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mardi 14 avril 2020

Des profondeurs de nos coeurs : Benoît XVI et cardinal Robert Sarah


Des profondeurs de nos cœurs
Benoit XVI, Cardinal Robert Sarah
Paris, Fayard, 2020. 173 pages.



Présentation de l'éditeur
Les débats qui agitent l’Église depuis plusieurs mois ont convaincu Benoît XVI et le cardinal Robert Sarah qu’ils devaient s’exprimer.
Depuis sa renonciation, en février 2013, la parole du Pape émérite est rare. Il cultive le silence, protégé par les murs du monastère Mater Ecclesiae, dans les jardins du Vatican.
Exceptionnellement, en compagnie du cardinal Sarah, son grand ami, il a décidé d’écrire sur le sujet le plus difficile pour l’Église : l’avenir des prêtres, la juste définition du sacerdoce catholique et le respect du célibat.
À quatre-vingt-douze ans, Benoît XVI signe un de ses plus grands textes. D’une densité intellectuelle, culturelle et théologique rare, celui-ci remonte aux sources du problème : « Au fondement de la situation grave dans laquelle se trouve aujourd’hui le sacerdoce, écrit-il, on trouve un défaut méthodologique dans la réception de l’Écriture comme Parole de Dieu. »
À son analyse implacable répond le texte du cardinal Robert Sarah. Il apporte son éclairage singulier avec la force, la radicalité et la sagesse qui lui sont propres. Nous y retrouvons le courage de la réflexion de l’un des plus importants prélats de l’Église.
Les deux auteurs se répondent, se complètent et se stimulent. Ils livrent une démonstration parfaite, sans crainte d’ouvrir le débat.

Benoît XVI et le cardinal Robert Sarah ont répondu à l’élan de leurs cœurs. Ce livre fera date. À bien des égards, il est unique. Et, certainement, historique.

 
Biographie de l'auteur
Joseph Ratzinger, né le 16 avril 1927 à Marktl, en Allemagne, fut le 265e souverain pontife de l'Église catholique romaine, du 19 avril 2005 au 28 février 2013, sous le nom de Benoît XVI.


Robert Sarah, né le 15 juin 1945 à Ourouss, en Guinée, fut le plus jeune évêque du monde, consacré le 8 décembre 1979. Il a été créé cardinal par le Pape Benoît XVI. Il est préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements depuis le 23 novembre 2014.

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Une analyse de Aux profondeurs de nos coeurs 

Deux hommes, deux styles, deux textes, deux objectifs mais un seul ouvrage. Plaidoyer de deux hommes qui du profond de leur coeur veulent attirer l’attention de l’Église universelle sur la beauté d’une vie entièrement donnée.

Une polémique
Deux hommes, deux styles, deux textes, deux objectifs. Voilà comment nous pourrions résumer en quelques mots l’ouvrage que j’ai encore sous les yeux. Avant même sa parution il fait parler de lui, avant même que l’on puisse le lire tout le monde avait déjà son avis ! Horreur, malheur les méchants parlent…
Mais si nous voulons sortir des clichés, réveillons-nous et lisons le. Je vais essayer de m’en tenir aux textes.

Benoît XVI – Joseph Ratzinger
En dehors de l’introduction et de la conclusion de l’ouvrage qui sont sans doute de la main du cardinal Sarah (ou de l’éditeur?!), le pape émérite contribue au livre par un texte de près de 40 pages (sur 173). Joseph Ratzinger, ou Benoît XVI on ne sait plus comment le nommer, y développe de manière succincte et posée ce qu’est le sacerdoce catholique et comment le célibat s’est imposé très tôt dans l’Église latine.

CLAIR, NET ET PRÉCIS.
Comme toujours les propos du théologien sont très clairs et le fil de sa pensée est facile à suivre. Il insiste sur les Écritures comme nourriture du chrétien et a fortiori du prêtre. Ancien Testament et Nouveau Testament n’étant pas séparables, le pape émérite réussit dans son propos à allier les deux pour montrer l’origine du sacerdoce et de manière particulière l’origine du célibat sacerdotal.
« Méditer la Parole dans l’Église de la Nouvelle Alliance revient toujours à s’abandonner à la chair de Jésus-Christ. Cet abandon implique d’accepter notre propre transformation par la Croix. »[1]

ÉVOLUTIONS DU MINISTÈRE
Il met en avant le passage entre les deux alliances où les ministères sont transmis non plus par descendance mais par « une élection et une vocation divine[2] ». Poussant des hommes à se donner entièrement à ces ministères. « Désormais, leur vie entière est en contact avec le mystère divin. Cela exige de leur part l’exclusivité à l’égard de Dieu.[3] »
Je ne peux ici reprendre la totalité du propos ni de l’un ni de l’autre mais ces quelques éléments issus du premier texte – celui de Benoît XVI – vous permettront de ne pas juger trop vite sans l’avoir lu. Empreint d’une grande spiritualité notre auteur redit théologiquement et de manière accessible la beauté du don du célibat sacerdotal pour l’Église et le monde.

