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mardi 12 février 2019

Césaire de'Arles et les continents



Césaire d'Arles et les Cinq Continents. Volume II, Venelles, 2019.
Éditeur : Aux sources de la Provence
Collection : Césaire d'Arles et les cinq continents
280 pages

Présent
ation de l’ouvrage
Après avoir publié en septembre 2017 le premier tome de la collection "Césaire d'Arles et les Cinq Continents" l'Association Aux Sources de La Provence présente dans ce volume II 15 contributions, traduites en français et en anglais, d'auteurs de six nationalités qui sont soit des hommes de science, soit des historiens érudits. Cette collection a, en effet, pour but de nous éclairer sur une figure marquante de notre patrimoine intellectuel et spirituel, un homme plein de fougue, un prédicateur inlassable, le plus prolixe du monde latin après saint Augustin. Elle donne la parole aux meilleurs spécialistes qui font part de leurs savoirs sous forme synthétique dans de brefs chapitres.
De fait, Césaire d'Arles suscite un immense intérêt, davantage même hors de France que dans son pays. Il est l'objet de multiples publications et de recherches en une douzaine de langues. Dans ce tome II nous poursuivons la présentation de travaux concernant ses 238 sermons et les 5 conciles dont il a été un acteur majeur, lesquels seront traduits en français dans un avenir proche.


Plan de cet ouvrage organisé en trois grandes parties :
1. Césaire d'Arles, homme d'hier et d'aujourd'hui
2. L'œuvre de Césaire d'Arles et les cinq continents
3. Césaire d'Arles : archéologie et histoire,
Auxquelles est adjointe la présentation du tome III – Hérésies et superstitions, projeté pour fin 2019.

Les principaux auteurs et un résume des articles auxquelles ils ont apporté leur contribution

L'article de Dom Germain Morin o.b.s (1937-1942), nous décrit les travaux qu'il a conduits pendant plus de 60 ans à travers toute l'Europe. C'est lui qui est à l'origine de la renaissance de Césaire d'Arles et il demeure une source de premier plan pour qui veut découvrir la personnalité et l'œuvre de ce saint éminent. 
Marie-José Delage, Professeur émérite, nous fait bénéficier de sa connaissance de l'ensemble de l'œuvre en nous présentant les entretiens historiques de Césaire avec le Roi Théodoric à Ravenne et avec le Pape Symmaque à Rome (512-513). 
Claude Sintès directeur du Musée d'Arles antique, nous fait vivre l'extraordinaire exposition qui a réuni au Vatican plus de 330.000 visiteurs en trois mois du printemps 2017 et il nous fait partager ses émotions sur ce retour de Césaire d'Arles à Rome.
Le Professeur William E Klingshirn de l'Université Catholique d'Amérique, à Washington, nous explique comment depuis plus de 60 ans, Césaire d'Arles a fait l'objet de nombreux travaux malgré les difficultés de traduction de ses écrits, à partir du latin, aussi bien pour l'anglais que pour le français. Une brève présentation de l'influence de Césaire d'Arles sur le culte liturgique à son époque, par le Professeur Hervé Chiavérini, clôture cette première partie.

Pour aborder ensuite l'œuvre de Césaire, le résumé du Petit traité sur la Grâce présenté par le Père Dominique Bertrand sj, patrologue bien connu, est une excellente introduction. Ce traité a trouvé aujourd'hui une place particulière dans les textes du Pape François. Le père Michel Dujarier a bien voulu nous proposer un accès à la question complémentaire : Comment Césaire d'Arles a t-il compris et vécu la fraternité ? et son écoute fine et sensible témoigne d'une profonde analyse intérieure.

La grande connaissance qu'a Don Francesco Tedeschi de Césaire d'Arles lui permet de nous offrir une approche subtile de l'utilisation des sept règles de Tyconius, ce qui est aussi le cas de la communication suivante du Professeur Luce Pietri sur les conciles de Césaire d'Arles, dont on sait que l'examen est de la plus haute importance pour prendre la mesure de son œuvre.
Le rôle capital de St Augustin dans la vie et l'œuvre de Césaire d'Arles nous est présenté par le Professeur Raúl Villegas Marín, tandis que le professeur Harald Tripp nous fait part de la place du mystère de la Trinité dans les sermons de Césaire d'Arles et du rôle que cette question théologique a joué dans le débat avec les Ariens.
Ce chapitre s'achève par une communication historique et scientifique sur les paludismes en Provence d'après les sermons de Césaire d'Arles, travail du Professeur Eric Faure spécialiste d'épidémiologie de l'Université de Provence.

La troisième partie consacrée à l'archéologie dans ses liens avec l'histoire nous dévoile les découvertes archéologiques récentes sur Césaire et « l'île sainte» de Lérins, Yann Codou nous introduisant de la sorte à l'histoire de cette île qui a joué un rôle majeur dans l'œuvre de Césaire d'Arles.

