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jeudi 26 janvier 2017

Le Bulletin de la Société d’Études des Hautes-Alpes de 2016

La nouvelle livraison du Bulletin de la Société d’Études, parue à la fin de 2016, voit la publication de quatre articles d'histoire religieuse. Deux concernent l’époque moderne, un le moyen âge, alors que le dernier est consacré à l’époque contemporaine. Le tout comptabilise 62 pages sur 237 que compte ce Bulletin.

Un article ultime

Dans son dernier article déposé avant son décès, Arlette Playoust prolonge ses études précédentes sur l’ordre de Cluny (http://catalogue.diocesegap.biblibre.com/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=16141). Dans « L’ordre de Cluny dans les Baronnies », elle montre le rôle pivot du prieuré de Lagrand, rattaché à Cluny en 1365, dont dépendent six maisons monastiques. L’indépendance des établissements clunisiens par rapport aux diocèses en général, ici au nombre de quatre pour la zone étudiée, est soulignée par l’auteur.

Louis Court à Briançon

Le travail du docteur Jean-Pierre Rouge est intitulé « un mécénat oublié jusqu’alors à Briançon : le tableau du Saint-Esprit de la Collégiale par Louis Court » présente plusieurs intérêts :
  • Sur le fond, le docteur Rouge présente avec précision le contexte de la réalisation en 1719 de La Pentecôte par Louis Court (1670-1733). Le rôle de la confrérie est souligné comme jamais cela ne l’avait été dans cet acte d’évergétisme plus que de mécénat.
  • Le docteur Rouge utilise des sources provenant de la confrérie et « entre les mains de l’auteur » qui les a récemment découvertes. Faut-il rappeler ici que les confréries sont, aux yeux de la loi, des associations et qu’elles peuvent donc verser leurs archives à l’institution de leur choix ? Pour l’Église, les confréries sont des mouvements placés sous l’autorité du curé et de l’évêque depuis leur fondation même : de telles sources ne doivent donc pas se trouver durablement entre les mains de particuliers.
  • Du point de vue de l’historiographie, le docteur Rouge conclut sur un affaiblissement des confréries au XVIIIe siècle dû à la concurrence des loges maçonniques. Or, les confréries sont des institutions pieuses dont beaucoup ont traversé les siècles jusqu’à l’éclosion de l’action catholique. Certaines, mêmes, poursuivent aujourd’hui leurs activités ; enfin, d’autres sont parfois créées. Durant la Révolution française, dans la partie « nord » du département, des confréries se sont réunies sans cesser leurs actions. La lecture de Marie-Hélène Froeschlé-Chopard (Dieu pour tous et Dieu pour soi : histoire des confréries et de leurs images à l’époque moderne, L’Harmattan, 2006, 401 p.) ou de Marie-Claude Léonelli (Oppède (Vaucluse, canton Bonnieux, arrondissement Apt), in La Sauvegarde de l’Art français : aide aux églises rurales, cahier 25, Paris, 2015, p 101-104), est sur ce point éclairante.
  • Enfin, la bibliographie oublie au moins deux références plaçant l’œuvre de Louis Court dans son espace dauphinois et plus largement du sud-est de la France. La première est l’article d’Olivier Hanne et Philippe Franceschetti dans le Bulletin de la Société d’Etudes des Hautes-Alpes de 2015 (« Un saint pour Gap : Arnoux et son culte, XIe – XXe siècle », p 47-62) qui, lui-même, cite l’ouvrage numérique Sur les pas de Louis Court (Éditions du Laus, 2014), également présenté page 233 dans l’édition de ce bulletin en 2015. Ces références, toutes deux plus récentes que les ouvrages cités par le docteur Rouge, montrent que l’étude qu’il a menée, pour originale et importante qu’elle soit, s’inscrit dans le renouvellement de la recherche en histoire locale de l’art.

