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vendredi 20 novembre 2020

A Marseille, l'Eglise pendant la Grande Peste de 1720-1722

 

L’Eglise à Marseille pendant la peste de 1720-1722

 


 

        Les années 1720-1722  resteront  gravées pour longtemps dans les esprits en Provence car cette l’épidémie qui va ravager la Provence jusqu’au Languedoc.  L’année 2020 qui devait être celle de la commémoration de cet évènement est surtout marquée par une autre pandémie : la Covid-19 touche le monde entier. De ces deux évènements, à trois cents ans d’intervalle, on peut y trouver des similitudes : intervention du pouvoir central pour gérer l’épidémie, quarantaine (confinement) pour la population, contrôle de la circulation des personnes, interdiction de certaines activités…. L’histoire de cette épidémie en Provence a fait l’objet de nombreuses publications : livres, articles divers … Sans faire de rapprochements anachroniques on peut cependant en dégager quelques constantes en suivant les évènements centrés sur la ville de Marseille puisque c’est l’arrivée du navire du Grand Saint-Antoine dans le port en mai 1720 a provoqué cette catastrophe. L’accent a beaucoup été mis sur la personne de Mgr Henri de Belsunce, l'évêque de Marseille,  et son rôle durant ces années : mais au-delà des images d’épinal il faut voir aussi d’autres réalités qui ne sont pas sans quelque rapport avec la situation actuelle : la fermeture des églises avec ses conséquences et la gestion des sépultures ; ceci  a été abondamment commenté depuis le début de la parution du Covid-19 en Europe parce que vécu comme un traumatisme  

 

 

Rappel des faits

         La peste de Marseille de 1720, dernière grande épidémie en France, fut propagée à partir du bateau le Grand-Saint-Antoine qui accoste à Marseille, en provenance du Levant (Syrie), le 25 mai 1720. Sa cargaison constituée d’étoffes et de balles est contaminée par le bacille de la peste. Suite à des négligences de la part des responsables du bureau de santé du port et malgré la mise en quarantaine des passagers et des marchandises, la peste se propage dans Marseille puis dans toute la Provence jusqu’au Languedoc.  Les quartiers les plus anciens et les plus déshérités sont les plus touchés. L’épidémie fera entre 30 000 et 40 000 décès sur une population de 80 000 à 90 000 habitants. Dans toute la Provence on compte environ 90 000 et 120 000 victimes sur les 400 000 habitants

 



         Le  commandant du navire, le capitaine Jean-Baptiste Chataud et le premier échevin, Jean-Baptiste Estelle furent accusés de ne pas avoir respecté la réglementation sanitaire  pour les navires potentiellement infectés bien qu’aucune preuve ne put être établie. Cependant  les échevins et les intendants de santé chargés de cette réglementation faisant preuve de beaucoup d’imprudence ont laissé débarquer à Marseille des marchandises, surtout des étoffes, qui auraient dues être mises en quarantaine.

         Lors de l’épidémie, l'alimentation de la population, l’enlèvement des cadavres vont mobiliser toute l’énergie des échevins de 1720 à 1722. Deux personnalités émergent durant cette période : le chevalier Nicolas Roze pour l’enlèvement des cadavres et celle de Mgr de Belsunce qui avec les prêtres et les religieux apportent un réconfort moral et spirituel aux mourants

 

 

Marseille ville catholique

 


Marseille au XVIIIè siècle

 

         Marseille est une grande ville portuaire. Au-delà de cette activité qui en fait la richesse cette grande ville est aussi une ville catholique à la piété exubérante.  Les minorités juives ou protestantes  sont de peu d’importance ; les juifs se font discrets ; les protestants, depuis la Révocation de l’Edit de Nantes (16 octobre 1685) par Louis XIV forment ce que l’on appelle les “Nouvaux convertis” ou pour ce qui est des plus obstinés ils sont dans les Galères du Roi . La vitalité de l’Eglise se remarque dans l’importance numérique du clergé, les nombreux couvents. Et Marseille c’est aussi un diocèse depuis le Ier siècle. En 1720 c’est Mgr Henri de Belsunce qui en est l’évêque depuis 1710 et il le restera jusqu’à sa mort en 1755.

 

 

Qui était Monseigneur Henri de Belsunce l’évêque de Marseille ?

 


Portrait de Mgr  de Belsunce

 

         Henri-François-Xavier de Belsunce de Castelmoron naquit en décembre 1671, au château de la Force, en Périgord. Il était le second fils d'Armand de Belsunce, marquis de Castelmoron, baron de Gavaudun, seigneur de vieille-ville et de Born, grand sénéchal et gouverneur des provinces d'Agenais et de Condomais, et de Anne Nompar de Caumont de Lauzun, sœur  de Antonin Nompar de Caumont, le célèbre duc de Lauzun.

         Elevé dans la religion réformée, il opta à l'âge de 16 ans pour le catholicisme. Il fit ses études au collège Louis le Grand et entra chez les jésuites qu'il quitta en 1701et fut ordonné prêtre en 1703

Après avoir été vicaire général du diocèse d'Agen, le roi le nomma à l'évêché de Marseille le 5 avril 1709 et le Pape le proclama le 19 février 1710. Il resta évêque de Marseille pendant 45 ans jusqu'à sa mort en 1755.

         En 1713, le Pape Clément XI condamne dans la bulle Unigenitus un livre du P.Quesnel de l'Oratoire estimant qu'il renfermait des erreurs. Conformément à sa formation au collège des jésuites, Belsunce accepta la bulle et s'opposa vigoureusement à ceux qui en appelèrent au Pape, dénommés "Appelants", surtout aux Oratoriens. auxquels il interdit l'exercice de la prédication et aussi l'administration des sacrements. Dans ces querelles contre le jansénisme, il se prononça fortement contre ce mouvement et s'attira par là de vifs démêlés avec le Parlement d’Aix dans une région où ces thèses étaient défendues par certains membres de magistrats ou de prêtres.

         L'évènement qui devait marquer pour toujours l'épiscopat de Mgr. de Belsunce fut la grande Peste de Marseille de 1720. Si son attitude pendant cette période fut objet de controverses, tous souligneront son dévouement infatigable auprès des malades. Il multiplia les gestes spectaculaires : exorcisme du fléau du haut du clocher des Accoules, des processions, consécration de la ville au Sacré-Coeur pendant une messe célébrée le 1er novembre 1720 sur le cours qui porte son nom. À cette occasion, Belsunce déclara : « A Dieu ne plaise que j'abandonne une population dont je suis obligé d'être le père. Je lui dois mes soins et ma vie, puisque je suis son pasteur. »

         Après la fin de la contagion pour le récompenser de son dévouement le Régent le nomma en octobre 1723 à l'évêché de Laon mais il refusa préférant rester à Marseille au milieu de ceux  qui avaient connu les terribles épreuves de la peste.

         En 1726 Belsunce assista au synode provincial d'Embrun réuni pour condamner les opinions jansénistes de Soanen, évêque de Senez. Après 1730 il procède à une surveillance étroite de l'enseignement primaire et secondaire. Il favorise les jésuites et leur nouveau collège qui porte son nom.

         La présence de la franc-maçonnerie à Marseille est décelée par l'évêque en 1737, qui écrit un mandement daté du 28 septembre à l’intention de l’intendant de police, en ces termes : "Je ne sais, Monsieur, ce que sont les Francmaçons (sic), mais je sais que ces sociétés sont pernicieuses à la religion et à l’Etat".

Il a été abbé commanditaire non résidant de l'abbaye des Chambons dans le Vivarais. Membre de l'académie de Marseille, il assiste à plusieurs réunions en particulier à celle du 12 janvier 1746 qui accepte Voltaire comme membre associé.

         Il mourut à Marseille le 4 juin 1755. La ville lui fit des funérailles grandioses. Il institua l'hôpital de la Grande Miséricorde de Marseille, son légataire universel. Il fit quelques donations particulières aux jésuites qui héritèrent de sa bibliothèque, à ses domestiques, aux indigents et à ses parents.

 

 

 

Un clergé face à la Peste

 



 

 

 

Les jansénites coupables de la peste de Marseille ?



Carte représentant les principaux foyers où est implanté le jansénisme

 

         Il fallait trouver des coupables à ce grand malheur qui tombe sur la ville et la région. Ils furent vite désignés : ce fut pour l’évêque de Marseille, tout comme pour son collègue d’Arles, Mgr Jacques de Forbin-Janson, les jansénistes. En effet les thèses jansénistes malgré la bulle Unigenitus promulgué par le pape Clément XI en 1713  qui les excommuniait, étaient très répandues en Provence : les membres du Parlement d’Aix et les Oratoriens implantés à Marseille en sont proches.  Ceux qui rejettent la Bulle Unigenitus sont appelés “les appellants” et sont exclus des sacrements et ne peuvent bénéficier d’une sépulture religieuse.

         Pour Mgr de Belsunce : “Dieu irrité veut punir les péchés du peuple et en particulier, le mépris des censures et des excommunications de l’Eglise, le peu de respect, de soumission pour les pontifes de Dieu”. Ou encore : Si le mal continue d’augmenter… je suis bien tenté de denoncer alors excommuniés tous les appellants dont les sacrilèges multiplies sont, je crois, la principale cause de la peste qui nous consterne”. Que faut-il pour sauver la ville ? : “Une entière soumission d’esprit et de coeur aux sacrées décisions de l’Eglise, moyens sûrs et unique d’arrêter le bras d’un Dieu irrité”. C’est pourquoi il refusera que les Oratoriens présents dans la ville puissent assister les mourants en leur donnant  les sacrements.

         De son côté Mgr  Forbin de Janson au début de l’épidémie de 1720-1722  appelle  « la vengeance du tout puissant sur tous ceux qui ont le tort de ne pas se conformer aux prescriptions de la bulle « Unigenitus »,

 

 

Calmer la colère de Dieu ? Implorer la miséricorde de Dieu ?


 


         Si les premiers cas de peste se manifestent dès le 20 juin 1720 il faudra attendre le 9 juillet pour que les médecins donnent leur diagnostic : c’est la peste. Les premières mesures sont prises pour isoler les maladies et le Parlement d’Aix isole la ville de Marseille par un cordon sanitaire le  31 juillet et ordonne fin août 1720 la fermeture des églises avant que, le 14 septembre 1720, le Conseil d’Etat ordonne le blocus de la ville et envoie des troupes pour faire appliquer les décisions prises.

En premier lieu Mr de Belsunce organisa des processions et demanda que l’on fasse des prières publiques. Ainsi le 15 juillet 1720 il promulgue une ordonnance pour des prieres à Saint Roch ; le 29 juillet il réunit au Palais épiscopal  les curés,  les supérieurs des communautés de religieux de la ville pour évaluer la situation. Le 30 du même mois il publie un mandement « ordonnant des prières publiques et un jeûne général pour apaiser la colère du Seigneur ». Il y réaffirme que « c’est le Dieu terrible, le Dieu de justice, mais c’est en même temps le Dieu de paix et de bonté qui nous châtie, qui ne nous afflige que pour nous engager à retourner à lui dans la sincérité de nos cœurs ». Mais le même jour les échevins recommandent de ne plus faire de processions.  Quand le 25 août toutes les églises seront fermées les prêtres continueront cependant à dire des messes et organiser des prières publiques sous les porches des églises. Mais rapidement devant le taux de mortalité (environ 1 000 personnes par jour) ces réunions publiques très fréquentées devenant des foyers d’infection sont également prohibées par les autorités locales. Par conséquent on peut dire que durant la période de août 1720 au mois d’août 1722 il n’y eut plus  de messes, de processions et encore moins d célébrations de baptêmes, de mariages et encore moins d’enterrements

         Le 8 septembre, jour de la Nativité de la Vierge, les échevins de la ville invitent  Mgr de Belsunce à venir à l’hôtel de ville pour qu’il y célèbre la messe et reçoive le vœu qu’ils ont décidé de faire au nom de la ville. « Considér[an]t que la peste étant un fléau de la colère de Dieu, tous les secours des hommes et tous les efforts qu’ils ont résolu de faire seront vains et inutiles s’ils n’ont recours à sa miséricorde pour tâcher de la fléchir », ils s’engagent à donner chaque année à perpétuité 2000 livres à l’hôpital le plus récemment établi, en 1713, celui des orphelines, qui est sous le vocable de Notre-Dame de Bon-Secours.

         Durant une accalmie de la peste (l’hiver 1720-1721) Mgr de Belsunce fait un geste spectaculaire que cite Chateaubriand dans ses Mémoires d’Outre-Tombe :: " Quand la contagion commença à se ralentir, Mgr Belsunce a la tête de son clergé, se transporta à l’église des Accoules : monté sur une esplanade d’où l’on découvrait Marseille, les campagnes, les ports et la mer, il donna la bénédiction, comme le pape à Rome, bénit la ville et le monde : quelle main plus courageuse et plus pure pouvait faire descendre sur tant de malheurs les bénédictions du ciel ? »







Le 1er novembre, jour de la Toussaint, sur les conseil de Anne-Madeleine Remusat, visitandine, tout en bravant les consignes des échevins opposés à tout rassemblement public susceptible de propager la peste, l’évêque au cours d’une cérémonie publique sur le cour qui porte aujourd’hui son nom consacra la ville de Marseille et son diocèse au Sacré-Coeur de Jésus et institua la fête du Sacré-Coeur comme fête d’obligation . « J’espère que le Cœur de Jésus aura été touché des larmes du pasteur et du troupeau réunis pour apaiser sa colère », écrit-il. A cet effet il traversa Marseille, pieds nus, sans mitre et corde au cou comme l’avait fait saint Charles Borromée pendant la peste de Milan en 1576. Il fit d’autre part imprimer et diffuser de petites images du Sacré-Cœur appelées garde-fous : de petits morceaux de tissu rouge, sur lesquels le Cœur était imprimé avec cette inscription : « Cœur de Jésus, abîme d'amour et de miséricorde, je place toute ma confiance en vous et j'espère pour toute votre bonté."

 


Vitrail à la Basilqiue du Sacré-Coeur : Consécration de la ville de Marseille au Sacré-Coeur de Jésus

 

 

Mgr de Belsunce sur les pas de Charles de Borromée


Michel Serre, Vue de l’hôtel-de-Ville pendant la peste de 1720, Musée des Beaux-Arts de Marseille, détail.

À la fin de l’été 1720, la situation était désespérée : en trois mois, la ville avait été réduite de moitié, avec quarante mille morts. « Il y aura dans moins de huit jours, écrit un contemporain, quinze mille cadavres sur le pavé, tous pourris, par où on sera tout à fait contraint de sortir de la ville et de l’abandonner peut-être pour toujours à la pourriture, au venin et à l’infection qui y croupira. » (Praviel, p. 149). Tel était l’état la ville où Mgr de Belsunce allait exercer sonn activité pastorale.

 Durant toute cette période Mgr de Belsunce ne se contenta pas d’organiser des processions ou des prières publiques comme il ne resta pas enfermé dans son palais épiscopal qu’il dut quitter le 14 septembre 1720,  la rue étant infestée de cadavres abandonnés, pour aller loger chez l’intendant de la ville Monsieur Lebret. Grâce à son autorité et à son exemple de nombreux prêtres qui avaient quitté la ville revinrent à Marseille où ils assistèrent les mourants en leur donnant, quand cela était possible,  les derniers sacrements afin qu’ils “ne maudissent pas Dieu”in extremis. Il faut noter que certains ne suivirent pas cet exemple : ainsi les moines de Saint-Victor, les religieuses visitandines se mirent à l’abri derrière leurs murs se contentant d’envoyer des aumônes ; quant aux chanoines de Saint-Martin ils quittèrent la ville pour aller se réfugier à la campagne.

 

On peut suivre son activité presque jour après jour grâce aux notes laissées par l’Abbé Goujon, son secrétaire. Un témoin a pu aussi laisser ce témoignage : « Belsunce ne se borne pas à rester prosterné au pied des autels et à lever les mains au Ciel pour demander à Dieu la grâce de vouloir apaiser sa colère. » Après avoir prescrit des prières publiques, « sa charité est active ». Ayant exhorté son clergé à ne pas craindre la contagion, il donne lui-même l’exemple d’un dévouement héroïque : « Il est tous les jours sur le pavé, dans tous les quartiers de la ville, et va partout visiter les malades [...]. Les plus misérables, les plus abandonnés, les plus hideux, sont cesont ceux auxquels il va avec le plus d’empressement et sans craindre ces souffles mortels qui portent le poison dans les cœurs. Il les approche, les confesse, les exhorte à la patience, les dispose à la mort, verse dans leurs âmes des consolations célestes ». Il distribue tout ce qu’il peut de sa fortune pour soulager les misères de son cher troupeau ; et pour accroître ses aumônes, il se contente, « comme le peuple, de poisson salé et de pain bis ».

Il encouragea les prêtres par de multiples conseils pour les encourager dans leur mission : administration des sacrements et aussi soulagement de la population. Grâce son autorité et par l’exemple qu’il donne il put pour une grande part  pour obtenir le retour de ceux qui étaient partis se réfugier à la campagne  : il fallait remplacer  ceux qui étaient morts de la peste (en effet l’on estime que un cinquième du clergé marseillais serait mort durant cette période).

 


Vitrail représentant une réunion à l’Hôtel de Ville de Marseille

 

Même si parfois il s’opposa aux échevins de la ville il les soutiendra dans leur combat en participant aux diverses réunions : un tableau de Michel Serre, un artiste contemporain, le représente  assistant à l’une de leur réunion . D’ailleurs, le 8 septembre, jour de la Nativité de la Vierge les échevins invitent  Mgr de Belsunce à venir à l’hôtel de ville pour qu’il y célèbre la messe et recevoir le vœu qu’ils ont décidé de faire au nom de la ville. « Considér[an]t que la peste étant un fléau de la colère de Dieu, tous les secours des hommes et tous les efforts qu’ils ont résolu de faire seront vains et inutiles s’ils n’ont recours à sa miséricorde pour tâcher de la fléchir », ils s’engagent à donner chaque année à perpétuité 2000 livres à l’hôpital le plus récemment établi, en 1713, celui des orphelines, qui est sous le vocable de Notre-Dame de Bon-Secours. Et le 4 jun 1722, le Premier échevin Moustier prononça solennellement la promesse dans la cathédrale où s’étaient assemblés tous les notables et fit l’offrande d’un cierge pesant quatre livres, ainsi que l’avait suggéré l’Evêque

 

 

Comment Mgr de Belsunce échappa à l’épidémie de peste.

        Comme l’explique Régis Bertrand dans sa biographie Henri de Belsunce (1670-1755), l’évêque de la peste de Marseile (2020) ou encore Armand Praviel dans Belsunce et la peste de Marseille (1936) alors qu’un cinquième du clergé de Marseille périt de la peste, l’évêque traverse l’épidémie sans être frappé par la maladie. Pour lui, il doit cette protection à sa croix pectorale, qui contient des reliques de la Vraie Croix, envoyées par le pape, et qu’il porte sur lui dès qu’il sort : il appelle sa croix son “présevatif”. Une autre explication peut être avancée : Monseigneur de Belsunce se protège physiquement de la peste sans le savoir : en effet, entre sa perruque à la Louis XIV talquée tous les jours, sa soutane de taffetas, ses bas, ses chausses, ses souliers, il est couvert de la tête aux pieds ! Peu de risque d’être piqué par les puces, dont on ignore encore à cette époque qu’elles sont vectrices de peste. De plus, il prenait soin de changer de linge de corps tous les jours et il mettait devant sa bouche et son nez un mouchoir imprégné de vinaigre pour, ne pas être incommodé par la terrible puanteur des cadavers vu qu’il a parcouru les rues de Marseilles tous les jours. Au contraire, les prêtres qui ne prenaient pas de telles précautions et les religieux, dont les capuchins,  qui se déplaçaient en sandales et simple robe de bure, sans masque, sont très touchés par la maladies.

 


Statue de Mgr de Belsunce

 

Pour finir

    Ce n’est que le 22 août 1722 que les églises purent enfin ouvrir et le culte être célèbre normalement et le 22 octobre de la même année que la peste fut officiellement déclarée terminée  pour la Provence alors qu’il faudra attendre le 31 décembre pour le Languedoc.

Sans vouloir trop comparer deux époques différentes : les années 1720-1722 et l’année 2020 on peut s’apercevoir que malgré les décisions drastiques prises par le pouvoir royal, du moins en ce qui concerne le culte (puisque les églises étaient fermées et les célébrations impossibles) le clergé de cette époque a su allier une certaine continuité dans la vie spirituelle des habitants à une assistance charitable envers toute une population dont une grande partie parmi les plus pauvres ne faisait que survivre  le ravitaillement étant extrèmement difficile pour une ville mise à l’écart de toute communication avec les villes voisines.

         Si les survivants témoins de la Grande Peste de 1720-1722 revenaient parmi nous aujourd’hui peut-être seraient-ils étonnés ou scandalisés de voir nos réactions,  nos contestations et nos réclamations  devant les contraintes qui nous sont imposés aujourd’hui pour lutter contre la pandémie du Cocid-19 ? Le monde d’aujourd’hui habitué à son confort serait-il capable de vivre et de surmonter une pareille épreuvre ?


Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

 

jeudi 26 février 2015

Conflits et réconciliation : compte-rendu du colloque à l'Institut catholique de la Méditerranée

L’Institut catholique de la Méditerranée, associé au comité pontifical des sciences historiques, a organisé à Marseille les 22 et 23 janvier 2015, un colloque dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale.

La soirée du 22 janvier était consacrée, en partenariat avec Marseille Espérance, à « Conflits et réconciliation » avec des communications de Claire Ly et Joseph Yacoub. Ce dernier a travaillé notamment sur les Assyro-Chaldéens « victimes d’un génocide sous l’empire ottoman en 1915-1918 ».

La journée du lendemain était intitulée « des théologiens face à la guerre ». Jean-Marc Ticchi a replacé l’action du pape Benoît XV dans le conflit à travers la position traditionnelle de l’Eglise en faveur de la paix. Mgr Jean-Marc Aveline, évêque auxiliaire de Marseille, Claire Reggio (sur Jules Isaac), Édouard Robberechts ont étudié la pensée de théologiens et historiens catholiques, protestants et juifs face à la Première Guerre mondiale. En fin de journée, Joseph Yacoub a, de nouveau, évoqué les massacres au Moyen-Orient en étudiant la place des « acteurs religieux ». Paul Fournier a situé le bienheureux Charles de Foucauld dans les deux premières années du conflit : il est mort en décembre 1916. Mgr Bernard Ardura, président du comité pontifical des sciences historiques, a donné une communication intitulée « Des religieux charitables : l’abbé Fouque et la Première Guerre mondiale ».

L’histoire des diocèses n’a pas été oubliée. Jean Chagnaud a étudié « Le diocèse de Marseille pendant la guerre » à partir de la Semaine religieuse. Luc-André Biarnais a présenté « Le diocèse de Gap dans la Première Guerre mondiale ». 
Avec Natacha Tourseiller, archiviste diocésaine de Marseille, ils ont commenté le Guide des sources ecclésiastiques sur la Première Guerre mondiale pour le Sud-Est de la France à l’aide d’un diaporama qui a exposé la richesse iconographique des archives diocésaines. Les actes de ce colloque devraient être publiés dans Chemins de dialogue au mois de juin prochain.



mercredi 4 février 2015

La libération et les années tricolores (1944-1947) : Midi rouge, ombres et lumières. 4
Une histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône de 1900 à 1950.
Paris, Editions Syllepse, 2014.

            Le débarquement allié du 15 août 1944, sur les côtes varoises, donne le coup d’envoi de la libération de la Provence. Le 28 août, prises sous le feu de l’armée française de Libération et de l’insurrection populaire, les troupes allemandes capitulent à Marseille.
            Les nouveaux pouvoirs républicains se mettent en place, sous la direction du commissaire régional de la République, Raymond Aubrac. S’ouvre alors, jusqu’en 1947 et l’instauration de la 4è République, une période de transition décisive. Ce quatrième volume de la série Midi rouge, ombres et lumières, après avoir présenté un tableau du département pendant l’été 1944, puis les combats de la Libération, analyse les diverses étapes de ce processus, à Marseille et dans sa proche région. Il évoque les problèmes auxquels les nouvelles institutions ont à faire face : l’effort de guerre, le ravitaillement et le redressement économique, l’épuration, le maintien de l’ordre, le retour des absents (déportés, prisonniers de guerre, requis du STO), le rétablissement de la démocratie, les grandes réformes économiques et sociales.
             Dans ces années tricolores et d’union nationale, l’ouvrage s’intéresse au rôle et à la stratégie des divers acteurs politiques et sociaux, des organisations de Résistance, du patronat et de la classe ouvrière, des syndicats et partis, PCF, SFIO, MRP, ainsi qu’aux destins individuels, dont certains d’importance nationale, comme celui de Gaston Defferre, François Billoux ou Germaine Poinso-Chapuis. L’auteur ne néglige pas pour autant les mutations culturelles importantes d’une période effervescente.
             Cet ouvrage complète l’histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône, commencée par la période des années 1930. Il comble également, à la lumière des recherches les plus récentes et en s’appuyant sur de nombreux fonds d’archives publics et privés, une lacune historiographique.