Enfin ce tome II s'achève sur une  présentation du  projet d'édition du tome III (parution fin 2019) qui rassemblera des communications sur Les hérésies et les superstitions d'après les sermons de Césaire d'Arles ainsi que le Bréviaire contre les Hérétiques. En annexe sont mentionnés des travaux en cours, les thèses, mémoires et maîtrises, des articles publiés durant l'année.
Source :

Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


mercredi 10 octobre 2018

Le pari chrétien par François Huguenin


Le pari chrétien : Une autre vision du monde Broché – 11 janvier 2018
François Huguenin
Paris, Tallandier, 2018. 220 pages


Présentation de l'éditeur

Comment être chrétien dans notre société qui ne l'est plus ? Alors que l'Eglise porte une parole sur les questions d'éthique individuelle, la justice sociale et l'écologie, la protection des plus faibles, des pauvres ou des migrants, les oppositions parmi les fidèles sont plus vives que jamais. Ils n'ont pas toujours pris la mesure de la déchristianisation de la société qui nécessite de repenser la présence des chrétiens en son sein. Cet essai vigoureux a pour ambition de proposer aux chrétiens un nouveau rapport au monde, cohérent avec la foi et conscient de l'autonomie du politique à l'égard du religieux. Comment la parole du Christ peut-elle éclairer l'action du chrétien et le débat d'idées ? Quels types de relations le chrétien entretient-il avec le monde : d'opposition, de coopération ? De proximité, de distance ? De méfiance, de confiance ? De pouvoir, de service ? Ces questions cruciales mettent en cause notre conception de la laïcité, et en amont celle de l'homme, animal politique et spirituel. Cet essai engagé invite à retrouver les racines de tout engagement chrétien : une attention centrale à la dignité de la personne humaine, une vision du monde renouvelée dans un accueil plus profond de l'Evangile.


Biographie de l'auteur
François Huguenin a publié une série d'essais qui font référence sur l'histoire des idées et du christianisme, notamment Histoire intellectuelle des droites (2012) et Les Grandes Figures catholiques de la France (2016).



Une recension sous la plume de Jean-Baptiste Sebe dans le Bulletin théologique (Rouen)

Une multitude d’essais sort ces derniers temps pour réfléchir à la place du christianisme dans la société française sécularisée. Outre celui de Denis Moreau (Comment peut-on être catholique ?), François Bégaudeau et Sean Rose (Une certaine inquiétude), Julien Leclercq (Catholique débutant), Patrice de Plunkett (Cathos, ne devenons pas une secte), ont publié en ces premiers mois de 2018, à des titres divers et selon des formules variées, des textes qui encouragent la réflexion.

Le texte de François Huguenin vise à réinterroger l’articulation délicate entre christianisme et politique, entre Royaume du ciel et royaume terrestre. Prenant acte que les récentes élections et les lois sociétales du quinquennat précédent ont divisé dans les communautés chrétiennes et parfois radicalisé les chrétiens, l’auteur re-pose la question : « la foi chrétienne peut-elle éclairer le débat politique ou bien doit-elle rester cachée ? » (p.15). Le corolaire de cette question est tout aussi redoutable : « les principes chrétiens sont-ils articulables avec une société qui ne l’est pas ou ne l’est plus ? » (id.). Le ton de l’ouvrage est paisible et invite le lecteur à se décider en conscience, faisant droit à une saine et nécessaire pluralité politique, renvoyant à la conscience éclairée et adulte du lecteur qui est également un citoyen et un électeur (p. 86-89).

Le point de départ est philosophique : l’homme est un animal politique et spirituel. Ces deux dimensions sont indissociables l’une de l’autre. Elles doivent être distinguées sans être séparées, unies sans être confondues. D’une certaine façon le principe de Chalcédoine s’applique ici. La liberté de conscience et de croire est un droit absolu à préserver impérativement. Huguenin tire le meilleur de la tradition chrétienne. Défenseur d’une « laïcité théologique qui n’ait pas peur d’intégrer les cultures des religions sous peine de périr de ses étroitesses » (p.38), l’auteur montre que limiter dans l’espace public l’identité spirituelle de l’homme risque de laisser un vide que la nature se hâterait de combler avec des idéologies dangereuses. La tentation du politique est d’être tout, de s’absolutiser comme norme et principe totalisant et totalitaire. Or comme le disait Mgr Pascal Wintzer dans une tribune parue dans la Croix, il y a quelques années : « Tout n’est pas politique ». Les religions et notamment le christianisme peuvent préserver le politique d’une hégémonie fallacieuse.

Benoît XVI et les traditions pontificales antérieures ont haussé le débat en montrant que l’enjeu est celui des relations entre la foi et la raison. La raison joue un rôle correctif vis à vis de la religion en la préservant de tout sectarisme et de tout fondamentalisme et en l’incitant à structurer sa propre réflexion. La religion purifie la raison de toute tentation hégémonique qui en vient inévitablement à investir le politique et à le rendre totalitaire. Le 20èmesiècle en a montré l’exemple.