Cardinal Robert Sarah
UNE FORME D’ENGAGEMENT…
Le second texte est sans aucun doute possible de la main du cardinal Sarah ! Intitulé « Aimer jusqu’au bout. Regard ecclésiologique et pastoral sur le célibat sacerdotal » le cardinal emploie une expression plus libre et plus personnelle.
Le « je » côtoie facilement le « nous » Église. Cette forme de propos insère un dynamisme fort et une volonté de persuader le lecteur qui ne peut nous laisser indifférent. Il fait des constats, utilise ses expériences pastorales où ce « oui » total bien qu’imparfait a été et est encore le signe que Dieu se donne pour son peuple. « Je sais pour l’avoir expérimenté jusque dans ma chair que les chrétiens voient en moi le Christ livré pour eux et non ma personne limitée avec ses qualités et ses nombreux défauts. »[4]

… EN RÉFÉRENCE AU SIÈGE DE SAINT PIERRE DE ROME.
L’auteur principal de l’ouvrage cite néanmoins de nombreuses fois le siège de Pierre que ce soit Jean-Paul II, Benoît XVI ou François. Ces trois papes se sont exprimés sur le célibat et le cardinal le met en avant magistralement. Reprenant quelques passages historiques de cette question le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements l’actualise avec les débats et notamment la demande de certains évêques d’Amazonie d’ordonner des hommes mariés. 

S’ENGAGE POUR LES PRÊTRES ET EXHORTE.
Mais le cœur du propos est quand même adressé aux prêtres les encourageant à une vie spirituelle donnée et à puiser dans cette vie (Eucharistie, offices, oraison,…) la joie d’un célibat donné.
De manière claire et précise il s’oppose à cette demande et voudrait que le pape François ne se lance pas sur ce terrain qui cache surement la forêt des problèmes de cette région. 
Au cours de son propos il encourage et incite les prêtres à la prière, à être des exemples pour le peuple puisque leur célibat montre d’une certaine manière le Royaume de Dieu dès aujourd’hui. On notera que c’est tout le célibat consacré qui pourrait être inclus dans cette demande.

COMMENT LIRE CET OUVRAGE ?
Pour conclure mon propos, la lecture des auteurs est assez simple et ne demande pas une grande connaissance théologique. Cela fait de cet ouvrage un moyen accessible de comprendre le célibat sacerdotal. Le point qui pourrait être plus complexe à appréhender serait le ton exhortatif du cardinal Sarah. Point complexe qui doit  tre dépassé puisque ce prêtre de l’Église nous livre quand même son expérience du célibat : joies et difficultés.
« Une Église qui ne ferait pas l’expérience d’être aimée par les prêtres célibataires finirait par ne plus saisir le sens nuptial de toute sainteté. »[5]



[1] Robert Sarah et Benoît XVI, Des profondeurs de nos cœurs, Paris, Fayard, 2020, p. 45.
[2] Ibid., p. 46.
[3] Ibid., p. 48.
[4] Ibid., p. 85.
[5] Ibid., p. 101.


Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


mercredi 4 mars 2020

Le mystère du mal : Benoît XVI et la fin des temps




 Le mystère du Mal : Benoit XVI et la fin des temps

Giorgio Agamben

Paris, Bayard, 2017. 93 pages.



En accomplissant son « grand refus », Benoît XVI n'a pas fait preuve de lâcheté, mais d'un courage qui prend un sens et une valeur exemplaires. Sa décision attire l'attention sur la distinction entre deux principes essentiels de notre tradition éthico-politique, dont nos sociétés semblent avoir perdu toute conscience : la légitimité et la légalité. Si la crise que traverse actuellement notre société est si grave et si profonde, c'est parce qu'elle ne met pas seulement en question la légalité des institutions, mais aussi leur légitimité, ni seulement, comme on le répète trop souvent, les règles et les modalités de l'exercice du pouvoir, mais le principe même qui le fonde et le légitime.
Le « mystère du mal » dont parle l'apôtre Paul n'est pas un sombre drame théologique qui retarde la fin des temps, paralysant et rendant toute action énigmatique et ambiguë, mais un drame historique où le Dernier Jour coïncide avec le moment présent et où chacun est appelé à jouer son rôle sans réserves et sans ambiguïté.