La lumière sur le vitrail contemporain dans le Queyras


Jean-Gérard Lapacherie offre 23 pages illustrées par des photographies de qualité sur « les vitraux des églises du Queyras ». Il étudie la présence des vitraux placés dans les édifices entre 1842 et 2006. Ces installations succèdent au « renouveau de la ‘piété’ et le ‘mouvement vers la dévotion’ » dans les années 1820. Cette décennie est celle de la constitution de l’actuel diocèse de Gap. Jean-Gérard Lapacherie montre que le Queyras s’inscrit dans un ensemble chrétien plus large, « le renouveau du vitrail se fait dans les années 1830-40 dans le cadre de la découverte exaltée de l’art gothique ».
Les fabricants des vitraux queyrassins sont presque tous connus. Notons, parmi ceux-ci, les ateliers Bessac qui ont également travaillé en d’autres lieux du diocèse plus tardivement.
Cet article est l’occasion de souhaiter que les archives des paroisses du Queyras soient rapidement regroupées pour qu’en soit établi les instruments de recherche complets qui les rendraient accessibles à l’étude.


Luc-André Biarnais,
archiviste du diocèse de Gap et d'Embrun

samedi 21 mai 2016

Notre-Dame de Consolation à La Bâtie-Neuve montre l’intérêt des périodiques locaux pour l’histoire de l’Église


Nous avons écrit ici quel était l’intérêt des magazines locaux. Les inaugurations des travaux de l’église de La Bâtie-Neuve en 1963 et en 2016, couvertes par Alpes et Midi, nous permettent de montrer apports et limites de ces périodiques conservés à la Médiathèque Mgr Depéry.
A 53 ans d’écart, l’hebdomadaire Alpes et Midi évoque par deux fois la « restauration de l’église de La Bâtie-Neuve ». Bien entendu, il ne faut pas chercher dans ces revues, qui n’ont pas de vocation scientifique, des précisions historiques : l’église actuelle ne date pas du XIIIe siècle, contrairement à ce qu’indique l’édition du 19 avril 1963.
En revanche, ces articles permettent de découvrir des éléments iconographiques. La comparaison entre les restaurations du chœur montre la recherche du dépouillement en 1963 et celle de la valorisation historique du mobilier liturgique en 2016. De même, la photographie de la voûte, en 1963, illustre la phrase de 2016 : « les voûtes s’affaissaient, elles seront refaites en structure bois ».

Alpes et Midi est un magazine d’actualité annonçant un événement ou le couvrant : Mgr Georges Jacquot inaugure les travaux et consacre le nouvel autel le 21 avril 1963. Le 24 avril 2016, les autorités civiles inaugurent à leur tour la rénovation civiles en présence du curé, l’abbé Charles Troesch, avant la consécration et la dédicace du 7 mai 2016 par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun


lundi 2 mai 2016

La Revue d’histoire de l’Eglise de France

Nous avons évoqué pour le numéro consacré à Frédéric Ozanam les apports de la Revue d’histoire de l’Eglise de France. Parmi les articles offerts par la livraison du deuxième semestre 2015, celui de Jean-René Valette. Dans « Le Graal et le silence de l’Eglise », il montre que les différents récits sur le Graal puisent à « deux traditions séparées », l’une « aristocratique » et l’autre « ecclésiastique » (p 261). Dans cette dernière, « l’ ‘authenticité théologique’ des romans du Graal est patente » (p 267). Reprenant Jean Marx (1972), Jean-René Valette rappelle que « jamais […] l’Eglise ne fit sienne l’aventure du Graal » (p 262).
Vincent Petit, auteur de Eglise et nation : la question liturgique en France au XIXe siècle publie (p 305-329) un article intitulé « Religion, culte, liturgie et processus de civilisation de la France du XIXe siècle ». Dans un autre texte, le polémiste Louis Jugnet (1913-1973) fait l’objet d’une étude à travers sa correspondance dont une part est parvenue jusqu’à notre époque (p 325-347).
Les recensions de publications, sources, instruments de travail (ici le volume V du Recueil des rouleaux des morts, p 397-398) et ouvrages d’histoires religieuses font partie des pages les plus lues. Parmi la dernière catégorie, se trouve la thèse de Rémi Caucanas, Relations islamo-chrétiennes en Méditerranée : entre dialogue et crispation, Rennes, 2014). La recension est signée par Gérard Cholvy. De même, les annonces de congrès et colloques tiennent une large place (p 515-523).
L’une des deux livraisons annuelles de la Revue d’histoire de l’Eglise de France publie la liste des articles d’histoire religieuse parus dans les revues de chaque département. Malheureusement, pour notre région, les Alpes Maritimes et le Var ne sont pas représentés. En revanche, le Vaucluse occupe trois pages avec douze périodiques. Plus modestement, les Hautes-Alpes font un heureux retour tandis que le département des Bouches-du-Rhône (et les diocèses d’Aix-et-Arles et de Marseille) sont représentés pages 481-482. La Corse et les Alpes de Haute-Provence font partie des départements ayant des articles recensés. Peut-être faut-il souhaiter que des bibliothécaires et archivistes ecclésiastiques prennent la responsabilité de cette recension pour les départements manquants ?

