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mardi 10 avril 2018

Les Evangiles apocryphes


LES EVANGILE APOCRYPHES : UNE ENQUETE SUR UN CONTINENT DISPARU


Le numéro de Codes du numéro 7 (printemps 2018) nous fait pénétrer plus avant ans le monde des évangiles apocryphes.
Ce dossier démystifie quelque peu cette littérature tout en tout montrant ce qu’elle peut nous apprendre sur les premières communautés chrétiennes.

Le mot apocryphe vient du grec apokruphon qui signifie caché ou secret. A l’origine il désignait des écrits  qui voulaient transmettre des révélations sur la vie de Jésus, des révélations transmises à l’un ou l’autre des disciples après sa résurrection mais le plus souvent dans une perspective gnostique. C’est quand l’Eglise a établi le canon des Ecritures que ce terme est apparu. Ces écrits ont été laissés de côté par les Pères de l’Eglise. Ces premiers écrits ont été rédigés t pour la plupart entre le IIè et le IVè siècle par les premières communautés chrétiennes d’où leur valeur historique.

Ces textes ont fait leur apparition tardivement  puisqu’ils ont été découverts par les Britanniques en Egypte. En 1945 des cahiers sont mis à jour dans une grotte près de Nag Hammadi : on découvre une véritable bibliothèque gnostique. En 1952 d’autres manuscrits se font jour. Ce n’est qu’à partir de 1970 que les chercheurs se mettent à étudier ces manuscrits.  Si certains se révèlent comme une littérature populaire qui brode sur la vie de Jésus et sa famille, d’autres (Evangile de Thomas, de Philippe, de Marie) nous révèlent une littérature gnostique concurrente des textes officiels de l’Eglise. D’autres écrits se veulent hagiographiques sur la vie des apôtres sous formes d’ « actes »

Les apocryphes se démarquent des évangiles canoniques. Se sont parfois des paroles de Jésus qui sont rapportées ou des méditations. Le tout se veut au service de la foi. Leur intérêt réside alors dans le ce que l’on peut savoir de la littérature chrétienne des premières communautés chrétiennes. Même si parfois la vérité historique est douteuse il est manifeste qu’à cette époque il existait une quête spirituelle. Elle nous renseigne aussi sur ce qui faisait la mentalité de l’époque : ferveur des chrétiens, inquiétude sur les fins dernières et aussi sur les débats théologiques qui se font jour sur la personne même de Jésus. Ces documents nous montrent le visage d’une Eglise plurielle, traversée de multiples caractéristique locaux avant son unité autour de Rome.

Bien qu’ils aient été écartés du canon des Ecritures telles que nous les connaissons aujourd’hui les Pères de l’Eglise ne les ont pas ignorés pour autant. On en trouve des traces dans Justin, Clément d’Alexandrie ou Tertullien soient pour appuyer leurs propos ou les réfuter.  S’ils furent ignorés par la suite c’est parce qu’ils furent perdus ou qu’ils ont cessé d’être recopiés. Malgré tout ils vont encore manifester leur influence notamment dans l’art, ans l’hagiographie (ainsi la Légende dorée de Jacques de Vorigine),dans la littérature (la Divine Comédie de Dante).

Aujourd’hui alors que tout le monde peut lire ces écrits et c’est toute une littérature qui s’empare de ces écrits (par exemple de Da Vinci Code de Dan Brown). Le monde du cinéma n’étant pas en reste avec le film Marie Madeleine sorti sur les écrans fin février.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


jeudi 6 avril 2017

Anthologie des théologiens de l'Antiquité

Anthologie des théologiens de l’Antiquité
Sous la direction d’Alain Le Boullec, Eric Junod
Paris, Le cerf, 2016. 457 pages.

Rome ne s'est pas construite en trois jours. La doctrine chrétienne non plus. L'Eglise telle que nous la connaissons aujourd'hui, organisée autour de trois confessions (catholique, orthodoxe, protestante), établie sur des dogmes et structurée par des hiérarchies, s'est bâtie sur plusieurs siècles animée par de nombreux  entre débats et de désaccords profonds mais animée pourtant d’une  volonté d'unité.