Biographie de l'auteur
Giorgio Agamben est né en 1942 à Rome, auteur d'une œuvre  théorique reconnue et traduite dans le monde entier, c'est un des plus grands philosophes contemporains, spécialiste de W. Benjamin, Jacob Taubes mais aussi Foucault, Heidegger... Il a longtemps enseigné en Italie et en France. Son œuvre  porte sur l'histoire du droit et de l'art, les questions théologiques et politiques. , et plus particulièrement sur le sens messianique de l'histoire.



Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

mercredi 19 septembre 2018

Libérer la politique : foi et politique de Joseph Ratzinger


Libérer la liberté : foi et politique
Joseph Ratzinger (Benoît XVI)
Paris, Parole et Silence, 2018. 229 pages.


Présentation de l’éditeur

La relation entre foi et politique est un de ces grands thèmes qui a toujours été au centre de l'attention de Joseph Ratzinger-Benoît XVI, et qui traverse tout son parcours intellectuel et humain. Je me réjouis donc particulièrement de pouvoir présenter ce second volume des textes choisis de Joseph Ratzinger sur le thème "foi et politique". Avec son impressionnante Opera Omnia, les textes nous aideront certainement tous à comprendre notre présent et à trouver une solide orientation pour le futur, mais ils seront aussi une véritable et authentique source d'inspiration pour une action politique qui, en plaçant la famille, la solidarité et l'équité au centre de son attention et de son programme, se tournera vraiment vers l'avenir avec hauteur de vue. Ratzinger nous accompagne dans la compréhension de notre présent, donnant un témoignage de l'immuable fraîcheur et vitalité de sa pensée. Aujourd'hui, de fait, plus que jamais, s'offre à nouveau cette même tentation du refus de toute dépendance à l'amour, à l'exception de l'amour de l'homme pour son propre ego, pour le "moi et ses caprices" ; et, par conséquent, le risque de la "colonisation" des consciences par une idéologie qui nie la certitude fondamentale selon laquelle l'homme existe comme homme et femme et que leur sont confiés la tâche de transmettre la vie. Cette idéologie conduit à la production planifiée et rationalisée d'êtres humains et amène - peut-être même dans une finalité considérée comme "bonne" - à estimer logique et licite d'éliminer ce qui n'est pas considéré comme déjà créé, donné, conçu et généré, mais fait par nous-mêmes. Pape François



Voici le texte intégral de la préface du Pape François. Le livre en français a été présenté, le  8 mai 2018, au pape Benoît XVI.