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun

dimanche 18 octobre 2015

Le numéro d’octobre de Prêtres diocésains offre un dossier sur les martyrs des pontons de Rochefort durant la Révolution française

Le numéro d’octobre de Prêtres diocésains (n° 1519) propose, comme de coutume, plusieurs articles. L’un est sur la perception du concile Vatican II par Madeleine Delbrêl (par le père Bernard Pitaud), un autre est dû au père Alphonse Borras sur la collégialité des évêques à l’occasion du synode. Le père Pierre Founier du diocèse de Gap et d’Embrun contribue à ce numéro par « Les Psaumes, l’expérience de la prière au Dieu de la miséricorde » (p 386-391).

Ce numéro offre également, un dossier sur « Les Martyrs des pontons de Rochefort (1794-1795) », pages 372 à 380.

mardi 29 septembre 2015

Etudes : revue de culture contemporaine

Le numéro 4219 (septembre 2015) de la revue jésuite Etudes propose trois contributions à l’occasion du synode sur la famille, deux textes traitant de l’éthique. Parmi les recensions, celle de la thèse de Rémi Caucanas. Nous évoquions ici l’importance des périodiques chrétiens dans la culture contemporaine, particulièrement religieuse, contemporaine. Etudes, depuis près de 160 ans, fait partie de ces revues. Son numéro de septembre offre, par exemple, 39 notes de lecture et recensions. L’une de celles-ci (p 143-144) est consacrée à Relations islamo-chrétiennes en Méditerranée, « publication partielle » de la thèse du directeur de l’Institut catholique de la Méditerranée, Rémi Caucanas, dont Natacha Tourseiller a traité ici.
Steve Keen, dans le premier article de ce numéro (p 7-18), étudie la crise grecque et n’exclut pas le risque d’un grexit, car « l’agrément signé le 13 juillet entre Alexis Tsipras et les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de l’Eurozone ne règle rien ».
Michel Badré s’interroge sur ce qu’est un « bon projet » en réfléchissant aux interactions entre environnement, économie et éthique. Jacques Ricot fait un « retour sur le mot ‘mariage’ » sous le tire « Pour une éthique du lexique en régime démocratique ». Cet article vient éclairer le dossier consacré au synode sur la famille dont la seconde session va avoir lieu en octobre. Dans son article, le père Etienne Grieu souligne les nouveautés de ce synode, notamment par la consultation des fidèles et la publication des résultats de cette consultation. Celles-ci, il faut le noter, ne sont possibles que par l’usage de technologies de communication adaptées. Par ce dossier, la revue Etudes contribue au débat sur le synode sur la famille.

Luc-André Biarnais, archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun


mercredi 5 août 2015

La pensée et l’action du cardinal Jean-Marie Lustiger (1926-2007) mises en valeur dans les actes du colloque « La Promesse, de génération en génération »

« L’apport de la réflexion et de l’action de Jean-Marie Lustiger au dialogue judéo-chrétien et à la théologie chrétienne du judaïsme » (p 13 dans l’éditorial de Frédéric Louzeau, p 13-14) est le sujet d’un numéro hors-série (mars 2015) de la Revue théologique des Bernardins.

Les titres de revues chrétiennes comme Esprit et Etudes restent bien connus du grand public cultivé. Elles font référence à la fois par leur histoire (Etudes a plus de 150 ans) et par la qualité de leurs articles. Cependant, des publications de bon niveau naissent régulièrement : la richesse des dossiers spirituels et théologiques de Sources vives fait de cette publication une revue recherchée. La Revue théologique des Bernardins paraît trois fois par an. Elle est le reflet des travaux du collège des Bernardins à Paris et publie des études de théologie catholique. Le numéro 13 (janvier-avril 2015) est consacré au synode su la famille.

