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mardi 12 mai 2020

Initiation à la prère avec Hans Urs von Balthasar et Romano Guardini

La Prière contemplative 
Hans Urs von Balthasar
Paris, Parole et Silence, 2002. 280 pages.


Présentation de l'éditeur

Bien des chrétiens connaissent la nécessité et la beauté de la prière contemplative et y aspirent sincèrement. Mais peu, en dehors d'essais tâtonnants, bientôt abandonnés, restent fidèles à cette prière, et moins nombreux encore sont ceux qui sont convaincus et satisfaits de leurs efforts propres en cette matière. Une atmosphère de découragement et de pusillanimité entoure, dans l'Eglise, la contemplation. Nous voudrions bien, mais nous n'y arrivons pas. L'heure de méditation projetée s'écoule dans la distraction et dans l'incohérence et, parce qu'elle ne produit aucun fruit visible, nous sommes tentés d'abandonner. Le présent livre tente, en partant d'une vue d'ensemble de la révélation chrétienne, de décrire la profondeur et la splendeur de cette forme de prière. Il cherche à éveiller la joie qu'elle fait naître, à faire éprouver sa nécessité, à affirmer son caractère indispensable pour la vie. La prière contemplative nous découvre et exalte cette dimension verticale de la vie chrétienne. Rien de critique ni de négatif en ces pages, mais la plus constructive, la plus belle, la plus stimulante des ascensions spirituelles.


Initiation à la prière 
Abbé Romano Guardini
Perpignan, Edition Artège, 2013.





Avant propos de l'auteur

La prière est nécessité intérieure, grâce et accomplissement ; mais elle est aussi un devoir qui exige de la peine et un effort sur soi-même. Aussi y a-t-il d'une part l'expérience intérieure de la prière, de l'autre son exercice ; d'une part sa source, de l'autre son école.
Disons mieux : ses écoles, et de degrés différents. Avant tout celle de Jésus-Christ, telle que le Nouveau Testament la décrit. La personne du Seigneur baigne tout entière dans la prière. Il y a sans cesse un mouvement sacré du Père vers lui et de lui vers le Père. Les Évangiles en parlent souvent ; ainsi dans le passage qui raconte son baptême dans le Jourdain (Le 3,21) ; ou bien quand ils racontent qu'il se retire dans la solitude pour prier (Le 6,12 ; 9,18 ; 9,28-29 ; 11,1), ou encore dans le récit de la dernière Cène (Jn 17) et de l'agonie sur le mont des Oliviers (Mt 26,36-44). En dehors de ce rapport à la prière, il est impossible de saisir la vraie figure de Jésus et de comprendre sa vie. Il a également parlé explicitement de la prière : ainsi dans le Sermon sur la Montagne, où il distingue la prière authentique du bavardage des païens et de l'étalage des Pharisiens (Mt 6,5-8) ; ou encore en cette heure mémorable où ses disciples s'approchent de lui et lui demandent : «Apprenez-nous à prier, comme Jean l'a fait pour ses disciples» et qu'il leur fait don du Notre Père (Le 11,1-13). En outre, il y a l'école de la prière que l'Église a instituée dans sa liturgie. La liturgie est une prière unique en parole et en action, qui s'accomplit par la simple récitation et par le chant. Elle se déroule tout au long de l'année, pénètre toute la vie, et la prière des millénaires y a accumulé sa sagesse. Il y a enfin l'école des grands saints, qui ont vécu dans le commerce avec Dieu et ont consigné leurs expériences en de précieux écrits. Ils parlent de l'essence de la prière, des divers degrés de sa montée, de ses devoirs, de ses dangers et de ses magnificences.
Le contenu du présent ouvrage touche sans doute à tout ce qu'enseignent ces diverses écoles ; mais pour l'essentiel il se situe à un stade antérieur. Son titre a été choisi après mûre réflexion : il ne veut être, effectivement, qu'une école préparatoire de la prière, où l'on apprend des choses toutes simples et si, de temps à autre, il nous arrivera d'être entraînés plus loin, ce sera seulement dans la mesure où cela apparaîtra indispensable pour être complet. Certains n'ont plus besoin d'une telle initiation; ceux-là seront justement les derniers à en faire fi. Beaucoup y sont encore entièrement astreints. La plupart en ont à peine franchi le seuil.
Toute époque a besoin d'une prière claire et forte, mais tout spécialement la nôtre. Puisse ce petit livre contribuer quelque peu à l'enseigner.

