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samedi 29 juillet 2017

Les premiers siècles de la Compagnie de Jésus


Les premiers siècles jésuites : jalons pour une histoire (1540-1814)
Philippe Lécrivain
Namur (Belgique), Editions Lessius, 2016. 681 pages.


Description de l’ouvrage

Dans un ouvrage Les Premiers Jésuites (1540-1565) publié en 1999  l’auteur  John O’Malley retraçait les premières années de la Compagnie de Jésus et mettant en avant la figure d’Ignace de Loyola  et commentait les premières constitutions des Jésuites ainsi que les Exercices spirituels de saint Ignace.  A la fin de son ouvrage il souhaitait que ce travail fut complété par une histoire retraçant les premiers siècles de la jeune Compagnie de Jésus. Son vœu vient d’être exaucé par la publication de cet ouvrage de l’historien Philippe Lécrivain.

Cette étude va sans doute au delà des espérances  de John O’Malley puisqu’elle couvre presque trois siècles de la vie des Jésuites (de 1540 à 1814). L'étendue du sujet a conduit l'auteur à procéder par grands sondages montrant la Compagnie de Jésus à l'œuvre en Europe, mais aussi en Asie et en Amérique. Le but de cet ouvrage est de montrer que si les Jésuites sont des éducateurs, toute leur activité ne se réduit pas à l'enseignement, fût-il excellent. Nombreux sont ceux qui s'adonnent aux sciences, à la théologie et à la spiritualité. Plus nombreux encore ceux qui sont missionnaires dans leur pays ou ailleurs. Durant les premiers siècles de leur existence, les Jésuites rencontrent beaucoup de difficultés et relèvent bien des défis. Leur ordre sera même supprimé en 1773, avant d'être rétabli en 1814.

Cette monumentale et passionnante  fresque historique émaillée des figures de jésuites déterminants nous emmène aux quatre coins de la terre où le destin de la Compagnie s'est joué en lien étroit avec la société civile et aux prises avec le pouvoir.


Biographie de l'auteur

Philippe Lécrivain sj, historien et théologien, est professeur émérite d'histoire du christianisme aux Facultés jésuites de Paris (Centre Sèvres) et ancien maître de conférence à l'Institut de sciences politiques de Paris. Il a également publié chez Lessius Une manière de vivre, les religieux aujourd'hui (2009).

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

mercredi 31 août 2016

L'héritage des Grecs

Le miracle grec
In Philosophie magazine – Hors série numéro 30
Eté  2016.


"Le « miracle grec » désigne cette extraordinaire floraison au cours de laquelle des grecs ont inventé… tout ou presque ce qui fonde notre monde : le droit, la monnaie, la démocratie, la philosophie, l’histoire, la science, le théâtre... Ce que Paul Veyne baptise « la première grande civilisation mondiale ». Voyage aux origines de la pensée critique.
"La formule naît sous la plume du philosophe Ernest Renan dans sa Prière sur l’Acropole où il exprime son émotion devant ce « lieu où la perfection existe ».
 Mais a-t-elle un sens ?  Non ? ont répondu Jean-Pierre Vernant et ses successeurs. « Miracle » est trop chargé, trop chrétien, trop simpliste ; il suggère un coup de foudre qui gomme l’histoire et la causalité, le voyage des idées et leur transformation. Dans sa fulgurante concision, il favorise une tendance fâcheuse à focaliser le regard sur la seule Grèce, et sur l’acropole d’Athènes en particulier. Il impose  le partage entre aryen et sémite et ignore les racines qui s’étendent en Egypte et jusqu’à Babylone. En somme dit Vernant, il vaudrait mieux parler d’une révolution s’inscrivant dans le temps des hommes et faisant passer, en gros d’un univers mythico-religieux à celui de la raison ou de l’intelligence critique. Une révolution de la pensée à travers une curiosité raisonnée du monde qui s’appelle philosophie et dont Platon et Aristote soulignent qu’elle se rattache au thaumazein, la capacité de s’étonner et de s’inquiéter. Pas un miracle peut-être, mais tout de même un prodige. En latin : miraculum…"



PARTIE I : comment la raison vint aux grecs
La pensée rationnelle a un état-civil, écrit Jean Pierre Vernant, on connaît sa date et son lieu de naissance […] au VIe siècle dans les cités grecques d’Asie Mineure ».  Comment est-on passé du monde archaïque des palais à celui des cités démocratiques et des explications mythologiques du monde à la pensée scientifique et philosophique ? Cédric Villani, Michel Serres, Luc Ferry, donnent des raisons à ce miracle.

