mardi 12 juillet 2016

Une bande-dessinée sur l’aumônerie aux Armées

Guillaume Berteloot, Michel de Peyret, Avec le Padre, les aumôniers catholiques dans l’Armée française, Paris, Éditions du Triomphe, 2016, 47 p.



Au départ de cet ouvrage, se trouve « l’idée de travailler sur l’histoire et la particularité de l’aumônerie militaire » comme le dit le narrateur page 4, qui doit rédiger un mémoire. Son interlocuteur est alors le prêtre aîné à qui l’on « a confié d’une certaine façon les archives ». Il faut peut-être souligner ici que l’archiviste du diocèse aux Armées est aujourd’hui une femme, et que sur 95 diocèses, 60 postes d’archiviste étaient tenus par des laïcs en 2014. Un professionnel des archives et de l’histoire ne confondrait pas la période moderne (avant 1789) et la période contemporaine qui dure de la Révolution française à nos jours (p 11).
Le dessein de l’ouvrage est « de faire toucher du doigt […] la grandeur et les vertus de l’aumônier militaire : le sens de la pauvreté, le dévouement, l’héroïsme, ces qualités que les soldats attendent de leurs aumôniers » selon le père Michel de Peyret, dans une interview à Famille chrétienne (n° 2001, 21-27 mai 2016, p 38-39). Ce sont 18 siècles d’histoire du Christianisme depuis le martyre de saint Maurice d’Agaune au IIIe siècle, jusqu’aux échanges entre aumôniers en chef au sein de l’Otan, qui sont décrits en 45 planches. Cette bande dessinée, présente à la fois l’évolution du rôle des prêtres aumôniers militaires et, en creux, celui des armées.
De grandes figures de notre histoire sont dessinées. Saint Vincent de Paul est nommé aumônier général des galères en 1619. Le ministère de Mgr Jean Lanusse (1818-1905) traverse le XIXe siècle de la monarchie de Juillet à 1905 (p 12-21). Durant la Première Guerre mondiale, le père Daniel Brottier, missionnaire au Sénégal avant le conflit et qui dirigera ensuite la fondation des Orphelins apprentis d’Auteuil, a également été aumônier à Verdun tout comme Pierre Teilhard de Chardin, sj. Le père Paul Doncoeur permet à l’auteur de rendre hommage aux 6000 ecclésiastiques et 400 religieuses décédés en raison de la guerre.
Il faut signaler, ici, que la Médiathèque Mgr Depéry vient d’acquérir le Journal de guerre d'un officier du 159e régiment d'infanterie alpine de Briançon : 1914-1919 de Narcisse Alixant, publié en 2015. 
La Seconde Guerre mondiale « n’est pas aussi significative que la première en ce qui concerne les aumôniers » (Famille chrétienne, p 38-39). Elle est traitée en deux pages et la place du clergé est décrite en deux phrases : « des prêtres ont servi dans les chantiers de jeunesse, d’autres dans les maquis. D’autres, enfin, contre leur gré, ou plus touchant, volontairement, sont partis accompagnés les prisonniers ou les réquisitionnés ».
Les conflits nés après la Seconde Guerre mondiale sont évoqués tel celui de l’Indochine, notamment à travers la figure de l’abbé Paul Jeandel et le soutien aux prisonniers (p 32-37). Quatre planches sont également consacrées aux opérations en Algérie (p 37-40). L’intervention française durant la guerre dite de Shaba II est traitée à travers le saut de 700 légionnaires sur la ville de Kolwesi en mai 1978 (p 42). Le livre se termine sur les dernières opérations extérieures des armées françaises et sur les évolutions du rôle des aumôniers dans l’armée.


Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun


lundi 11 juillet 2016

vendredi 8 juillet 2016

La miséricorde chez les Pères de l'Eglise



Connaissance des Pères de l'Eglise N° 139, Septembre 20 La miséricordeCollectifNOUVELLE CITÉ, 2015. 64 pages


Une figure de la miséricorde dans la parabole du bon Samaritain, commentée par Origène.

Un commentaire original de la parabole du bon samaritain. L’homme blessé c’est Adam, le Samaritain c’est le Christ et l’auberge c’est l’Eglise.


Pardonner aux renégats. Cyprien et les lapsi. Retour sur une question et sa portée doctrinale / Paul Mattei.

