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dimanche 11 mars 2018

Une passion après Auschwitz ? autour de la Passion selon Marc


UNE PASSION APRÈS AUSCHWITZ ? AUTOUR DE LA PASSION SELON MARC 
DE MICHAEL LEVINAS
sous la direction de Jean-Marc Tétaz et Pierre Gisel
Paris, Beauchesne, 2017. 264 pages.


Présentation de l'éditeur

Cet ouvrage paraît à l’occasion de la création à Lausanne, lors de la semaine sainte 2017, de La Passion selon Marc. Une passion après Auschwitz du compositeur Michaël Levinas. Cette création prend place dans le cadre du 500e anniversaire de la Réforme protestante. Elle entreprend de relire le récit chrétien de la passion de Jésus dans une perspective déterminée par la Shoah.

Ce projet s’inscrit dans une histoire complexe, celle de l’antijudaïsme chrétien, dont la Réforme ne fut pas indemne, mais aussi celle des interprétations, théologiques et musicales, de la passion de Jésus de Nazareth. Et il soulève des questions lourdes, mais incontournables. Peut-on mettre en rapport la crucifixion de Jésus – la passion chrétienne – et l’assassinat de six millions de juifs ? Ne risque-ton pas d’intégrer Auschwitz dans une perspective chrétienne, et du coup de priver la Shoah de sa radicale singularité ? De redoubler la violence faite aux victimes d’Auschwitz en lui donnant un sens qui en dépasserait le désastre, l’injustifiable, l’irrémédiable ?

Le livre propose une série d’éclairages sur les questions que soulève le projet d’une Passion après Auschwitz : relectures du récit de la passion selon Marc, analyses historiques, réflexions sur quelques figures juives de l’interprétation de la Shoah, reprises théologiques chrétiennes enfin, autour des questions posées à la christologie et à la théologie de la passion. L’ouvrage se conclut par un entretien avec le compositeur qui revient sur son approche de cette thématique et sur sa démarche.

Ont participé à cet ouvrage : Danielle Cohen-Levinas, Corina Combet-Galland, Marc Faessler, Pierre Gisel, John Jackson, Daniel Krochmalnik, Pierre-Olivier Léchot, Michaël Levinas, Jean-Marc Tétaz et Christoph Wolff.



SOMMAIRE
Jean-Marc Tétaz et Pierre Gisel : Avant-propos

Corina Combet-Galland : La Passion selon Marc.
Ou la mort précédée de ce qui la dépasse ?
1. L’onction par effraction, ou la surabondance dans la maison du Pauvre
2. Le dernier repas : la fraction, les fractures de la communion
3. Le passage par la nudité
4. Les procès : la vérité au jeu de la dérision
5. La croix. Du « pourquoi » sans réponse au « vraiment » de la reconnaissance
6. En guise de conclusion

Marc Faessler : La Passion selon Marc, ordalie du Silence 
de Dieu
1. L’« in-ouï » du silence
2. L’ordalie dans les sollicitations bibliques du récit de la Passion
3. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu embuissonné (dans le Silence) ? »

Pierre-Olivier Léchot : « Des maîtres très grossiers
et des élèves de l’Écriture dépourvus de zèle ». Quelques motifs théologiques de la polémique anti-juive
 chez Luther
1. Luther antisémite ? Quelques données historiques touchant Luther
2. Un débat herméneutique, à propos de la figure du Christ-Messie
3. Remarques conclusives 

Christoph Wolff : Les Passions selon Jean, Matthieu et Marc de J.S. Bach dans leur contexte historique
1. La Passion selon Saint Jean
2. La Passion selon Saint Matthieu
3. La Passion selon Saint Marc 

John E. Jackson : Paul Celan – une passion juive ?

Daniel Krochmalnik : Servus Dei. À propos d’une icône de la Shoah
1. Habent sua fata imagines
2. Judea capta
3. Ecce homo
4. Nostra aetate


Jean-Marc Tétaz : La mort du juif Jésus et la question  de la christologie

1. Der Meister : raconter l’histoire de Jeschua après Auschwitz
2. La « troisième quête » du Jésus historique et la destruction de la continuité entre le Jésus de l’histoire et le Christ de la foi
3. La christologie comme construction métaphorique de la mémoire croyante
4. La christologie entre histoire et mémoire
5. Christologie et identité de la personne 

Pierre Gisel : Golgotha et Auschwitz, une passion ?
1. Une surdétermination chrétienne du destin de l’homme Jésus
2. Pour autant que soit en cause une passion, qu’y lire et qu’en faire ? D’un différend entre deux voies divergentes
3. Interlude : ce que, pour mon compte, je retiens, et ce qui reste à approfondir
4. En plus grande proximité, mais où le différend insiste
5. Un « fait chair » pour un « faire voir »
6. Retour sur le motif d’une passion, la manière de l’investir et de répondre de ce qui s’y joue


Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

http://www.editions-beauchesne.com/userfiles/Le-Monde-Festival-Musica-Les-voix-de-la-Passion.pdf

jeudi 3 septembre 2015

Soixante-dix ans après, la déportation au cœur du XXe siècle

Le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale marque aussi la fin des systèmes concentrationnaires et d’extermination organisés par le régime nazi et parfois appliqués dans les territoires conquis par des gouvernements installés par l’occupant.
Les juifs, avec près de six millions de morts, ont été parmi les victimes de ces persécutions. En France, des missions d’Etat, appelées habituellement Mattéoli et Drai, par les noms de ceux qui les ont présidées, ont fait le point sur ces questions, sous l’angle des spoliations. Le volume suivant est l’un des rapports d’étape de la mission Mattéoli :
Rapport général, Mission d’étude sur la spoliation des Juifs de France, Paris, la Documentation française, 2000, 205 p.
Des centres de recherche ont travaillé sur ces sujets et soutenu des publications sur l’histoire locale. Prenons, par exemple, deux parutions vendéennes sur la protection des enfants juifs :
Abbé Georges de Guerry, « Je suis partout où se trouve l’oppression » : Hélène de Suzannet, in Recherches vendéennes, n° 11, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques, 2004, p 567-578.