vendredi 5 décembre 2014

La Gazette, Œuvres de la jeunesse, patronages, colonies de vacances...

N°79 - La Gazette - Comité du Vieux Marseille
Le numéro 79 de La Gazette, bulletin du Comité du Vieux Marseille, présente un dossier sur les Œuvres de la jeunesse, patronages et colonies de vacances.

L'Œuvre de la jeunesse de Jean-Joseph Allemand ouvre ce dossier. Biographie de l'illustre fondateur, principes d'éducation de l'œuvre, les diverses installations la maison-mère rue Saint-Savournin et les Iris à Saint-Giniez y sont détaillés. Une biographie du père Pierre Ruby permet de suivre l'évolution de l'oeuvre et ses activités au cours du 20e siècle.

D'autres œuvres font l'objet d'une présentation et d'un historique, l'Oeuvre de la jeunesse ouvrière Saint-Raphaël ou celle plus connue de Joseph-Marie Timon-David.

Puis La Gazette aborde le sujet des patronages paroissiaux, nombreux à Marseille au siècle dernier. Une attention particulière est portée au père Jean Marcorelles, fondateur de nombreux patronages et à d'autres prêtres qui ont marqués l'histoire du scoutisme et guidisme à Marseille.

Ce numéro de La Gazette du Comité du Vieux Marseille est une bonne introduction à la connaissance des institutions d'encadrement et d'accueil des jeunes à Marseille, le numéro se terminant par une bibliographie permettant au lecteur d'approfondir ses connaissances.

lundi 1 décembre 2014

1914-1918 Marseille se souvient, monuments et plaques commémoratives de la Grande Guerre

Catalogue d'exposition - Comité du Vieux Marseille
C'est dans le cadre des expositions annuelles organisées par Comité du Vieux Marseille qu'est publié le catalogue de l'exposition présentée du 3 au 15 novembre 2014 au Centre Bourse, sur les monuments et plaques commémoratives de la Grande Guerre à Marseille.

Les membres du Comité ont choisi de parcourir la ville pour en inventorier les statues, tombes, plaques et monuments du Souvenir. Ce minutieux travail de catalogage est appuyé par les recherche en archives.

Abondamment illustré, le catalogue présente les monuments par arrondissements géographiques. Chaque entrée fait l'objet d'une notice bien documentée. Au début de l'ouvrage, quelques éléments historiques donnent aux lecteurs les repères nécessaires à la compréhension iconographique des monuments.

L'intérieur de nombreuses églises marseillaises présentent des plaques commémoratives, citons par exemple celles de Saint-André, Saint-Joseph ou Saint-Barnabé. La basilique du Sacré-Cœur, élevée et dédiée aux morts au cours de la guerre, n'est pas oubliée et fait l'objet de plusieurs pages illustrées par Le Souvenir, bulletin paroissial conservé aux Archives diocésaines de Marseille.

Ce recensement est précieux à l'étude des monuments du Souvenir de Marseille.

lundi 17 novembre 2014

Avec Mgr Jean-Marc Aveline, l’Eglise de Marseille a commémoré les soldats morts lors de la Première Guerre mondiale

Basilique du Sacré-Coeur - 11 novembre 2014
C’était le 11 novembre 1918. À cinq heures du matin, dans un wagon spécialement aménagé et installé dans une clairière de la forêt de Compiègne, près de la gare de Rethondes, l’armistice était signé.

La Grande Guerre, enfin, s’achevait, après avoir bouleversé et ravagé le monde pendant plus de quatre ans. Huit millions de morts, 20 millions de blessés. En France, on pleurait 1 400 000 victimes et presque six fois plus de blessés et de mutilés. Et tant de voiles de deuil sur les visages des femmes ! Et tant de jeunes enfants désormais privés d’un soutien paternel !

lundi 28 juillet 2014

Le Dictionnaire historique des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée

"Il est un ouvrage de référence, contenant des articles qui traitent des membres et de la mission des Oblats de Marie Immaculée, de même que tout autre sujet qui peut jeter de la lumière sur l'histoire et la vie de la Congrégation.

Comme outil de connaissance, il donne quelques détails utiles sur les personnes, les lieux, les œuvres et les évènements significatifs qu'on veut connaître... Comme outil de recherche, il donne  des informations sur quantité des sujets : fondation et histoire des provinces et maisons, liste des supérieurs généraux et provinciaux, structures de l'administration générale et des provinces, archives, etc." Extrait de l'Introduction au dictionnaire par Franck Santucci o.m.i. Président de l'AERO (Association d'études et de recherches oblates).

Les Archives diocésaines de Marseille proposent en usuel les deux premiers volumes. Le volume 1 intitulé En France au temps du fondateur comprend essentiellement des biographies et les notices historiques des maisons oblates fondées en France.

Pour la Province ecclésiastique de Marseille, citons parmi les nombreuses entrées :
  • Le Calvaire et l'Oeuvre des Italiens, la campagne Saint-Just, le Grand Séminaire de Montolivet, Notre-Dame de la Garde à Marseille.
  • Notre-Dame de Lumières.
  • Notre-Dame du Laus.
  • Le Grand Séminaire et la maison d'Aix-en-Provence.
  • Le Grand Séminaire et le Petit Séminaire Notre-Dame d'Ajaccio, le couvent de Vico.
Le volume 2 Hors de France au temps du Fondateur relate des missions étrangères.

Saluons ici le remarquable travail des historiens de la congrégation qui fournissent aux lecteurs l'histoire précise de la mission des Oblats de Marie Immaculée telle que l'a voulue le Fondateur, saint Eugène de Mazenod.

Collectif, Dictionnaire historique des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, vol. 1 et 2, AERO, Rome, 2004 et 2008, 750 p et 631 p.

samedi 28 juin 2014

L’œuvre de la jeunesse ouvrière à Marseille

L'Œuvre Saint-Raphaël

Largement connue par l’apostolat de Joseph-Marie Timon-David (1823-1891), l’œuvre de la jeunesse ouvrière à Marseille l’est beaucoup moins par celui d’Alexandre Caire (1803-1880).

Autorisée par Mgr Charles Fortuné de Mazenod, l’Œuvre de la jeunesse pour la classe ouvrière est plus connue sous le nom d’Œuvre Saint-Raphaël.


Sous la direction de l’abbé Alexandre Caire (1803-1880), quelques membres de la Commission sanitaire, établie au quartier des Grands Carmes suite à l’épidémie du choléra à Marseille (1834-1835), décident de la création d’une œuvre de jeunesse.

jeudi 5 juin 2014

150e anniversaire de la consécration de Notre-Dame de la Garde


C’est le samedi 4 juin 1864 qu’est consacré le sanctuaire de Notre-Dame de la Garde (rappelons qu'il ne porte pas encore le titre de basilique puisqu’il a été érigé en basilique mineure en 1896). Seul le clergé assiste à la cérémonie de consécration en présences des cardinaux Jean-Baptiste Pitra, Clément Villecourt, Césaire Mathieu et Fernand Donnet.
 

Procession du 5 juin 1864 sur la Canebière

Le lendemain de la consécration, se déroule la translation solennelle de la statue de Notre Dame dans son nouveau sanctuaire. Le 5 juin sont rassemblés autour de Mgr Patrice Cruice une cinquantaine d’évêques. Une foule immense, organisée en cinq processions, monte des rues de la ville vers le sanctuaire, autour des reliques de saint Jean de Matha, saint Ferréol, saint Sérénus, saint Vincent de Paul, saint Cannat, saint Victor, saint Théodore, sainte Marie Madeleine, sainte Marthe et saint Lazare.

Procession du 5 juin 1864

Pour commémorer l'anniversaire de la consécration, dimanche 8 juin 2014 à 16h, vêpres et office du rappel de la consécration suivis d'une messe à 17h.

Les photos de la célébration sont disponibles sur le site du diocèse de Marseille.

samedi 17 mai 2014

Le peintre Pierre Ambrogiani (1907-1985)

Le baptistère et la fresque de Pierre Ambrogiani à l’église de l’Immaculée-Conception de Marseille
 

Il y a cinquante ans… un extrait du Bulletin religieux de Marseille du 17 mai 1964 :
 

Érigée en paroisse en 1932, l’ancienne chapelle du quartier de Montolivet à Marseille, n’avait pourtant pas encore, en 1964, ses fonts baptismaux définitifs. C’est au cours de la messe de l’Ascension célébrée par le curé des Chartreux, le père Dantand, que sont inaugurées les fresques de Pierre Ambrogiani et bénits les fonts baptismaux. Mgr Lucien Gros, vicaire général, remercia les auteurs de cette œuvre collective, artistes, curé et paroissiens, soulignant la généreuse simplicité de Pierre Ambrogiani, qui fait don à cette église d’une très belle œuvre d’art religieux dans laquelle il a su remarquablement exprimer le sens surnaturel du baptême.
 

D’un graphique pur et dépouillé, gravé dans le ciment et rehaussé de couleurs très sobres, le peintre a évoqué, en toile de fond, l’homme au travail dans le monde moderne, des champs aux villes et aux usines. Mais au centre de la fresque, baignant dans l’eau baptismale, le corps tout entier tendu vers la lumière de l’Ésprit qui dore son visage et ses bras dressés vers le ciel, cet homme du 20e siècle, comme tous les baptisées de tous les temps, naît à la vie divine et devient « un homme nouveau ». On pense, en regardant la fresque d’Ambrogiani, aux peintures ou aux vitraux du Moyen-Age, livres ouverts où nos aïeux découvraient les secrets de la Révélation chrétienne.
  
Site de la paroisse de l'Immaculée-Conception

Les anciens numéros du bulletin diocésain de Marseille sont consultables à la Bibliothèque ou aux Archives diocésaines.
La revue diocésaine actuelle Église à Marseille est en vente au numéro à la Librairie Saint Paul à Marseille ou sur abonnement. Le bulletin d'abonnement est disponible ici.

jeudi 8 mai 2014

70e Anniversaire de la Libération de Marseille et de la Provence

La libération de Notre-Dame de la Garde - Archives diocésaines de Marseille
Dans le cadre du 70e anniversaire des bombardement alliés dans le Sud-Est de la France, de la Libération de Marseille et de la Provence, la Bibliothèque diocésaine de Marseille vous propose une sélection de publications, parmi 150 titres relatifs à la Deuxième Guerre mondiale :

jeudi 17 avril 2014

Le Bon Pasteur à Marseille


Le fonds 84 DM - Bon Pasteur comprend pour l’essentiel des archives de la Société des Prêtres du Sacré-Cœur dit du Bon Pasteur et quelques pièces concernant la paroisse du Bon Pasteur à Marseille, notamment des documents sur le cercle d’ouvriers.

Une petite communauté, formée autour des pères Boniface Dandrade, Denis et Jean-Louis Truilhard, voit ses membres consacrés au Sacré Cœur le 20 novembre 1732. La chapelle du Bon Pasteur est bâtie sur l’emplacement d’une maison et jardins achetés le 19 juillet 1733 par le père Antoine Granier, non loin de la rue d’Aix. Mgr Henri de Belsunce approuve l’établissement d’un hospice pour les enfants abandonnés et d'une œuvre de secours. Devenue rapidement trop petite, la première chapelle est détruite. La première pierre du second édifice est posée le 23 février 1737. Le séminaire est érigé en 1747 et la même année a lieu la première élection du Supérieur de la communauté. Le site est entièrement démoli en 1794 et la communauté dispersée.

vendredi 4 avril 2014

Les Scouts et Guides de Marseille

Album du Jamboree

Né à Genève en 1913, le père Louis Bos est ordonné prêtre en 1936 à Marseille. Il est d’abord vicaire à Saint-Joseph intra-muros, puis successivement aumônier au pensionnat Mélizan, à la prison des Baumettes et auprès des Sœurs de Saint-Joseph l’Apparition, il est nommé curé de Saint-Calixte en 1960 où il restera vingt ans. De son passage à Saint-Joseph, il avait conservé les archives de l’abbé Gabriel Pourtal, premier aumônier des Guides de Marseille et curé de Saint-Joseph. Déposés depuis aux Archives diocésaines de Marseille, deux documents sont particulièrement remarquables.

Le premier, un album illustré du Jamboree de la Paix regroupe des photographies, des articles de presse et d’autres éléments iconographiques du 6ème Jamboree, organisé à Moisson (Seine-et-Oise) en août 1947.

Le second, un livre-journal sur la création des Guides à Marseille dès 1925,  deux ans après la fondation des Guides de France par Albertine Duhamel,  regroupe les comptes-rendus des réunions des groupes de Marseille, les Gazelles et les Rossignols.

La Bibliothèque diocésaine de Marseille propose également quelques livres sur le Scoutisme. Il s’agit avant tout d’ouvrages historiques sur le développement du mouvement en France. On trouve également l'histoire du Scoutisme à Marseille à travers les souvenirs du père Louis Bos.

Bos, Louis, Les Scouts de France à Marseille, première période : 1924 – 1950, notes et souvenirs, Marseille, [Louis Bos], 1995.

Bos, Louis, Les Scouts de France à Marseille , 1950 - 1970 : notes et souvenirs : Troisième période 1970 - 2000 : simples signes de pistes, Marseille, 2003.

Laneyrie, Philippe, Les Scouts de France, l’évolution du mouvement, des origines aux années quatre-vingt, Paris, Cerf, 1985.

[Colloque sur le Scoutisme (1993 ; Chantilly)], Le Scoutisme : Quel type d’Homme ? Quel type de Femme ? Quel type de Chrétien ?, Chantilly, Centre Les Fontaines, 4-6 novembre 1993 ; textes réunis par Gérard Cholvy et Marie-Thérèse Chéroutre, Paris, Cerf, 1994.
 

Congrégation de la Sainte Croix de Jérusalem, Le Père Jacques Sevin : aux sources du Scoutisme et de la Sainte Croix de Jérusalem, Paris, Fondation des Orphelins appentis d’Auteuil, 1986.

Van Effenterre, Henri, Histoire du Scoutisme, Paris, PUF, 1947.

Album du Jamboree