L’auteur combat enfin vigoureusement la tentation propre aux chrétiens d’agir « à couvert ». Étant sauve la prudence, n’est-ce pas obéir à l’injonction de vivre sa foi « en privé » et donc renvoyer de facto la foi à l’espace privé ? (p.50). « Nier la nation revient à idéaliser le politique et à nier l’incarnation et la finitude de l’homme. L’absolutiser, c’est rejeter l’universalité de l’homme et lui refuser sa qualité d’être spirituel qui ne peut être enfermé dans une histoire ou dans une communauté particulières. Dans les deux cas, c’est idolâtrer le politique soit en l’érigeant en divinité, soit en faisant une universalité et un absolu de son inscription dans une finitude particulière » (p. 130).

Le chapitre 2 ré-explore ce que l’Evangile peut porter comme incidence politique sans être un programme précis de mesures concrètes. Les préceptes évangéliques ont une réelle pertinence dans la vie publique et politique. L’auteur rappelle que « tout est lié dans la foi chrétienne » : respect de la vie, défense des pauvres, des migrants et des exclus. Le développement intégral est la clé. Là encore négliger l’une ou l’autre dimension dans l’engagement éthique et politique, c’est risquer d’atrophier la foi chrétienne et de la réduire au rang d’un lobby. L’auteur se fait là-dessus assez ferme.

Les deux chapitres suivants constituent à mon sens l’originalité du texte de F. Huguenin. Il y décrit de manière précise et ramassée quelques principes (ne pas imposer ses normes, être solidaires du monde) pour être chrétien dans un monde qui ne l’est pas et il pointe quelques écueils (illusion de rallier le monde entier au christianisme, sortir de l’alternative progressiste réactionnaire, la préférence de son pays et ses limites…). Avons-nous fait le deuil en France, d’un système politique chrétien ? Malgré une tradition chrétienne qui récuse toute théocratie, nous éprouvons une forme de nostalgie blessée du politique. L’auteur avance des pistes de réflexion sur la place de la Révolution et de la 3èmeRépublique dans l’inconscient politique catholique. Il met en valeur également le rôle symbolique hypertrophié de la loi : nous vivons parfois en France avec l’illusion que tout devrait se régler par la loi fût-elle des hommes ou de Dieu… Elles ne sont pas du même ordre et ne poursuivent pas d’ailleurs la même finalité.

L’auteur souligne enfin que, de la même façon que tout n’est pas politique, il existe d’autres modes d’action qui sont tout autant politiques mais ne passent ni par le législateur ou l’exécutif. Le centralisme jacobin a atténué la place des corps intermédiaires, des associations… Elles sont comme M. Jourdain, elles font de la politique sans le savoir ! Le dernier chapitre est sans aucun doute l’apport le plus singulier d’Huguenin au débat. Il propose trois termes pour renouveler le rapport des chrétiens au politique : communion, transfiguration et conversion. Il semble urgent de repréciser le sens du bien commun, marque de l’universel. Ce dernier établit une relation nécessairement spirituelle et de communion entre tous : les chrétiens rappelant sans cesse la vocation profondément spirituelle de tout être humain. Tant que chaque chrétien n’aura pas examiné son propre rapport au monde selon une logique de conversion évangélique, dans la lignée des Béatitudes, le rapport au politique sera vécu et pensé dans une logique mondaine inévitablement mortifère. La réalité du politique est, comme toute autre réalité mondaine, appelée à être transfigurée par l’évangile. Dans ce monde et pour l’instant, ce ne peut être que sous la croix.

L’essai est stimulant en ce qu’il oblige à des distinctions. Il souligne aussi les contradictions à lever pour notre société et les catholiques français. Une question parmi d’autres : le politique est-il aussi uniforme et monolithique que le décrit l’auteur ? Même s’il est encore trop tôt pour le dire, la perception actuelle du politique (critique dans bien des cas et le confondant avec la politique) n’est-elle pas en train de changer ? Les réseaux sociaux, les médias, les revendications ne bousculent-elles pas déjà la participation des citoyens au politique ?  On aurait aimé quelques pages de la même eau que les autres, sur le sujet …




lundi 16 juillet 2018

Un temps pour mourir : derniers jours de la vie des moines

Un temps pour mourir : derniers jours de la vie des moines
Nicolas Diat
Paris, Fayard, 218. 226 pages.  


Comprendre les derniers instants de la vie : ce qu’en dit l’auteur au début de ce livre : 
« Aujourd’hui, la liturgie de la mort n’existe plus. Or les peurs et les angoisses n’ont jamais été aussi fortes. Les hommes ne savent plus comment mourir.Dans cet univers désolé, j’ai eu l’idée de prendre le chemin des grands monastères pour découvrir ce que les moines ont à nous dire de la mort. Derrière les murs des clôtures, ils passent leur existence à prier et à réfléchir aux fins dernières. 

« J’ai pensé que leurs témoignages pourraient aider les hommes à comprendre la souffrance, la maladie, la peine et les derniers instants de la vie. Ils savent les morts compliquées, les morts rapides, les morts simples. Ils y ont été confrontés plus souvent, et de plus près, que la plupart de ceux qui vivent au-delà des enceintes des monastères. J’avais l’intuition, en commençant mon travail, que les moines ne me cacheraient rien, qu’ils me parleraient du trépas des leurs avec vérité. 

