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vendredi 6 décembre 2019

Le Coran vu par des historiens


Le Coran des historiensSous la direction se Ali Amir-moezzi et de Guillaume Dye
 Paris, Le Cerf, 2019. 4372 pages


 Présentation de l'éditeur

Un événement mondial ! Objet de toutes les controverses, le Coran n'avait jamais été commenté par les historiens. Réunissant 30 meilleurs spécialistes internationaux, cette somme unique lève un tabou et inaugure un ère nouvelle d'interprétation.
Première mondiale, ce monument savant et accessible, qui réunit trente spécialistes internationaux, offre, en trois mille pages, une synthèse complète et critique des travaux passés et des recherches présentes sur les origines du Coran, sa formation et son apparition, sa composition et sa canonisation : vingt études exhaustives sur le contexte introduisent ici à l'analyse circonstanciée du texte, les éléments archéologiques et épigraphiques, les environnements géographiques et linguistiques, les faits ethnologiques et politiques, les parallèles religieux éclairant, verset après verset, en un commentaire total les cent quatorze sourates du livre fondateur de l'islam.
Une aventure inédite de l'esprit.
Une somme sans précédent dans l'histoire.
Une contribution majeure à la science.
Une avancée décisive pour la compréhension mutuelle des cultures.

Biographie de l'auteur
Professeur des Universités, membre de l'Académie Ambrosienne de Milan, Mohammad Ali Amir-Moezzi est directeur d'études à l'École pratique des hautes études/PSL. Guillaume Dye est professeur d'islamologie à l'université libre de Bruxelles, membre du Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité (CIERL)


Éditeurs

Mohammad Ali Amir-Moezzi, Professeur des Universités, est directeur d’études à l’École pratique des hautes études/PSL et membre de l’Académie Ambrosienne de Milan.
Guillaume Dye est professeur d’islamologie à l’université libre de Bruxelles, membre du Centre interdisciplinaire d’étude des religions et de la laïcité (CIERL).

Contributeurs 

Mohammad Ali Amir-Moezzi (EPHE)
Mehdi Azaiez (Université de Lorraine/KU Leuven)
Samra Élodie Azarnouche (EPHE)
Meir M. Bar-Asher (Université Hébraïque de Jérusalem)
Mette Bjerregaard Mortensen (Université Libre de Bruxelles)
Anne-Sylvie Boisliveau (Université de Strasbourg)
Antoine Borrut (Université du Maryland)
Éléonore Cellard (EPHE)
Muriel Debié (EPHE)
Julien Decharneux (Université Libre de Bruxelles)
François Déroche (Collège de France)
Vincent Déroche (EPHE)
Guillaume Dye (Université Libre de Bruxelles)
Frantz Grenet (Collège de France)
David Hamidovic (Université de Lausanne)
Frédéric Imbert (Université Aix-Marseille)
Christelle Jullien (CNRS)
Manfred Kropp (Université de Mayence)
Paul Neuenkirchen (EPHE)
Karl-Friedrich Pohlmann (Université de Münster)
David S. Powers (Université de Cornell)
Gabriel Said Reynolds (Université de Notre Dame, USA)
Christian Julien Robin (CNRS)
Carlos A. Segovia (Université de Saint Louis de Madrid)
Stephen J. Shoemaker (Université d’Oregon)
Michel Tardieu (Collège de France)
Tommaso Tesei (Institute for Advanced Studies de Princeton)
Jan M. F. Van Reeth (Faculté des sciences

 Table des matières (Tome 1/3)


LE CORAN ET LES DÉBUTS DE L’ISLAM : CONTEXTE HISTORIQUE ET GÉOGRAPHIQUE
L’Arabie préislamique (Christian Julien Robin)
II. Arabes et Iraniens avant et au début de l’islam (Samra Azarnouche)
III. Les vies de Muhammad (Stephen J. Shoemaker)
IV. De l’Arabie à l’empire (Antoine Borrut)
LE CORAN AU CARREFOUR DES TRADITIONS RELIGIEUSES DE L’ANTIQUITÉ TARDIVE
Le judaïsme et le Coran (Meir M. Bar-Asher)
VI. Les communautés religieuses dans l’Empire byzantin à la veille de la conquête (Muriel Debié et Vincent Déroche)
VII. Les chrétiens en Iran sassanide (Christelle Jullien)
VIII. Le christianisme éthiopien (Manfred Kropp et Guillaume Dye)
IX. Les courants « judéo-chrétiens » et chrétiens orientaux de l’Antiquité tardive (Jan M. F. Van Reeth)
X. Le manichéisme : recherches actuelles (Michel Tardieu)
XI. Les écrits apocryphes juifs et le Coran (David Hamidović)
XII. Les apocalypses syriaques (Muriel Debié)
XIII. L’apocalyptique iranienne (Frantz Grenet)
XIV. Le Coran et son environnement légal (David S. Powers)

