mercredi 29 juin 2016

LE MOIS DE JUILLET A LA BIBLIOTHEQUE DIOCESAINE D'AIX ET ARLES

Informations  pour le mois de juillet

Avec la période des vacances il y aura quelques aménagements quant au fonctionnement de la bibliothèque diocésaine :

La Bibliothèque diocésaine sera fermée les vendredi 15 juillet ainsi que le lundi 18 et le mardi 19 juillet


Au vu des absences pour cause de congé durant la semaine du 18 au 22 juillet nous vous recommandons de prendre contact avant de venir (téléphone 04-42-17-59-38 ou par mail bibliotheque@catho-aixarles.fr.


En dehors de ces quelques jours les horaires d’ouverture resteront  les mêmes que durant l’année, à savoir :

Ouverture du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h ainsi que le samedi de 9h à 12.


Merci de votre compréhension et bonnes vacances à tous.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

lundi 27 juin 2016



BIBLIOTHEQUE DIOCESAINES DE MARSEILLE :

NOUVELLES ACQUISITIONS JUIN 2016

 
 

Sous la Direction d'Anne-Florence Baroni, Gwaldys Bernard, Béatrice Le Teuff et Coline Ruiz-Dérasse : Echanger en Méditerranée : acteurs et pratiques dans les mondes anciens (Histoire ; série histoire ancienne), Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2016

 

Peter Brown : Le prix du Salut : les Chrétiens, l'argent et l'au-delà, IIIème - VIIème siècle, Paris : Belin, 2016

 

Virginie Chaillou-Atrous, Jean-François Klein et Antoine Resche : Les négociants européens et le monde : histoire d'une mise en connexion (Enquêtes et documents ; 54), Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2016

 

Daniel Marguerat :Jésus et Matthieu : à la recherche du Jésus de l'Histoire (Le monde de la Bible ; 70), Genève : Labor et Fides, 2016

 

Elisa Marmuesztejn : Le baptême forcé des enfants juifs : question scolastique, enjeux politiques et échos contemporains (L'Ane d'or ; 53), Paris : Les Belles-Lettres, 2016

 

Christophe Rico : Le traducteur de Béthléem, (Lectio Divina ; 270), Paris : Editions du Cerf, 2016

 



« Proclamer publiquement la promesse chrétienne » à l’image du Christ

Stefano Simiz, Prédication et prédicateurs en ville (XVIe – XVIIIe siècles), Villeneuve d’Ascq : Presses universitaires du Septentrion, 2015, 352 p, 29 €.



Dans son introduction, Stefano Simiz évoque un projet d’étude sur « l’éloquence de la chaire » lancé par Amédée Gayot en séance de l’Académie de Troyes le 6 juin 1862 (p 17). Toujours au XIXe siècle, une religieuse vendéenne, en 1851, rappelait qu’il lui avait fallu attendre 1814 pour entendre « sermons ou instructions » d’une manière régulière dans une paroisse que venait de quitter un curé présent dès la Révolution française (sœur Marguerite Vrignaud, La Vendée aux lèvres closes, La Roche-sur-Yon : Centre vendéen de recherches historiques, 1998, p 129). Dans sa conclusion, l’auteur souligne l’avis de Mgr de Boulogne (1747-1825) sur « la chaire chrétienne […] une grande et utile institution », un art « qui sanctifie le génie par la religion, embellit la religion par le génie, et fait ainsi remonter vers le ciel les lumières et les talents qui en descendent » (p 314). L’homilétique ne distingue pas toujours le sermon des autres formes d’instruction (p 21).
Qu’est-ce que prêcher ? Cela « correspond à proclamer publiquement la promesse chrétienne » de la foi en la vie éternelle (p 18). C’est aussi être à l’image du Christ, « ministre de la parole et parole elle-même qui se réalisait sous les yeux de ses disciples » (p 218). La prédication doit aussi « occuper le calendrier du chrétien et l’instruire en profondeur sur les fondements et moyens de vivre sa foi » (p 310). Stefano Simiz étudie ce fait, à l’époque moderne, c’est-à-dire entre la Réforme et la Révolution française, dans les villes de Champagne et de Lorraine (p 30). En effet, « plus que jamais auparavant sans doute, la prédication s’est imposée dans le déroulé ordinaire de la ‘religion citadine’ d’Ancien Régime. Grâce à des initiatives toujours plus nombreuses et très diversifiées, le sermon est une des charpentes de l’édifice liturgique et cultuel de l’année, non seulement chez les catholiques, mais encore dans le monde protestant ou encore juif » (sic - p 67). Or, « faire de chaque église une chaire active » nécessite une action tout au long du XVIIe siècle (p 49). Des « stations » sont fondées par des fabriques paroissiales ou des confréries après le XVIIe siècle (p 54). Il faut souligner ici l’action de Georges d’Aubusson de La Feuillade, évêque de Metz entre 1668 et son décès en 1697, après avoir siégé à Embrun de 1649 à 1668. Il cherche à « contrecarrer l’enseignement calviniste » après 1680, mouvement qui « s’inscrit non pas dans une période de développement ou de consolidation du protestantisme, mais en accompagnement ‘pastoral’ des mesures prises afin d’accélérer son dépérissement » (p 51).