« J’aimerais que ce livre donne un peu d’espoir, car les moines nous montrent qu’une mort humaine est possible. L’homme du XXIè siècle n’est pas condamné à des fins solitaires, sans amour, dans des chambres anonymes d’hôpitaux. L’homme du XXIè siècle n’est pas condamné à la fausse humanité d’une mort maquillée et travestie dans des salons funéraires désincarnés.Aujourd’hui les moines sont peut-être les derniers à pouvoir comprendre les mots de saint François d’Assise dans son « Cantique au frère soleil » :
Loué sois-tu Seigneur,
pour notre sœur la mort corporelle
à qui nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ;
heureux ceux qu’elle surprendra en faisant sa volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire. 

« Les récits recueillis dans les abbayes que j’ai visitées ne m’ont pas détrompé. J’aimerais que ce livre donne un peu d’espoir, car les moines nous montrent qu’une mort humaine est possible. [...] Les histoires que m’ont confiées les bénédictins d’En-Calcat, de Solesmes et de Fontgombault, les trappistes de Sept-Fons, les cisterciens de Cîteaux, les chanoines de Lagrasse, les prémontrés de Mondaye et les ermites de la Grande-Chartreuse sont aussi belles et exceptionnelles que les paroles mémorables des temps anciens. »


  Présentation du livre
 Voilà un livre qui parle de la mort, mais de la mort qui s’ouvre sur la Vie.  Son auteur, Nicolas Diat, est surtout connu pour ses livres sur Benoît XVI et le cardinal Sara, qui ont obtenu un grand succès en France comme à l’étranger. Mais ici c’est en enquêteur sur un sujet difficile qu’il a entrepris de recueillir les confidences de nombreux moines sur la fin de vie derrière les murs clos de leurs monastères. Les témoignages sont extrêmement divers et l’attitude devant la mort est celle de tout être humain ce qui les rend plus proches de nous et plus bouleversants encore. Certains ont peur de la mort, ce qui peut sembler étonnant de la part d’un religieux, certains aussi ont peur de ne pas « faire une bonne mort » ; d’autres l’attendent comme la rencontre, celle qui donne sens à la vie, et à toutes choses.
 Devant la mort personne ne peut tricher ! Il peut y avoir chez certains comme une attitude enfantine devant cet instant à la fois inéluctable, devant cette fin à la fois redoutée mais le plus souvent désirée : « Nous savons où nos frères partent »   « Le lendemain de sa mort, je disais le chapelet dans le jardin et je me suis fait la réflexion que je n’avais pas eu le temps de pleurer ; j’ai aussitôt fondu en larmes. Pourtant, dans un monastère, nous ne pleurons pas pour un décès. Il ne faut pas y voir une sécheresse de nos sentiments. Nous savons où nos frères partent. Les enterrements sont toujours joyeux. Notre existence doit être un noviciat d’éternité. » (page 92)
  

Extraits du livre donnant quelques témoignages de moines

« Frère Vincent est mort avec une grande facilité.
En écoutant le Père Emmanuel-Marie, il me semble entendre un homme qui parle de la disparition de son propre enfant : “Je me suis penché au-dessus de lui, j’ai su que les dernières minutes approchaient. J’ai dit à sa mère de prendre sa main droite, à sa sœur de saisir la gauche. Son corps était brûlant. J’ai récité les prières des agonisants et je lui ai donné le sacrement des malades. Soudainement, nous avons senti qu’il s’apaisait.
 
Témoignage recueilli à En-Calcat
« Une année avant sa mort, pendant sa rémission, le Père Michel-Marie a reçu un journaliste. Il avait peur de souffrir, et cependant il a tenu [au journaliste] ce discours magnifique : “Me savoir ainsi atteint par la maladie m’a donné une hypersensibilité. Je me rends compte à quel point la vie n’est pas grand-chose. En même temps, elle revêt toute son importance. Je prends conscience désormais avec clarté de la fin de toute chose. Il faut cependant se lever et se battre pour la vie. J’ai le trac de la mort, comme avant un examen. La dimension de ce qui nous attend au ciel est affolante. Pourtant, j’ai un rôle à jouer dans cette grandeur. Dès ici-bas, tout ce que je fais prépare ce que j’aurai à vivre au ciel. Mais cela me dépasse. J’ai pris conscience de l’incroyable immensité de ce qui m’attend de l’autre côté.” [...]
En-Calcat est une oasis qu’on quitte à regret. »
Le Frère Pierre Buisson ne voulait pas devenir centenaire. Je savais donc que le temps était compté. Depuis quelques semaines, il était diminué.À la fin du mois de mai, lorsque je suis parti en Espagne, je lui ai demandé d’attendre mon retour pour mourir. Il m’a obéi.En revenant à l’abbaye, je suis monté rapidement dans sa chambre. Nous étions la veille de son décès.Il est parti comme une petite flamme. Il disait que sa valise était prête. Jusqu’à la fin, le Frère Pierre a passé des heures à prier. Il visitait tous les jours le cimetière pour honorer les morts. Il ne disait jamais de mal de personne. Notre Frère est parti avant l’office de sexte, alors que l’infirmier s’était brièvement absenté pour préparer une perfusion. Je suis monté lui donner l’absolution.”Le Père abbé était heureux et serein. Il avait pu le voir une dernière fois. Il n’imaginait pas être absent de Solesmes en ces moments si particuliers. »
 
