mercredi 4 juin 2014

SAINT LAURENT IMBERT : UN SAINT ENFANT DE LA PROVENCE

Saint Laurent Imbert (1796-1839)
Marignane-Séoul, le voyage sans retour
Françoise Fauconnet-Buzelin
Aix-en-Provence, Editions Frémur, 2014.



Parmi les 103 martyrs de Corée, canonisés en mai 1984 à Séoul par Jean-Paul II, on compte 93 Coréens et 10 missionnaires français. Parmi eux un enfant de Provence : Laurent Imbert (1796-1839).
Né à Marignane, dans une famille très pauvre, le jeune Laurent n’a d’autre horizon que la misère. Mais remarqué par son curé pour son intelligence et sa piété  il devient membre des Missions Etrangères de Paris
Envoyé il commence sa vie de missionnaire.
Nommé vicaire apostolique par Rome en 1836 il entre clandestinement en Corée en 1937. Il devient l’Evêque d’une jeune Eglise convertie au christianisme par des lettrés confucéens qui se sont convertis lors d’une ambassade en Chine.
Repliée sur elle-même, la Corée traque les étrangers et particulièrement les chrétiens. Après une vie de clandestinité Laurent Imbert est capturé et exécuté le 21 septembre 1839. Son martyr et celui de ses compagnons posent les fondations de l’Eglise dynamique en Asie.

S’il est vénéré en Corée saint Laurent Imbert reste peu connu dans son pays. L’ouvrage de Françoise Fauconnet-Buzelin répare cet oubli.

mardi 3 juin 2014

LE PAPE JEAN-PAUL II

"Je suis dans les mains de Dieu"Carnets intimesKarol WojtylaParis, Bayard, 2014.


Un livre contenant les notes personnelles du pape Jean-Paul II qui n’ont pas été brûlées après sa mort par son ancien secrétaire sera publié en Pologne le 5 février, a annoncé mercredi 22 janvier la maison d’édition Znak.
Dans son testament, le pape polonais a demandé de brûler ses notes personnelles, alors que le cardinal Stanislaw Dziwisz, son ancien secrétaire, aujourd’hui archevêque de Cracovie, a décidé de préserver certaines d’entre elles.
« Les notes et la correspondance qui devaient être brûlées ont été brûlées, détruites », a reconnu le cardinal lors de la présentation du livre à Cracovie dans le sud de la Pologne. Les réflexions du pape publiées dans le livre intitulé “Je suis dans les mains de Dieu. Notes personnelles 1962-2003”, sont des notes de souvenirs. Cet ouvrage regroupe deux carnets. Le premier a été rédigé de 1962 à 1984, et le second de 1984 à 2003, essentiellement sur la base de notes prises pendant des retraites.
 « Le pape a révélé ici un fragment de son âme, de sa rencontre avec Dieu, la contemplation, la dévotion, et c’est là que réside la plus grande valeur de cette publication, a encore déclaré l’ancien secrétaire. Je n’avais aucun doute. Ce sont des choses tellement importantes, parlant de la spiritualité, de l’homme, d’un grand pape, que ce serait un crime de détruire cela. »

LE PAPE JEAN XXIII

Une affaire de famille
Jean XXIII, les juifs et les chrétiens
Alexandre Adler
Paris, Le Cerf, 2014.


Istanbul, 1942. L'Allemagne nazie étend la solution finale à l'Europe du Sud-Est. Une femme, un homme décident de joindre leurs forces pour organiser le sauvetage des juifs. Cette femme, c'est Maria Bauer, la grand-mère d'Alexandre Adler. Cet homme, c'est Angelo Roncalli, le délégué apostolique du Saint-Siège.

Rome, 1962. Le concile Vatican II, convoqué par Angelo Roncalli, élu pape sous le nom de Jean XXIII, entame l'aggiornamento de l'Église catholique qui, entre autres, renouvellera totalement les relations avec le judaïsme.

