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mercredi 4 juin 2014

LOS CRISTEROS : UNE "VENDEE MEXICAINE"

Histoire du Christianisme Magazine -hors série – Printemps 2014
L'épopée des cristeros : 1926-1929 : une « Vendée mexicaine »

En 1926, un soulèvement populaire secoue le Mexique suite aux lois du président Callès, qui interdisent toutes pratiques religieuses dans l’ensemble du pays. Des hommes et des femmes de tous horizons, les Cristeros, vont alors risquer leur vie pour défendre leur liberté et lutter contre les persécutions menées par le gouvernement. Une des pages les plus sombres de l’Histoire du Mexique.
Il faut remonter au milieu du XIXè siècle pour comprendre le contexte général de cette révolte. En 1857 est promulguée une Constitution destiné à faire du Mexique un Etat moderne. Parmi ces lois de Réforme figurent celles concernant la laïcité et la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ces lois, reprises dans la Constitution de 1917 ne seront appliquées que dans les régions où l’attachement au catholicisme est le plus faible mais rendent difficiles et conflictuelles les relations entre l’Etat et l’Eglise.
Mais l’élection en 1924 du Président Plutarco Calles met fin à une relative trêve entre l’Eglise et l’Etat. Il fait appliquer strictement les lois anticléricales sur tout le pays et surtout en 1926 une loi interdit le port de l’habit clérical et l’enseignement religieux dans les écoles. Profondément anticlérical le nouveau président ne cache sa volonté d’éradiquer toute influence de l’Eglise catholique. En réaction l’attitude de l’Eglise se durcit et en juillet 1926 l’Epsicopat vote la suspension du culte religieux. Après une résistance non-violente qui échoue tout bascule dans la violence.
Dès août 1926 des affrontements ont lieu entre l’armée fédérale et  ce que l’on va appeler « los cristeros ». Cette armée rebelle est surtout composée de paysans du Sud du Mexique, le Nord du pays (plus tournée vers les Etats-Unis et vers un modèle libérale) ne soutient guère ce mouvement armé.  L’épiscopat lui-même se désolidarise des Cristeros et préfère négocier avec le gouvernement mexicain par l’entremise d’un émissaire des Etats-Unis. Cette guerre qui aura fait de nombreuses dans les deux camps se termine en 1929 un accord : « los arreglos » : le culte redevient libre, l’enseignement religieux est autorisé dans les églises et les prêtres recouvrent leurs droits civiques.
La guerre aura fait environ 100 000 morts parmi les combattants (dont 60 000 pour les fédéraux). Le bilan est difficile à évaluer parmi la population civile. Cette guerre menée au nom du « Christ Roi » a ses martyrs : des prêtres, des laïcs. On peut dire que révolte l’a été pour la défense de la liberté religieuse au nom de la foi. Mais elle laissera ouverte de nombreuses cicatrices au sein de la nation mexicaine : il faudra attendre Jean-Paul pour que soient que soit  reconnus martyrs (morts pour leur foi) de nombreuses victimes de cette tragédie.

Pour comprendre le mouvement des Cristeros dans l’histoire du Mexique on peut de reporter à de nombreux ouvrages notamment ceux de Jean Meyer, le premier historien qui s’est intéressé à cet épisode de la construction de l’Etat mexicain contre l’Eglise..
MEYER, Jean. –La rébellion des Cristerois.. l’Eglise, l’Etat, le peuple dans la révolution mexicaine. – Paris, CLD, 2014.
MEYER, Jean. – La révolution mexicaine, 19140-1940. – Paris, Tallandier, 2014.
IANNACCONE, M. A. – Cristiada, l’épopée dei cristeros in messico. – Editions Lindau, 2014.
GREEN, Graham. -  Route sans lois. – Paris, Petite bibliothèque Payot, 1998.
GREEN, Graham. – La puissance et la gloire. – Paris, le Livre de poche.



dimanche 4 mai 2014

LOS CRISTEROS VUS PAR UN HISTORIEN FRANÇAIS



Ce Français qui a révolutionné l'histoire du Mexique

LE MONDE CULTURE ET IDEES |  • Mis à jour le  |Par 


Massacre de «cristeros» en 1929 (photo anonyme).

C'est un historien français, âgé de 70 ans, inconnu chez nous mais célébré auMexique. Jean Meyer a bataillé pendant trois décennies afin de révéler un épisode tragique de ce pays et pour que ce dernier en reconnaisse l'existence : l'assassinat de 250 000 paysans catholiques, entre 1926 et 1929. Après la révolution de 1910, les soldats de l'Etat ultralaïque ont massacré ces paysans qui entendaient célébrer la messe et qui criaient leur foi en le Christ-Roi. D'où leur nom de "cristeros" et celui de leur mouvement, la Christiade.

Etrange destin que celui de Jean Meyer, Alsacien né à Nice en 1942, qui le mènera à mettre au jour ce qu'il appelle "cette gigantesque Vendée mexicaine". Tout commence par un emballement de jeunesse. Etudiant en histoire, il a 20 ans et veut se rendre à Cuba, attiré par Fidel Castro et Che Guevara : "Le cinéaste Chris Marker m'avait même prêté une caméra", raconte-t-il, dans sa résidence de Mexico, où il est installé depuis quarante ans - il a même obtenu la naturalisation en 1979.
Il oublie vite Cuba, car c'est en découvrant le Mexique qu'il trouve sa terre d'élection. Revenu à Paris, il profite de sa cinquième année d'agrégation pouringurgiter tous les livres que le Musée de l'homme possède sur ce pays etrassembler ce qu'il peut glaner aux archives diplomatiques du Quai d'Orsay. Il suit le séminaire de Pierre Chaunu, le grand américaniste de l'époque, et songe àconsacrer sa thèse au révolutionnaire Emiliano Zapata, défenseur des paysans du Sud.