Témoignage recueilli à La Grande-Chartreuse
« Dom Innocent me dit avec son humour habituel que la vie serait un désastre si nous ne savions pas que la mort viendrait nous chercher un jour. Comment les hommes resteraient-ils indéfiniment dans cette vallée de larmes ?
“Nous sommes nés pour rencontrer Dieu. Les vieux chartreux lui demandent de ne pas tarder. La mort, c’est la fin de l’école. Après, le paradis arrive. Un moine a donné sa vie à Dieu, et il ne l’a jamais rencontré. Il est normal qu’il soit impatient de le voir. Comme dans les poèmes de Thérèse d’Ávila et de Jean de la Croix, les chartreux meurent de ne pas mourir. À notre grand regret, le Saint-Esprit n’est pas pressé de venir nous chercher. Dans notre Ordre, les purifications et les grandes épreuves ne sont pas courantes. Les derniers mois, le Christ s’est déjà emparé de nos vieux moines. Le corps usé retourne à la terre, mais c’est pour attendre la gloire de sa résurrection. Nous ne savons pas encore ce qu’est réellement notre corps, sa beauté, sa gloire et sa lumière. Le plus beau, et de loin, est encore devant.” »

 Témoignage recueilli à l’Abbaye de Lagrasse

Le petit Frère semblait plus reposé, emporté dans un voyage qui le dépassait. Nous avions la certitude qu’il allait nous quitter. Il était devenu transparent. Le temps des crises, le temps des suffocations s’éloignait.Il ne nageait plus dans cette mer de souffrances qui était sa prison. Frère Vincent n’avait pas peur. Son départ a été doux.La veille, les spasmes déformaient son visage. À l’heure de la mort, il était rayonnant.” »

 Témoignage recueilli à Solesmes
« Je me souvenais de sa manière respectueuse et délicate de parler d’un moine qu’il aimait : “Je demande toujours à mes Frères de mourir lorsque je suis à l’abbaye. Je voyage beaucoup en raison de mes fonctions de supérieur de la congrégation de Solesmes.

Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix-en-Provence

vendredi 13 juillet 2018

Comme l'éclair part de l'Orient

 
Comme l’éclair part de l’Orient
Alexandre Siniakov
Paris, Salvator, 2017. 196 pages.
 
 
Ce livre a obtenu le Prix du livre de Spiritualité 2018.

Ce ne sont pas de présomptueux mémoires, mais l'enthousiasmant témoignage d'un serviteur du Christ. Né en 1981 dans un village cosaque de la Russie soviétique, Alexandre Siniakov est un jeune prêtre et moine orthodoxe. Sa vocation précoce a conduit l'enfant, qui a grandi dans un sovkhoze d'un monastère des bords de la Volga, vers Toulouse, Paris, Louvain, Cambridge où il poursuivit sa formation, puis Vienne où il fut ordonné prêtre en 2004, Bruxelles où il vécut son premier ministère ecclésial, et enfin en région parisienne où il dirige un séminaire orthodoxe. Son itinéraire entre deux mondes (communiste et libéral, orthodoxe et catholique) commence par la contemplation du ciel étoilé dans les steppes de son Caucase natal et s'achève avec une méditation sur le « cosmopolitisme » et la « catholicité ».
 
Dans ces dix-sept chapitres, la réflexion théologique, nourrie de citations très lumineuses, éclaire, avec discernement, l'expérience quotidienne. La vie au sovkhoze, ses origines cosaques, sa passion libératrice pour les livres et les langues, la valeur de l'amitié fraternelle, le sens de la paternité, etc., lui font formuler des pensées en forme d'apophtegmes : « Le renoncement d'un père à vouloir imposer son choix à son fils pour le laisser partir […] est, d'une certaine façon, l'imitation du renoncement de Dieu dans la Création. » « Un homme humilié, torturé et condamné à mort peut être le Fils de Dieu. » « Dieu est devenu homme pour que l'homme devienne le gardien de son frère. » Pour ce témoin du Royaume, l'endroit singulier où nous vivons en est la clé première.
 
 
Source : Revue Etudes, Novembre 2017.


Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles 

dimanche 11 mars 2018

Une passion après Auschwitz ? autour de la Passion selon Marc


UNE PASSION APRÈS AUSCHWITZ ? AUTOUR DE LA PASSION SELON MARC 
DE MICHAEL LEVINAS
sous la direction de Jean-Marc Tétaz et Pierre Gisel
Paris, Beauchesne, 2017. 264 pages.


Présentation de l'éditeur

Cet ouvrage paraît à l’occasion de la création à Lausanne, lors de la semaine sainte 2017, de La Passion selon Marc. Une passion après Auschwitz du compositeur Michaël Levinas. Cette création prend place dans le cadre du 500e anniversaire de la Réforme protestante. Elle entreprend de relire le récit chrétien de la passion de Jésus dans une perspective déterminée par la Shoah.

Ce projet s’inscrit dans une histoire complexe, celle de l’antijudaïsme chrétien, dont la Réforme ne fut pas indemne, mais aussi celle des interprétations, théologiques et musicales, de la passion de Jésus de Nazareth. Et il soulève des questions lourdes, mais incontournables. Peut-on mettre en rapport la crucifixion de Jésus – la passion chrétienne – et l’assassinat de six millions de juifs ? Ne risque-ton pas d’intégrer Auschwitz dans une perspective chrétienne, et du coup de priver la Shoah de sa radicale singularité ? De redoubler la violence faite aux victimes d’Auschwitz en lui donnant un sens qui en dépasserait le désastre, l’injustifiable, l’irrémédiable ?

Le livre propose une série d’éclairages sur les questions que soulève le projet d’une Passion après Auschwitz : relectures du récit de la passion selon Marc, analyses historiques, réflexions sur quelques figures juives de l’interprétation de la Shoah, reprises théologiques chrétiennes enfin, autour des questions posées à la christologie et à la théologie de la passion. L’ouvrage se conclut par un entretien avec le compositeur qui revient sur son approche de cette thématique et sur sa démarche.

Ont participé à cet ouvrage : Danielle Cohen-Levinas, Corina Combet-Galland, Marc Faessler, Pierre Gisel, John Jackson, Daniel Krochmalnik, Pierre-Olivier Léchot, Michaël Levinas, Jean-Marc Tétaz et Christoph Wolff.



SOMMAIRE
Jean-Marc Tétaz et Pierre Gisel : Avant-propos

Corina Combet-Galland : La Passion selon Marc.
Ou la mort précédée de ce qui la dépasse ?
1. L’onction par effraction, ou la surabondance dans la maison du Pauvre
2. Le dernier repas : la fraction, les fractures de la communion
3. Le passage par la nudité
4. Les procès : la vérité au jeu de la dérision
5. La croix. Du « pourquoi » sans réponse au « vraiment » de la reconnaissance
6. En guise de conclusion

Marc Faessler : La Passion selon Marc, ordalie du Silence 
de Dieu
1. L’« in-ouï » du silence
2. L’ordalie dans les sollicitations bibliques du récit de la Passion
3. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu embuissonné (dans le Silence) ? »

Pierre-Olivier Léchot : « Des maîtres très grossiers
et des élèves de l’Écriture dépourvus de zèle ». Quelques motifs théologiques de la polémique anti-juive
 chez Luther
1. Luther antisémite ? Quelques données historiques touchant Luther
2. Un débat herméneutique, à propos de la figure du Christ-Messie
3. Remarques conclusives 

Christoph Wolff : Les Passions selon Jean, Matthieu et Marc de J.S. Bach dans leur contexte historique
1. La Passion selon Saint Jean
2. La Passion selon Saint Matthieu
3. La Passion selon Saint Marc 

John E. Jackson : Paul Celan – une passion juive ?

Daniel Krochmalnik : Servus Dei. À propos d’une icône de la Shoah
1. Habent sua fata imagines
2. Judea capta
3. Ecce homo
4. Nostra aetate


Jean-Marc Tétaz : La mort du juif Jésus et la question  de la christologie

1. Der Meister : raconter l’histoire de Jeschua après Auschwitz
2. La « troisième quête » du Jésus historique et la destruction de la continuité entre le Jésus de l’histoire et le Christ de la foi
3. La christologie comme construction métaphorique de la mémoire croyante
4. La christologie entre histoire et mémoire
5. Christologie et identité de la personne 

Pierre Gisel : Golgotha et Auschwitz, une passion ?
1. Une surdétermination chrétienne du destin de l’homme Jésus
2. Pour autant que soit en cause une passion, qu’y lire et qu’en faire ? D’un différend entre deux voies divergentes
3. Interlude : ce que, pour mon compte, je retiens, et ce qui reste à approfondir
4. En plus grande proximité, mais où le différend insiste
5. Un « fait chair » pour un « faire voir »
6. Retour sur le motif d’une passion, la manière de l’investir et de répondre de ce qui s’y joue


Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

http://www.editions-beauchesne.com/userfiles/Le-Monde-Festival-Musica-Les-voix-de-la-Passion.pdf

samedi 17 février 2018

Film l'Apparition de Xavier Giannoli


L’Apparition
Xavier Giannoli
. Critique du Père Frédéric Roder.
La bande annonce laissait présager un film particulièrement intense et contre toute attente, l’intensité est devenue viscérale, toutes les émotions et sensations se sont concentrées à l’intérieur de soi.
Le bruit de fond, le premier plan et la musique nous entraînent en pleine guerre, dans le feu de l’action, sous les bombardements et jusque dans la mort. Le personnage central du film entre en état de surdité qui mettra presque tout le film à cesser, quand enfin il sera prêt à écouter et non plus seulement à voir. Car son appareil photo, ce qui l’aide à appréhender le réel et à le représenter est maintenant souillé du sang de son ami.

Tout le film sera une longue quête du regard, pour voir l’invisible et oser la contemplation. Le seul regard qui marque tout le film est celui de l’Icône syrienne de la vierge à l’enfant trouée par deux balles à l’endroit des yeux et qui accompagne la surdité du héros avant que lui aussi soit illuminé et voit enfin plus loin que son objectif. Cette Icône semble la seule à comprendre le cours providentiel des événements et semble être la clé de la fin du film.