Quand éclatent les persécutions contre les chrétiens dans les années 250-251 dans l’Empire romain, nombreux furent ceux qui sacrifièrent aux idoles comme le demandait l’Empereur par peur de la mort. On les appela les « lapsi » (ceux qui « faillirent » ou « tombèrent ») par opposition à ceux qui restèrent fermes dans la foi (ou « stantes » c’est-à-dire « restèrent debout »).
Cet article montre comment l’Eglise eut à gérer le problème de ces chrétiens qui voulurent réintégrer la communauté. Ce problème posa à l’Eglise naissance le difficile problème de leur réintégration : il fallut inventer des procédures et définir une théologie de la discipline pénitentielle afin de les réintégrer dans la communauté ecclésiale.
Dans cet article on voit comment Cyprien, évêque à Carthage affronta la difficile réintégration des lapsi face à ceux qui prônaient une exclusion définitive.


La miséricorde selon Jean Chrysostome : l’éveil de la conscience humaine à la compassion de Dieu / Laurence Brottier.

Le chrétien selon Jean Chrysostome doit se monter miséricordieux et compatissant à l’égard de son prochain comme l’est Dieu envers l’homme et tendre à imiter le Christ.


La miséricorde d’après saint Augustin / Jaime Garcia.

Saint Augustin n’a écrit aucun traité sur la miséricorde mais cette notion se retrouve dans toute son œuvre. Il fonde sa réflexion sur l’Ecriture : les Psaumes, l’Evangile de saint Jean et les épîtres de Paul. C’est en partant de son expérience personnelle qu’il parle de la miséricorde de Dieu.



 La quatrième de couverture nous offre une homélie de saint Grégoire de Naziance sur l'amour des pauvres

« Heureux les miséricordieux, dit le Seigneur ils obtiendront miséricorde ! La miséricorde n’est pas la moindre des béatitudes. Et encore : Heureux qui comprend le pauvre et le faible. Et aussi : L’homme bon compatit et partage. Ailleurs encore : Tout le jour, le juste a pitié, il prête. Emparons-nous donc de cette béatitude, sachons comprendre, soyons bons. La nuit elle-même ne doit pas arrêter ta miséricorde.
« Ne dis pas : Reviens demain matin et je te donnerai. Qu’il n’y ait pas d’intervalle entre le premier mouvement et le bien- fait. La bienfaisance seule n’admet pas de délai. Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri, et fais-le de bon coeur. Celui qui exerce la miséricorde, dit saint Paul, qu’il le fasse avec joie. Ton mérite est doublé par ta promptitude. Le don fait avec chagrin et par contrainte n’a ni grâce ni éclat.
« C’est avec un coeur en fête, non en se lamentant, qu’il faut faire le bien. Si tu fais disparaître le joug, le geste de menace, dit le Prophète, c’est-à-dire si tu abandonnes l’avarice, la méfiance, si tu cesses d’hésiter et de grogner, qu’arrivera-t-il ? Quelque chose de grand et d’étonnant, une magnifique récompense : Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront rapidement.
« Et y a-t-il quelqu’un qui ne désire la lumière et la guérison ? C’est pourquoi, si vous voulez bien m’en croire, serviteurs du Christ, ses frères et ses cohéritiers, tant que nous en avons l’occasion, visitons le Christ, honorons le Christ. Non seulement en l’invitant à table, comme quelques-uns l’ont fait, ou en le couvrant de parfums, comme Marie Madeleine, ou en participant à sa sépulture, comme Nicodème, qui n’était qu’à moitié l’ami du Christ.
Ni enfin avec l’or, l’encens et la myrrhe, comme les mages l’ont fait avant tous ceux que nous venons de citer. Le Seigneur de l’univers veut la miséricorde et non le sacrifice, et notre compassion plutôt que des milliers d’agneaux engraissés. Présentons-lui donc notre miséricorde par les mains de ces malheureux aujourd’hui gisant sur le sol, afin que, le jour où nous partirons d’ici, ils nous introduisent aux demeures éternelles, dans le Christ lui-même, notre Seigneur, à qui appartient la gloire pour les siècles».

Grégoire De Nazianze, Homélie sur l’amour des pauvres 14, 38-40.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles



jeudi 7 juillet 2016

La grande imagerie de Fleurus présente les religions

Les Religions : judaïsme, christianisme, islam. Paris : Fleurus, coll. La Grande imagerie, 2016, 28 p. 6,95 €.


