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jeudi 10 novembre 2016

Les Jean-Quelque-Chose reviennent

Jean-Philippe Arrou-Vignod, Une famille aux petits oignons, histoires des Jean-Quelque-Chose, Paris : Gallimard jeunesse, 2013, 330 p., 18,90 €.
Jean-Philippe Arrou-Vignod, Une belle brochette de bananes, histoires des Jean-Quelque-Chose, Paris : Gallimard jeunesse, 2016, 160 p., 12 €.
En 2013 est paru un recueil des Histoires des Jean-Quelque-Chose, sous le titre Une famille aux petits oignons, qui réunit L’omelette au sucre, Le camembert volant, La soupe de poissons rouges et Des vacances en chocolat. On y retrouve les premières aventures de la famille aux six garçons, prénommés Jean-A., Jean-B., Jean-C., Jean-D. et Jean-E.
À travers des portraits truculents et pleins vie, l’auteur, Jean-Philippe Arrou-Vignod, fait partager son enfance avec ses cinq frères. Chacun des personnages a une personnalité bien définie et son rôle dans la fratrie. La famille est catholique pratiquante. L’ambiance des années 1960 et 1970 donne un charme tout particulier à ces histoires.
D’un humour léger et avec un vocabulaire à la fois compréhensible et recherché, cet ouvrage est à recommander aux bons lecteurs à partir de 9 ans, et plus généralement aux collégiens.

Un nouvel opus paru en mars 2016

La cerise sur le gâteau, avant-dernier titre de la série, s’achève alors que les aînés sont à l’orée de leur adolescence, qui entraîne de grands changements dans la dynamique familiale. Dans Une belle brochette de bananes, on les retrouve d’une manière un peu différente, puisqu’il s’agit de souvenirs évoqués à partir de photos de famille, qui sont illustrées dans les dernières pages du volume. On y trouve notamment une image de la première communion de Jean-A. Découpé en chapitres plus courts et indépendants, ce dernier opus est adapté à des lecteurs plus jeunes, à partir de 7 ans.
En plus des volumes disponibles à la Médiathèque Mgr Depéry, tous les titres de la série sont disponibles en livres numériques sur le site de l’éditeur, Gallimard Jeunesse.

mercredi 24 août 2016

Un roman graphique drôle et décalé sur la foi

Laurent Bidot, J'y crois pas : tribulations d'une brebis égarée, Paris : Mame, 2016, 127 p., 16,90 €.


Bob est un adolescent qui vient de rompre avec sa copine. Déprimé, il se rend à la librairie, où le vendeur d'habitude si clairvoyant lui conseille... la Bible en manga ! Malgré ses réticences, Bob se laisse prendre par le récit, puis souhaite en savoir plus avec l'aide d'un prêtre. Il rencontre ainsi le père Cugnan, qui l'accompagne dans sa (re)découverte du Credo. La réaction du « Padre » quand Bob lui parle de sa rupture est très bien sentie : plutôt que de lui faire la morale, il l'encourage à remettre en question son attitude envers sa petite amie.
Les souvenirs de caté, les interrogations à propos des différents points du dogme catholique, les nombreuses références au cinéma et aux séries télévisées sont hilarantes. Toutefois, on peut se demander si ces évocations correspondent bien à la culture d'un jeune aujourd'hui. Le dessin, plutôt cru, destine cet ouvrage à des adolescents avertis, voire à leurs parents, plutôt qu'à des collégiens. Enfin, la chute finale est un peu décevante.

Malgré cela, ce roman graphique est divertissant et éclaire avec humour les points difficiles du Credo : l'omnipotence de Dieu qui n'empêche pourtant pas le mal, les Enfers où descend Jésus après sa mort à ne pas confondre avec l'Enfer de ceux qui rejettent catégoriquement l'amour de Dieu, la Création en sept jours...
Le blog de Laurent Bidot permet de prolonger la lecture et de découvrir d'autres œuvres de ce dessinateur de talent.

mardi 12 juillet 2016

Une bande-dessinée sur l’aumônerie aux Armées

Guillaume Berteloot, Michel de Peyret, Avec le Padre, les aumôniers catholiques dans l’Armée française, Paris, Éditions du Triomphe, 2016, 47 p.