En octobre 2014 s’est tenu un colloque sur le cardinal Lustiger, co-organisé par l’institut Jean-Marie Lustiger et la faculté Notre-Dame, au collège des Bernardins.
La biographie du cardinal Lustiger (1926-2007) est facilement accessible. Etienne Fouilloux lui consacre une longue notice (p 430-432) dans le Dictionnaire des évêques de France au XXe siècle paru au Cerf en 2010. En conclusion, il cite le livre d’entretiens accordés à Jean-Louis Missika et Dominique Wolton (Paris, Fallois, 1987, 473 p) et l’ouvrage de Robert Serrou (Lustiger : cardinal, juif et fils d’immigré, Paris, Perrin, 1996, 315 p). Il faudrait y ajouter la biographie publiée en 2012 chez Grasset par Henri Tincq (Jean-Marie Lustiger : le cardinal prophète, 370 p). La revue Sens de l’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF) a publié plusieurs numéros à propos de l’œuvre du cardinal, dont les 326 et 343.
Le colloque aux Bernardins avait comme point de départ l’ouvrage du cardinal Lustiger, La Promesse, « Mes yeux ont devancé la fin de la nuit pour méditer sur ta promesse » (psaume 119, 148), Paris, Parole et Silence, 2002, 222 p. L’ouvrage est symboliquement cité en première note de l’introduction des actes (Laetitia Calmeyn, p 15-19).

Parmi tous les apports de ces actes, soulignons celui du rabbin Revon Krygier (La Promesse : un jalon pour le dialogue, p 185-191) : « contrairement à un mauvais procès qui lui a été fait du côté juif, il n’y a pas de relents de la théologie de la substitution dans le propos de Lustiger. Il condamne énergiquement le fait que la chrétienté ait eu par le passé ‘la volonté de déposséder le dépositaire légitime, voire de l’exterminer pour lui voler ce trésor’ » (p 188).

A la bibliothèque diocésaine Mgr Depéry ce sont 45 références qui apparaissent à la requête « Lustiger » sur le catalogue en ligne (DISPONIBLE ICI). Parmi les livres qu’il a écrits, notamment :
Osez croire : 1981-1984, articles, conférences, sermons, interviews, Paris, Le Centurion, 1985, 362 p.
Osez vivre : 1981-1984, Paris, Le Centurion, 1985, 227 p.
Dieu merci, les droits de l’Homme : 1984-1989, Paris, Critérion, 1990, 466 p.
Pain de vie et peuple de Dieu, Paris, Critérion, 1981, 80 p.
Pour l’Europe, un nouvel art de vivre, Paris, Presses universitaires de France, 1999, 95 p.
Le cardinal Lustiger a préfacé de nombreux ouvrages. Parmi eux, ceux-ci :
La Morale et la guerre, actes du XIe colloque national des juristes catholiques, Paris, Tequi, 1992, 271 p.
Avec le cardinal Vingt-Trois, La Formation spirituelle des prêtres, Paris, Le Cerf, 1995, 232 p.
Jean Allemand, Henri Caffarel : un homme saisi par Dieu, Paris, 1997, 271 p.
Henri Bissonnier, La Vie devant nous : lettre à mes amis du 3e et 4e âge, Paris, Mediaspaul, 2007, 157 p.
Robert Masson, Tibhirine : les veilleurs de l’Atlas, Paris, Le Cerf, 1997, 263 p.
Enfin, l’œuvre et la pensée du cardinal Lustiger ont fait l’objet de polémiques évoquées dans ce numéro de la Revue théologique des Bernardins. Notons ces deux ouvrages :
Michel Massenet, Le Silence et la douleur : lettre à Mgr Lustiger, Paris, Albin Michel, 1993, 153 p.
Raphaël Draï, Lettre ouverte au cardinal Lustiger : sur l’autre révisionnisme, Aix-en-Provence, Alinéa, 1989, 188 p.


Luc-André Biarnais
archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun