lundi 15 février 2016

La confession
Adrienne Von Speyr
Paris, Culture et Vérité, 1991. 216 pages.

Hans Urs von Balthasar dit au sujet de l’ouvrage d’Adrienne von Speyr :
«une de ses œuvres les plus centrale". Son livre aborde les aspects moraux et pratiques du sacrement en profondeur. Parmi les nombreux domaines couverts comprennent la conversion, les scrupules, la contrition, la direction spirituelle, le laxisme, la fréquence de la confession, les aveux de religieux et de laïcs, même les aveux des saints.

Qu’est-ce que se confesser ? Quel sens cela a-t-il de le faire ? Pour répondre, Adrienne von Speyr ouvre les évangiles et regarde Jésus qui révèle à certains leurs fautes et leur pardonne. Autre question : comment se confesser ?
L’auteur décrit la confession du laïc et du prêtre, de l’actif et Pour Adrienne von Speyr la confession a eu une place importante dans sa vie spirituelle aussi bien que dans ses écrits. Elle parlait d’« attitude de confession »qui peut se définir par une attitude d’ouverture de soi pour répondre à une exigence :  « On peut la désigner analogiquement comme attitude de confession parce que Dieu s'y montre tel qu'il est et parce que de cette révélation attendue par Dieu lui-même surgit la situation toujours nouvelle de la vision et de l'amour » selon les mots de Hans Urs von Balthasar.  
Dans cet ouvrage Adrienne von Speyr parle également de « confession originaire » en faisant référence à la mort du Christ sur la Croix en portant les péchés du monde : la Croix est donc « confession originaire ».

« La confession, conclut Adrienne, est là pour les pécheurs, ceux pour lesquels quelque chose d'autre, telle l'Eucharistie, reste trop élevé, trop saint, trop incompréhensible. On m'a baptisé, mais je ne vis pas conformément à la règle de ce baptême. On m'a confirmé, mais je ne suis pas un apôtre du Christ... Je me rends compte de toute la peine que l'Eglise prend pour moi..., mais cela ne me sert à rien. On me présente des saints, mais je n'en suis pas un ! Je vis dans le péché. En tant que pécheur, j'aurai toujours, vis-à-vis de l'Eglise, le dernier mot... Mais si on me dit que le confessionnal est réservé aux pécheurs, alors je vois clairement : voici finalement une place pour moi. C'est de moi précisément qu'il s'agit. Ce banc a été fabriqué précisément pour moi. Je peux évidemment trouver aussi à redire à la confession. Mais cela ne m'empêchera pas de savoir que c'est bien là ce qui concerne ma propre situation. Si on parle de la communion des saints, je sais pertinemment que je n'en fais pas partie, Mais si on me dit : il existe une communion des pécheurs, qui en fait partie ? je sais infailliblement que j'en fais partie »  


Ce très beau livre est tout à la fois un traité spirituel que théologique qui nous fait entrer en profondeur dans ce sacrement. Et c’est peut-être pour cette raison que lors du synode sur la Pénitence et la réconciliation en 1981 Jean-Paul II l’avait recommandé au Pères Synodaux.
Publication : Claude TRICOIRE - BIBLIOTHEQUE DIOCESAINE D'AIX ET ARLES
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