vendredi 8 juillet 2016

La miséricorde chez les Pères de l'Eglise



Connaissance des Pères de l'Eglise N° 139, Septembre 20 La miséricordeCollectifNOUVELLE CITÉ, 2015. 64 pages


Une figure de la miséricorde dans la parabole du bon Samaritain, commentée par Origène.

Un commentaire original de la parabole du bon samaritain. L’homme blessé c’est Adam, le Samaritain c’est le Christ et l’auberge c’est l’Eglise.


Pardonner aux renégats. Cyprien et les lapsi. Retour sur une question et sa portée doctrinale / Paul Mattei.

Quand éclatent les persécutions contre les chrétiens dans les années 250-251 dans l’Empire romain, nombreux furent ceux qui sacrifièrent aux idoles comme le demandait l’Empereur par peur de la mort. On les appela les « lapsi » (ceux qui « faillirent » ou « tombèrent ») par opposition à ceux qui restèrent fermes dans la foi (ou « stantes » c’est-à-dire « restèrent debout »).
Cet article montre comment l’Eglise eut à gérer le problème de ces chrétiens qui voulurent réintégrer la communauté. Ce problème posa à l’Eglise naissance le difficile problème de leur réintégration : il fallut inventer des procédures et définir une théologie de la discipline pénitentielle afin de les réintégrer dans la communauté ecclésiale.
Dans cet article on voit comment Cyprien, évêque à Carthage affronta la difficile réintégration des lapsi face à ceux qui prônaient une exclusion définitive.


La miséricorde selon Jean Chrysostome : l’éveil de la conscience humaine à la compassion de Dieu / Laurence Brottier.

Le chrétien selon Jean Chrysostome doit se monter miséricordieux et compatissant à l’égard de son prochain comme l’est Dieu envers l’homme et tendre à imiter le Christ.


La miséricorde d’après saint Augustin / Jaime Garcia.

Saint Augustin n’a écrit aucun traité sur la miséricorde mais cette notion se retrouve dans toute son œuvre. Il fonde sa réflexion sur l’Ecriture : les Psaumes, l’Evangile de saint Jean et les épîtres de Paul. C’est en partant de son expérience personnelle qu’il parle de la miséricorde de Dieu.



 La quatrième de couverture nous offre une homélie de saint Grégoire de Naziance sur l'amour des pauvres

« Heureux les miséricordieux, dit le Seigneur ils obtiendront miséricorde ! La miséricorde n’est pas la moindre des béatitudes. Et encore : Heureux qui comprend le pauvre et le faible. Et aussi : L’homme bon compatit et partage. Ailleurs encore : Tout le jour, le juste a pitié, il prête. Emparons-nous donc de cette béatitude, sachons comprendre, soyons bons. La nuit elle-même ne doit pas arrêter ta miséricorde.
« Ne dis pas : Reviens demain matin et je te donnerai. Qu’il n’y ait pas d’intervalle entre le premier mouvement et le bien- fait. La bienfaisance seule n’admet pas de délai. Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri, et fais-le de bon coeur. Celui qui exerce la miséricorde, dit saint Paul, qu’il le fasse avec joie. Ton mérite est doublé par ta promptitude. Le don fait avec chagrin et par contrainte n’a ni grâce ni éclat.
« C’est avec un coeur en fête, non en se lamentant, qu’il faut faire le bien. Si tu fais disparaître le joug, le geste de menace, dit le Prophète, c’est-à-dire si tu abandonnes l’avarice, la méfiance, si tu cesses d’hésiter et de grogner, qu’arrivera-t-il ? Quelque chose de grand et d’étonnant, une magnifique récompense : Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront rapidement.
« Et y a-t-il quelqu’un qui ne désire la lumière et la guérison ? C’est pourquoi, si vous voulez bien m’en croire, serviteurs du Christ, ses frères et ses cohéritiers, tant que nous en avons l’occasion, visitons le Christ, honorons le Christ. Non seulement en l’invitant à table, comme quelques-uns l’ont fait, ou en le couvrant de parfums, comme Marie Madeleine, ou en participant à sa sépulture, comme Nicodème, qui n’était qu’à moitié l’ami du Christ.
Ni enfin avec l’or, l’encens et la myrrhe, comme les mages l’ont fait avant tous ceux que nous venons de citer. Le Seigneur de l’univers veut la miséricorde et non le sacrifice, et notre compassion plutôt que des milliers d’agneaux engraissés. Présentons-lui donc notre miséricorde par les mains de ces malheureux aujourd’hui gisant sur le sol, afin que, le jour où nous partirons d’ici, ils nous introduisent aux demeures éternelles, dans le Christ lui-même, notre Seigneur, à qui appartient la gloire pour les siècles».

Grégoire De Nazianze, Homélie sur l’amour des pauvres 14, 38-40.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles



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