La relation entre foi et politique est un de ces grands thèmes qui a toujours été au centre de l’attention de Joseph Ratzinger – Benoît XVI, et qui traverse tout son parcours intellectuel et humain. L’expérience directe du totalitarisme nazi l’amena, en tant que jeune chercheur, à réfléchir sur les limites de l’obéissance à l’État compte tenu de la liberté de l’obéissance à Dieu : « l’État – écrit-il en ce sens dans un des textes proposés – ne constitue pas la totalité de l’expérience humaine et n’embrasse pas non plus toute l’espérance humaine. L’homme et son espérance vont au-delà de la réalité de l’État et au-delà de la sphère de l’action politique. Et cela ne vaut pas seulement pour un État qui pourrait être qualifié de Babylone, mais pour n’importe quel État. L’État n’est pas le tout. Cela enlève un poids à l’homme politique et lui ouvre le chemin d’une politique rationnelle. L’État romain était faux et anti-chrétien parce qu’il voulait justement être le totum des possibilités et des espérances humaines. Il prétendait ainsi être ce qu’il ne pouvait réaliser, ce en quoi il trompait et appauvrissait l’homme. Son mensonge totalitaire le rendait démoniaque et tyrannique ».
Par la suite, sur cette même base et tout en accompagnant Jean-Paul II, Joseph Ratzinger élabora et proposa une vision chrétienne des droits de l’homme capable de débattre au niveau théorique et pratique avec la prétention totalitaire de l’État marxiste et de l’idéologie athée sur laquelle il est fondé. Parce que pour Ratzinger le contraste véritable entre marxisme et christianisme n’est certainement pas donné par l’attention préférentielle du chrétien pour les pauvres : « nous devrions réapprendre – non pas seulement en théorie, mais dans notre manière de penser et d’agir – qu’en plus de la présence réelle de Jésus dans le temple, dans le sacrement, il existe cette autre présence réelle de Jésus dans les plus petits, dans les laissés pour compte de ce monde, dans les derniers : en eux tous il veut que nous le rencontrions » écrivait déjà Ratzinger dans les années soixante-dix, avec une profondeur théologique et en même temps une immédiateté d’accès qui sont le propre du pasteur authentique. Ce contraste n’est pas non plus donné, comme lui-même le souligne au milieu des années quatre-vingt, par l’absence d’un sens d’équité et de solidarité dans le magistère de L’Église et donc « dans la dénonciation du scandale des inégalités évidentes entre les riches et les pauvres – qu’il s’agisse d’inégalités entre pays riches et pays pauvres ou d’inégalités entre cercles sociaux dans le domaine d’un même territoire national, qui n’est plus toléré -« .
Le contraste profond, note Ratzinger, est plutôt donné (et avant même la prétention marxiste de situer le ciel sur la terre et la rédemption de l’homme dans l’ici et maintenant) par la différence abyssale qui subsiste en référence au comment doit avoir lieu la rédemption : « la rédemption intervient-elle par la libération de toute dépendance, ou son unique chemin est-elle la pleine dépendance de l’amour, qui serait alors aussi la véritable liberté ? ».
Ainsi, par un saut de trente années, Ratzinger nous accompagne dans la compréhension de notre présent, donnant un témoignage de l’immuable fraîcheur et vitalité de sa pensée. Aujourd’hui, de fait, plus que jamais, s’offre à nouveau cette même tentation du refus de toute dépendance à l’amour, à l’exception de l’amour de l’homme pour son propre ego, pour le « moi et ses caprices »; et, par conséquent, le risque de la « colonisation » des consciences par une idéologie qui nie la certitude fondamentale selon laquelle l’homme existe comme homme et femme et que leur sont confiés la tâche de transmettre la vie. Cette idéologie conduit à la production planifiée et rationalisée d’êtres humains et amène – peut-être même dans une finalité considérée comme « bonne » – à estimer logique et licite d’éliminer cela qui n’est pas considéré comme déjà créé, donné, conçu et généré, mais fait par nous-mêmes.
Ces apparents « droits » humains qui sont totalement orientés vers l’autodestruction de l’homme – c’est ce que nous montre avec force et efficacité Joseph Ratzinger – ont pour unique dénominateur commun une seule et grande négation : la négation de la dépendance à l’amour, la négation que l’homme soit une créature de Dieu, faite amoureusement par Lui à son image pour qu’il le désire, comme le cerf cherche l’eau vive (Ps 41). Quand est niée cette dépendance entre la créature et le créateur, cette relation d’amour, on renonce au fond à la véritable grandeur de l’homme, on s’attaque au rempart de sa liberté et de sa dignité.
Ainsi, la défense de l’homme et de l’humain contre les réductions idéologiques du pouvoir passe à nouveau aujourd’hui par le fait d’inscrire l’obéissance de l’homme à Dieu comme limite de l’obéissance à l’État. Relever ce défi, dans le véritable et clair changement d’époque que nous visons aujourd’hui, signifie défendre la famille. Pour sa part, Jean-Paul II avait bien compris la portée décisive de la question ; appelé avec raison le « pape de la famille », il ne soulignait pas par hasard que « le futur de l’humanité passe par la famille » (Familiaris consortio, 86). Dans le même ordre d’idée, j’ai moi aussi insisté sur le fait que « le bien de la famille est déterminant pour l’avenir du monde et de l’Église » (Amoris Laetitia, 31).
Je me réjouis donc particulièrement de pouvoir introduire ce second volume des textes choisis de Joseph Ratzinger sur le thème « foi et politique ». Avec son impressionnante Opera Omnia, les textes nous aideront certainement tous à comprendre notre présent et à trouver une solide orientation pour le futur, mais ils seront aussi une véritable et authentique source d’inspiration pour une action politique qui, en plaçant la famille, la solidarité et l’équité au centre de son attention et de son programme, se tournera vraiment vers l’avenir avec hauteur de vue.
© Librairie éditrice du Vatican
© Parole et Silence



vendredi 30 septembre 2016

Benoît XVI : dernières conversations


Benoît XVI : Dernières conversations: avec Peter Seewald
Benoît XVI
Paris, Fayard, 2016. 288 pages

Cet ouvrage est un événement car c’est la première fois qu’un pape dresse le bilan de sa vie et de son pontificat.