LE CORPUS CORANIQUE
L’étude des manuscrits coraniques en Occident (François Déroche)
XVI. Les manuscrits coraniques anciens (Éléonore Cellard)
XVII. Le Coran des pierres (Frédéric Imbert)
XVIII. Le corpus coranique : contexte et composition (Guillaume Dye)
XIX. Le corpus coranique. Questions autour de sa canonisation (Guillaume Dye)
XX. Le shi’isme et le Coran (Mohammad Ali Amir-Moezzi)
Annexe : Tableaux généalogiques
Bibliographie
Index
Table des matières


Vol. 1: Etudes sur le contexte et la genèse du Coran
Vol. 2a : Commentaire et analyse du texte coranique. Sourates 1 à 26
Vol. 2b : Commentaire et analyse du texte coranique. Sourates 27 à 114


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 Une critique du Journal LA CROIX


Les historiens décryptent le Coran « avant l’islam »
Sous la direction de deux islamologues paraît une ambitieuse synthèse d’une partie de la recherche historique sur le Coran.


« Le Coran des historiens » regroupe une équipe d’une trentaine d’auteurs, européens ou américains, de renommée internationale


Depuis les années 1970 et plus encore ces dernières années, le Coran et les origines de l’islam suscitent un « bouillonnement scientifique », marqué par une multiplication des publications et « des débats passionnants et souvent passionnés ». Hélas, tout ceci reste « relativement méconnu hors du cercle des spécialistes », écrivent Mohammad Ali Amir-Moezzi et Guillaume Dye dans leur introduction. D’où l’envie du premier, directeur d’études à l’École pratique des hautes études et spécialiste du chiisme, de « mettre un peu d’ordre » dans ces multiples travaux et d’en « offrir une synthèse à un public plus large ».
Après cinq ans de travail, le résultat vient de paraître aux Éditions du Cerf sous la forme d’un coffret en trois volumes, qu’accompagne une bibliographie en ligne afin de pouvoir être « complété » au fur et à mesure des parutions.

Le monde qui a vu naître le Coran
Le premier volume a été conçu comme « une monumentale introduction sur le monde qui a vu naître le Coran » : son contexte historique et géographique, qui en fait un « carrefour de traditions et le point de rencontre de plusieurs religions de l’Antiquité tardive » (judaïsme, christianisme, mais aussi judéo-christianisme, manichéisme, zoroastrisme…).

Toutes les questions délicates autour de la rédaction et de la canonisation du Coran y sont abordées. Les deux autres volumes se présentent classiquement sous la forme d’un commentaire par sourate et groupes de versets : non pas seulement à l’aide des sciences islamiques traditionnelles comme le pratiquent les « savants » musulmans depuis des siècles, mais « selon l’approche historico-critique et philologique ».
Une trentaine d’auteurs
Pour y parvenir, Guillaume Dye, professeur d’islamologie à l’Université libre de Bruxelles, et Mohammad Ali Amir-Moezzi ont constitué une équipe d’une trentaine d’auteurs, européens ou américains, de renommée internationale (Gabriel Saïd Reynolds ou Frédéric Imbert, spécialiste du « Coran des pierres ») ou « jeunes chercheurs remarquablement brillants ». Tous s’accordent sur une double démarche méthodologique : « porter un regard critique sur les sources musulmanes » mais aussi « considérer le Coran dans le contexte des monothéismes » déjà présents dans la région, résume Mohammad Ali Amir-Moezzi, qui a apporté sa connaissance des sources chiites sur l’élaboration du texte sacré.

L’équipe compte toutefois quelques grands absents, comme les chercheurs appartenant à « l’école allemande », animée par l’islamologue Angelika Neuwirth et dont la particularité est de s’appuyer aussi sur les sources islamiques ultérieures (hadith, faits et gestes prêtés par la tradition au prophète de l’islam ou à ses compagnons, et sira, biographie de Mohammed), mais aussi d’autres, plus isolés sur la scène mondiale comme l’historienne et anthropologue française Jacqueline Chabbi – à qui les auteurs doivent l’expression de « Coran des historiens ». L’objectif, ici, est d’essayer de comprendre le Coran « avant l’islam », c’est-à-dire avant que ce dernier ne se soit constitué en empire et que – selon la formule d’Amir-Moezzi – l’on ait « changé de planète ».
Scientifique, ce volumineux ouvrage se veut aussi « une initiative civique et politique dans le sens le plus noble des termes », affirment les deux auteurs, convaincus qu’« un des moyens les plus sûrs – mais aussi sans doute les plus lents, hélas – pour apaiser les esprits (…) est d’introduire l’histoire et la géographie dans l’examen des choses de la foi ».



Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles




vendredi 15 septembre 2017

Recherche sur le monde mouvement ébionite : de Jésus à Mahomet

Les disciples juifs de Jésus du Iersiècle à Mahomet : recherches sur le mouvement ébionite
Paris, Le Cerf, 2017.1218 pages.

Représentant une des tendances parmi les plus importantes du judéo-christianisme ancien, les Ébionites confessent la messianité de Jésus et observent les préceptes du judaïsme. Dominique Bernard les contextualise dans l'histoire de l'évolution du christianisme orthodoxe et du judaïsme rabbinique et détermine leur place dans la constitution de l'islam. Aucune source n'est éliminée, aucun texte n'est éludé. L'auteur traduit et analyse les sources patristiques, rabbiniques et arabophones musulmanes, juives et nestoriennes.

Cette magistrale étude est inédite en la matière, elle renouvelle notre approche des débuts du mouvement des disciples juifs de Jésus et met en lumière la place des Ébionites au sein des mouvances judéo-chrétiennes.

Véritable somme, cet ouvrage est une présentation méthodique de l'identité religieuse et culturelle du mouvement ébionite. Les conjectures de l'auteur, toujours impeccablement argumentées, et ses examens critiques des travaux qui l'ont précédé font de ce livre une mine inestimable sur les débuts parfois chaotiques du christianisme. 

À n'en pas douter, un instrument de travail indispensable pour tous ceux qui s'intéressent aux divers mouvements qui ont traversé les débuts du christianisme et aussi à tous ceux qui s'interrogent sur la naissance de l'Islam et de ses liens éventuels avec le judaïsme . Cette étude au demeurant fort bien documenté demande un effort soutenu pour pénétrer les arcanes d'un monde méconnu judéo-chrétien et pour situer les liens entre le mouvement ébionite et les débuts de l'Islam.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

mardi 30 mai 2017

Comprendre l'Islam

Comprendre l’Islam, ou plutôt on n’y comprend rien
Adrien Gandiard
Paris, Champs actuel, 2016. 119 pages.


Les manuels explicatifs, introductions et autres essais sur l'islam pullulent sur les rayons de nos librairies. Pas sûr pour autant que nous maîtrisions le sujet aujourd'hui mieux qu'il y a 20 ans. Paradoxe de la surexposition médiatique qu'il faudra bien un jour étudier... Dans son petit livre (une centaine de pages), Adrien Candiard, membre de l'Institut dominicain d'études orientales du Caire (Ideo), avant d'entrer dans le vif du sujet, se pose justement la question de savoir d'où vient cette difficulté à maîtriser un sujet dont on entend pourtant parler du matin au soir. Renvoyant dos à dos les explications essentialistes (« l'islam, c'est ça ») et relativistes (« l'islam n'existe pas, il n'y a que des musulmans qui vivent leur foi de manières fort diverses »), il met en évidence un certain nombre de difficultés théologiques, géopolitiques et parfois tout simplement psychologiques qui font que l'islam, hier et aujourd'hui, est devenu un sujet fort délicat à manier. On retiendra par exemple cette idée que, dans le monde islamique contemporain, le « renouveau » s'exprime d'abord par un désir de retour aux sources qui est loin d'aller de soi, et non pas par une course à la modernité, ou encore la distinction, fondamentale, entre islamisme et salafisme.
Un livre qu'il faut avoir lu.


Source : hebdomadaire La Vie

publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

mercredi 15 février 2017

Tarik Bengarai, Comprendre la finance islamique : principes, pratiques et éthique, Paris : éd. Les 4 Sources, 2016, 157 p., 8 €.