Biographie de l'auteur
Romano Guardini, prêtre, théologien et philosophe, est lui aussi une des grandes figures de la théologie contemporaine.



jeudi 23 avril 2020

Le visage de Jésus

Ouvrages sur Jésus


Le Seigneur
Romano Guardini
Paris,  Salvator ? 2018. 656 pages.




Résumé de l’éditeur :
A bien des égards, Romano Guardini a vécu à une époque très différente de la nôtre, mais aujourd’hui comme hier, il demeure vrai que le péril pour l’Eglise, et pour l’humanité, consiste à délaver l’image de Jésus-Christ en tentant de façonner un Jésus selon nos propres standards, de sorte que nous ne le suivons pas en tant que disciples obéissants, mais le recréons à notre image.Cependant, même à notre époque, la rédemption consiste simplement en ce que nous devenons ”vraiment réels”. Et nous ne pouvons y accéder qu’en redécouvrant la vraie réalité de Jésus-Christ et en discernant, par lui, le chemin d’une vie droite et juste. Le Seigneur de Romano Guardini n’a pas vieilli précisément parce qu’il continue à conduire vers ce qui est essentiel, vers celui qui est vraiment réel, Jésus-Christ en personne. Aujourd’hui encore, ce livre a donc une importante mission à accomplir.

Pourquoi avoir réédité une œuvre théologique déjà ancienne (parue en 1937 en Allemagne) et au contenu particulièrement dense (plus de 600 pages) ? Ce fut  le pari des éditions Salvator que de proposer une réédition d’une œuvre majeure de Romano Guardini. La figure de Guardini est surtout lié à sa participation au mouvement liturgique, mais ses méditations sur la personne et la vie de Jésus-Christ ont également nourri des générations entières de nos aînés dans la foi.

Il s’agit bien ici de méditations spirituelles, issues d’homélies prononcées durant quatre ans par Guardini, particulièrement renommé en son temps pour son charisme et ses talents de prédicateur. Bien que ces allocutions aient été remaniées par leur auteur en vue de leur publication, elles conservent toute la fraîcheur et la simplicité d’une homélie adressée personnellement à une assemblée de fidèles. Le style littéraire employé est plutôt simple et accessible pour un ouvrage de théologie, et l’ensemble est surtout divisé en courts chapitres (près d’une centaine au total) ce qui rend la lecture plutôt agréable.
Comme le titre de l’ouvrage de laisse paraître, ces méditations ont toutes pour objet la personne du Christ Jésus. Mais Guardini n’a pas voulu écrire ici un ouvrage de christologie systématique : il propose plutôt à son lecteur un parcours d’identification et de reconnaissance de la personne du Christ, en lui racontant certaines paroles et évènements de la vie de Jésus. L’ensemble, tout de même assez complet, conduit à méditer sur les principaux mystères de la vie du Christ Jésus, de ses origines à son retour en gloire.  Guardini ne prétend pas proposer une œuvre absolument originale, mais le seul but qu’il poursuit ici est d’amener son lecteur à une meilleure connaissance du Christ. C’est en ce sens que cet ouvrage est encore bien aussi actuel pour le lecteur d'aujourd'hui comme pour celui des années 1930. Aujourd’hui comme hier les méditations de Guardini peuvent nous aider à contempler l’éternel mystère du Christ vivant, afin de mieux pouvoir le reconnaître agissant dans nos vies.

L’auteur :
Romano Guardini (né en 1885 à Vérone-mort en 1968 à Munich), prêtre catholique, est considéré comme un des plus grands penseurs chrétiens du XXe siècle. On lui doit en particulier une réflexion approfondie sur la liturgie. Ses enseignements, à Berlin, à Tübingen et à Munich, ont influencé nombre de philosophes et théologiens, et notamment Joseph Ratzinger – Benoît XVI. 



Vie et destin de Jésus de Nazareth
Daniel Marguerat
Paris, Le Seuil, 2019. 416 pages




Jésus est à la mode. Historiens, écrivains, cinéastes tentent de percer le mystère : qui était l'homme de Nazareth ? A-t-il eu un père ? Qu'ambitionnait-il de faire ? Pourquoi est-il mort ? Ce livre n'esquive aucune question. Il est l'œuvre d'un historien, théologien, spécialiste de l'Antiquité. Il entraîne le lecteur, la lectrice à examiner les documents, à chercher des preuves, à dépasser les réponses ressassées pour en apercevoir d'autres.
On découvre quels soupçons, déjà du temps de Jésus, pesaient sur sa naissance. On fait la connaissance de son maître spirituel, Jean dit le Baptiseur. Les diverses facettes de ce juif exceptionnel sont explorées : Jésus le guérisseur, Jésus le poète du Royaume, Jésus le maître de sagesse. Ses amis (hommes et femmes) et ses adversaires sont nommés. Les raisons de sa mort (pourquoi est-il monté à Jérusalem ?) sont analysées. La naissance de la croyance en la résurrection est scrutée. La fabuleuse destinée de Jésus dans les trois grands monothéismes est aussi retracée : christianisme, judaïsme et islam ont construit de lui une image, à chaque fois différente.
Le livre est aussi passionnant qu'une enquête policière. Dans un style vif et clair, Daniel Marguerat livre ici le meilleur de la recherche récente, tenant ses lecteurs en haleine jusqu'aux dernières pages.

Daniel Marguerat, historien et bibliste, est professeur honoraire de l'université de Lausanne. Ses travaux sur les origines du christianisme lui ont acquis une réputation mondiale. Il est considéré comme l'un des meilleurs spécialistes actuels de la recherche sur Jésus de Nazareth.




Jésus-Christ au fil des siècles : une histoire de la christologie
Michel Fédou
Paris, Le Cerf, 2019. 513 pages




Qui est Jésus ? Dieu ? Homme ? Messie ? Sauveur ? Sage ? La question a déchiré les premiers siècles. Entre dogmes et hérésies, en est sortie la foi de l'Église. Une épopée que raconte ici son meilleur spécialiste.

Quel est le sens de la foi en Jésus Christ ? Le questionnement autour de l'identité du Jésus de la foi traverse l'histoire de l'Église et en dessine même le visage. Depuis les graves controverses du passé jusqu'aux grandes études christologiques de notre temps, la raison tente de percer un mystère divin. Ce livre dresse un panorama historique du cheminement des hommes qui cherchent à dire Dieu et récapitule les mille et une représentations de Jésus dans l'histoire. Des Pères de l'Église aux auteurs médiévaux, d'Irénée de Lyon à Nicolas de Cues en passant par Augustin et Thomas d'Aquin, ce sont les grandes intuitions de l'intelligence humaine qui sont ici présentées, ainsi que les nouvelles approches lors de la Réforme protestante ou dans le cadre des échanges avec la philosophie moderne. Une fresque monumentale qui fait aussi la part belle aux théologiens européens du xxe siècle comme aux penseurs contemporains d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie qui ouvrent la christologie à l'universalité.

BIOGRAPHIE
Né en 1952 à Lyon ; études secondaires et supérieures à Lyon ; agrégation de Lettres classiques en 1974.
Entré au noviciat de la Compagnie de Jésus en 1976 ; ordonné prêtre en 1984.
Etudes de philosophie et de théologie au Centre Sèvres ; doctorat de théologie au Centre Sèvres (avec une thèse sur Christianisme et religions païennes dans le Contre Celse d’Origène).
Depuis 1987, enseigne la théologie au Centre Sèvres ; matières enseignées : la patristique (Origène, et plus largement la patristique grecque) ; la théologie dogmatique (notamment la christologie et la théologie trinitaire).
De 1996 à 2002 : doyen de la faculté de théologie du Centre Sèvres ; de 2003 à 2009, président du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris.
Membre du Groupe des Dombes. Ancien membre du Conseil épiscopal pour les Relations interreligieuses et les Nouveaux courants religieux. Membre du comité mixte Catholiques - Orthodoxes en France. Membre de la Commission internationale luthéro-catholique.
BIBLIOGRAPHIE
Principales publications :
·         Christianisme et religions païennes dans le Contre Celse d’Origène, Paris, Beauchesne, 1988.
·         La Sagesse et le monde. Le Christ d’Origène, Paris, Desclée, 1995.
·         Les religions selon la foi chrétienne, Paris, Cerf, 1996.
·         Regards asiatiques sur le Christ, Paris, Desclée, 1998.
·         La voie du Christ. Genèses de la christologie dans le contexte religieux de l’Antiquité du IIe siècle au début du IVe siècle, Paris, Cerf, 2006.