Au départ de cet ouvrage, se trouve « l’idée de travailler sur l’histoire et la particularité de l’aumônerie militaire » comme le dit le narrateur page 4, qui doit rédiger un mémoire. Son interlocuteur est alors le prêtre aîné à qui l’on « a confié d’une certaine façon les archives ». Il faut peut-être souligner ici que l’archiviste du diocèse aux Armées est aujourd’hui une femme, et que sur 95 diocèses, 60 postes d’archiviste étaient tenus par des laïcs en 2014. Un professionnel des archives et de l’histoire ne confondrait pas la période moderne (avant 1789) et la période contemporaine qui dure de la Révolution française à nos jours (p 11).
Le dessein de l’ouvrage est « de faire toucher du doigt […] la grandeur et les vertus de l’aumônier militaire : le sens de la pauvreté, le dévouement, l’héroïsme, ces qualités que les soldats attendent de leurs aumôniers » selon le père Michel de Peyret, dans une interview à Famille chrétienne (n° 2001, 21-27 mai 2016, p 38-39). Ce sont 18 siècles d’histoire du Christianisme depuis le martyre de saint Maurice d’Agaune au IIIe siècle, jusqu’aux échanges entre aumôniers en chef au sein de l’Otan, qui sont décrits en 45 planches. Cette bande dessinée, présente à la fois l’évolution du rôle des prêtres aumôniers militaires et, en creux, celui des armées.
De grandes figures de notre histoire sont dessinées. Saint Vincent de Paul est nommé aumônier général des galères en 1619. Le ministère de Mgr Jean Lanusse (1818-1905) traverse le XIXe siècle de la monarchie de Juillet à 1905 (p 12-21). Durant la Première Guerre mondiale, le père Daniel Brottier, missionnaire au Sénégal avant le conflit et qui dirigera ensuite la fondation des Orphelins apprentis d’Auteuil, a également été aumônier à Verdun tout comme Pierre Teilhard de Chardin, sj. Le père Paul Doncoeur permet à l’auteur de rendre hommage aux 6000 ecclésiastiques et 400 religieuses décédés en raison de la guerre.
Il faut signaler, ici, que la Médiathèque Mgr Depéry vient d’acquérir le Journal de guerre d'un officier du 159e régiment d'infanterie alpine de Briançon : 1914-1919 de Narcisse Alixant, publié en 2015. 
La Seconde Guerre mondiale « n’est pas aussi significative que la première en ce qui concerne les aumôniers » (Famille chrétienne, p 38-39). Elle est traitée en deux pages et la place du clergé est décrite en deux phrases : « des prêtres ont servi dans les chantiers de jeunesse, d’autres dans les maquis. D’autres, enfin, contre leur gré, ou plus touchant, volontairement, sont partis accompagnés les prisonniers ou les réquisitionnés ».
Les conflits nés après la Seconde Guerre mondiale sont évoqués tel celui de l’Indochine, notamment à travers la figure de l’abbé Paul Jeandel et le soutien aux prisonniers (p 32-37). Quatre planches sont également consacrées aux opérations en Algérie (p 37-40). L’intervention française durant la guerre dite de Shaba II est traitée à travers le saut de 700 légionnaires sur la ville de Kolwesi en mai 1978 (p 42). Le livre se termine sur les dernières opérations extérieures des armées françaises et sur les évolutions du rôle des aumôniers dans l’armée.


Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun


jeudi 7 juillet 2016

La grande imagerie de Fleurus présente les religions

Les Religions : judaïsme, christianisme, islam. Paris : Fleurus, coll. La Grande imagerie, 2016, 28 p. 6,95 €.


Cet ouvrage, présenté dans un format accessible à tous, décrit quelques aspects importants des religions monothéistes se réclamant d’Abraham. Celui-ci permet aux auteurs de montrer des éléments du socle commun : le Dieu unique, Noé et le déluge, le modèle de croyant qu’est Abraham. Le judaïsme (p 10-15), le christianisme (p 16-21) et l’islam (p 22-27) sont ensuite déclinés par ordre chronologique d’apparition.
Les textes saints sont, pour chacun, présentés. Ce sont la Torah dont l’écriture s’étend « sur près de mille ans » pour les juifs (p 12) et le Coran qui est appris par cœur à l’école coranique pour les musulmans (p 26). Pour les textes chrétiens, les correspondances juives de l’Ancien Testament sont rappelées tandis que la composition du Nouveau Testament est expliquée : évangiles, actes des apôtres, épitres, apocalypse (p 18).
Les pratiques religieuses, communautaires et sociales sont présentées succinctement. Ainsi en est-il des fêtes juives (p 14-15). Malheureusement, il n’est rien dit de la shoah qui a vu la mort de 5 700 000 personnes soit plus du tiers de la population juive dans le monde en 1939, représentant 10 % du total des morts de la Seconde Guerre mondiale. En revanche, la partie sur l’islam n’écarte pas la question des « extrémistes » et des « terroristes islamistes ». L’ensemble des chrétiens, les catholiques, les orthodoxes, les protestants, est présenté dans son unité plus que dans la diversité.
Ce livre est doté d’une excellente iconographie dont la mise en valeur laisse à désirer : c’est bien dommage pour une collection dont le titre est « la grande imagerie ». Malgré quelques imprécisions (le pape François a été élu par le collège des cardinaux et non nommé, p 19), cet ouvrage originellement destiné à « faire connaître aux enfants les trois grandes religions monothéistes » (dixit le communiqué de presse l’accompagnant) est une bonne porte d’entrée à qui souhaite les découvrir.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun

vendredi 1 juillet 2016

Téo, saint Paul, sainte Thérèse et les autres....


Chez Artège jeunesse et aux éditions Enteleki, une nouvelle collection est proposée depuis début 2016 : « Raconté par Téo ». Dans chaque titre, Téo part à la rencontre d'un saint grâce à sa machine à remonter le temps. Il a ainsi déjà accompagné la Vierge Marie, saint Paul, saint François et sainte Thérèse de Lisieux dans leur vie quotidienne et dans leur aventure vers la sainteté.
Chaque livre comporte un CD sur lequel l'histoire est mise en scène, avec beaucoup d'humour, un langage adapté aux enfants, des acteurs sympathiques et un paysage sonore qui illustre bien le contexte. L'enregistrement est aussi téléchargeable sur mobile et tablette grâce au flashcode inclus.

Cette collection est un moyen agréable de faire découvrir la vie des grands saints aux enfants à partir de 5 ans (ou plus jeunes si l'écoute se fait en plusieurs fois). Une fois dans l'autoradio, la route des vacances paraîtra moins longue aux petits comme aux grands !

mardi 14 juin 2016

La philosophie pour les tout-petits

Geneviève Boyer, Nancy Boucher, Isabelle Charbonneau, Mon premier livre de philo, Saint-Lambert (Québec) : Dominique et Compagnie, 2016, 31 p., 14,95 $, 9,95 €, parution en France à venir.

Cet ouvrage écrit par Geneviève Boyer, philosophe, et Nancy Boucher, psychologue, illustré par Isabelle Charbonneau, est destiné aux enfants dès 4 ans. Le volume en carton épais et dont les pages sont plastifiées peut être confié aux plus petits sans risque de déchirure. Sous la forme d'ateliers favorisant le dialogue, ce livre vise à « stimuler la pensée et les réflexions des enfants » (p. 2), en les aidant à développer leur raisonnement critique et leur empathie, pour qu'ils deviennent des citoyens autonomes et responsables.
Conçus pour permettre à l'enfant de s'exprimer, en petit groupe ou en tête à tête avec l'adulte, à l'école ou à la maison, les ateliers sont divisés en trois sections : le corps, le cœur et l'esprit, clairement reconnaissables à la couleur des pages. À partir de dessins expressifs et colorés faciles à identifier, l'enfant peut décrire ce qu'il voit et raconter ou imaginer une scène dans laquelle il pourra intégrer les émotions montrées par les personnages. Il peut aussi reproduire les attitudes sous la forme d'expression corporelle. Cela permet de manière assez subtile de l'entraîner à décrypter le langage corporel et à l'utiliser.
Sont ainsi abordés des sujets sensibles, comme la colère et les différentes manières de l'exprimer, les secrets, et notamment ceux que l'on ne peut pas garder pour soi parce qu'ils mettent quelqu'un en danger, la différence entre imagination et mensonge...
Savoir mettre des mots sur ses émotions est très important pour la résolution des conflits entre enfants, qui se terminent souvent en violence par manque de communication. Plusieurs pages sont dédiées aux disputes et donnent des conseils pour les dépasser.
Enfin, posséder un vocabulaire riche, varié et précis est une aide précieuse pour l'apprentissage de la lecture et de l'expression écrite. Ce livre, déjà disponible à la Médiathèque Mgr Depéry, est un outil intéressant pour permettre de l'acquérir.

Hélène Biarnais
Médiathèque diocésaine de Gap et d'Embrun