PARTIE II : petites disputes entre sages
La philosophie grandit dans des cités qui favorisent la gymnastique. Lutte des corps, lutte des esprits : comment façonne-t-on l’esprit d’un homme ? Comment l’entraîner pour qu’il pense juste et bien ?  Le vocabulaire de la palestre devient celui de la philosophie, exprimant ainsi que l’éducation véritable passe par l’affrontement. Voyage au pays de la lutte dialectique où certains cherchent, explique Barbara Cassin, « à dire ce qui est » et d’autres à « faire être ce qui est dit ».

PARTIE III : un monde de cités
De toutes les inventions liées à la cité, celle de l’agora est probablement la plus emblématique du nouveau rapport au monde inventé par les Grecs : en délimitant, au cœur de la ville, un espace vide réservé aux assemblées de citoyens, ils plaçaient de fait le logos au centre de leur cosmos. Un logos d’où étaient exclus les femmes, les étrangers et les esclaves : d’où la question, remarque l’historien Paulin Ismard, du « lien entre l’institution esclavagiste et la démocratie ».

PARTIE IV : pourquoi cela nous touche
Que l’héritage grec n’en finisse pas d’être revendiqué, au fil des siècles, atteste mieux qu’un long discours de l’extraordinaire corne d’abondance qu’il n’a jamais cessé de représenter jusqu’à aujourd’hui. Fleuve se déversant dans l’imaginaire européen en s’y créant à chaque fois des méandres nouveaux entre fantasme et réalité, le mythe de la Grèce blanche en tête : « le Beau grec est tout sauf blanc ! » assure l’historien Philippe Jockey. 


source : présentation du Magazine Philosophie Magazine - hors série numéro 30 - juin-septembre 2016.

publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

vendredi 20 novembre 2015

LE PROCHE-ORIENT : DE SUMMER A DAECH








Le Proche Orient : De Sumer à Daech : un Orient si proche

L’Histoire : Les Collections, n°9, octobre 2015.


Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et sa région, qui font suite à ceux de janvier 2015 contre le magazine satirique Charlie Hebdo et contre un magasin casher à Paris, il est utile de lire ce numéro spécial de L’Histoire pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Le Proche-Orient semble en plein chaos tandis que le monde occidental parait en désarroi face à un ennemi aux multiples facettes. En ce moment nous assistons à une guerre civile en Syrie et à la répression brutale par le régime baasiste du clan Al-Assad, à l’expansion de Daech, à des exactions contre des minorités religieuses et ethniques pourtant natives de la région, à la destruction de patrimoines millénaires. L’opposition sunnites-chiites menace dans le Croissant fertile les frontières établies lors de la conférence de San Remo en 1920 au lendemain de la Première Guerre mondiale.
Comment en sommes-nous arrivés là ? En partant des années 12 000 avant Jésus-Christ jusqu’à nos jours, les auteurs retracent l’histoire de cette région. Le Proche-Orient, ou Moyen-Orient selon l’angle choisi, se trouve au carrefour de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique, une région qui est l’un des « berceaux de l’humanité ». Là se sont épanouies de riches civilisations et là sont nés trois monothéismes : le judaïsme, le christianisme et l’islam.
Le continent européen s’est très tôt intéressé à cette partie du monde pour des motifs religieux, économiques ou politiques. L’expansion de l’islam à partir du VIIe siècle marque l’Europe. Les croisades (XIe-XIIIe siècles), l’installation de communautés commerçantes françaises durant l’époque moderne, la colonisation par les Ottomans puis par les Français et les Britanniques, les luttes pour l’indépendance dès la Première Guerre mondiale avec l’épopée de Lawrence d’Arabie, la montée du nationalisme arabe avant la Seconde Guerre mondiale marquent nos relations communes. Le panarabisme est alors une notion née surtout dans des milieux chrétiens.
 Le Moyen-Orient est également l’un des puits de pétrole du monde. Depuis les années 1970 l’islamisme apparaît comme une nouvelle puissance. D’abord étatique et shiite (l’Iran de la révolution islamique à partir de 1979), il n’arrive pas à se déplacer hors du Moyen-Orient. A partir de 2001, il s’est exporté aux Etats-Unis (attaque de septembre 2001), puis en Europe depuis l’occupation américaine de l’Irak en 2003.

Aujourd’hui avec la progression de Daech due aux effondrements des états en Irak et en Syrie c’est toute la géopolitique du Moyen Orient qui est bouleversée. Le chaos semble dominer cette région avant une recomposition probable des frontières.

BIBLIOGRAPHIE POUR ALLER PLUS LOIN
une liste qui se limite aux principaux ouvrages se trouvant dans les bibliothèques diocésaines de la Provence ecclésiastique de la région PACA

AED (AIDE A L’EGLISE EN DETRESSE). – Vers un nouveau Moyen-Orient : la fin des chrétiens ? : Actes du Colloque du 5 décembre 2014 organisé par l’AED, Aide à l’Eglise en détresse. – Paris, AED, 2015. 136 pages. (Gap).
BALARD, Michel. – Croisades et Orient latin (XIè-XIVè siècles). – Paris, Armand Colin, 2001. 266 pages. (Aix-en-Provence).
CHEBEL, Malek. – Le Coran pour les nuls. –Paris, First Editions, 2008 (Marseille).
COLOSIMO, Jean-François. -Les Hommes en trop : La malédiction des Chrétiens d’Orient, Fayard, 2015, 294 p. (Gap)
CLOAREC, Vincent ; LAURENS, Henry. – Le Moyen Orient du 20ème siècle. – 2000. (Marseille)
CORAN (le). - Se trouve dans les différentes bibliothèques diocésaines.
COURTOIS, Sébastien de. - Le nouveau défi des chrétiens d'Orient : d'istanbul à Bagdad : récit. - Paris, J.-C. Lattès, 2009. 233 pages (Fréjus-Toulon).
FLEYEL, Antoine. - Géopolitique des chrétiens d'orient : défis et avenir des chrétiens arabes. - Paris, l'Harmattan, 2013. 215 pages (Fréjus-Toulon).
FREMEAUX, Jacques. – La question d’Orient. – Paris, Fayard, 2014. (Marseille).
FROMAGER, Marc. - Guerre, pétrole et radicalisme : les Chrétiens d’Orient pris en étau, Salvator, 2015, 192 p. (Gap)
GASTER, Théodore ; ELIADE, Mircea (préf.). – Les plus anciens contes de l’humanité : mythes et légendes d’il y a 3500 ans. – Paris, Payot, 1953. 206 pages. (Aix-en-Provence, Fréjus-Toulon)
HANNE, Olivier ; FLICHY DE LA LAURENS, Henry ; TOLAN, John ; VEINSTEIN, Gilles – L’Europe et l’Islam : quinze siècles d’histoire. – 2009. (Gap)
LAURENS, Henry. – Histoire contemporaine du monde arabe : leçon inaugurale faite le 11 mars 2004. 2004 (Marseille).
LAURENS, Henry. – L’Orient arabe à l’heure américaine : de la Guerre du Golfe à la guerre d’Irak. 2004 (Marseille).
LAURENS, Henry. – La question de la Palestine. –. 4 volumes . - Tome I : L’invention de la Palestine : 1799-1922. – Tome II : Une mission sacrée de civilisation : 1922-1947. 6   Tome III : L’accomplissement des prophéties.  Tome IV. Le rameau d’olivier et le fusil du combattant : 1967-182. –Paris, Fayard, 207-2015. (Aix-en-Provence, Marseille).
(Aix-en—Provence, Marseille).
LAVIGNE, Jean-Claude. - Le ,prochain lointain : une spiritualité de la solidarité internationale. - Paris, Le Cerf, 1992. 152 pages. (Aix-en-Provence).
LEWIS, Bernard. - Le pouvoir et la foi : questions d'Islam en Europe et au Moyen-orient. - Paris, O. Jacob, 2010. 267 pages. (Aix-en-Provence).
NEUVILLE, Thomas. – L’Etat islamique : anatomie du nouveau califat, 2014. 173 pages (Gap).
SELLIER, Jean et André. - Atlas des peuples d'orient : Moyen Orient, Caucase, Asie centrale. - Paris, la découverte, 1999. 204 pages. (Fréjus-Toulon).
TOLAN, John. - Le saint chez le Sultan : la rencontre de François d'Assise et de l'Islam. - Paris, Le Seuil, 2007. 206 pages. (Aix-en-Provence).
VALLET, Odon. - Le Dieu du croissant fertile. - Paris, Gallimard, 1999. 128 pages. (Aix-en-Provence).


Publication : Claude TRICOIRE. Bibliothèque diocésaine d'Aix-en-Provence