Peter Seewald, journaliste spécialiste de ces questions, à qui Benoît XVI s’était confié dans Le Sel de la terre et Lumière du monde, a mené de nombreux entretiens avec le pape émérite entre novembre 2012 et mai 2016.

Dans ces conversations inédites, Benoît XVI évoque avec beaucoup d’humilité et en toute franchise ce que fut sa vie familiale, les années sous le nazisme, sa vocation, sa vie de prêtre, de professeur, d’évêque et aussi son action auprès de Jean-Paul II comme Préfet à la Sacrée Congrégation de la Foi. En évoquant sa participation au Concile Vatican II il parle de ce qu’il en attendait mais aussi de ses réserves quant à son interprétation et à son application. Pendant ces années en tant que professeur et évêque se nouèrent des amitiés avec d’autres théologiens
Quand il évoque son action en tant que Pape il n’omet aucune des difficultés auxquelles il dut faire face : réforme de la Curie romaine, les affaires de pédophilie au sein du clergé, le scandale de Vatileaks. Il revient, bien évidemment, sur les raisons qui l’amenèrent à démissionner : une charge trop lourde pour un homme fatigué  mais déterminé à servir l’Eglise d’une autre manière.
Il ne porte aucun jugement sur l’action de son successeur mais il s’est réjoui de l’élection du Pape François tout en avouant qu’il n’avait pas pensé à lui.

Si ce livre est le bilan d’une vie, c’est le testament spirituel de celui qui fut un grand théologien et qui maintenant , ne pouvant plus écrire, sert l’Eglise dans le silence et la prière.

 raisons de sa renonciation, les moments forts de son pontificat, la personnalité de son successeur, le pape François, et n’omet aucun sujet polémique, y compris le scandale de Vatileaks et la difficulté à réformer la Curie.
Jamais auparavant il n’avait abordé de manière si personnelle la question de sa foi, les défis actuels du christianisme et le futur de l’Église. Son parcours sert de toile de fond à ces Dernières conversations, dans lesquelles le pape allemand, un des principaux théologiens de notre temps, livre son message aux fidèles et au monde


Publication : Claude Tricoire. Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

jeudi 2 avril 2015

Une histoire du pontificat de Benoît XVI

Philippe Levillain, La Papauté foudroyée : la face cachée d’une renonciation, Paris, Tallandier, 2015, 254 p.



Le titre de l’ouvrage écrit par Philippe Levillain laisse imaginer des révélations fracassantes sur les raisons de la renonciation au trône de saint Pierre par le pape Benoît XVI. Il s’agit plutôt d’une histoire du pontificat. Philippe Levillain est l’auteur du Dictionnaire historique de la papauté (publié en 2006 chez Fayard et que vous trouverez dans les bibliothèques diocésaines de Gap et d’Aix-en-Provence) et de Rome n’est plus dans Rome, Mgr Lefebvre et son Eglise (Perrin, 2010, présent dans le catalogue de la bibliothèque diocésaine de Toulon).
Pour donner la profondeur historique nécessaire à son travail, Philippe Levillain interroge l’histoire du pontificat de Jean-Paul II, sur les relations avec la fraternité Saint-Pie X, sur la question bancaire ou sur les difficultés de gouvernance des légionnaires du Christ, par exemple. Il évoque la béatification et le projet de béatification de Jean-Paul II, demandés par « le santo subito crié par les Focolari sur la place Saint-Pierre le 8 avril 2005 ». L’affaire Vatileaks est, elle aussi, longuement analysée (p 93-123).
La renonciation de Benoît XVI au pontificat est mise en perspective (p 125-144) avec le rappel du précédent, en 1294, de Célestin V, qui était bénédictin. Les derniers jours peu ordinaires de ce pontificat sont décrits sous forme de verbatim (p 144-170).
Le conclave qui porte le pape François à la tête de l’Eglise est étudié avec les précisions que permettent les spéculations de l’histoire immédiate et la perception des événements. Les premiers pas de l’actuel souverain pontife et ses rapports avec son prédécesseur sont également analysés.
L’ouvrage se termine sur quatre documents de Benoît XVI, dont la lettre adressée aux évêques le 10 mars 2009 sur la levée de l’excommunication des évêques consacrés par Mgr Lefebvre et les déclarations de la fin du pontificat (consistoire du 11 février et le congé du 28 février 2013). Ce livre, a l’égal des Ratzingeriana (par Hervé Coutau-Bégarie, éditions de L’Homme nouveau, 2012, 173 p, livre présent dans les bibliothèques diocésaines de Gap et de Toulon) ouvre sur l’histoire, qui reste à vivre puis à écrire des pontificats qui suivent celui de saint Jean-Paul II.
Luc-André Biarnais
archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun

mardi 5 mars 2013

Bibliographie de Benoît XVI disponible à la bibliothèque de Gap

Les oeuvres de Joseph Ratzinger et de Benoît XVI :



Au commencement Dieu créa le ciel et la terre : Quatre sermons de Carême à Munich sur la Création et la Chute. - Paris : Fayard, 1986. - 91 p.

La Mort et l'au-delà : Court traité d'espérance chrétienne. - Paris : Fayard, 1979. - 291 p.

Les Apôtres et les premiers disciples du Christ : Aux origines de l'Eglise. - Paris : Bayard, 2007. - 191 p.

Les Pères de l'Eglise : De Clément de Rome à saint Augustin. - Dijon : L'échelle de Jacob, 2010 (Catéchèses). - 228 p.
 

La foi :



Un Seul Seigneur, une seule foi. - France : Mame, 1971. - 140 p.

Foi et avenir.- France : Mame, 1971. - 130 p.

Vivre sa foi : Méditations pour chaque jour de l'année sur des thèmes spirituels et théologiques. - Paris :Mame, 1981. - 488 p.

Entretien sur la foi. - avec Vittorio Messori. - Paris : Fayard, 1985. - 252 p.

La Foi chrétienne hier et aujourd'hui.- Paris : Cerf ; Mame, 1985. - 266 p. : couv ill. fond blanc. -(Traditions chrétiennes, ISSN : 0293-3985 ; 21).

Marie :

Marie, première église. - avec Hans Urs Von Balthasar. - Paris : Médiaspaul, 1998. - 187 p.

La Fille de Sion : Considérations sur la Foi Mariale de l'Eglise.- Paris : Parole et Silence (Cahiers de l'école cathédrale ; 55)., 2002. - 111 p.


mercredi 28 octobre 2009








BENOÎT XVI
L'amour dans la vérité : Lettre encyclique sur le développement humain intégral dans la charité et dans la vérite
présentation et commentaire Mgr Jérôme BeauLethielleux , ParisParole et silence , Saint-Maur (Val-de-Marne)
collection Collège des Bernardins-Ecole cathédrale, cahier , numéro hors série
Parution : juillet 2009



Benoît XVI aborde de front la question cruciale du développement intégral de l'humanité et de la mondialisation et invite nos contemporains à trouver de nouvelles formes d'engagement fondées sur le don gratuit de soi.

Le 29 juin 2009 Benoît XVI sort sa première encyclique sur la doctrine sociale de l’Eglise. Au même moment dans la ville d’Aquila en Italie se réunit le G8 où huit chefs d’Etats et de gouvernement doivent se pencher sur la situation moniale due à la crise financière et économique.
Le Pape Benoît XVI nous remet en mémoire l’Encyclique de Paul VI Populum progessio promulgué en 1967. Il en rappelle les grandes lignes et souligne combien elle est encore profondément actuelle. C’est pourquoi il conçoit son encyclique Caritas in veritate sur la même problématique tout en l’adaptant au monde d’aujourd’hui.
Avec la crise actuelle l’encyclique prend toute sa valeur : très documentée, extrêmement vaste par l’ampleur des sujets abordés, elle concerne tous les acteurs de la vie économique et sociale qui
sont invités à un changement radical dans leur mentalité. Après avoir fait un panorama de la situation actuelle au niveau économique et social, après avoir analysé les conséquences de la mondialisation (relativisme culturel et religieux, aggravation de la situation des pays pauvres, problèmes écologiques, manque de liberté religieuse dans certains pays, non-respect du droit à la vie…), Benoît XVI invite les dirigeants à remettre l’homme au cœur de leur réflexion et de leur action : « seule la charité guidée par la foi et la raison permettra à l’humanité d’atteindre un développement plus juste et plus humain »