L'intérêt de ce livre réside dans le souci de l'auteur de moraliser le domaine si délicat de la finance dans le contexte actuel. L'exergue cite le Coran s'adressant à ceux qui souhaitent "observer la Thora, l'Évangile ou les révélations du Seigneur" (Sourate 5,66). L'auteur mentionne les dérives et scandales financiers à propos de Madoff et Kerviel (p.15). Il veut nous faire "comprendre la Finance Islamique" pour son apport d'éthique financière. Ingénieur diplômé (Paris-Sorbonne,..), Tarik Bengarai est auteur de livres sur la jurisprudence islamique, et chercheur en droit musulman et en finance. Il se fonde sur les principes du Coran: "L'argent en Islam est à Dieu (comme dépôt chez l'homme qui est Son vicaire) et non pas à l'individu ni à l'État" (p.54). Un grand principe du Coran est notamment l'interdiction de l'usure, du prêt à intérêt (comme dans la Bible: Ez 18,8; Ps 15,5; Dt 23,20;...). Faisant l'historique de la Finance islamique, Tarik Bengarai note comment "la finance islamique frappe enfin à la porte de la France" (p.27). Il précise alors les problèmes du marché interbancaire, des exigences islamiques des contrats de vente, de l'alternative au prêt immobilier, du partenariat actif... Par rapport à l'assurance commerciale classique, Tarik Bengarai fait valoir l'assurance solidaire islamique (p.122).
S'adressant aux chercheurs, praticiens de la finance et aux responsables politiques, doté d'un utile glossaire et d'une bibliographie, le livre est préfacé par
le Shaykh Abderrahmane Belmadi, professeur de théologie et de droit musulman à l'Institut de formation des imams à la Grande Mosquée de Paris. Tarik Bengarai conclut sur "l'avenir de la finance islamique (qui) dépend de sa capacité à concurrencer voire à superformer la finance classique, et de son aptitude à conquérir de nouveaux marchés".
Une telle étude suscite l'émulation interreligieuse pour prendre en compte sa proposition et la mettre en relation avec l'enseignement social de l'Eglise en matière financière comme dans l'encyclique de Benoît XVI Caritas in veritate et les travaux de chercheurs ou économistes de perspectives chrétiennes comme avec le jésuite Gaël Giraud. 

P. Pierre Fournier,
responsable de la formation permanente du diocèse de Gap et d'Embrun

jeudi 5 janvier 2017

"Le message, c'est la rencontre"

Khalil Merroun, Michel Dubost, Michel Serfaty, L’Imam, l’Évêque et le Rabbin, entretiens menés par Florence Méréo, Paris, Autrement, 2016, 251 p., 17 €.
Les paroles du pape François sur ce que représente une rencontre conviennent parfaitement à ce livre de circonstance, après les attentats de 2015. Le livre est introduit par la journaliste Florence Méréo (p 7-12) avant la présentation (p 13-32) des trois auteurs, en responsabilité dans le département de l’Essonne, qu’elle a fait dialoguer. Deux sont nés au Maroc, seul Khalil Merroun est originaire de Ceuta, enclave espagnole au nord de ce pays. La présentation est complétée par des biographies chronologiques (p 245-250). Khalil Merroun est le recteur de la grande mosquée d’Évry-Courcouronnes, Michel Serfaty est le rabbin de Ris-Orangis. Mgr Michel Dubost est l’évêque du diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes.
Un glossaire (p 233-243) décrit la bible, par exemple. Il explique, également, les fondements de la dhimma, « régime juridique auquel est soumis le non-musulman » en terre d’islam, ou l’importance des traités de Westphalie (1648) dans la relation entre catholiques et protestants dans une grande partie de l’Europe.
Ce livre, au-delà de vouloir « favoriser un dialogue sincère, ouvert et fraternel » (p 229) selon les mots des auteurs, donne des éléments de réflexion à chacun sur la situation actuelle de notre pays.
VOIR DANS LE CATALOGUE

Luc-André Biarnais
archiviste du diocèse de Gap

jeudi 27 octobre 2016

L'Autre Coran par Mondher Sfar

L’autre Coran
Mondher Sfar
Paris, Editions Sophonisbe, 2016. 436 pages.


Présentation des thèses de l’ouvrage

L'autre Coran est une étude critique qui aborde des domaines inédits : la théologie coranique, la nature de Dieu, la place du mal et de Satan dans la vie ici-bas et dans l'au-delà. Il nous fait découvrir aussi le point de vue des habitants de La Mecque, en développant les raisons qui les ont poussés à rejeter la prédication prophétique et à préférer leurs divinités. Se profilent alors, à travers les idées défendues par le Prophète arabe, des visées jihadistes qui veulent conquérir le monde par la terreur et le chaos.

L'Autre Coran invite à une remise en question de notre lecture et de notre compréhension du texte sacré de l'Islam. Il s'agit de déterminer la position du Coran vis-à-vis de la morale, de la justice, et de la distinction entre le bien et le mal. L'on découvre alors avec surprise que le Dieu du Coran privilégie sa Toute-Puissance au détriment de toute autre considération morale, de justice ou d'humanité. Le Dieu du Coran affiche même sa qualité d'un être agissant de façon arbitraire, et considère cette action comme un droit et comme justice. L'on comprend dès lors que le drame que notre monde vit de nos jours ne relève pas de la lutte entre civilisations, ou entre cultures, ou entre religions. Il relève de la morale et de notre représentation de l'homme et de la vie.

L'ultime question posée au Coran, - et qui devrait se poser pour toute idéologie – est : ce Coran s'engage-t-il du côté du bien et de l'homme, ou bien du côté du mal et contre l'homme ? Ce qui est étonnant, c'est que le Coran constitue, comme ce livre le démontre, une longue réponse à cette problématique de la morale. Mais l'on découvre que la réponse qu'il en donne ne va vraiment pas dans le sens auquel on a toujours cru jusqu'ici…

Pour mener cette enquête sur cette question essentielle du bien et du mal, l'auteur s'interroge tout d'abord sur la vraie identité et la vraie personnalité du dieu du Coran. La réponse nous est facilitée par les Beaux Noms que Dieu s'est donnés lui-même. Puis, vient l'évocation du rapport que ce Dieu a entretenu avec Satan, avec qui il a conclu effectivement un pacte pour agir contre l'humanité. Et l'on découvre aussi l'étrange décret formulé en toutes lettres par ce Dieu d'envoyer l'humanité entière, ainsi que les jinn, en Enfer.

Ce livre aborde plusieurs autres questions d'importance, notamment le récit de l'Exode selon le Coran où l'on découvre ses liens avec l'histoire et la mythologie égyptienne, notamment celle du mythe d'Osiris.

[source : note de l’éditeur]

L’auteur

Mondher Sfar, spécialiste du Coran est l’auteur entre autres de Le Coran, la Bible et l’Orient ancien, et du Coran est-il authentique ?

publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

lundi 22 août 2016

Aux origines de l'Islam









Le messie et son prophète : aux origines de l’Islam.Tome I : De Quram à MuhammadTome II : De Muhammad des Califes aux Muhammad de l’histoireEdouard-Marie GallezVersailles, Editions de Paris, 2010-2012. 2 volumes (574 pages, 524 pages)


Ces deux gros volumes présentent la thèse de Edouard-Marie Gallez pour le doctorat en théologie/histoire des religions soutenue à l’Université de Strasbourg II en 2004. C’est le résultat de plus de dix ans de recherches qui se répartit en deux tomes : le premier et axé sur le phénomène messianique et le second sur les questions islamologiques.

Pour l’auteur l’Islam s’enracine dans le judaïsme et le christianisme à travers les dérives de sectes  judéo-chrétiennes  qui avaient transformé le messianisme biblique en idéologie du salut : ils attendaient la seconde venue du messie qui dominerait la terre, la soumettant au pouvoir absolu de « Dieu » mais surtout de ses fidèles.
En partant d’une interprétation nouvelle des textes et des vestiges archéologiques l’auteur montre comment il est possible à l’historien de suivre cette pensée messianique qui se fait jour au IIè siècle de notre ère : il s’agit d’un système de pensée  qui de la fin du Ier siècle à la fin du Vième siècle donne naissance à une éphémère communauté judéo-arabe pour donner naissance à l’Islam tel qu’on le présente aujourd’hui.

Dans le premier tome l’auteur s’attache à déconstruire des certitudes :
- l’islam est né de la conjonction, dans la première moitié du VIIee siècle, de trois éléments qui vont se conjugués pour donner naissance à à l’Islam : les arabes qui avaient sans doute un vernis de christianisme, la présence de chrétiens appelés judéos-nazaréens porteurs d’une idéologie messianique de conquête, et pour finir le charisme d’un chef de guerre Mahomet appartenant à tribu arabe qui va permettre la réalisation d’une partie de cet objectif.une dans une alliance objective :

Dans le second tome Edouard-Marie Gallez donne une autre perspective sur le personnage de Mahomet et sur la diffusion de l’Islam par les califes qui se sont succédés  après la mort de Mahomet pour prendre le pouvoir .

 Délaissant les biographies officielles  E.-M. Gallez livre un autre portrait de Mahomet, loin de celle du prophète à qui l’ange Gabriel aurait révélé le Coran. Il dépeint un de ces hommes qui marque l’histoire par leur forte personnalité. En effet, il fut à la fois négociant, prédicateur, conquérant et chef d’Etat. Chef charismatique il va réussir à fédérer les tribus arabes, leur imposer une idéologie guerrière en  reprenant à son compte les idées messianiques des judéo-chrétiens qu’il connaissait bien pour les avoir côtoyés grâce à son métier de négociant à travers le Moyen-Orient. Ses qualités vont lui permettre d imposer une théocratie qui sera reprise et développée par ce qu’on appelle le califat.
Ainsi le Coran loin d’être un texte venant de Dieu lui-même serait le résultat d’une compilation de sources à la fois juives et chrétiennes. Ceci expliquerait alors pourquoi l’on y trouve de nombreux éléments que l’on peut retrouver  à la fois dans la Bible hébraïque et la Bible chrétienne. D’autre part l’on sait que le canon définitif fut élaboré après la mort de Mahomet par le premier calife Abû Bakr.


