jeudi 10 décembre 2015

MOURIR POUR DIEU : JUDAÏSME, CHRISTIANISME, ISLAM

 Mourir pour Dieu dans le judaïsme, le christianisme, l’islam
Le Monde de la Bible n° 214, septembre-octobre-novembre 2015. 145 p
 Entre les chrétiens d’Orient, «martyrisés» par des djihadistes à cause de leur foi, et ces mêmes djihadistes se revendiquant «martyrs» au moment de mourir les armes à la main, «LeMonde de la Bible» donne des clés pour comprendre cette question du martyre à laquelle aucune tradition religieuse n’échappe
 Dans la Bible juiveL’actualité violente de ces dernières années – mais surtout attentats du 13 novembre dernier à Paris souoigne l’urgence qu’il y a à s’interroger sur la notion de martyre.
Selon Katell Berthelot (CNRS et université d’Aix-Marseille), qui propose une typologie instructive- à propos de la notion de « martyre dans les bibles hébraïques -  il faut distinguer celui qui consent à la mort imposée par un bourreau; celui qui combat et se sacrifie pour Dieu et sauver les autres; celui qui se suicide pour échapper à la torture et au renoncement de sa foi. Le premier se contentant de subir la violence, les deux autres la choisissant.
 Dans le christianisme : le témoignage des martyrsC’est le premier type de martyr que le christianisme célèbre, depuis le IIesiècle, quand des témoins – «martus» en grec – étaient persécutés par le pouvoir romain parce qu’ils refusaient de rendre un culte à l’empereur. «La mort, explique l’exégète suisse Daniel Marguerat, est la conséquence annoncée du témoignage. Toutefois, ce n’est pas la mort qui est témoignage mais la parole confessante  du témoin.» Dans l’islamIl est bon de s’attarder un peu plus longuement sur ce que signifie le martyr dans le monde de l’islamLa notion de martyr que l’on trouve dans la Bible a un sens éloigné de l’idéologie du martyre dans l’islam, ainsi que le rappelle l’historienne arabisante Jacqueline Chabbi. Selon son interprétation,  «la rhétorique guerrière» et les nombreuses incitations au combat que l’on trouve dans le Coran sont à comprendre comme les appels vains de Mohammed à ses vieux compagnons pour les pousser à s’engager, ceux-ci étant souvent peu enthousiastes à l’idée de participer à des expéditions lointaines. «Si les incitations sont nombreuses, c’est vraisemblablement que les volontaires ne se bousculaient pas», estime cette spécialiste du monde musulman médiéval.
Elle met en garde également contre une interprétation superficielle qui associerait la notion de «qitâl» (combat) à celle de «tuer». Combattre dans le Coran, selon Jacqueline Chabbi, n’a pas pour but de tuer, pour la bonne raison que chaque tribu veut, au contraire, «avoir le plus grand nombre de fils qui atteignent l’âge adulte, afin d’assurer l’avenir et la défense du groupe».
Ces versets coraniques qui associent le combat et la mort viseraient donc surtout à mettre en garde contre le risque d’être tué – donc de manquer aux siens – et de tuer autrui injustement – ce qui déclencherait automatiquement la riposte du talion. «On est donc aux antipodes des idéologies délirantes des mouvements dijhadistes actuels".

Publication : Claude TRICOIRE - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


délirantes des mouvements djihadistes actuels.»

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