L’intrigue alors se met en place pour ce reporter qui a perdu le goût du travail, le Vatican l’appelle pour lui faire mener une enquête canonique. Nous avons alors droit à une visite des archives du Vatican. Tout de suite nous pensons au roman magnifique de Maurice West, « l’avocat du diable » et le film réussit à introduire tous les bons ingrédients d’une enquête : interrogatoire, corrélations, enquête de terrain et découverte de la voyante et de son entourage avec la certitude habituelle que la vérité d’une apparition dépend de la sainteté de la voyante.
La tout commence à sonner faux, sauf l’apparition de la Vierge, mais tous les ingrédients cyniques de l’argent autour du merveilleux ,des Chrétiens crédules et des complice peu scrupuleux. Pourtant, lentement mais sûrement l’enquête continue et même avance malgré le curé crédule et metteur en scène.

Enquête terminée et classée dans les archives du Vatican. Cependant, inclusion avec le début, nous voici de nouveau d’abord en Jordanie pour avoir le fin mot de l’affaire par Meriem (Marie encore) puis en Syrie, au milieu du désert devant un monastère en reconstruction. Marie est la, elle rend la vue au reporter et l’aide à entendre le silence. L’Apparition pourrait se décliner en « les apparitions » car beaucoup d’évènements, d’épiphanies nous ont lentement fait entrer en nous-mêmes jusqu’au lieu où Dieu lui-même se donne à connaître et à découvrir.
Cette belle enquête, suffisamment lente pour que nous ne restions pas indemne mais suffisamment courte pour ne pas ennuyer est soutenue par deux acteurs au jeu incroyable : Vincent Lindon et Galatea Bellugi et en même temps une musique incroyablement adaptée au film, une vraie découverte qui touche l’âme et le cœur et nous entraîne à oser des émotions, des doutes et du silence qui nous ferons entrer plus profondément encore dans ce film. Du réalisme au surnaturel, il n’y a qu’un pas... celui de la foi.



http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19576162&cfilm=252874.html

Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


mardi 23 janvier 2018

Psaumes censurés de André Wénin

Psaumes censurés ; quand la Bible a des accents violents
André Wénin
Paris, Le Cerf, (Collection Lire La Bible), 2017. 208 pages.


Dieu, casse leurs dents dans leur gueule !
Dieu des vengeances, montre-toi !
Dieu, si tu voulais tuer le méchant !


Ces prières sont-elles celles d’un terroriste convaincu qui veut attirer Dieu dans sa rage assassine ?
Ces cris sont pourtant tirés des Psaumes de la Bible. Des imprécations sont d’une telle violence que l’Église les a
expurgées du Psautier que récitent les  fidèles. Mais a-t-elle eu raison d’e le faire ?  Pour André Wénin une telle censure n’est guère opportune.

Si tel le cas que fut-il faire et que faut-il penser de ces textes ? Est-il bon pour le chrétien de les lire, voire même de les prier ? Et si non les lie, voire si l’on prie  dans quel esprit le faire ?
En remettant des psaumes dans leur contexte on peut en dégager une cohérence et en même temps mieux cerner les pensées  du psalmiste qui prie de la sorte : ainsi l’auteur fait découvrir et apprécier ceux qui ont rédigé ces textes ainsi que la force et la vérité profondément humaine de ceux-ci. Ils apparaissent alors comme des fenêtres ouvertes sur le monde accablé par le mal, sur l’être humain qui s’y trouve en proie à l’injustice et à la souffrance, sur la foi en un Dieu qui, parce qu’il est vie et liberté, ne peut souffrir que le mal l’emporte.


Ces psaumes peuvent être la meilleure antidote contre notre propre violence et aussi contre l'hypocrisie qui guette tout chrétien qui peut s’imaginer que parce qu’il récite les mots de l'amour, il les met en pratique et, parce qu'il rejette les mots de la violence, il fait la paix. Paul Beauchamp nous le redit : "Est-ce toujours l'amour qui juge ces paroles violentes incompatibles avec sa propre tendance ? Ou est-ce le souci que chacun a de sa propre image, qui proteste en la voyant menacée d'une ombre ?...S'il est possible de passer de la violence à l'amour (l'histoire biblique en témoigne), il est beaucoup plus difficile que l'amour apparent fasse place à l'amour réel....La fréquentation des gens simples apprend qu'il y a souvent de l'amour sous des paroles dures....Les chrétiens doivent être en garde contre la propension à saturer leur discours de mot qui diraient la douceur tout en échouant à la communiquer...A cet égard, le maintien de l'Ancien Testament dans notre Bible joue un rôle irremplaçable" (Documents épiscopat n°11, p.9).


Docteur en sciences bibliques de l’Institut biblique pontifical de Rome, André Wénin est professeur d’Ancien
Testament à l’université catholique de Louvain. Il a publié de nombreux ouvrages aux Éditions du Cerf, dont Abraham ou l’apprentissage du dépouillement (2016).