Conclusion

Cette analyse éclaire d’un jour nouveau - mais bien  loin de ce que l’on peut lire ou entendre -  cette période encore très mal connue de l’histoire du Proche-Orient. Les conclusions qu’en tirent l’auteur ne sont peut-être pour l’instant qu’une hypothèse scientifique que d’autres recherches historiographiques devront confirmer ou infirmer

publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles




jeudi 7 juillet 2016

La grande imagerie de Fleurus présente les religions

Les Religions : judaïsme, christianisme, islam. Paris : Fleurus, coll. La Grande imagerie, 2016, 28 p. 6,95 €.


Cet ouvrage, présenté dans un format accessible à tous, décrit quelques aspects importants des religions monothéistes se réclamant d’Abraham. Celui-ci permet aux auteurs de montrer des éléments du socle commun : le Dieu unique, Noé et le déluge, le modèle de croyant qu’est Abraham. Le judaïsme (p 10-15), le christianisme (p 16-21) et l’islam (p 22-27) sont ensuite déclinés par ordre chronologique d’apparition.
Les textes saints sont, pour chacun, présentés. Ce sont la Torah dont l’écriture s’étend « sur près de mille ans » pour les juifs (p 12) et le Coran qui est appris par cœur à l’école coranique pour les musulmans (p 26). Pour les textes chrétiens, les correspondances juives de l’Ancien Testament sont rappelées tandis que la composition du Nouveau Testament est expliquée : évangiles, actes des apôtres, épitres, apocalypse (p 18).
Les pratiques religieuses, communautaires et sociales sont présentées succinctement. Ainsi en est-il des fêtes juives (p 14-15). Malheureusement, il n’est rien dit de la shoah qui a vu la mort de 5 700 000 personnes soit plus du tiers de la population juive dans le monde en 1939, représentant 10 % du total des morts de la Seconde Guerre mondiale. En revanche, la partie sur l’islam n’écarte pas la question des « extrémistes » et des « terroristes islamistes ». L’ensemble des chrétiens, les catholiques, les orthodoxes, les protestants, est présenté dans son unité plus que dans la diversité.
Ce livre est doté d’une excellente iconographie dont la mise en valeur laisse à désirer : c’est bien dommage pour une collection dont le titre est « la grande imagerie ». Malgré quelques imprécisions (le pape François a été élu par le collège des cardinaux et non nommé, p 19), cet ouvrage originellement destiné à « faire connaître aux enfants les trois grandes religions monothéistes » (dixit le communiqué de presse l’accompagnant) est une bonne porte d’entrée à qui souhaite les découvrir.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun

lundi 6 juin 2016

CONFERENCE : FEMME SOUS LE REGARD DE DIEU

   LA PASTORALE CATECHETIQUE

 L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

Description : Description : http://www.enseignement-catholique.fr/images/stories/actus/logo_ec_actu.jpg




vous  invitent 

LE  MERCREDI 8 juin 2016
Salle  chêne de Mambré
De 9 h à 13 h

Conférence à trois voix

FEMME SOUS LE REGARD DE DIEU






« Trois visages, une recherche partagée »

Anthropologie biblique, talmudique et coranique


Béatrice Van Huffel, chrétienne
Licenciée en Théologie, animatrice d'ateliers bibliques et de formations théologiques.
Yaël Gronner, juive
Docteur  en  sociologie  du  fait  religieux,  enseignante  d’exégèse  hébraïque  et  de  la  cabale. Animatrice d’ateliers autour de la sagesse des femmes bibliques.
Dalila Boussouf, musulmane
Diplômée en sciences religieuses et responsable féminin de la mosquée de la Seyne.




samedi 14 mai 2016

La beauté garante du bonheur

Malek Chebel, Désir et beauté en Islam, Paris : CNRS éd., 2016, 162 p., 16,90 €.


Dans Désir et beauté en Islam, Malek Chebel donne la part belle à l'art comme expression d'un idéal religieux. La calligraphie, le tatouage, les pierres précieuses, les jardins sont autant d'expression de la beauté. Le rapport au corps est étudié à travers l'hystérie et les Houris, les "vierges du paradis musulman". L'auteur souligne les relations étroites entre beauté et paradis terrestre en Islam. Au cœur de son propos se trouvent les notions de désir, de beau, d'interdit et de transgression. Le désir est un tabou important pour certains théologiens musulmans, qui tendent à négliger l'aspect terrestre pour ne valoriser que le paradis céleste, voire à diaboliser ou à refouler certaines pratiques en lien avec le corps ou l'art. Par exemple, le tatouage, qui préexistait à la conquête musulmane, est tout à fait admis par certains courants, alors qu'il est fortement rejeté par d'autres, au motif qu'il s'agit d'une modification du corps, création divine par excellence.
Pour Malek Chebel, ce sont pourtant le "reflet d'une existence de plaisir tout autant que d'une attitude spirituelle". "Comment peut-il mourir, dit le mystique musulman, celui dont le coeur est inondé de désir ?" (p. 12)
Le jardin a une place importante en Islam, c'est par ce terme qu'est désigné le paradis (sourate II). Malek Chebel cite en bibliographie de nombreux textes sur ce thème, mais il passe sous silence le Cheikh Nefzaoui et son Jardin parfumé, catalogue de pratiques érotiques licites. Toujours en bibliographie, Emile Dermenghem (1892-1971) est un auteur à souligner, puisque, étant spécialiste de l'Islam et de la Petite Église, il a travaillé dans les Hautes-Alpes.
Il est intéressant de mettre cet ouvrage en parallèle avec L'Islam peut-il rendre l'homme heureux ?, d'Annie Laurent (Perpignan : Artège, 2012), que nous avons présenté ici. Toutefois, ce petit livre passe sous silence ce que Malek Chebel met justement en lumière : la diversité des courants qui traversent l'Islam, qui conditionnent profondément la manière de vivre des croyants.

Hélène Biarnais
Médiathèque du diocèse de Gap et d'Embrun

mardi 12 avril 2016

PIERRE MANENT :SITUATION DE LA FRANCE


Situation de la France
Pierre Manent
Paris, Desclée de Brouwer,  2015. 176 pages.

Remontons  à  1789…  "Il  faut  refuser  tout  aux  Juifs  en  tant  que  nation,  et  accorder  tout  aux  Juifs comme individus". C’est par cette phrase célèbre, due à l’éloquence du comte de Clermont-Tonnerre, que se  résume souvent  l’émancipation que la France  révolutionnaire  a été la première en Europe à accorder à ses juifs.
"Refuser  tout  aux  Juifs  en  tant  que  nation,  et  accorder  tout  aux  Juifs  comme  individus" Cette phrase pourrait sous-tendre toute la réflexion que nous offre Pierre Manent dans son dernier ouvrage : Situation de la France.


La réponse aux attentats de janvier et de novembre 2015 appelait un renouvellement des idées, des dispositions et des actions de la part des gouvernants, des hommes politiques et des médias  notre pays. Au contraire, les manières de penser on tourner uniquement  seule réponse  tourna autour de  la « laïcité » comme la seule et unique solution au « problème de l'islam » ;  l'effacement de la présence publique du religieux serait la solution au problème des religions (l’auteur ajoute avec ironie : autant raser les cathédrales, les églises et tous nos monuments religieux !).

Tout est faux dans cette thèse selon Pierre Manent. Au lieu de chercher une neutralité impossible à réaliser, qui couvrirait en fait une guerre sournoise, nous devons accepter et organiser la coexistence publique des religions, leur participation à la conversation civique. :Il faut accepter que les « mœurs » des musulmans soient reconnus (à l’exception du port du voile intégral, de la polygamie, et du financement des lieux de cultes par des pays étrangers). Malheureusement cette notion de « mœurs » n’est pas précisée : on se demande alors de quels « mœurs » l’auteur veut parler !

En entrant dans la communauté nationale, l'islam est entré dans une nation de marque chrétienne, dans une Europe façonnée par le christianisme où les juifs jouent un rôle éminent. Toute politique qui ignore cette réalité court à un échec cuisant, et met en danger l'intégrité du corps civique. Pierre Manent a cette formule choc : que « la nation France se donne aux musulmans afin qu’ils de donnent à la France ». Il s'agit donc, tout en préservant la neutralité de l'État (ce qui est dans la loi de 1905 et que l’Eglise catholique a fini par accepter), de faire coexister et collaborer ces trois « masses spirituelles ».

Avec P. Manent on est loin d’une mondialisation qui réclame l'effacement de la nation et la neutralisation de la religion (et dont la seule religion se limite à la notion sans âme des  « droits de l’homme » !). Tout au contraire, c'est son indépendance politique et spirituelle, et son ouverture au religieux, qui permettront à la France de faire face franchir aux dangers qui la menacent aujourd’hui et de franchir cette .zone de turbulence dans laquelle elle est entrée.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix-en-Provence.

vendredi 8 avril 2016

Le voile en Islam

Faïza Zerouala, Des voix derrière le voile, Paris : Premier parallèle, 2015, 253 p., 15 €.

Faïza Zerouala, journaliste spécialisée dans les questions de société et qui a travaillé à plusieurs reprises sur l'Islam en France, a collaboré au Monde et au Bondy Blog, média en ligne qui a pour vocation de donner la parole aux quartiers dits sensibles et à la France multi-ethnique. Elle présente ici le témoignage de neuf femmes qui ont fait le choix de se voiler, et d'une dixième qui a fait le chemin inverse.

Ces dix femmes ont de 18 à 58 ans, viennent de toute la France, et ont souhaité conserver l'anonymat, sauf une qui témoigne sous son vrai prénom. Tous les niveaux d'instruction sont représentés. L'une est femme de chambre, trois sont en cours d'étude, trois sont mères au foyer ou en télétravail, une est auto-entrepreneuse, une est enseignante, une seule est cadre.

jeudi 10 décembre 2015

MOURIR POUR DIEU : JUDAÏSME, CHRISTIANISME, ISLAM

 Mourir pour Dieu dans le judaïsme, le christianisme, l’islam
Le Monde de la Bible n° 214, septembre-octobre-novembre 2015. 145 p
 Entre les chrétiens d’Orient, « martyrisés » par des djihadistes à cause de leur foi, et ces mêmes djihadistes se revendiquant « martyrs » au moment de mourir les armes à la main, « Le Monde de la Bible » donne des clés pour comprendre cette question du martyre à laquelle aucune tradition religieuse n’échappe
 Dans la Bible juiveL’actualité violente de ces dernières années – mais surtout attentats du 13 novembre dernier à Paris souoigne l’urgence qu’il y a à s’interroger sur la notion de martyre.
Selon Katell Berthelot (CNRS et université d’Aix-Marseille), qui propose une typologie instructive- à propos de la notion de « martyre dans les bibles hébraïques -  il faut distinguer celui qui consent à la mort imposée par un bourreau ; celui qui combat et se sacrifie pour Dieu et sauver les autres ; celui qui se suicide pour échapper à la torture et au renoncement de sa foi. Le premier se contentant de subir la violence, les deux autres la choisissant.
 Dans le christianisme : le témoignage des martyrsC’est le premier type de martyr que le christianisme célèbre, depuis le IIe siècle, quand des témoins – « martus » en grec – étaient persécutés par le pouvoir romain parce qu’ils refusaient de rendre un culte à l’empereur. « La mort, explique l’exégète suisse Daniel Marguerat, est la conséquence annoncée du témoignage. Toutefois, ce n’est pas la mort qui est témoignage mais la parole confessante  du témoin. » Dans l’islamIl est bon de s’attarder un peu plus longuement sur ce que signifie le martyr dans le monde de l’islamLa notion de martyr que l’on trouve dans la Bible a un sens éloigné de l’idéologie du martyre dans l’islam, ainsi que le rappelle l’historienne arabisante Jacqueline Chabbi. Selon son interprétation,  « la rhétorique guerrière » et les nombreuses incitations au combat que l’on trouve dans le Coran sont à comprendre comme les appels vains de Mohammed à ses vieux compagnons pour les pousser à s’engager, ceux-ci étant souvent peu enthousiastes à l’idée de participer à des expéditions lointaines. « Si les incitations sont nombreuses, c’est vraisemblablement que les volontaires ne se bousculaient pas », estime cette spécialiste du monde musulman médiéval.
Elle met en garde également contre une interprétation superficielle qui associerait la notion de « qitâl » (combat) à celle de « tuer ». Combattre dans le Coran, selon Jacqueline Chabbi, n’a pas pour but de tuer, pour la bonne raison que chaque tribu veut, au contraire, « avoir le plus grand nombre de fils qui atteignent l’âge adulte, afin d’assurer l’avenir et la défense du groupe ».
Ces versets coraniques qui associent le combat et la mort viseraient donc surtout à mettre en garde contre le risque d’être tué – donc de manquer aux siens – et de tuer autrui injustement – ce qui déclencherait automatiquement la riposte du talion. « On est donc aux antipodes des idéologies délirantes des mouvements dijhadistes actuels".

Publication : Claude TRICOIRE - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


délirantes des mouvements djihadistes actuels. »