Ainsi d’Origène à Augustin, en passant par Ignace d’Antioche, Irénée de Lyon ou encore Basile de Césarée, sans oublier de grands noms comme Eusèbe de Césarée, Athanase d’Alexandrie, Cyrille de Jérusalem on parcourt en compagnie des auteurs le IIe siècle jusqu'au Ve du monde latin au monde hellénophone, de l'Orient à l'Occident. Et cette étude réunit les meilleurs spécialistes qui présentent des exemples significatifs de constructions doctrinales dans l'Antiquité chrétienne.

Ces débats qui dans l’Eglise des premiers siècles sont traversées par divers courants (doctrine arienne et manichéenne notamment, les questionnements sur la nature de Jésus,  une définition de la Trinité) nourrissent l'élaboration d'une théologie qui, par des voies diverses, a atteint en trois siècles sa maturité intellectuelle et spirituelle. C’est pendant cette période cruciale pour l’avenir de l’Eglise que se sont élaborés les principaux dogmes que l’on connaît aujourd’hui ; c’est pendant cette période que fut fixé le canon des Ecritures (de l’Ancien et du Nouveau Testament) pour l’Eglise catholique.

C’est dire combien les premiers siècles de notre ère ont certainement été ceux qui ont le plus marqué l'histoire du christianisme et combien nous sommes redevables à ces Pères et Docteurs de l’Eglise qui ont posé les premières pierres de l’Eglise telle que nous la connaissons aujourd’hui. Et c’est tout l’intérêt de  cet ouvrage de les met en lumière et de nous les faire connaître.


Présentation des l'auteurs
Eric  Junod, professeur émérite à la Faculté de théologie de Lausanne, ancien recteur de l'université de Lausanne. Alain Le Boulluec, directeur d'études honoraire à l'EPHE à Paris (chaire "Patristique et histoire des dogmes"), membre du LEM.



Publication : Claude Tricoire – Bibliothèque diocésaine d’Aix et Arles

jeudi 30 mars 2017

Mort et résurrection dans l'Antiquité chrétienne

Mort et résurrection dans l'antiquité chrétienne
Centre Histoire et Théologie de l'Institut Catholique de Toulouse
Paris, Parole et Silence, 2017. 213 pages


Dans le cadre des Rencontres des Recherches Patristiques Inter-universitaires, ont eu lieu en 2014 et 2015 trois rencontres sur le thème  du mystère pascal et de l’espérance en la résurrection :
1)   Mort et résurrection dans l’Antiquité chrétienne
2)   Entre passion et résurrection, la descente aux enfers
3)   Résurrection du Christ, transfiguration de l’homme.

        La première étude porte sur les interrogations que ce posaient les premiers chrétiens : que devenons-nous après la mort ? Qu’est-ce que la résurrection, quand et comment cela se fera-t-il ? Ces questions furent longtemps débattues dès le début du christianisme pour apporter une réponse cohérente. Et c’est à la lumière d’auteurs païens, d’auteurs chrétiens que la question de la mort, de la résurrection que les auteurs est abordée pour cerner un thème qui ne cesse de poser question depuis les origines

        De même on ne peut dissocier l'événement de la résurrection du Christ de celui de sa passion et de sa mort. Mais, lorsque l'auteur de la Première Épître de Pierre (chapitre 3, verset 19), comme d’ailleurs d’autres passages des Epitres de Paul,  évoque un étonnant voyage qui mena le Fils de Dieu auprès des esprits en prison, les premiers chrétiens n’ont cessé de se poser la question : comment interpréter cette “descente aux enfers” ? D’ailleurs cette question depuis l’époque des Pères de l’Eglise jusqu’aux théologiens d’aujourd’hui les croyants tentent de répondre à cette question qui fait partie du dogme ; en effet on retrouve cette affirmation dans le Symbole des Apôtres : «Il est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux.. »
        Le colloque organisé par la Faculté de Théologie de Lyon et l’Institut des Sources Chrétiennes a réuni des exégètes, des philosophes et des théologiens pour tenter d’apporter une réponse à cette affirmation de foi. En même temps ils ont essayé de voir quelles en étaient les implications théologiques et spirituelles en se situant dans le prolongement de la passion du Christ et sur l'horizon de sa résurrection.

        De même la dernière partie de cette étude se situe dans une réflexion plus pastorale et liturgique : qu’est ce que cela nous dit sur notre propre espérance après la mort, qu’est ce que cela implique dans la célébration des liturgies du baptême et des funérailles ?

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles