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mercredi 2 mars 2016

LEOPOLD MANDIC : LE SAINT DE LA RECONCILIATION

Léopold Mandic : saint de la,réconciliation
P. E. Bernardi
Padoue, Couvent des Capucins, 1986. 420 pages.

Saint Leopold Mandic
Le Saint de la confession

Alors que les reliques de Saint Padre Pio et de saint Léopold Mandic ont été transférées au Vatican pour l’Année de la Miséricorde, il est opportun de faire connaître saint Léopold qui fut un « martyr de la confession » au même titre que le Padre Pio .

Bogdan Mandic est né le 12 mai 1866, à Castelnuovo - un petit port à l'extrémité sud de la Dalmatie. Son nom signifie « Dieu donné ».
Bien que physiquement fragile, dès son plus jeune âge, il a montré des signes d'une grande ferveur . À 16 ans, Bogdan a quitté la maison pour l'Italie pour entrer chez les Capucins à Udine en tant qu'étudiant et aspirant de l'Ordre. La vie n'a pas été facile pour lui à ,cause santé délicate. Néanmoins, il s'applique à ses études avec un grand enthousiasme. Et le 20 Avril 1884, il entre dans l'Ordre des capucins comme novice à Bassano del Grappa et prend le nom religieux de frère Léopold. Malgré les austérités de la vie capucine, il a persévéré et assimilé profondément la spiritualité franciscaine. Après sa profession, en mai 1885, il se lance dans un programme d'études à Padoue, puis à Venise. Enfin, il est ordonné à Venise le 20 Septembre, 1890.
Il souhaite réaliser son rêve de devenir missionnaire en Europe de l'Est, déchiré par les conflits religieux mais ses supérieurs refusent à cause de sa mauvais de santé. Ce fut assurément un temps d’épreuve pour le nouveau père Leopold.
De 1890 à 1906, le père Léopold fut  en poste dans divers couvents de la Province de Venise, y compris les couvents dans son pays natal de la Dalmatie, où les frères italiens avaient une mission. En 1906, il est affecté à Padoue, où, à l'exception d'une année passée dans un camp de prisonniers pendant la Première Guerre mondiale, parce qu'il ne voulait pas renoncer à sa nationalité croate, il y est resté toute sa vie. C’est  à Padoue qu'il a exercé un apostolat de confesseur et de directeur spirituel  Le Père Leopold exercera ce ministère pendant près de quarante ans.,

Le 22 Septembre 1940, le père Léopold a fêté son Jubilé d’or de prêtre. Ensuite,  sa santé se détériora rapidement. Il est mort dans le couvent à Padoue le 30 Juillet, 1942. Et peu de temps après sa mort, il fut vénéré comme un saint. Béatifié par le pape Paul VI le 2 mai 1976 il est canonisé  par le Pape Jean-Paul II le 16 Octobre 1983.

Sa spiritualité
La vie de saint Léopold Mandic est caractérisée par le contraste entre sa fragilité physique et sa force spirituelle. Il restera toute sa vie dans un état de santé fragile. De très petite taille,  son état de santé a empiré en vieillissant. Il souffrait de douleurs abdominales, et a été progressivement déformé par l'arthrite chronique en fin de vie, ce qui le faisait beaucoup souffrir et rendit son corps voûté et ses mains noueuses. Il a également souffert de bégaiement.
Mais spirituellement, Leopold Mandic était un géant. Son humilité et sa foi dans la bonté et la Providence de Dieu lui ont  permis de reconnaître et d'accepter son mauvais état physique. Et à son tour, il a pu prendre  conscience de sa propre humilité par rapport à grande puissance de Dieu. Cette  foi il l’a communiquée à ceux qui se sont confiés à lui. Il disait: «Ayez foi Tout va bien se passer ! » Homme de compassion, le père Léopold a encouragé beaucoup de gens, en particulier ceux qui désespéraient. Il était vraiment un apôtre. Car, son long service dans le confessionnal fut un apostolat. Pendant  près de quarante ans, douze heures par jour, il a reçu, conseillés et déchargé des milliers de pénitents. Dans cet apostolat , il fut un héraut de l'amour et du pardon de Dieu. Et sa faiblesse humaine met en évidence le don de force spirituelle qui lui a permis de réaliser cet apostolat infatigable.
Au début de sa vie religieuse, Leopold Mandic a été invité à renoncer à ses aspirations missionnaires et là ses aspirations personnelles pour se consacrer à son ministère de confesseur et conseiller spirituel. Une fois, il a exprimé ses sentiments à ce sujet quand il a dit: «Je suis comme un oiseau dans une cage, mais mon cœur est au-delà des mers."

Une leçon
Saint Leopold a beaucoup à nous apprendre. Il est une source d'inspiration pour nous afin que nous soyons humbles et forts dans la foi chrétienne. Il était une parole vivante de la vérité prêchée par l'apôtre Paul aux Corinthiens: "C’est lorsque que je suis faible que je suis fort ! »l Et son ministère du pardon de Dieu dans le confessionnal peut nous apprendre de la valeur réelle et l'importance du sacrement de la réconciliation pour  nous amener de la mort du péché à la plénitude de la vie dans le Christ.
Saint Leopold est certainement un homme pour nous et pour notre temps.

Une prière
O Dieu, source de vie et d'amour, vous a donné Saint Leopold une compassion immense pour les pécheurs et un désir d'unité de l'Eglise. Grâce à ses prières, admettons que nous pouvons reconnaître notre besoin de pardon, montrez l'amour pour les autres, et nous efforcer de parvenir à une unité vivante parmi les chrétiens. Par notre Seigneur Jésus Christ, qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen.
Nous avons dans le ciel du cœur d'une mère, la Vierge, notre Mère, qui, au pied de la Croix souffrait autant que possible à une créature humaine, comprend nos problèmes et nous console.

Saint Leopold Mandic, Capucins

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

lundi 15 février 2016

La confession
Adrienne Von Speyr
Paris, Culture et Vérité, 1991. 216 pages.

Hans Urs von Balthasar dit au sujet de l’ouvrage d’Adrienne von Speyr :
«une de ses œuvres les plus centrale". Son livre aborde les aspects moraux et pratiques du sacrement en profondeur. Parmi les nombreux domaines couverts comprennent la conversion, les scrupules, la contrition, la direction spirituelle, le laxisme, la fréquence de la confession, les aveux de religieux et de laïcs, même les aveux des saints.

Qu’est-ce que se confesser ? Quel sens cela a-t-il de le faire ? Pour répondre, Adrienne von Speyr ouvre les évangiles et regarde Jésus qui révèle à certains leurs fautes et leur pardonne. Autre question : comment se confesser ?
L’auteur décrit la confession du laïc et du prêtre, de l’actif et Pour Adrienne von Speyr la confession a eu une place importante dans sa vie spirituelle aussi bien que dans ses écrits. Elle parlait d’« attitude de confession »qui peut se définir par une attitude d’ouverture de soi pour répondre à une exigence :  « On peut la désigner analogiquement comme attitude de confession parce que Dieu s'y montre tel qu'il est et parce que de cette révélation attendue par Dieu lui-même surgit la situation toujours nouvelle de la vision et de l'amour » selon les mots de Hans Urs von Balthasar.  
Dans cet ouvrage Adrienne von Speyr parle également de « confession originaire » en faisant référence à la mort du Christ sur la Croix en portant les péchés du monde : la Croix est donc « confession originaire ».

« La confession, conclut Adrienne, est là pour les pécheurs, ceux pour lesquels quelque chose d'autre, telle l'Eucharistie, reste trop élevé, trop saint, trop incompréhensible. On m'a baptisé, mais je ne vis pas conformément à la règle de ce baptême. On m'a confirmé, mais je ne suis pas un apôtre du Christ... Je me rends compte de toute la peine que l'Eglise prend pour moi..., mais cela ne me sert à rien. On me présente des saints, mais je n'en suis pas un ! Je vis dans le péché. En tant que pécheur, j'aurai toujours, vis-à-vis de l'Eglise, le dernier mot... Mais si on me dit que le confessionnal est réservé aux pécheurs, alors je vois clairement : voici finalement une place pour moi. C'est de moi précisément qu'il s'agit. Ce banc a été fabriqué précisément pour moi. Je peux évidemment trouver aussi à redire à la confession. Mais cela ne m'empêchera pas de savoir que c'est bien là ce qui concerne ma propre situation. Si on parle de la communion des saints, je sais pertinemment que je n'en fais pas partie, Mais si on me dit : il existe une communion des pécheurs, qui en fait partie ? je sais infailliblement que j'en fais partie »  


Ce très beau livre est tout à la fois un traité spirituel que théologique qui nous fait entrer en profondeur dans ce sacrement. Et c’est peut-être pour cette raison que lors du synode sur la Pénitence et la réconciliation en 1981 Jean-Paul II l’avait recommandé au Pères Synodaux.
Publication : Claude TRICOIRE - BIBLIOTHEQUE DIOCESAINE D'AIX ET ARLES

lundi 23 novembre 2015

LA CONFESSION SELON ADRIENNE VON SPEYR

Confession
Adrienne von Spyer
Traduit de l'allemand par Marthe Allisy et revu par Walthère Derouau, s.j. -- Préface de Thierry Dejond, s.j. -- 1991 (2e édition)

 Un nouveau livre sur la confession ? Encore un manuel ou un guide de plus pour bien se confesser ? Non, bien plus que cela ! Adrienne von Speyr  nous fait découvrir comment le sacrement de réconciliation est  centré sur l'offrande de soi et la mort de Jésus sur la Croix comme étant l'archétype de la «confession» des fidèles que l’on appelle plus généralement  aujourd’hui sacrement de la réconciliation.

Il est appelé le sacrement de la confession, puisque la divulgation ou la confession des péchés à un prêtre est un élément essentiel de ce sacrement. Dans un sens profond, il est aussi une «confession» - la reconnaissance et de louange - de la sainteté de Dieu et de sa miséricorde envers l'homme pécheur.

Qu’est-ce que se confesser ? Quel sens cela a-t-il de le faire ? Pour répondre, Adrienne von Speyr ouvre les évangiles et regarde Jésus qui révèle à certains leurs fautes et leur pardonne. Autre question : comment se confesser ? L’auteur décrit la confession du laïc et du prêtre, celle de l’actif et celle du contemplatif. Les saints aussi se sont confessés : comment donc ? Dans la confession sacramentelle, quelle est l’attitude du pénitent et quel est le ministère du prêtre ?

Adrienne von Speyr  a abordé les aspects moraux et pratiques de ce sacrement ; elle traite également certains domaines, comme : la conversion, les scrupules, la contrition, la direction spirituelle, le laxisme, la fréquence de la confession. Elle n'hésite pas non plus à traiter des aveux des prêtres, des religieux ou des religieuses et même des saints. Elle a abordé et examiné toutes ces questions qui posent problèmes et débats chez les chrétiens.

Ce qu’en dit le théologien Hans Urs von Balthsar
"Dans son livre, La Confession, Adrienne von Speyr présente le sacrement dans sa perspective théologique : imiter l'obéissance du Fils qui se conforme en tout à la volonté du Père jusqu'à s'identifier à nos péchés (et les confesser) pour nous sauver. En suivant le Christ, le pénitent comprend alors que la confession des péchés est confession de foi, amour de l'église et du don de liberté que le Christ lui a confié" (Hans Urs von Balhasar)..

C'est pourquoi il parle d’ «une de ses œuvres les plus centraux". Elle aborde les aspects moraux et pratiques du sacrement en profondeur. Les nombreux domaines couverts comprennent la conversion, les scrupules, la contrition, la direction spirituelle, le laxisme, la fréquence de la confession, les aveux de religieux et de laïcs, même les aveux de saints. On a ici entre les mains un traité à la fois spirituel et théologique sur la confession écrit à la lumière d'une lecture attentive des Evangiles et de la vie du Christ 

Et ce n'est peut-être pas par hasard si lors du Synode sur la Pénitence et la réconciliation (1981), Jean-Paul II avait recommandé ce livre aux Pères Synodaux. On peut penser qu'il serait fort utile de le reprendre alors que va s'ouvrir l'Année Sainte sur la Miséricorde le 8 décembre prochain.

« La déréliction sur la croix, la totale séparation du Père font essentiellement partie du mystère de la « confession » du péché universel dont le Christ s’est chargé. Son corps ressuscité est le fruit de son corps crucifié mis au tombeau, de même que son corps terrestre était le fruit du dessein de l’incarnation. Le corps nouveau, dont le Père lui a fait don, est le corps de son retour au Père. Par rapport à la confession, on peut dire : son corps terrestre était le corps de l’aveu, celui qui devait porter le péché de tout individu, mais aussi le péché en soi. Le corps ressuscité, par contre, est le corps de l’absolution qui n’a plus à porter le péché, parce qu’il a déjà été porté et qu’à la croix tout a été expié. Le premier corps a réuni en lui l’aveu total et le second se livre comme le pardon total. Il regarde le péché en face, il ne l’a plus sur le dos, comme le corps qui en portait le fardeau. » (Adrienne Von Speyr, La confession)

Publication : Claude Tricoire. - Bibliothèque diocésaine d'Aix-en-Provence