Cet ouvrage, présenté dans un format accessible à tous, décrit quelques aspects importants des religions monothéistes se réclamant d’Abraham. Celui-ci permet aux auteurs de montrer des éléments du socle commun : le Dieu unique, Noé et le déluge, le modèle de croyant qu’est Abraham. Le judaïsme (p 10-15), le christianisme (p 16-21) et l’islam (p 22-27) sont ensuite déclinés par ordre chronologique d’apparition.
Les textes saints sont, pour chacun, présentés. Ce sont la Torah dont l’écriture s’étend « sur près de mille ans » pour les juifs (p 12) et le Coran qui est appris par cœur à l’école coranique pour les musulmans (p 26). Pour les textes chrétiens, les correspondances juives de l’Ancien Testament sont rappelées tandis que la composition du Nouveau Testament est expliquée : évangiles, actes des apôtres, épitres, apocalypse (p 18).
Les pratiques religieuses, communautaires et sociales sont présentées succinctement. Ainsi en est-il des fêtes juives (p 14-15). Malheureusement, il n’est rien dit de la shoah qui a vu la mort de 5 700 000 personnes soit plus du tiers de la population juive dans le monde en 1939, représentant 10 % du total des morts de la Seconde Guerre mondiale. En revanche, la partie sur l’islam n’écarte pas la question des « extrémistes » et des « terroristes islamistes ». L’ensemble des chrétiens, les catholiques, les orthodoxes, les protestants, est présenté dans son unité plus que dans la diversité.
Ce livre est doté d’une excellente iconographie dont la mise en valeur laisse à désirer : c’est bien dommage pour une collection dont le titre est « la grande imagerie ». Malgré quelques imprécisions (le pape François a été élu par le collège des cardinaux et non nommé, p 19), cet ouvrage originellement destiné à « faire connaître aux enfants les trois grandes religions monothéistes » (dixit le communiqué de presse l’accompagnant) est une bonne porte d’entrée à qui souhaite les découvrir.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun

mardi 5 juillet 2016

Elie Wiesel (1928-2016)

“Tant qu'un dissident est en prison, notre liberté ne sera pas vraie”


"J'ai juré de ne jamais me taire quand des êtres humains endurent la souffrance et l'humiliation, où que ce soit. Nous devons toujours prendre parti. La neutralité aide l'oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté."


Elie Wiesel, 10 décembre 1986, Oslo, dans Discours de remise du prix Nobel de la Paix.


Biographie d'Elie Wiesel

Elie (Eliezer) Wiesel, qui vient juste de nous quitter, ést né en 1928 en Roumanie. Écrivain et philosophe américain il était issu d’une famille juive orthodoxe et hassidique originaire de Hongrie. Parlant le yiddish, le français, l’anglais, l’hébreu, il a consacré une grande partie de son œuvre à entretenir la mémoire de la Shoah dont il a rescapé alors qu’il a perdu toute sa famille dans les camps de la mort. Déporté à 15 ans à Auschwitz, il en fut libéré en 1944 et fut alors recueilli par l’œuvre au secours des enfants en France où il fit des études de philosophie. C’est dans son livre La nuit paru en 1958 qu’il raconte son expérience sur laquelle il reviendra dans ses Mémoires (1994 et 1996).

Faute de pouvoir enseigner en France, il part aux Etats-Unis où il obtient la citoyenneté américaine en 1963. Il obtient alors une chaire en sciences humaines à l’Université de Boston. Parallèlement à ses travaux universitaires, c’est à travers ses romans qu’il transmet son message de paix ; il s’engage également pour les droits de l’homme partout où ceux-ci sont bafoués. En 1980, il fonde le conseil de l'Holocauste américain. Mais certains de ses engagements lui sont reprochés, notamment ses prises de position à l’égard de la politique israélienne Certains l’accusent même d’avoir menti sur son passé de déporté.


Œuvres de Elie Wiesel

Ses principales œuvres sont des romans : Un désir fou de danser, L'Oublie, Le Cas Sonderberg, d'essais (Se taire est impossible, D’où viens-tu ?) et de pièces de théâtre (Zalmen ou la folie de Dieu, Le Procès de Shamgoro).

Parmi les nombreuses distinctions qu'il a reçues, on peut retenir qu’il fut Grand-croix de la Légion d'Honneur, Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique, qu’il reçut aux USA la médaille du Congrès et la médaille présidentielle de la Liberté. Fait Honoris Causa par les plus grandes universités, il reçut le Prix Nobel de la Paix en 1986, couronnement de son combat pour cette cause qui fut celle de sa vie.

