jeudi 3 septembre 2015

Soixante-dix ans après, la déportation au cœur du XXe siècle

Le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale marque aussi la fin des systèmes concentrationnaires et d’extermination organisés par le régime nazi et parfois appliqués dans les territoires conquis par des gouvernements installés par l’occupant.
Les juifs, avec près de six millions de morts, ont été parmi les victimes de ces persécutions. En France, des missions d’Etat, appelées habituellement Mattéoli et Drai, par les noms de ceux qui les ont présidées, ont fait le point sur ces questions, sous l’angle des spoliations. Le volume suivant est l’un des rapports d’étape de la mission Mattéoli :
Rapport général, Mission d’étude sur la spoliation des Juifs de France, Paris, la Documentation française, 2000, 205 p.
Des centres de recherche ont travaillé sur ces sujets et soutenu des publications sur l’histoire locale. Prenons, par exemple, deux parutions vendéennes sur la protection des enfants juifs :
Abbé Georges de Guerry, « Je suis partout où se trouve l’oppression » : Hélène de Suzannet, in Recherches vendéennes, n° 11, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques, 2004, p 567-578.


Jean Rousseau, Des enfants juifs en Vendée, Chavagnes (1942-1944), La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques, 2004, 216 p.
Des revues ont publié des volumes sur la Seconde Guerre mondiale. C’est le cas de Communio dont le n° 161 est intitulé « Mémoire et réconciliation » (mai-juin 2002, 121 p).
Le système concentrationnaire est présenté par de l’iconographie dans La Déportation, Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes, 1968, 294 p.

Deux ouvrages présentent les camps comme des lieux de conversion :
Bernard Py, Dachau : mon baptême ! Paris, Saint-Paul, 2011, 207 p.
Juliane Picard, Des Ténèbres d’Auschwitz à la lumière du Christ, Parole et Silence, 2007, 164 p.
Dans Histoire des curés de campagne de 1789 à nos jours (Paris, Plon, 1986, 337 p), Pierre Pierrard écrit à la page 319 : « durant les quatre années d’Occupation, 481 prêtres sont incarcérés et 494 sont déportés, 160 d’entre eux, dont beaucoup de curés de campagne, sont exécutés ou meurent en déportation : l’abbé René Bompain, du diocèse de Lille ; l’abbé Bailly, de Besançon ; l’abbé Barthelet, de Saint-Claude ; l’abbé Bunel, de Meaux ; l’abbé Casse, de Châlons-sur-Marne ; l’abbé Dufay, de Bayeux ; l’abbé Mantz, de Versailles… »

C’est dans ce cadre que s’inscrit le livre de l’abbé Louis Poutrain, La Déportation au cœur d’une vie (Paris, Le Cerf, 1982, 195 p) qui est le récit de sa captivité et une autobiographie. L’œuvre de l’abbé Louis Poutrain, associé à son frère Pierre, perdure grâce au lycée professionnel qui porte leurs noms à Saint-Jean-Saint-Nicolas.
Luc-André Biarnais

Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun
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