des confréries musulmanes en Afrique de l’Ouest… il revient, également, sur la question des aumôneries : il a publié en 2001, au Cerf, L’Aumônerie militaire française, 1914-1962.
Les Hautes-Alpes sont citées à travers la figure de Mgr Gabriel Roch de Llobet, évêque de Gap qui gouverne le diocèse à distance en raison de sa mobilisation. En 1917, il sera l’un des deux évêques nommés par Rome inspecteurs ecclésiastiques, mais sans reconnaissance officielle des autorités militaires ou gouvernementales : il n’existe plus de relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège depuis 1904 !
C’est donc un ouvrage de spécialiste sur la Grande Guerre, promu dans le cadre du centenaire, que nous offre Xavier Boniface. L’ouvrage est muni d’un appareil critique important comportant notes, sources et bibliographies ainsi qu’un index des noms de personnes.

vendredi 1 août 2014

Le tocsin va sonner

Le tocsin est une sonnerie de cloche pour prévenir la population d'un danger et d'un évènement  important. La grosse cloche est sonnée au rythme de soixante coups par minute.

Dans le cadre des manifestions qui se tiendront du 1er au 3 août 2014, pour commémorer la mobilisation et l'entrée en guerre en 1914, le tocsin sonnera des clochers et beffrois des villes et villages de France vendredi 1er août à 16 heures, comme il a sonné il y a un siècle pour communiquer l'ordre de mobilisation générales des armées françaises.


Un dossier complet sur le "Fait religieux et la foi chrétienne dans la Grande Guerre" est consultable sur le site Internet du Diocèse aux Armées. Vous y trouverez le programmes des manifestations, colloques, concerts, expositions...

mardi 17 juin 2014

LES JESUITES FRANÇAIS DANS LA GRANDE GUERRE DE 1914-1918

Les jésuites français dans la Grande Guerre : témoins, victimes, héros, apôtres
Marie-Claire Flageat
Paris, Le Cerf, 2008. 597 pages.







En août 1914, les jésuites de France répondirent résolument à l'appel de la mobilisation quand la France est entrée en guerre contre l’Allemagne malgré leurs ressentiments envers la République française laïque. Quelles relations entretinrent-ils avec leurs compatriotes ? Comment concilièrent-ils leur attachement pour leur patrie, leur appartenance à la Compagnie de Jésus et leur fidélité au pape ? Quelles conséquences humaines et matérielles la Grande Guerre de 14-18 eut-elle sur la Compagnie de Jésus ? 
Cet ouvrage donne la mesure de l'engagement des jésuites et analyse leurs motivations. À travers des extraits d'écrits personnels des jésuites français, de leurs publications et d'archives officielles et internes à l'ordre, il informe le lecteur sur leurs conditions d'existence et leurs activités au front et à l'arrière, leurs relations avec les autres mobilisés de toutes origines et convictions, leur apostolat et leur vie religieuse. Les jésuites réagirent aux événements militaires, aux changements politiques et aux décisions diplomatiques ; leurs analyses montraient leur volonté de respecter l'Union sacrée, leur conviction du bon droit de la France face à l'Allemagne protestante, leur souhait d'une victoire complète et leur espoir d'une reconnaissance de la place du Saint-Siège dans la vie internationale. 
L'assistance de France de la Compagnie de Jésus, du fait de l'exil contraint de ses membres après 1901, constituait une sorte de famille ; la guerre renforça sa cohésion et l'amour des jésuites pour leur ordre. Le conflit eut des répercussions importantes sur les établissements et missions de l'assistance de France et sur ses membres. Les réalités de l'après-guerre, tant au plan national qu'international, ne répondirent qu'imparfaitement aux attentes des jésuites (Traité de Versailles, place de la Papauté dans le nouvel ordre international).


vendredi 6 juin 2014

Des pèlerinages en Provence


Les 8 et 9 juin prochain se tiendra le pèlerinage de Provence. A cette occasion, il nous a paru bon de publier une liste des ouvrages que la Bibliothèque diocésaine de Marseille possède dans son fonds sur les différents pèlerinages provençaux

jeudi 5 juin 2014

LES SOLDATS DE LA PROVENCE FACE AUX CALOMNIES

La légende noire des soldats du Midi
Jean-Yves Le Naour
Paris, Vendémiaire, 2013.

Avec cet ouvrage l’auteur continue une œuvre de vulgarisation sur la guerre de 14-18. Ici il se concentre sur ce qui fut « l’affaire du XVè corps d’armée » au début de la Première Guerre Mondiale.