samedi 17 mars 2018

Romano Guardini ( 1885-1968)


Romano Guardini (1885-1968)

Un numéro de La Maison-Dieu consacré à Romano Guardini
Le volume N°291 de La Maison-Dieu consacré à Romano Guardini est paru en mars 2018 aux éditions du Cerf.
Depuis cent ans, Romano Guardini accompagne le Mouvement et la réforme liturgiques, par son action, en particulier au château de Rothenfels, où se réunissaient les jeunes du Quickborn, et par ses écrits. Philosophe, théologien, prêtre, accompagnateur spirituel, il a profondément marqué son époque en proposant une vision renouvelée de la liturgie, attentive au sens profond des rites, à la place des acteurs, et il a su la partager.


Sommaire et résumé des articles

Romano Guardini à l’aube du Mouvement liturgique : L’Esprit de la liturgie, Arnaud Join-Lambert
En 1918, Romano Guardini publie son premier livre L’esprit de la liturgie (Vom Geist der Liturgie). Ce petit essai va connaitre un énorme succès, devenant un classique incontournable de la liturgie et ayant une grande influence dans l’Église catholique jusqu’au concile Vatican II. Cet article fait le point des dernières recherches sur l’origine et le contexte de ce livre, à l’aide notamment de la publication récente de la correspondance de Guardini (dont celle avec Cunibert Mohlberg). Un paragraphe est consacré au chapitre 5 sur « la liturgie comme jeu », central pour Guardini, et qui fit l’objet de discussion dès le début (et jusqu’à aujourd’hui). La deuxième partie analyse le contenu de l’ouvrage, en particulier les trois premiers chapitres. L’article examine enfin la réception postconciliaire de L’esprit de la liturgie, accordant une large part au livre de 2001 du cardinal Joseph Ratzinger et des polémiques qui suivirent. L’article est suivi de la publication de la préface de l’abbé Herwegen à la première édition de l’ouvrage.

Romano Guardini, une théologie fondamentale de la liturgie, Jean-Louis Souletie
Le « discours de la méthode » systématique en science liturgique proposé par Guardini cherche à articuler deux perspectives différentes mais corrélées : l’épaisseur historique des rites, et la portée dogmatique de leur signification. Il énonce au passage quelques pièges à éviter dans le traitement des données historiques, et les conditions d’une véritable herméneutique liturgique. Jean-Louis Souletie montre comment ces apports ont été profitables pour le discernement dans le travail de réforme, et comment la méthode systématique nous aide aujourd’hui à mieux comprendre la liturgie ancienne et contemporaine. Il éclaire également le propos de Guardini sur la méthode en science liturgique en le rapprochant de ses sources philosophiques telles que les présente son ouvrage intitulé La polarité.

Romano Guardini et la formation liturgique, Sophie Gall-Alexeeff
Romano Guardini a porté une attention toute particulière à la nécessaire formation liturgique. Cela transparaît dans nombre de ses écrits et, plus spécialement, dans son livre Liturgische Bildung, en 1923, qui jusqu’à maintenant n’était pas disponible en langue française. Situant cet écrit majeur dans l’ensemble de son œuvre, cet article fait le point sur les enjeux de la formation liturgique selon Guardini et les moyens qu’elle est appelée à déployer. Le théologien procédant, le plus souvent, par association d’images contraires pour faire entrer dans une compréhension fine et large, qui n’enferme pas dans une définition trop stricte. Le terme allemand Bildung choisi par Guardini est d’ailleurs particulièrement intéressant par son ouverture de sens qui est rassemblé ici sous le terme « formation ». L’article se termine par de longues citations de l’ouvrage étudié, mises à disposition des lecteurs en traduction française et dont la pertinence est relevée. Cela concerne : la distinction entre formation liturgique et science liturgique ; le rapport âme et corps dans la liturgie ; l’articulation intériorité et extériorité ; et le rapport individu et communauté. Autant de questions centrales dans l’œuvre de Guardini.

L’édifice de la prière : pôles objectif et subjectif, Fr. Tarcisius Dejoie
En 1913, dom M. Festugière, bénédictin de l’abbaye belge de Maredsous fut à l’origine d’une controverse qui opposa tout d’abord les bénédictins de Belgique aux jésuites de la province de Toulouse, à propos de la dimension objective de la vie de prière. La dispute, qui dépassa rapidement le cadre de la Belgique et de la France, s’est attachée surtout, à un aspect finalement secondaire du débat : la critique ou la défense de la méthode de spiritualité ignatienne. L’intérêt de la réflexion de R. Guardini dans son article de 1921 réside surtout dans le fait qu’il identifie l’objet principal et les véritables termes du débat. Commençant par lever la suspicion jetée contre la spiritualité jésuite, il reprend alors l’essentiel de la question, à savoir le rapport entre les besoins individuels des fidèles – qui touchent à la sanctification mais sont aussi d’ordre affectif – et le pôle objectif de la prière que la liturgie garantit dans une large mesure.
Aujourd’hui encore, le questionnement et l’analyse rigoureuse du théologien allemand paraissent pertinents à qui cherche un éclairage sur le problème complexe du rapport, ou des apports mutuels, de la prière de l’église et de la prière personnelle, dans la vie du fidèle chrétien.

La notion de « Liturgiefähigkeit » (capacité liturgique) : Une question d’actualité permanente, Davide Pesenti
Les sciences liturgiques se sont régulièrement interrogées sur la « Liturgiefähigkeit », c’est-à-dire sur « la capacité liturgique » de l’homme au XXè siècle, surtout depuis la célèbre lettre de Romano Guardini à Johannes Wagner, à l’occasion du Congrès liturgique qui a eu lieu en 1964 à Mayence. Actualisant cette intuition guardinienne pour le contexte ecclésial contemporain, cette contribution vise à présenter un des concepts-clés de ce que la théologie a nommé « la Question liturgique ». La visée de ce bref parcours est d’abord de repérer quelques présupposés et conditions d’une participation holistique à l’action liturgique, comme elle a été demandée par le concile Vatican II et promue par la réforme liturgique qui l’a suivi. Dans un deuxième temps, l’article se propose d’approfondir le rôle et l’actualité permanente du questionnement théologique concernant la « capacité liturgique » de l’homme postmoderne pour l’ensemble de la vie de l’Église ainsi que pour la réflexion présente et future en sciences liturgiques.

Offrir avec le peuple, offrir pour le peuple ? Une question liturgique post-tridentine, Gilles Drouin
Le Concile de Trente a été suivi d’une modification profonde de la disposition spatiale des édifices de culte catholique, avec en particulier une réarticulation du sanctuaire et de la nef (disparition ou ouverture des jubés, disposition « à la romaine » de certains autels). Les Instructions sur le Rituel de Mgr Joly de Choin, évêque de Toulon, un important ouvrage de formation et de régulation liturgique dont l’influence s’étendra jusqu’au milieu du XIXè  siècle, témoigne à la fois de la réception d’une théologie de l’offrande commune du sacrifice de la messe par le prêtre et les fidèles dans la France post-tridentine et de la difficulté de sa traduction liturgique effective. L’examen de cette question dans le contexte pastoral des Instructions, éclaire une des difficultés de la pastorale à la française du XVIIIè siècle, incapable malgré la formation du clergé, le zèle apostolique de nombreux prêtres, de rendre effective une participation liturgique à la messe, avec le risque de réduire la liturgie à ses dimensions d’observance rubricale et d’exhortation morale, sans qu’un recours possible aux ressources de la dévotion ou du théâtre baroque puisse même en partie suppléer à cette carence.




Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles