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jeudi 26 janvier 2017

Le Bulletin de la Société d’Études des Hautes-Alpes de 2016

La nouvelle livraison du Bulletin de la Société d’Études, parue à la fin de 2016, voit la publication de quatre articles d'histoire religieuse. Deux concernent l’époque moderne, un le moyen âge, alors que le dernier est consacré à l’époque contemporaine. Le tout comptabilise 62 pages sur 237 que compte ce Bulletin.

Un article ultime

Dans son dernier article déposé avant son décès, Arlette Playoust prolonge ses études précédentes sur l’ordre de Cluny (http://catalogue.diocesegap.biblibre.com/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=16141). Dans « L’ordre de Cluny dans les Baronnies », elle montre le rôle pivot du prieuré de Lagrand, rattaché à Cluny en 1365, dont dépendent six maisons monastiques. L’indépendance des établissements clunisiens par rapport aux diocèses en général, ici au nombre de quatre pour la zone étudiée, est soulignée par l’auteur.

Louis Court à Briançon

Le travail du docteur Jean-Pierre Rouge est intitulé « un mécénat oublié jusqu’alors à Briançon : le tableau du Saint-Esprit de la Collégiale par Louis Court » présente plusieurs intérêts :
  • Sur le fond, le docteur Rouge présente avec précision le contexte de la réalisation en 1719 de La Pentecôte par Louis Court (1670-1733). Le rôle de la confrérie est souligné comme jamais cela ne l’avait été dans cet acte d’évergétisme plus que de mécénat.
  • Le docteur Rouge utilise des sources provenant de la confrérie et « entre les mains de l’auteur » qui les a récemment découvertes. Faut-il rappeler ici que les confréries sont, aux yeux de la loi, des associations et qu’elles peuvent donc verser leurs archives à l’institution de leur choix ? Pour l’Église, les confréries sont des mouvements placés sous l’autorité du curé et de l’évêque depuis leur fondation même : de telles sources ne doivent donc pas se trouver durablement entre les mains de particuliers.
  • Du point de vue de l’historiographie, le docteur Rouge conclut sur un affaiblissement des confréries au XVIIIe siècle dû à la concurrence des loges maçonniques. Or, les confréries sont des institutions pieuses dont beaucoup ont traversé les siècles jusqu’à l’éclosion de l’action catholique. Certaines, mêmes, poursuivent aujourd’hui leurs activités ; enfin, d’autres sont parfois créées. Durant la Révolution française, dans la partie « nord » du département, des confréries se sont réunies sans cesser leurs actions. La lecture de Marie-Hélène Froeschlé-Chopard (Dieu pour tous et Dieu pour soi : histoire des confréries et de leurs images à l’époque moderne, L’Harmattan, 2006, 401 p.) ou de Marie-Claude Léonelli (Oppède (Vaucluse, canton Bonnieux, arrondissement Apt), in La Sauvegarde de l’Art français : aide aux églises rurales, cahier 25, Paris, 2015, p 101-104), est sur ce point éclairante.
  • Enfin, la bibliographie oublie au moins deux références plaçant l’œuvre de Louis Court dans son espace dauphinois et plus largement du sud-est de la France. La première est l’article d’Olivier Hanne et Philippe Franceschetti dans le Bulletin de la Société d’Etudes des Hautes-Alpes de 2015 (« Un saint pour Gap : Arnoux et son culte, XIe – XXe siècle », p 47-62) qui, lui-même, cite l’ouvrage numérique Sur les pas de Louis Court (Éditions du Laus, 2014), également présenté page 233 dans l’édition de ce bulletin en 2015. Ces références, toutes deux plus récentes que les ouvrages cités par le docteur Rouge, montrent que l’étude qu’il a menée, pour originale et importante qu’elle soit, s’inscrit dans le renouvellement de la recherche en histoire locale de l’art.

La lumière sur le vitrail contemporain dans le Queyras


Jean-Gérard Lapacherie offre 23 pages illustrées par des photographies de qualité sur « les vitraux des églises du Queyras ». Il étudie la présence des vitraux placés dans les édifices entre 1842 et 2006. Ces installations succèdent au « renouveau de la ‘piété’ et le ‘mouvement vers la dévotion’ » dans les années 1820. Cette décennie est celle de la constitution de l’actuel diocèse de Gap. Jean-Gérard Lapacherie montre que le Queyras s’inscrit dans un ensemble chrétien plus large, « le renouveau du vitrail se fait dans les années 1830-40 dans le cadre de la découverte exaltée de l’art gothique ».
Les fabricants des vitraux queyrassins sont presque tous connus. Notons, parmi ceux-ci, les ateliers Bessac qui ont également travaillé en d’autres lieux du diocèse plus tardivement.
Cet article est l’occasion de souhaiter que les archives des paroisses du Queyras soient rapidement regroupées pour qu’en soit établi les instruments de recherche complets qui les rendraient accessibles à l’étude.


Luc-André Biarnais,
archiviste du diocèse de Gap et d'Embrun

dimanche 4 décembre 2016

Une monographie sur Baratier

Baratier sans Barat, L’Argentière-La Bessée, Éditions du Fournel, 2016, 197 p.
« La vie est un stage d’amour où il faut apprendre à aimer tout simplement ». Cette citation du père Jules Reymond, vicaire paroissial à partir de 1968 et curé de 1987 à 2001, illustre le portrait de cette personnalité marquante de Baratier, de l’Embrunais et du diocèse. Cette phrase pourrait caractériser ce livre de passionnés de leur commune.
Le livre que nous offre Baratier est un livre de mémoires. La première est celle d’un passé lointain avec ce que nous dit l’archéologie de l’Antiquité, les cadastres de 1484 et 1674, les crises de 1585, 1692 et de la Révolution française. C’est ensuite la mémoire enfouie mais que les plus anciens connaissent par leurs parents et grands-parents : la fin du XIXe siècle et le début du suivant.

Une mémoire vive

C’est la mémoire vécue qui tient la partie la plus importante du livre avec, par exemple, les derniers pèlerinages au Clos-du-Laus (p 134) et la fête patronale de Saint-Chaffrey (p 136-138). Parmi les portraits de personnalités, notons ceux de Mgr Auguste Bonnabel (p 60) et du père Jules Reymond (p 181). La liste des curés depuis le début de ce siècle a été publiée (p 165) à partir des renseignements fournis par les archives diocésaines :
Père Félix Caillet (2001-2003)
Jean-Pierre Oddon (2004-2013)
André Bernardi (depuis 2013).

samedi 21 mai 2016

Notre-Dame de Consolation à La Bâtie-Neuve montre l’intérêt des périodiques locaux pour l’histoire de l’Église


Nous avons écrit ici quel était l’intérêt des magazines locaux. Les inaugurations des travaux de l’église de La Bâtie-Neuve en 1963 et en 2016, couvertes par Alpes et Midi, nous permettent de montrer apports et limites de ces périodiques conservés à la Médiathèque Mgr Depéry.
A 53 ans d’écart, l’hebdomadaire Alpes et Midi évoque par deux fois la « restauration de l’église de La Bâtie-Neuve ». Bien entendu, il ne faut pas chercher dans ces revues, qui n’ont pas de vocation scientifique, des précisions historiques : l’église actuelle ne date pas du XIIIe siècle, contrairement à ce qu’indique l’édition du 19 avril 1963.
En revanche, ces articles permettent de découvrir des éléments iconographiques. La comparaison entre les restaurations du chœur montre la recherche du dépouillement en 1963 et celle de la valorisation historique du mobilier liturgique en 2016. De même, la photographie de la voûte, en 1963, illustre la phrase de 2016 : « les voûtes s’affaissaient, elles seront refaites en structure bois ».

Alpes et Midi est un magazine d’actualité annonçant un événement ou le couvrant : Mgr Georges Jacquot inaugure les travaux et consacre le nouvel autel le 21 avril 1963. Le 24 avril 2016, les autorités civiles inaugurent à leur tour la rénovation civiles en présence du curé, l’abbé Charles Troesch, avant la consécration et la dédicace du 7 mai 2016 par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun


mercredi 13 avril 2016

Le patrimoine du Buëch et des Baronnies vous écrit

Par sa Lettre aux amoureux du patrimoine, l’association départementale de sauvegarde du patrimoine du pays du Buëch et des Baronnies met en valeur l’identité historique de ces vallées du sud du département des Hautes-Alpes.



Nous avons écrit ici l’importance des magazines associatifs pour l’histoire locale. La Lettre aux amoureux du patrimoine est, dans ce cadre, parmi ce qui se fait de mieux, avec des textes pertinents sur les sujets traités. L’iconographie est riche et soignée. Les photographies sont généralement créditées et les documents d’archives sont référencés.
Un article de la nouvelle livraison (n° 67-68) évoque le « radelage » du bois à partir du XVIe siècle, dans lequel la chartreuse de Durbon est impliquée : « Le Buëch : route du bois de Durbon à Sisteron » (p 13-22). D’autre part, les œuvres du sud du département exposées au Musée muséum départemental pour « Les Hautes-Alpes dans les pas des rois mages » sont décrites dans un article rédigé par deux auteurs membres de l’équipe scientifique de cette exposition (p 36-40). Ce sont les tableaux représentant l’Adoration des bergers de La Bâtie-Montsaléon et la Nativité provenant de l’église paroissiale de Lagrand d’une part, et la statue de la Vierge allaitante conservée dans l’église de la Cluse en Dévoluy.
L’association départementale de sauvegarde du patrimoine du pays du Buëch et des Baronnies livre gratuitement sa revue à la médiathèque Mgr Depéry, permettant aux lecteurs de la consulter et le recensement de ses articles d’histoire religieuse dans la Revue d’histoire de l’Eglise de France.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun

dimanche 13 mars 2016

La bande Baudissard : où le crime se mêle à l'histoire de l’Église

Louis Reynaud, Histoire de la Bande Baudissard (1910-923) : les Bandits-Fantômes des Alpes, L'Argentière-la Bessée : Editions dou Courmié, Association Patrimoine de la Roche de Rame, 2015, 166 p.

Ce livre, consacré à un épisode de la criminalité de part et d'autre de la frontière franco-italienne, vient heureusement compléter la connaissance que nous avons de l'histoire de la Première Guerre mondiale dans le département. En toile de fond de cet ouvrage se trouvent la porosité des frontières, également évoquée par Emilie Carles dans Une Soupe aux herbes sauvages, et l'industrialisation de l'Argentière. La situation dans cette localité est évoquée dans « la main d'oeuvre coloniale de l'Argentière-La Bessée », contribution de Christel Manz à Vivre la guerre dans les Hautes-Alpes (p 142-151) dont la recension se trouve ici).
Des frères, nommés Baudissard et venus du Val Chisone, vont de 1917 à 1920 commettre sur les deux versants des Alpes des vols et des meurtres, dont celui de l'abbé Eugène Albert Rossignol dans la nuit du 14 au 15 août 1918 au presbytère de la Bessée.

jeudi 18 février 2016

L'église Saint-Victor de Chorges



Un dépliant et une visite virtuelle sont disponibles pour l'église Saint-Victor de Chorges.

L’œuvre du comité de sauvegarde du château de Tallard soulignée par le livre blanc du château de Tallard

Parmi les ouvrages importants parus en 2015 dans les Hautes-Alpes, il faut compter ce Livre blanc du château de Tallard, L’œuvre du Comité de sauvegarde et de la Société d’études des Hautes-Alpes (1958-2012) qui compte 157 pages.
Cet ouvrage décrit l’histoire de la sauvegarde et de la restauration du château de Tallard. Il ne s’agit pas d’un ouvrage d’archéologie et descriptif de ce « témoignage remarquable de l’architecture castrale dans les Hautes-Alpes » (p 5) à l’ « abandon depuis la fin du XVIIe siècle » (p 5). En revanche, ce sont soixante ans d’histoire du comité de sauvegarde dont le rôle important à Tallard se démontre en regardant l’état actuel du château du Glaizil. Ces deux monuments sont potentiellement des lieux de découverte par des dizaines de milliers de visiteurs annuels et ils offriraient ainsi une contribution au développement économique de leurs territoires.
Bien entendu, l’histoire du château est évoquée par les actions de protection et de restauration : des plans se trouvent en pages 30, 130 et 132. Dès 1897, la chapelle est classée au titre des Monuments historiques (p 31). La réfection de la toiture de la salle des gardes, sous le contrôle de l’architecte Maxime Belmont, s’achève en novembre 1962 (p 35), à la même époque que l’enceinte nord (p 38). L’ouvrage consacre 14 pages (p 41-55) à la restauration de la chapelle Saint-Jean. Le « phasage » des travaux aboutit à la période 1991-1996 qui concerne notamment la courtine et le grand escalier (p 91). Il faudrait ajouter à cette liste l’inauguration de la statue de la Trinité, évoquée dans Eglise dans les Hautes-Alpes (juin 2009, n° 45, page 14), consultable ici et sous formes papier et numérique à la médiathèque Mgr Depéry du diocèse de Gap et d’Embrun. Le père François Boespflug, op, a, notamment, publié un ouvrage à cette occasion : la Statue de la trinité de la chapelle du château de Tallard (Hautes-Alpes). Ce livre se trouve ici.
Cet ouvrage insiste sur le rôle des acteurs directs et indirects. Parmi les premiers, Georges Dusserre, président du Comité de sauvegarde à partir de 1972 et actuel vice-président de la Société d’Etudes des Hautes-Alpes. C’est l’occasion de rappeler ici que le Bulletin de la Société d’Etudes a publié de nombreux articles sur le château de Tallard. Citons ceux sur la chapelle, en 1966 (p 206-221) et en 1998 (p 65-73). Ce livre est aussi l’occasion d’un hommage à l’abbé Joseph Richard dit Duchamblo à la page 7. Il apparaît dans les pages suivantes, par exemple comme membre fondateur du Comité de sauvegarde (p 15) alors que parmi les membres d’honneur se trouvent l’évêque de Gap (Mgr Auguste Bonnabel) et le chanoine Edmond Motte. L’implantation projetée de l’ordre de Malte (p 20) induit également la présidence d’une messe solennelle par Mgr Robert Coffy lors de la visite d’une délégation en 1975 (p 135). Le père Elie Mathieu est présent lors d’une visite du grand-maître de l’ordre en 1974 (p 21) et le père Augustin Cler lors de la visite de 1976 (p 139).
Dès 1960, le chanoine Jean Flandin, vicaire général du diocèse de Gap, assiste à la représentation au château, de La Mégère apprivoisée de William Shakespeare (p 214). En 1965, Mgr Georges Jacquot préside la cérémonie de réconciliation de la chapelle pour son retour au culte (p 55-56), montrant l’intérêt qu’a eu l’Eglise pour ce lieu.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun

jeudi 11 février 2016

La nouvelle livraison du Bulletin de la Société d'Etudes des Hautes-Alpes fait la part belle à l'histoire du diocèse de Gap et d'Embrun

Le Bulletin de la Société d’Etudes des Hautes-Alpes paru en décembre 2015 offre, parmi ses 270 pages, six articles touchant à l’histoire religieuse du département et du diocèse. Ce sont :

Ph. FRANCESCHETTI ET O. HANNE : Un saint pour Gap : Arnoux et son culte (XIe - XXe siècle), p 47-62.
L. RIPART : L'abbaye de la Novalaise et son patrimoine provençal, p 63-76.
G. CANTINO WATAGHIN : L'abbaye de Novalaise, p 77-86.
J. - G. LAPACHERIE : Les chemins de la Croix dans le Queyras, p 87- 104.
P. PARAVY : La cathédrale d'Embrun à la fin du Moyen Âge : entre crise religieuse et pastorale conquérante, p 105- 114.
J. - P. ROUGE : Catalogue de MM. les officiers et confrères pénitents de Pont-de-Cervières érigés sous le vocable du Saint-Nom de Jésus pour l'année 1852 précédé en avant-propos d'une supplique des habitans dudit hameau à Monseigneur l'évêque de Digne, fort édifiante sur certains points, datée du 09 septembre 1806, p 183-192.

Le Moyen Âge avec saint Arnoux, la Novalaise et la cathédrale d’Embrun est très représenté. C’est le cas aussi pour la période contemporaine avec les chemins de croix du Queyras et les pénitents de Pont-de-Cervières.

Les articles font parfois référence à des livres parus dans le diocèse. Ainsi, Philippe Franceschetti et Olivier Hanne évoquent Sur les Pas de Louis Court, paru aux Editions du Laus en 2014 (ici : http://fr.calameo.com/read/002297452628b778df1f3). De même, Jean-Gérard Lapacherie cite le tapuscrit du chanoine Louis Jacques, Les Chapelles rurales des Hautes-Alpes qui date des années 1960. Cet article fait référence à plusieurs reprises aux archives diocésaines. Jean-Pierre Rouge le fait également pour son texte sur les confréries.

Parmi les recensions bibliographiques se trouve celle de Le Diocèse de Gap et d’Embrun hier et aujourd’hui (les Edtions du Signe, 2015, 163 p) ainsi que celle de la Monographie d’Abriès par l’abbé Berge et édité par Jean-Gérard Lapacherie. Nous en avions publié une recension ici (http://livresadecouvrir.blogspot.fr/search/label/Abri%C3%A8s). La Gazette des archives consacrée aux archives des jeunesses, dans laquelle un article étudie la pastorale des jeunes du diocèse, fait aussi l’objet d’une analyse dans ce numéro du Bulletin de la Société d’Etudes des Hautes-Alpes. Le Guide des sources ecclésiastiques sur la Première Guerre mondiale pour le Sud-Est de la France, Sur les pas de Louis Court, et Sébastien et Roch : deux saints populaires dans les Hautes-Alpes sont cités. Louis Jacquignon signe la notice nécrologique de Mgr Georges Lagrange (1929-2014) et celle de l’abbé Joseph Peyre (19216-2015) est rédigée par le père Pierre Fournier.


Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun

vendredi 22 janvier 2016

Libraires du Nouveau Monde de Briançon à Rio de Janeiro

Jean-Jacques Bompard, Libraires du Nouveau Monde de Briançon à Rio de Janeiro, Fontaine, Presses universitaires de Grenoble, 2015, 224 p.

A travers le destin, comme libraire à Rio de Janeiro, de son ancêtre Jean-Baptiste Bompard (1797-1890) et grâce à des recherches très précises dans les archives et bibliothèques françaises, portugaises et brésiliennes, l'auteur nous permet de découvrir plusieurs pans d'histoire.

Le premier est celui de la librairie et de l'édition par des familles originaires du Monêtier près de Briançon. Ces familles ont laissé des traces importantes dans les archives des communautés, notamment dans les registres de catholicité. Elles ont tissé entre elles un réseau de solidarités familiales, économiques et sociales y compris dans leurs destinations professionnelles au Portugal (Lisbonne) et dans la péninsule italienne (Turin ou Gènes par exemple). Une autre facette du livre est celle présentant Rio de Janeiro, capitale ultramarine du Portugal durant l'occupation de ce pays par les troupes françaises à partir de 1807-1808. Cette ville est un port d'arrivée, de commerce et d'activité des esclaves venus d'Afrique. Elle est aussi l'un des points de départ du développement du Brésil indépendant (1822).

Ce livre permet de découvrir de nombreux tableaux et objets appartenant à la famille Bompard. Il permet aussi de comprendre comment le savoir, l'information, la culture se répandent par les libraires aux XVIIIe et XIXe siècles.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d'Embrun


Page de titre du volume XXX des Mélanges de Rossignol de Vallouise (1726-1805), édités par Fantin, libraire haut-alpin travaillant à Paris. A cette époque, l'abbé Jean-Joseph Rossignol réside à Turin.

dimanche 20 décembre 2015

Dédicace du livre Le diocèse de Gap et d'Embrun hier et aujourd'hui


Le père Pierre Fournier, responsable de la Formation permanente du diocèse de Gap et d'Embrun, dédicacera le livre Le diocèse de Gap et d'Embrun hier et aujourd'hui à l'Office du Tourisme de Veynes le mardi 22 décembre de 14h à 17h30.

mercredi 15 avril 2015

Mgr Irénée-Yves Dessolle, un évêque au service de l’unité

Gérard Dessolle, Envoyé par l’Eglise et l’Etat, Mgr Irénée-Yves Dessolle (174-1824), Digne, Association pour l’étude et la sauvegarde du patrimoine religieux de la Haute-Provence, 1998, 139 p.


« Dans ces temps troublés, il n’était pas aisé de faire des choix temporels et spirituels » a répondu Gérard Dessolle à La Dépêche, le 14 avril 2000. Il fait alors paraître Paul-Benoît Barthe, le Solitaire. Il est présenté comme ayant « un intérêt particulier pour cette période » de la Révolution et du début du Concordat. C’est avec cette problématique, donc, que l’abbé Gérard Dessolle présente Mgr Irénée-Yves Dessolle, d’abord évêque de Digne (1802-1805) puis de Chambéry (1805-1823). Ce dernier diocèse, au civil, est administré par la France jusqu’en 1815.
L’épiscopat durant le Consulat et l’Empire est bien connu grâce aux travaux de Jacques-Olivier Boudon que ce soit par Les Elites religieuses à l’époque de Napoléon : Dictionnaire des évêques et vicaires généraux du premier empire (Paris, Fondation Napoléon, 2002 ; dans le catalogue de la bibliothèque Mgr Depéry ici) ou L’Episcopat français à l’époque concordataire (Paris, Le Cerf, 1996) pour des travaux généraux. Pour cet auteur et pour un évêque passé par Gap, il est possible de citer « L’itinéraire épiscopal de Mgr de Maillé de La Tour-Landry (1743-1804) » (Eglise dans les Hautes-Alpes, n° 100, juin 2014, p 14)

Irénée-Yves Dessolle, par son premier discours à Digne, en 1802, « disposera heureusement les esprits à l’union et à la paix. Il fit preuve d’une grande sagesse et d’une rare prudence dans l’organisation de son diocèse et de son chapitre cathédral » (J.-J. M. Féraud, Souvenirs religieux des Eglises de la Haute-Provence, reprint : éditions Jeanne-Laffitte, p 305). Son court épiscopat dignois est occulté par celui de son successeur, Mgr de Miollis (1805-1838). Les deux personnalités ont d’ailleurs de nombreux points communs, une étude prosopographique complète serait fort intéressante pour l’histoire ecclésiastique locale.
Comme Mgr de Miollis jusqu’en 1823, Mgr Dessolle eut la juridiction sur le futur diocèse de Gap. Il s’y rend officiellement dès le 24 octobre 1802. Il y reçoit, avec le préfet Ladoucette, les serments concordataires du clergé le 27 avril 1803. Il est « au service de l’unité » (chapitre 5, p 45), permettant ainsi à Portalis d’écrire à Bonaparte, en septembre 1803, que « l’organisation du diocèse de Digne avait été prompte et facile » malgré l’opposition des Gapençais à être gouvernés du chef-lieu des Basses-Alpes.

Luc-André Biarnais
archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun


samedi 11 avril 2015

Le passage de Napoléon dans les Hautes-Alpes raconté par des contemporains

Jean-Pierre Jaubert, Napoléon dans les Hautes-Alpes (1815), des témoins racontent…  Editions des Hautes-Alpes, 2014 [2015 ?], 199 p.



C’est un ouvrage comparable à celui qui traitait de Lesdiguières et de Puymaure (notre recension) que nous livre Jean-Pierre Jaubert sur Napoléon dans les Hautes-Alpes. Après son court règne sur l’île d’Elbe, Napoléon tente de restaurer l’Empire : son retour passe par le département des Hautes-Alpes. Ce nouveau livre, comme le précédent, est illustré par Bernard Nicolas.

L’ouvrage satisfera les amateurs d’anecdotes, telle celle de la rencontre, au Poët, entre Napoléon et l’abbé David qui venait de sonner l’heure du catéchisme. Les gourmets d’histoire politique et militaire y trouveront également leur compte.


Sur Napoléon et les Hautes-Alpes, vous pouvez également consulter à la bibliothèque diocésaine Mgr Depéry :
Roselyne Guiboud-Ribaud, Les Cent Jours, Gap, Ribaud, 1969, 25 p.
Joseph Michel, La Saint-Napoléon à Gap en 1806.


Luc-André Biarnais
archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun

lundi 6 avril 2015

Les magazines institutionnels et l’histoire religieuse locale

La publication récente de Vivre plus haut, le magazine du conseil général des Hautes-Alpes, est l’occasion de souligner l’intérêt des périodiques régionaux, départementaux, communautaires et municipaux, pour la recherche locale en histoire religieuse.
Dans le numéro 38 (février 2015) de Vivre plus haut, deux restaurations d’églises sont évoquées. La première est celle de Notre-Dame d’Aquilon à Guillestre et la seconde est celle des Saints-Fabien et Sébastien de la paroisse du Bez, hameau de la commune de La Salle-les-Alpes.
Au Bez, c’est un bâtiment dont tombent des pierres que la commune veut sécuriser et restaurer. A Guillestre, l’accident de noël 2013 a montré la nécessité d’une réhabilitation. Le coût des travaux, les réalisations et une brève notice historique sont les éléments constituant l’article. Celui-ci est un instantané destiné au grand public, sur un bâtiment. Bien entendu, il ne faut pas oublier que ces magazines « institutionnels » vantent les mérites de ceux qui les produisent. Ils sont, pourtant, une porte d’entrée d’intérêt pour les chercheurs locaux.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun


jeudi 26 mars 2015

Une histoire inédite du diocèse de Gap et d'Embrun


Découvrez dès le 1er mai 2015 ce livre sur l'histoire du diocèse de Gap et d'Embrun, réunissant les dernières recherches sur le sujet.

Hélène Biarnais
responsable de la bibliothèque Mgr Depéry du diocèse de Gap et d'Embrun

vendredi 6 mars 2015

L’historiographie du Queyras s’enrichit de la Monographie d’Abriès de l’abbé Pierre Berge

En éditant ce texte, Jean-Gérard Lapacherie éclaire l’histoire d’une communauté rurale et de montagne.


Abbé Pierre Berge, Monographie d’Abriès, notes pour une histoire d’Abriès recueillies par l’abbé Pierre Berge, curé d’Abriès, présentations et notes de Jean-Gérard Lapacherie, Val-des-Prés, Transhumances, 2014, 289 p.

Jean-Gérard Lapacherie, agrégé de Lettres modernes, docteur en linguistique et qui a travaillé à l’université de Pau, se fait une spécialité de publier des textes inédits. Ainsi, dans le Bulletin de la Société d’Etudes des Hautes-Alpes de 2013, il a offert le « Journal de l’abbé Chaffrey Martin » (p 189-206, voir ici ce que nous en avons dit ) et dans celui de 2014, les « Souvenirs d’enfance » de l’abbé Paul Guillaume (p 159-168). La Monographie d’Abriès est un texte plus conséquent en volume et, surtout, d’un genre bien différent de l’autobiographie et du journal intime.

L’abbé Pierre Berge, dont la photographie ouvre l’ouvrage (p 4) est curé d’Abriès de 1917 à 1938. Le texte présenté par Jean-Gérard Lapacherie a été rédigé de 1928 à 1932. Il est, enfin, publié. Son intérêt est grand pour l’histoire d’Abriès et du Queyras. 

mercredi 12 novembre 2014

L’Ubaye et la Grande Guerre

Un ouvrage fouillé donne sa place à la vallée de l’Ubaye dans le contexte de la Première Guerre mondiale

Hubert Tassel, L’Ubaye et la guerre de 1914-1918, Editions du Fournel, 2014, 304 p.

« Dans l’ensemble, [les récits] témoignent d’une foi en l’issue victorieuse de la guerre et d’une confiance envers leurs chefs même si parfois pointent des signes de mécontentement voire d’indignation » (p. 142).
Sous la responsabilité de l’Amicale ubayenne des Chasseurs alpins, Hubert Tassel dans L’Ubaye et la guerre de 1914-1918 évoque le sort des soldats venus de l’Ubaye dans la Grande Guerre. Il s’appuie sur de nombreuses sources notamment provenant d’archives ecclésiastiques et sur les travaux de l’abbé Alphonse Collé, curé de Ménil-sur-Belvitte, localité du front. L’auteur est militaire et maîtrise le vocabulaire de la guerre et des soldats.
Cet ouvrage enrichit l’histoire locale. Il pose le contexte et le récit est étayé par des sources variées et une bibliographie comprenant des documents électroniques.

mardi 11 novembre 2014

Deux ouvrages témoins du renouvellement historiographique sur la Première Guerre mondiale

Hôpitaux militaires dans la guerre 1914-1918, Ysec, 2014, 335 p.

Mon Village dans la Grande Guerre, Remollon (1914-1918), Copymedia, 2014, 278 p.


La commémoration de la Première Guerre mondiale, nous l’avons déjà écrit ici, provoque un renouvellement dans l’historiographie par des publications nationales ou très locales. Elles interrogent les sources, les publient parfois, les analysent à la lumière des dernières recherches. Elles offrent au curieux, à l’érudit, au chercheur, des perspectives nouvelles.

Le répertoire général des hôpitaux militaires, sous-titre de Hôpitaux militaires dans la guerre 1914-1918 (dont le tome IV est consacré au Sud-Est de la France) propose une analyse historique sur ces établissements sanitaires et une liste accompagnée d’une iconographie originale, notamment avec la publication des marques postales.

Cet ouvrage permet de voir la répartition des hôpitaux militaires dans les Hautes-Alpes : établissements bénévoles, par exemple à l’école des filles de Saint-Bonnet en 1914 et au petit séminaire de Serres jusqu’en 1916. Il permet d’évaluer l’importance relative du département dans cet ensemble puisque trois pages sur la totalité lui sont consacrées, six pour l’Ardèche et deux pour les Basses-Alpes, actuelles Alpes de Haute-Provence.

Yves Chiaramella et Nathalie Audier, eux, nous offrent avec Remollon (1914-1918) une lecture de la guerre dans cette commune des Hautes-Alpes. Les auteurs proposent une contextualisation du conflit et un itinéraire des soldats de Remollon, tombés ou revenus de la guerre.


mardi 28 octobre 2014

La Première Guerre mondiale dans les Hautes-Alpes

 
 
Vivre la guerre dans les Hautes-Alpes : loin du front, la guerre de tous, 1914-1918
Sous la direction de Gaël Chenard et Pierre Spitalier, préface d'André Bach
 