A partir du 14 août 1914, l’armée française lance une offensive en Lorraine. Si elle avance assez rapidement cette avancée coûteuse en hommes va se transformer en échec : les Allemands écrasent le 19 août les français sous un déluge de feu…. tuant de milliers de fantassins.  Ne pouvant tenir les troupes françaises battent en retraite.
Pour expliquer ce recul le Haut Commandement accuse le XVè Corps d’armée composée de méridionaux d'avoir failli face à l’ennemi. Le sénateur Gervais s’en fait l’écho dans la presse nationale : c’est ainsi que naît la « légende noire des soldats du Midi ». Les troupes de Provence sont stigmatisées et aux châtiments infligés par l’armée s'ajoute les railleries sur les soldats de « l’aimable Provence ». Malgré les protestations des élus provençaux et les tentatives du gouvernement pour réparer l'affront cela restera une blessure durant toute la guerre quand bien même les soldats provençaux feront leur devoir comme les autres.
L’auteur s’attache à montrer comment le Nord de la France se représente l’homme du Midi : un monde indolent, beau parleur, peu patriote. Cette image négative est véhiculée par les intellectuels parisiens et la presse surtout de droite. Il faudra attendre la fin de la guerre pour que les soldats du Midi soient réhabilités : mais le mal était fait dans l’opinion publique et au sein de l’armée.

Pour suivre au jour le jour les événements qui ont conduits à la « défaite de Lorraine » il faut se reporter à  l’ouvrage de Maurice Mistre « La légende noire du XVè corps » (ouvrage publié en 2009 aux Editions C’est-à-dire).


UN PAPE DANS LA TOURMENTE DE LA GRANDE GUERRE

Benoît XV (1914-1922) :  Un pape pour la paix
Paris, le cerf, 2014.

Le pape de la Première Guerre mondiale, c'est lui, Benoît XV (1854-1922), visionnaire en un temps de chaos d’un monde en devenir. Révélant une page secrète des relations internationales, cet essai biographique raconte comment, à peine élu, ce diplomate de vocation n'aura cessé, depuis Rome, d'opposer à Paris et à Berlin la neutralité du Saint-Siège pour mieux appeler l'ensemble des belligérants à la paix.
Comment, en leur proposant inlassablement sa médiation, il leur intimera de projeter une Europe unie malgré l’opposition des belligérants et cette opposition viendra également des rangs catholiques : Benoît XV sera accusé d’être un « pape allemand » ou un « pape français » Comment, aussi, il multipliera les signes de réforme de l'Eglise catholique afin de la désengager de son terreau traditionnel en créant une nouvelle Congrégation pour les Eglises orientales en 1917 et en condamnant les nationalismes coloniaux en 1919.


Ce portrait vivant, dressé au milieu des grands événements d'une époque charnière, montre également que les incompréhensions suscitées par ses diverses initiatives ne sont pas allées sans désillusion ; Benoît XV ne pourra pas faire entendre son message de paix et le Saint-Siège sera exclu des négociations lors du traité de paix de Versailles comme il le sera de la future Société des Nations.
Benoît XV n'en reste pas moins une figure d'exception au sein d'un temps d'immense confusion. A la sortie de la Grande Guerre, grâce à son action, le catholicisme a pris toute la mesure de son universalité. Ses successeurs seront en dette de cette conception globale du monde et de l'histoire qui aura animé son court, mais intense pontificat.

LES CHRETIENS DANS LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

Chrétiens dans la première guerre mondiale : actes des Journées tenues à Amiens et à Péronne les 16 mai et 22 juillet 1992
Sous la direction de Nadine-Josette Chaline
Paris, le Cerf, 1993.

La guerre qui éclate pendant l’été de 1914 va bouleverser toutes les habitudes, et ceci dans tous les pays. Mais celles des chrétiens aussi. Au front comme à « l’arrière », on se tourne vers Dieu. Dans les tranchées, les soldats manifestent leur foi de multiples façons. Loin des combats, garçons et petites filles prient pour ceux qui luttent pour la victoire de l’armée française. Depuis l’Amérique, la petite Anaïs Nin prie pour la France, incarnant ces enfants catholiques qui assument par la prière leur part de l’effort de guerre. Un catholique pratiquant, Denys Cochin, entre au gouvernement, contribuant à effacer l’image d’une France anticléricale. Si en ces temps de grande tension, certains remettent en cause leur foi, d’autres au contraire la découvrent et/ou se convertissent. Le clergé participe aussi à la guerre : Les aumôniers militaires ont incarné auprès des soldats français et britanniques la permanence du christianisme dans un monde où tout s’écroule ; soldats et prêtres en partageant les mêmes dangers, les mêmes souffrances se découvrent mutuellement. La guerre est aussi l’occasion de côtoyer ceux qui appartiennent à une autre confession.

Cet affrontement dramatique et prolongé entre chrétiens, voire entre catholiques, inquiète le pape dont les initiatives, et particulièrement sa note d’août 1917, sont loin de faire l’unanimité : on lui reproche de vouloir « une paix allemande ». Et une fois la guerre finie, les survivants veulent maintenir le souvenir de leurs camarades morts. Beaucoup d’églises sont alors dotées de vitraux commémoratifs. Ce sera aussi l’occasion d’un rapprochement diplomatique entre la France et le Vatican puisque les relations diplomatiques seront rétablies en en1922.