D'une amitié à l'autre, d'une histoire personnelle à l'histoire collective, ce livre dévoile les dimensions secrètes de la Bulgarie du tsar Boris, de la Turquie de Mustafa Kemal, de la France de Charles de Gaulle dans la construction d'un destin ; ce livre  révèle la profondeur de l'antinazisme de Pie XI et même de Pie XII, cerne la dette d'une grande théologie à l'égard de l'école parisienne animée par les Maritain, Congar, de Lubac. S'attachant surtout au portrait intime d'un grand spirituel et examinant son influence intellectuelle que fut le Pape Jean XXIII sur ses successeurs jusqu'au pape François, Alexandre Adler retrace ici le renversement religieux, philosophique, géopolitique, de deux millénaires de défiance en un dialogue essentiel avec le judaïsme, inséparable du dialogue œcuménique. En cela l’auteur invite l'entière humanité à se redécouvrir comme une seule famille.

Un livre pour comprendre l'universalité d'un pontife qui aura été réellement "saint". 


Aux Sources de l'Eglise de Provence
Les Pères de l'Eglise provençaux : Île de Lérins, Arles, Marseille et Riez…
Introduction aux pères de l’Eglise provençaux du IVè et VIè siècle
Bernard Lorenzato et Olivier Pety
Venelles, Association Aux Sources Chrétiennes de la Provence, 2014.



Ce livre présente les sources chrétiennes de l'Eglise de Provence à travers les écrits et la
vie  de ceux que l’on appelle les Pères de l'Eglise provençaux.
Après une présentation du cadre historique et des débuts de la christianisation, on
Découvrira les principaux écrivains et penseurs de l'Eglise de Marseille et de Provence
au IVè au VIè siècle. Ces pionniers vont dire le message évangélique dans la  culture de
leur temps, et aussi faire face aux défis et aux problèmes de l'Eglise.
Nous saluerons Cassien, le père du monachisme provençal avec son œuvre pour les
moines, Salvien venu de Trèves, d'abord moine de Lérins, puis prêtre à Marseille, qui
vante une spiritualité pour tous, en particulier pour les laïcs.
Sur l'île de Lérins, avec son monastère fondé par Honorat, on rencontre  des
hommes éminents comme Eucher, qui deviendra évêque de Lyon, Vincent le théologien
et l'écrivain. Fauste qui sera élevé au siège épiscopal de Riez. Place sera donnée
 aux inconnus de l'Eglise de Marseille du Vè siècle comme Gennade, rédacteur d'un
dictionnaire des "hommes illustres".
Seront présentés aussi ceux qui viennent s'établir près des lieux spirituels, des
monastères : Paula de Pella, Prosper d'Asquitaine…., ces laïcs qui veulent vivre un
christianisme plus fervent. Enfin les grandes figures des évêques d'Arles y seront
évoquées ; Hilaire, débordant de charité face aux invasions barbares et surtout Césaire
qui donne la première règle monastique féminine et compose des homélies encore pleine
de vitalité pour aujourd'hui.
En quelques pages, cet ouvrage sera consacré à l'héritage de nos Pères dans la foi qui ont
vécu sur la terre de Provence.

Les auteurs
Bernard Lorenzato, prêtre de l'Eglise de Marseille, ancien vicaire général, curé des
paroisses saint Michel et saint Pierre, également chargé des Relations avec le Judaïsme
pour son diocèse.

Olivier Pety, prêtre du diocèse d'Avignon, dirige un Centre de Réinsertion sociale au Mas de Carles (Villeuve-les-Avignon). Il est aussi avec la Pastorale des Migrants de la région apostolique.

NOUVEAUTES MAI 2014



LISTE DES OUVRAGES DE MAI 2014

ADLER, Alexandre. – Une affaire de famille : Jean XXIII, les juifs et les chrétiens. – Paris, Le Cerf, 2014. 136 pages.

BARON, Le Baptême de Jean : aux origines du rite baptismal – 1. – Québec, Médiaspaul, 2013. 134 pages.

BENKER, Günter. – Tout abandonner et trouver tout : la mystique de Jean de la Croix. – Paris, Parole et Silence, 2014. 262 pages.

 BIEMNI, Enzo. – La seconde annonce : la grâce de commencer. – Bruxelles, Lumen Vitae, 2013. 122 pages.

BLANCHARD, Yves-Marie. – L’Eglise mystère et institution selon le quatrième Evangile. – Paris, Institut Catholique de Paris, 2013. 239  pages.

DURAND, Emmanuel. – Evangile et Providence : une théologie de l’action de Dieu. – Paris, Le Cerf (Cogitatio fidei), 2014. 345 pages.

GILBERT, Guy. – Jésus, un regard d’amour. – Paris, Philippe Rey, 2013. 235  pages.
KUNG, Hans. - .Jésus. – Paris, le Seuil, 2014. 287 pages.

HEMMERLE, Klaus. – Thèses pour une ontologie trinitaire. – Paris, Editions ad Solem, 2014. 91 pages.

KASPER, WALTER. – L’Eglise catholique : son être, sa réalisation, sa mission. – Paris, Le Cerf (Cogitation Fidei), 2014. 587 pages.

LORENZATO, Bernard ; PETY, Olivier. – Aux sources de l’Eglise de Provence : Île de Lérins, Arles, Marseille et Riez…   : introduction aux Pères de l’Eglise provençaux du IVè au VIè siècle. -  Venelles (13), Association Aux Sources Chrétiennes de la Provence, 2014. 237 pages.

PRETOT, Patrick. – L’adoration de la Croix : Triduum pascal. – Paris, Le Cerf, 2014. 476 pages

MALLET, Robert. – Le développement personnel du chrétien. – Paris, Salvator, 2014. 199 pages.

PRZYWARA, Erich. – Majestas divina : spiritualité ignatienne : Suvi de Le christianisme selon John Newman – Paris, Editions Ad Solem, 2014. 116 pages

VARILLON, François. – Traversées d’un croyant :l choix de textes présentés par Charles Ehlinger. – Paris, Bayard, 2005. 286 pages.


WOJTYLA, Karol. – Je suis dans les mains de Dieu : Carnets intimes : 1962-2003. – Paris, Bayard, 2014.623 pages.

vendredi 30 mai 2014

Un baptême à La Roche des Arnauds en 1795

Le document que nous présentons est l’acte du baptême de Pierre Pauchon, en 1795, à La Roche des Arnauds. La célébration a eu lieu à la maison, un an auparavant. L’acte est entièrement manuscrit comme cela se faisait à l’époque, puisque les formulaires n’apparaîtront qu’en 1867 dans le diocèse de Gap, précurseur en ce domaine.
Cet acte est rédigé sur un registre clandestin, comme cela est courant durant la période de la Révolution française en raison de la politique de déchristianisation. Ici, il s’agit plus vraisemblablement de la copie d’un premier registre puisque seul l’abbé Dominique Chaix a signé. 
Dominique Chaix est bien connu. Il est proche des « idées nouvelles », c’est-à-dire de la Révolution française commencée en 1789. Il prête le premier serment à la constitution civile du clergé en 1791 puis se rétracte. Il participe également à l’élection de l’évêque constitutionnel des Hautes-Alpes, Ignace de Cazeneuve (1791-1798). Prêtre typique de l’Eglise gallicane, la modération de ses idées est reconnue. L’abbé Dominique Chaix a été le maître du grand botaniste Dominique Villars et l’ami de Jean Joseph Serre, chirurgien et botaniste, ce dernier est le Jean Serre de l’acte que nous étudions. 
Cet acte de baptême est rédigé un an après la célébration « à la maison » de cette entrée dans la communauté chrétienne. Le document n’est pas le sacrement, certes ! La rédaction par les curés est toutefois obligatoire selon le droit de l’Eglise, le droit canonique. Cet acte permettra, par exemple, au baptisé de se marier sacramentellement à l’église. Nous sommes, ici, en présence d’une régularisation : certaines interviendront 25 à 30 ans après la Révolution. Si nous en croyons l’état civil de La Roche des Arnauds, consultable en ligne sur le site des archives départementales des Hautes-Alpes, Pierre Pauchon est né le 27 novembre 1794, « pendant le temps de l’expulsion des pasteurs » expliquant la célébration à la maison. 
A chaque baptisé il faut au moins un parrain et une marraine chargés de l’aider à grandir dans la foi chrétienne. L’usage veut qu’il y ait à la fois un parrain et une  marraine. Ici, la personnalité de cette dernière est intéressante : Margueritte Brochier est l’épouse de Jean Joseph Serre. Celui-ci est député à la Convention nationale, l’une des assemblées révolutionnaires. Il a été capitaine au 2e bataillon des volontaires des Hautes-Alpes. Il sera député à plusieurs reprises puis, entre 1814 et 1830, il participera à l’administration préfectorale des Hautes-Alpes. Nous sommes donc en présence d’une personne aux opinions affirmées et qui évolueront au gré des changements politiques. Son l’épouse, cependant, professe la foi catholique durant la Révolution… tout comme son collègue d’assemblée, Ignace de Cazeneuve, l’évêque constitutionnel.

lundi 26 mai 2014

Mémoire de la Grande Guerre

" CENT ANS APRES. MEMOIRE CHRETIENNE DE LA GRANDE GUERRE"
Mgr Luc Ravel, coll. Documents Episcopat, 2014, 34 p, 5 €.
 
Concernant les commémorations du centenaire de la Guerre 1914-1918, ce document est remarquable par sa concision et les enjeux qu'il révèle de cette actualité. D'abord les raisons qui font dire au pape François: "Le croyant est fondamentalement quelqu'un qui fait mémoire" (La joie de l'Evangile, § 13). Puis les faits de la Grande Guerre sur lesquels les chrétiens peuvent jeter une lumière prophétique.
En effet, l'Eglise s'est faite solidaire des soldats. Pour la France, 45 253 mobilisés, dont deux évêques (Mgr de Llobet, évêque de Gap, et Mgr Charles Ruch, de Nancy), prêtres, religieuses et religieux, et séminaristes. Le 1 er août 1917, Benoît XV lance un appel prophétique à cesser ce "massacre inutile". Sur le front, le P. Teilhard de Chardin ressent la fascination du combat contre l'ennemi et lutte contre cette fascination pour rappeler le nécessaire service de la justice et de la paix (Ecrits du temps de guerre). Dans leurs liens oecuméniques ou interreligieux, les croyants savent que l'urgente conversion est de passer du "Dieu avec nous" au "nous avec Dieu". Des spiritualités soutiennent la foi de certains combattants: la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus, à la Vierge Marie, à la Bse Jeanne d'Arc, à Thérèse de l'Enfant Jésus. Le document cite le travail des archivistes, dont Luc-André Biarnais, du diocèse de Gap, pour le remarquable "Guide des sources ecclésiastiques sur la Première Guerre mondiale pour le Sud-Est de la France" (2013).
Dès lors, quelles actions concrètes proposer sur les cinq années de commémorations ? Il est proposé aux diocèses et aux paroisses d'animer des initiatives sur la "mémoire chrétienne". En 2014, commémorer l'entrée en guerre, l'appel, l'union sacrée et la mobilisation, les premiers massacres inouïs, la présence de la mort. 2015: le rappel de l'enlisement de la guerre, mais aussi les témoignages de retour à la foi, la participation des Congrégations religieuses. 2016: le rappel des batailles de Verdun et de la Somme, mais aussi les cris d'espérance, le rôle des prêtres sur le front. 2017: le rappel de l'entrée en guerre des Etats-Unis et les appels à la paix (Benoît XV), le rappel des actes de charité, l'accent sur les laïcs en ce sens. 2018: le rappel de l'Armistice, les oeuvres de paix, les liens internationaux. Grâce aux supports dont nous disposons (dans nos églises les plaques,..; documents,...), s'offrent ainsi autant de possibilités d'évangélisation de la mémoire des populations locales et du regard européen et mondial sur l'avenir à orienter vers plus de justice et de paix.
Père Pierre Fournier.