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


vendredi 10 novembre 2017

Une méditation sur le Cantique des Cantiques

Le désir désiré : commentaire sur le Cantique des Cantiques
Benoît Standaert
Paris, Salvator, 2016. 308 pages.



Présentation de l’ouvrage

Le Cantique des cantiques, ou Poème, occupe une place  singulière dans la littérature biblique tant juive que chrétienne. La tradition juive le classe parmi les cinq meguillot, ces  rouleaux attachés à des fêtes liturgiques. Il est lié à la célébration de la Pâque. Le nom de Dieu n'y est pas prononcé. L'essentiel du livre se compose de  paroles échangées par un homme et une femme qui expriment leur amour de manière passionnée, prenant à témoin  d'autres personnages et des éléments de la nature.

Dans cet ouvrage Benoît Standaert se situe dans la grande lignée des mystiques qui ont longuement médité cet hymne à l’amour et nous ont en transmis le fruit par leurs écrits : l’on peut penser tout particulièrement à un saint Jean de la Croix entre autre.
C’est ce commentaire sous forme de méditations priantes et comme amoureuse que nous donne ici l’auteur, moine bénédictin. Il a été composé en deux fois : d’abord comme un journal, lors d’un séjour en ermite près du lac de Garde ; ensuite comme un essai, né dans l’ambiance pascale, car ce chant est par excellence le rouleau de fête pour la Pâque, tant juive que chrétienne. Le moine pratique sa lectio divina - ou lecture du cœur  - en ouvrant chaque matin son désir pour rejoindre celui qu’habite le texte. « Le Désir de Dieu est Bonté », selon Levinas. Cette quête menée par l’auteur débouche sur le rayonnement d’un « Visage sans trait » qui, disait saint Bernard, « transforme ».

Cette longue méditation ne peut que donner envie au lecteur de découvrir ou de redécouvrir l’un des plus beaux chants d’amour de la Bible et d’en savourer toute la richesse mais aussi toute la beauté.



L’auteur


Benoît Standaert est moine bénédictin, de l’abbaye de Saint-André près de Bruges. Il vit aujourd’hui en ermite près de Malmedy. Exégète et auteur spirituel, il a commenté notamment L’Évangile selon Marc (Gabalda, 2010) et rédigé plusieurs ouvrages de spiritualité, dont Sagesse comme art de vivre (Bayard, 2009) ou Les trois colonnes du monde (Albin Michel, 2012), avec une application originale de cette triple clef à saint Paul : Le ministère de Paul. Parole, prière, miséricorde (Médiaspaul, 2016).


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles.

mardi 31 octobre 2017

Jésus : l'encyclopédie

Jésus : L'encyclopédie 
sous la direction de Joseph Doré
Paris, Albin Michel, 2017. 843 pages.


Présentation de l'éditeur

Les éditions Albin Michel publient une nouvelle grande encyclopédie sur Jésus qui se veut à la croisée des connaissances contemporaines par la diversité des contributeurs.

Si Jésus apparaît comme une figure éminente dans l'histoire de l'humanité, sa vie, ses actes et son message réels demeurent paradoxalement assez méconnus. Dans quel milieu a-t-il vécu, qu'a-t-il dit, fait et transmis ? Et que penser de la valeur historique des récits évangéliques, au-delà des discours dogmatiques et des strates culturelles accumulées depuis deux millénaires ? Conçue et dirigée par Joseph Doré, voici la grande synthèse inédite des données établies (ou discutées) par la recherche historique, qui répond sans tabou à toutes les interrogations du public. Outre une lecture critique des textes, elle propose aussi les regards croisés de philosophes, psychanalystes, écrivains et autres personnalités chrétiennes, juives, musulmanes, athées et agnostiques. Un ouvrage de référence sur un personnage unique, Jésus, qui garde son mystère et interroge chacun de nous sur le mystère qu'il est à lui-même.

Ce livre, exceptionnel, tant par son aspect que par la richesse de ses textes et de ses illustrations, constitue un formidable panorama des connaissances actuelles sur Jésus. Il fait le point sur les dernières découvertes archéologiques et présentent des points de vue à la fois bibliques, historiques et artistiques. On peut y voir diverses formes de textes  : récits, encadrés, tableaux, interviews et les illustrations sont nombreuses (environ 400). On est en présence d’un foisonnement de savoirs passionnants sur le Christ, qui unit et oppose les trois monothéismes et qui demeure une figure spirituelle fondatrice quoi que l’on puisse en dire  de notre monde occidental.


Les auteurs


Joseph Doré, directeur scientifique, 80 ans, est archevêque émérite de Strasbourg, et un théologien de réputation internationale, qui a longtemps dirigé des sociétés bibliques et revues universitaires. Il a aussi dirigé une grande collection théologique chez Desclée/Mame pendant trente ans, et publié plusieurs ouvrages pour le grand public, dont un Jésus expliqué à tous (Seuil, 2015). Christine Pedotti, coordinatrice, est une intellectuelle catholique connue pour sa défense des femmes et des laïcs dans l'Eglise. Ancienne éditrice chez Mame, elle a publié une trentaine d'ouvrages, dont La Bible comme un roman en deux tomes chez XO (2015, 2016).


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles