mardi 10 octobre 2017

André Louf (1929-2010)

Le chemin du cœur : l’expérience spirituelle d’André Louf (1929-2010)
Charles Wright
Paris, Salvator, 2017. 262 pages.

Présentation de l'éditeur
L'aventure a déserté le monde. La seule terre qu'il reste à arpenter, c'est celle de son cœur . Abbé du monastère trappiste du Mont des Cats, puis ermite, André Louf (1929-2010) fut l'un des pionniers de cette aventure intérieure. Cet ouvrage procède d'un long compagnonnage avec cette grande figure spirituelle de l'Occident. Ce n'est pas une biographie « pieuse », mais le récit d'un itinéraire d'homme, avec ses lignes courbes, éperonné par ces interrogations : Dieu peut-il vraiment combler une vie ? Comment apprivoiser nos désirs ? À quoi sert la prière ? Quel est le secret de l'amour humble ?  Allant là où André Louf a vécu (monastère du Mont-des-Cats, monastère de Sainte Lioba, s'appuyant sur des témoignages, sources inédites, notamment le journal spirituel où André Louf révèle ce qu'il a de plus intime - son dialogue avec Dieu -, ce livre nous livre nous fait entrer dans tout ce qui fit la vie de ce moine ouvert au monde, ouvert à ses contemporains, mais surtout ouvert à l’action de Dieu..

À travers l'existence de cet orfèvre de l'intériorité, retracée avec sensibilité, et dont le récit se lit avec bonheur,  l'ouvrage balise les chemins vers « la vie vivante » et vers le cœur profond : ce lieu de Dieu où la grâce, la paix et la joie coulent de source en chacun de nous. On saura donc gré à l’auteur de nous faire découvrir un de ses géants de la vie spirituelle de notre siècle

Biographie de l'auteur
Historien de formation, Charles Wright a été plume d'un ministre, éditeur, journaliste, avant de devenir novice dans un monastère cistercien. Il a notamment publié À quoi servent les moines ? (Éditions François Bourin, 2011) et Casanova ou l'essence des Lumières (Éditions Bernard Giovanangeli, 2008, Prix Guizot de l'Académie française).


Qui était André Louf ?

 «J'étais à genoux dans les stalles de l'abbatiale quand j'ai compris comme une évidence l'amour infini de Dieu pour moi. Ce fut une expérience bouleversante, comme si Dieu avait voulu me montrer son vrai visage () À partir de ce jour-là, j'ai compris que Dieu dépasse infiniment ce que l'on peut dire de lui. »
Cette expérience de foi, Dom André Louf n'aura cessé de la partager à un large public dans de nombreux ouvrages (1). Associée à une vision renouvelée de la vie monastique et parfois décapante pour son temps, elle l'a imposé comme l'une des grandes figures spirituelles de l'époque contemporaine.

Né en 1929 à Louvain (Belgique), Dom André Louf parlait de la vocation monastique comme d'un « coup de foudre ». Il entre au Mont-des-Cats à 20 ans, passe quelques années à Rome pour des études à l'Institut biblique pontifical, jusqu'à la « surprise » de 1963. À 33 ans, le jeune moine est élu abbé alors que l'âge requis pour occuper cette fonction est de 35 ans. Il tiendra cette charge pendant trente-cinq ans, au fil des évolutions de l'Eglise et de Vatican II. Elle le mène presque naturellement à l'accompagnement spirituel et lui fait définir les trois étapes de l'itinéraire de l'âme vers Dieu : active, passive et unitive.
Dom André Louf ne faisait pas mystère des crises passagères que peut connaître toute vie de foi. Ses conseils et la précieuse sérénité que dégageait son visage apaisé étaient très prisés des chrétiens. Depuis 1998, il avait réalisé son rêve de jeunesse en allant vivre dans un ermitage, construit pour lui par les frères et sœurs au monastère bénédictin de Saint-Lioba, près d'Aix en Provence.
Cet érudit, connaisseur d'une quinzaine de langues anciennes et modernes, continuait cependant à sillonner la France pour des conférences et à mener ses travaux de traduction des mystiques flamands et des pères spirituels des premiers siècles. En 2004, il avait été choisi par Jean-Paul II pour rédiger le Chemin de Croix du Colisée.


(1)  Notamment Au gré de sa grâce (DDB) ; L'humilité (Parole et Silence)  Dieu intime (Bayard) et Initiation à la Vie spirituelle (Parole et Silence, 2008).

Sources diverses dont journal La Croix (14 juillet 2010)

Principales œuvres d’André Louf

Seigneur apprends-nous à prier, Bruxelles, Lumen vitae, 1972.
La voie cistercienne. À l’école de l’amour, Paris, Desclée de Brouwer, 1980.
Seul l’amour suffirait – Commentaires d’Évangile, pour les années A, B, C, Paris, Desclée de Brouwer, 1982-84.
Au gré de sa grâce – Propos sur la prière, Paris, Desclée de Brouwer, 1989.
La grâce peut davantage – L’accompagnement spirituel, Paris, Desclée de Brouwer, 1992.
Heureuse Faiblesse – Commentaires d’Évangile, pour les années A, B, C, Paris, Desclée de Brouwer, 1996-98.
À la grâce de Dieu – Entretiens avec Stéphane Delberghe, Namur, Fidélité, 2002.
L'humilité, Paris, Parole et Silence, 2002.
Dieu intime, paroles de moines, Paris, Bayard, 2003.
Chemin de Croix du Colisée, Namur, Fidélité, 2004.
À l’école de la contemplation, Paris, Lethielleux, 2004.
L'œuvre de Dieu : un chemin de prière, Paris, Lethielleux, 2005.
Initiation à la vie spirituelle, Paris, Parole et Silence, 2008.
Saint Bruno et le charisme cartusien aujourd’hui, Paris, Parole et Silence, 2008.
S'abandonner à l'amour. Méditations à Sainte Lioba, Paris, Salvator, 2017 (texte établi par Charles Wright).

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque d'Aix et Arles

Enregistrer un commentaire