 
S’il était nécessaire de trouver une raison aux commémorations successives, ce livre Vivre la guerre dans les Hautes-Alpes : loin du front, la guerre de tous (1914-1918) serait une bonne réponse. En effet, le renouvellement de la bibliographie, l’ouverture de perspectives historiographiques sont le fruit de ce centenaire, comme ils l’avaient été pour le bicentenaire de la Révolution française en 1989.
L’ouvrage dirigé par Gaël Chenard (directeur des archives départementales des Hautes-Alpes) et Pierre Spitalier (enseignant à Gap) est publié chez Privat, maison gage de sérieux éditorial. Ici, la qualité de l’iconographie et de la mise en page font de Vivre la guerre dans les Hautes-Alpes un livre agréable à lire. Il est composé de contributions couvrant de nombreux domaines de la guerre : la place du 159e régiment d’infanterie dans le concert des armées en 1914-1915 est étudiée par Nicolas Cottin (p 55-70), « Les paysans alpins dans la guerre » par Christel Manz (p 120-141). C’est la même qui traite du sujet peu connu de « La main d’œuvre coloniale de l’Argentière-La Bessée » (p 142-151). Le lecteur aurait cependant apprécié de connaître un peu mieux les auteurs, ne serait-ce que par la simple mention de la profession.
L’histoire des mentalités gagnerait à ce que des sources peu exploitées, et rendues accessibles désormais, soient étudiées. Pensons aux chroniques tenues par les curés de paroisse ou les congrégations religieuses du Saint-Cœur et de la Providence, par exemple. Certaines de celles-ci sont répertoriées dans le Guide des sources ecclésiastiques sur la Première Guerre mondiale pour le Sud-Est de la France, paru électroniquement en novembre 2013 et disponible sur ce site Christianisme et mémoires en Provence. Le texte de la Providence est, il faut le souligner, cité page 183 dans l’article de Dominique Robert-Loubet (Le soin des blessés dans les Hautes-Alpes, p 171-189). De même, la mention du décès de Mgr Prosper Amable Berthet (p 186), qui a contracté « une simple bronchite » en octobre 1914 en visitant des malades à l’hôpital complémentaire pouvait être précisée par une consultation des sources diocésaines, ne serait-ce que la Quinzaine religieuse. La place de Mgr Gabriel de Llobet, évêque de Gap après la mort de Mgr Berthet, dans l’aumônerie aux armées puis parmi les anciens combattants serait intéressante à rendre publique, ainsi que les rapports entre le département et le territoire frontalier de l’Italie.
Les statistiques amènent des éclairages intéressants. Cependant, celles des « Morts et des disparus de la guerre entre les différentes professions » (75,4 % sont des agriculteurs ; 1,7 % sont des militaires de carrière ; 0,3 % des ecclésiastiques) auraient pu être étayées par la répartition de ces mêmes professions dans la population active (p 337). Enfin, il aurait été plus clair de distinguer, dans la bibliographie, les ouvrages généraux traitant de la Grande Guerre de ceux ayant comme sujet les Hautes-Alpes ou des localités du département. Cette bibliographie est complétée par une (trop) courte filmographie comptant une seule référence, les ressources électroniques auraient été bienvenues telle www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Il ne reste qu’à attendre les travaux complémentaires que ce livre ne manquera pas de susciter.
Luc-André Biarnais, archiviste du diocèse de Gap, co-coordinateur du Guide des sources ecclésiastiques sur la Première Guerre mondiale pour le Sud-Est de la France.

lundi 28 juillet 2014

Le Dictionnaire historique des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée

"Il est un ouvrage de référence, contenant des articles qui traitent des membres et de la mission des Oblats de Marie Immaculée, de même que tout autre sujet qui peut jeter de la lumière sur l'histoire et la vie de la Congrégation.

Comme outil de connaissance, il donne quelques détails utiles sur les personnes, les lieux, les œuvres et les évènements significatifs qu'on veut connaître... Comme outil de recherche, il donne  des informations sur quantité des sujets : fondation et histoire des provinces et maisons, liste des supérieurs généraux et provinciaux, structures de l'administration générale et des provinces, archives, etc." Extrait de l'Introduction au dictionnaire par Franck Santucci o.m.i. Président de l'AERO (Association d'études et de recherches oblates).

Les Archives diocésaines de Marseille proposent en usuel les deux premiers volumes. Le volume 1 intitulé En France au temps du fondateur comprend essentiellement des biographies et les notices historiques des maisons oblates fondées en France.

Pour la Province ecclésiastique de Marseille, citons parmi les nombreuses entrées :
  • Le Calvaire et l'Oeuvre des Italiens, la campagne Saint-Just, le Grand Séminaire de Montolivet, Notre-Dame de la Garde à Marseille.
  • Notre-Dame de Lumières.
  • Notre-Dame du Laus.
  • Le Grand Séminaire et la maison d'Aix-en-Provence.
  • Le Grand Séminaire et le Petit Séminaire Notre-Dame d'Ajaccio, le couvent de Vico.
Le volume 2 Hors de France au temps du Fondateur relate des missions étrangères.

Saluons ici le remarquable travail des historiens de la congrégation qui fournissent aux lecteurs l'histoire précise de la mission des Oblats de Marie Immaculée telle que l'a voulue le Fondateur, saint Eugène de Mazenod.

Collectif, Dictionnaire historique des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, vol. 1 et 2, AERO, Rome, 2004 et 2008, 750 p et 631 p.

vendredi 18 juillet 2014

La lumière pour Sainte-Lucie de Risoul

Première esquisse du projet, sur papier
Nous sommes en présence de deux maquettes pour un vitrail qui sera finalement posé en 1955 dans l’église paroissiale de Risoul. Le vitrail est un assemblage de verre par un réseau de plomb. Il a une fonction de clôture et d’éclairage, le vitrail distribue la lumière en la transformant, en la transfigurant par la couleur et la forme du verre. C’est aussi une écriture sainte peinte de mains d’homme pour reprendre les termes de l’encyclopédie Catholicisme, hier, aujourd’hui, demain. Le vitrail est donc une catéchèse, un enseignement religieux.