lundi 6 juin 2016

CORRESPONDANCE DE FRANÇOIS DE SALES ET JEANNE DE CHANTAL

Correspondance, François de Sales et Jeanne de Chantal,
Paris, Editions Desclée De Brouwer, 2016. 904 pages.


Présentation de l'ouvrage 

« L’amitié est d’abord, amour de soi, puis s’étend aux autres hommes […] . D’où il faut conclure que l’homme vertueux doit nécessairement s’aimer lui-même : des nobles conduites, il ne peut manquer de tirer les plus grands avantages personnels, et tous les autres en tirent profit ». (Aristote).
C’est cette amitié qui unit l’Evêque de Genève et la fondatrice de l’Ordre de la Visitation, mais une amitié toute entière tournée vers Dieu.

« Vive Dieu ! ma Fille : ou rien, ou Dieu ; car tout ce qui n'est pas Dieu, ou n'est rien, ou est pis que rien » écrivait François de Sales à Jeanne de Chantal le 11 juillet 1611.

"Je me sens, ma très Fille, une suavité extraordinaire de l'amour que je vous porte, car j'aime cet amour incomparablement, fort, impliable et sans mesure ni réserve ; bref, si je ne me trompe, tout en Dieu..." (7 juillet 1607).

La correspondance de ces deux saints qui furent des amis intimes qui est considéré comme un chef-œuvre de la littérature française et religieuse est pour la première fois accessible dans un français moderne. 

François de Sales (1567-1622) était le directeur spirituel de Jeanne de Chantal (1572-1641). Tous deux seront canonisés. La correspondance entre saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal est la chronique d’une véritable amitié spirituelle.
Les éditions Desclée De Brouwer publient toutes les lettres conservées qu'ont échangé François de Sales et Jeanne de Chantal pendant 18 ans et qui ne s'achèvera qu'avec la mort de l'Apôtre du Chablais. Ainsi, de petits billets « utilitaires » côtoient de magnifiques lettres qui nous révèlent le fond de la spiritualité salésienne et la saveur du génie littéraire de l'auteur au service de sa mission de conseiller spirituel. Cette édition est d’autant plus précieuse qu’elle est agrémentée de notes historiques et biographiques. C’est donc un aussi un document qui nous plongent dans une époque troublée par les guerres de religion entre catholiques et protestants : acteurs du relèvement catholique dans l’Europe de la Contre-Réforme après les Guerres de religion et donc mêlés à tous les débats politiques et religieux de l'époque, François de Sales et Jeanne de Chantal nous introduisent dans ce renouveau religieux qui caractérisent l'Occident chrétien.
La publication de cette correspondance à une époque où l’art épistolaire a disparu, où la correspondance était le seul moyen de communication, montre combien l'écriture demande un effort intellectuel mais également physique quand il s'agit de tenir une plume d’oie ! En effet, alors qu’il était malade, François de Sales était obligé de dicter car tout effort lui était interdit par les médecins. Il reste aujourd’hui, environ 2.500 lettres de François de Sales ce qui ne représenterait que  le dixième de ce qu’il a pu écrire, lui qui écrivait jusqu'à vingt-cinq lettres par jour.
Replacée dans son contexte historique avec des ajustements pour le lecteur contemporain cette audacieuse publication ne peut que servir à  faire saisir toute la richesse de la spiritualité salésienne. Elle est donc tout à la fois un hommage rendu à la littérature française  mais surtout le témoignage d’une amitié qui n’avait pas d’autre but que de s’entretenir de Dieu et du moyen de parvenir à la sainteté.


Qui sont les deux correspondants ? 

François de Sales
François de Sales (1567-1622), est né au château de Sales près deThorens-Glières. Evêque de Genève, il résida à Annecy car la vile de Genève était entièrement protestante. Il a été proclamé saint et Docteur de l'Eglise. 
Issu d’une famille noble, il consacre sa vie à Dieu et renonce à tous ses titres de noblesse. Il devint l'un des théologiens les plus considérés de son temps. Ce prédicateur accéda au siège d'évêque de Genève et fonda, avec la baronne Jeanne de de Chantal l'ordre de la Visitation. Il exerça une influence marquante au sein de l'Église et même au sein du pouvoir ( les ducs Charles-Emmanuel ier, Victor-Amédée Ier de Savoie, la régente de Savoie Christine de France et les rois de France Henri IV et Louis XIII. 
Homme de lettres, il laissa une œuvre importante qui a laissé sa marque dans la spiritualité chrétienne. Depuis 1923 il est le saint patron des journalistes et des écrivains en raison de son recours à l'imprimerie.  Ses publications comptent parmi les tout premiers journaux catholiques au monde

Jeanne de Chantal
Jeanne-Françoise Frémyot de Rabutin, baronne de Chantal (Madame de Sévigné dont on connait les lettres était la petite-fille de la sainte), originaire de Bourgogne,  est née le 23 janvier 1572 à Dijon  et morte le 13 décembre 1641 à Moulins. Elle fut la fondatrice de l Ordre de la Visitation de Sainte-Marie avec le soutien de saint François de Sales (1610). Elle a été canonisée le 16 juillet 1767.

Devenue veuve elle rencontra en 1604 François de Sales, évêque de Genève en résidence à Annecy, venu à Dijon pour prêcher le carême et il devint son directeur spirituel. En 1610, libérée de ses obligations familiales, elle rejoint François de Sales dans son diocèse et sous sa direction fonde une nouvelle congrégation, l'Ordre de la Visitation de Sainte-Marie dans le duché de Savoie. À partir de 1618 cet ordre devint un ordre cloîtré sur décision du Pape Urbain VIII et avec l'accord de François de Sales. 


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles





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