Parmi les œuvres d’Elie Weisel, on peut retenir également celles qui se trouvent à la Bibliothèque diocésaine d’Aix et Arles :

Elie Wiesel. – Célébration biblique. – Paris, Éditions du Seuil, 1975
Elie Wiesel. – Célébration hassidique : portraits et légendes. – Paris, Éditions du Seuil, 1972.
Elie Wiesel. – Entre deux soleils : textes. – Paris, Éditions du Seuil, 1970.
Elie Wiesel. – Le mendiant de Jérusalem. – Paris, Éditions du Seuil, 1968.
Elie Weisel. – Mémoires. 1. Tous les fleuves vont à la mer. 2. … Et la mer n’est  pas remplie. – Paris, Éditions du Seuil, 1994, 1996.
Elie Wiesel. – Les portes de la forêt. – Paris, Éditions du Seuil, 1964

publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles.

lundi 4 juillet 2016

DES LECTURES POUR LES MOIS DE JUILLET ET AOUT

LISTE NOUVEAUTES JUIN-JUILLET 2016


BLANCHARD, Yves-Marie. – Voici l’homme : éléments d’anthropologie johannique. – Perpignan, Editions Artège, 2016. CORBIN, Michel. – La doctrine augustinienne de la Trinité. – Paris, Le Cerf, 2016. 477 pages.

BONINO, Serge-Thomas. – Dieu, « celui qui est » (de deo uno). – Paris, parole et Silence, 2016. 922 pages.

COSTE, René. – Sur toi le Christ resplendira. – Paris, Parole et Silence, 2016. 227 pages.

FALQUE, Emmanuel. – Parcours d’embûches : « S’expliquer : Disputationes : objections et réponses. – Paris, Ecole franciscaine de Paris, 2016.

HADJADJ, Fabrice. – Résurrection : mode d’emploi. – Paris, New York, Oxford, Madrid, 2016. 188 pages.

MYRE, André. – Venez voir : Jésus de Nazareth. – Montréal (Canada), Novalis,   359 pages.

PERES DANS LA FOI (les). – Prier en Afrique chrétienne : Tertullien, Cyprien, Augustin. – Paris, Editions Migne, 2016. 176 pages.

PSEUDO-DENYS L’AEROPAGITE. – Les noms divins : chapitres I-IV. – Paris, Le cerf, 2016. 237 pages.

PSEUDO-DENYS L’AEROPAGITE.  – Les noms divins : la théologie mystique : chapitres V-XIII. – Paris, le Cerf, 2016. 459 pages.

RICO, Christophe. – Le traducteur de  Bethléem : le génie interprétatif de saint Jérôme à l’aune de la linguistique.- Paris, Editions du Cerf, 172 pages.

RÖMER, Thomas. – Moïse en version originale : enquête sur le récit de la sortie d’Egypte (Exode, 1-15). – Paris, Bayard, Genève, Labor et Fides, 2015. 277 pages.

TROTTIER, Jean-Philippe. – La profondeur divine de l’existence. – Montréal, Médiaspaul, 2014.  177 pages


WINLING, Raymond. – le salut en Jésus Christ dans la littérature de l’ère patristique. Tome 1. – Paris, les Editions du Cerf, 2016. 898 pages.

publication : Claude Tricoire.- Bibliothèque diocésaine d'Aix e t Arles 

vendredi 1 juillet 2016

Téo, saint Paul, sainte Thérèse et les autres....


Chez Artège jeunesse et aux éditions Enteleki, une nouvelle collection est proposée depuis début 2016 : « Raconté par Téo ». Dans chaque titre, Téo part à la rencontre d'un saint grâce à sa machine à remonter le temps. Il a ainsi déjà accompagné la Vierge Marie, saint Paul, saint François et sainte Thérèse de Lisieux dans leur vie quotidienne et dans leur aventure vers la sainteté.
Chaque livre comporte un CD sur lequel l'histoire est mise en scène, avec beaucoup d'humour, un langage adapté aux enfants, des acteurs sympathiques et un paysage sonore qui illustre bien le contexte. L'enregistrement est aussi téléchargeable sur mobile et tablette grâce au flashcode inclus.

Cette collection est un moyen agréable de faire découvrir la vie des grands saints aux enfants à partir de 5 ans (ou plus jeunes si l'écoute se fait en plusieurs fois). Une fois dans l'autoradio, la route des vacances paraîtra moins longue aux petits comme aux grands !