mardi 9 octobre 2018

Michel Vovelle (1933-2018)


MICHEL VOVELLE (1933-2018).


Michel Vovelle, né le en février 1933 à Gallardon est mort le 6 octobre 2018. C’était un historien français, notamment spécialiste de la Révolution française et successeur de Albert Soboul à la tête de l’Institut d’histoire de la Révolution française de 1981 à 1993.


Biographie
Origines et formation
Michel Vovelle est le fils de Gaëtan Vovelle, instituteur, partie prenante du groupe d’éducation nouvelle d’Eure et Loir.
Ancien élève de l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud (où il est reçu major en 1953), il obtient l'agrégation d’histoire en 1956, puis soutient un doctorat d'État à Lyon-II en 1971.


Carrière

Les premières recherches de Michel Vovelle ne portèrent pas directement sur la Révolution française, mais sur l'anthropologie et l’histoire religieuse en France à l'époque moderne. Sa thèse, soutenue en 1971 porte en effet sur la déchristianisation en Provence et mêle une recherche archivistique sur les testaments et une approche de l'iconographie sacrée. Il entend ainsi réfléchir sur la vision du salut et de l'au-delà et sur le rapport à la mort et à la religion dans les populations provençales de l'époque moderne. Après cette « première carrière » d'historien de la mort, il s'engage dans l'histoire de la Révolution dans ses aspects religieux, s'attachant notamment au concept de déchristianisation, intégrant les acquis de l'histoire des mentalités.

Appartenant au courant marxiste, il a réhabilité dans les années 1990 le rôle de l'acteur individuel, jusque-là écrasé par les contraintes économiques et sociales. D'abord professeur d'histoire moderne à l’Université Aix-Marseille I, il devient ensuite professeur d'histoire de la Révolution française à l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et, succédant à Albert Soboul, directeur de l'Institut d’Histoire de la Révolution française.. En 1983, Michel Vovelle devient président du conseil scientifique et technique du musée de la Révolution française.. Selon Michel Vovelle, la Révolution n'est « pas terminée », il s'agit d'un événement « chaud » qu'il faut « aimer » pour le comprendre. Il entremêle ainsi histoire récente, vulgarisation et histoire de la Révolution au gré de ses ouvrages, comme par exemple avec « Les Jacobins de Robespierre à Chevènement » publié en 1999 ou « La Révolution française expliquée à ma petite-fille » en 2006. Son dernier ouvrage, « La Bataille du bicentenaire de la Révolution française », peut être considéré comme un travail d'ego d’histoire et est un retour réflexif sur le moment du bicentenaire.

Michel Vovelle incarne une forme d'histoire culturelle de la Révolution qui intègre les acquis de l'histoire des mentalités (il est d'ailleurs rattaché à l'« école d'Aix »), et s'affiche comme complémentaire de l'histoire sociale.. À en juger par les prises de position qu'elle aura suscitées son œuvre aura culminé dans son histoire de la déchristianisation de l’an II. Elle a joué un rôle central dans les célébrations du bicentenaire de la Révolution en 1989 quand il présida la Commission nationale de recherche historique pour le bicentenaire de la Révolution française à la suite d'Ernest Labrousse. Dans le cadre du bicentenaire de la Révolution, au gré des changements de gouvernements, ses positions reçurent la vive opposition de la droite française ainsi que celle du courant des historiens critiques de la Révolution mené par François Furet7 .


Vie privée
Son épouse, Gabrielle Vovelle (née Cerino), une comparatiste avec qui il rédige son premier ouvrage, meurt prématurément en 1969. Il se remarie par la suite avec Monique Rebotier, géographe, disparue en 2008 ; elle joua un rôle important dans l'animation et l'organisation de la vie du cercle intellectuel que Michel Vovelle réunissait dans le cadre des préparatifs du bicentenaire.

Engagement politique
« Communiste hétérodoxe », membre de la « cellule Duclos » du Parti communiste français  à partir de 1956, il soutient en 2012 Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle.


Ouvrages

Vision de la mort et de l'au-delà en Provence du xve au xixe siècle d'après les autels des âmes du purgatoire, (en collaboration avec Gaby Vovelle), Paris, A. Colin, 1970.
Piété baroque et déchristianisation en Provence au xviiie siècle. Les attitudes devant la mort d'après les clauses de testaments, Paris, Seuil, 1973.
Mourir autrefois, Paris, Gallimard / Julliard, 1974 ; rééd. coll. Folio, 1990.
L'Irrésistible Ascension de Joseph Sec bourgeois d'Aix, Aix, Edisud, 1975.
La Métamorphose de la fête en Provence de 1750 à 1820, Paris, Flammarion, 1976.
Religion et Révolution : la déchristianisation de l'an II, Paris, Hachette, 1976.
La Mort et l'Occident de 1300 à nos jours, Paris, Gallimard, 1983 ; réed. 2001.
La Ville des morts, essai sur l'imaginaire collectif urbain d'après les cimetières provençaux, 1800-1980 (en collaboration avec Régis Bertrand), Marseille, Editions du CNRS, 1983.
Images et récits de la Révolution française, Paris, Messidor, 1984-1989. Direction de l'ouvrage.
Théodore Desorgues ou la désorganisation : Aix-Paris, 1763-1808, Paris, Seuil, 1985.
La Mentalité révolutionnaire : société et mentalités sous la Révolution française, Paris, Éd. sociales, 1986.
1793, la Révolution enontre l’Eglise : de la raison à l’être suprême. Paris, Complexe, 1988.
Les Aventures de la raison (entretiens avec Richard Figuier), Paris, Belfond, 1989.
1789 l'héritage et la mémoire, Privat, 1989.
De la cave au grenier, Serge Fleury Éd., Canada, 1980.
Histoires figurales : des monstres médiévaux à Wonderwoman, Paris, Usher, 1989.
La Révolution française, Paris, A. Colin, 1992-2002.
L'heure du grand passage : Chronique de la mort, coll. « Découvertes Gallimard/ Culture et société », Gallimard, 1993.
Les Âmes du purgatoire ou le travail du deuil, Paris, Gallimard, 1996.
Le Siècle des lumières, Paris, PUF, 1997.
Les Jacobins de Robespierre à Chevènement, Paris, La Découverte, 1999.
Les Républiques sœurs sous les regards de la grande nation, Paris, L'Harmattan, 2001.
Combats pour la Révolution française, Paris, La Découverte, 1993-2001.
Les Folies d'Aix ou la fin d'un monde, Éd. Le temps des cerises, Pantin, 2003.
La Révolution française expliquée à ma petite-fille, Seuil, 2006
La Bataille du bicentenaire de la Révolution française, La Découverte, 2017 
 Source de la biographie : Wikipedia

OUVRAGES A LA BIBLIOTHEQUE DIOCESAINE D’AIX ET ARLES.

Les aventures de la raison : entretiens avec Richard Figuier. Paris, Belfond, 1989. 190 pages.

Piété baroque et déchristianisation en Provence au XVIIIè siècle. – Paris, Le Seuil, 1978. 346 pages.

BARDET, Claude ; préface de Michel Vovelle. -  La Révolution en Provence : images & histoire. – Avignon, Editions A. Barthélémy, 1989. 99 pages.

Provence et dictions provençaux : Provençal/Français. Avec une préface de Michel Vovelle. – Paris, Rivages, 1983. 84 pages.

L’Irrésistible ascension de Joseph Sec bourgeois d’Aix. Suivi de : Quelques clefs pour la lecture des « Naïfs ». – Aix-en-Provence, Edisud, 1975. 95 pages.

La mort et l’Occident. – Paris, Gallimard, 1983. 793 pages.

RUBENSTEIN, E. ; avec une préface de Michel Vovelle. - Le jour où Jésus devint Dieu : L’ »affaire Arius » ou la grande querelle sur la divinité du Christ au dernier siècle de l’Empire romain. – Paris, La Découverte, 2001. 285 pages.

En collaboration avec Philippe BOUTRY, Philippe JOUTARD, Dominique JULIA, Claude LANGLOIS, Freddy RAPHAËL. – Du roi Très Chrétien à la laïcité républicaine : XVIII-XIXè siècle. – Paris, Le Seuil, 1991. 556 pages.

DEROBERT-RATEL, Christiane ; avec une préface de Michel Vovelle. – Institutions et vie municipale à Aix-en-Provence sous la Révolution (1789-An VIII. – Aix-en-Provence, Edisud, 1976. XII-672 pages.
La chute de la monarchie : 1787-1792. – Paris, Le Seuil, 1972. 282 pages.

Idéologies et mentalités. – Paris, Maspero, 1982. 358 pages.



Publication : Bibliothèque Diocésaine d'Aix et Arles


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