samedi 25 juin 2016

LA MISERICORDE : NOUVELLE REVUE THEOLOGIQUE


Nouvelle Revue Théologique
Tome 138, numéro 2, avril-juin 2016.


Ce numéro de la NRT donne une place à quelques articles sur le thème de la miséricorde.

On peut retenir plus particulièrement quatre articles de cette revue :

1)  Vers une réorientation de la doctrine de l’indulgence ? Réflexions à, partir de misericordiae vultus
2)  L’Eucharistie, révélation suprême de la miséricorde chez saint Augustin
3)  La miséricorde selon Dorothée de Gaza
4)  Le pardon, un geste politique

Vers une réorientation de la doctrine de l'indulgence ? Réflexions à partir de Misericordiae vultuspar Xavier Gué
La bulle d'indiction du jubilé de la miséricorde Misericordiae vultus consacre un paragraphe à l'indulgence. Tout en rappelant la doctrine catholique à l’égard de cette pratique, l’article s’attache à comprendre la pensée du Pape François  en soulignant tout particulièrement  c qu’apporte de nouveau ce texte en termes théologiques et anthropologiques.
Cet article commente la pensée du pape François sur l'indulgence et souligne les déplacements théologiques et anthropologiques opérés dans ce texte au regard d'une doctrine multiséculaire.


L'Eucharistie, révélation suprême de la miséricorde chez saint Augustin par Mariagnese Giusto
Bien que saint Augustin n’est pas fait de traité sur l’Eucharistie cet article s’attache à montrer dans l'oeuvre de l’auteur des Confessions les relations qu’il établit entre la miséricorde et l'Eucharistie ainsi que leurs conséquences dans la vie du chrétien. La première partie montre comment la miséricorde de Dieu est étroitement liée à toutes les étapes de l'Incarnation, mais surtout à la Croix pour se réaliser pleinement  dans tout l'Eucharistie. La deuxième partie illustre les relations entre miséricorde, Incarnation et Eucharistie en utilisant deux symboles forts : le lait et le pain qui nourrissent l’enfant pour l’empêcher de mourir. La troisième partie expose la réponse de l'homme à l'action miséricordieuse de Dieu dans l'Eucharistie. : l’homme doit « faire miséricorde à son âme » en recourant à l’Eucharistie.

La miséricorde selon Dorothée de Gaza par Emmanuel Faure
L'enseignement de Dorothée de Gaza sur la miséricorde s'enracine dans son expérience personnelle (ses propres faiblesses et l’accompagnement spirituel de ses frères) et sa contemplation de Dieu. Ce Père du désert du VIè siècle prend soin de ses frères avec un « coeur sévère et des entrailles de miséricorde ». La miséricorde ne privilégie personne : elle est pour tous, les faibles comme les forts et se pratique surtout dan l’humilité. Dorothée expose dans quelles dispositions spirituelles doivent s’accomplir les œuvres de miséricorde.

Le pardon, un geste politique ? par Guihem Causse
Jusqu’au milieu du XIXè siècle le pardon s’inscrivait surtout dans la sphère religieuse. Depuis quelques années il s’invite dans le monde politique comme me montre certains exemples : construction de ’Union Européenne, les Commissions vérité et Réconciliation (Chili en 1991, Afrique du Sud entre 1990 et 1995), les instances judiciaires des Tribunaux pénaux internationaux (TPI) et Cour pénale internationale (CPI) Si jusqu'au milieu du siècle dernier, le pardon était considéré comme le privilège de la conscience religieuse individuelle, il s'invite désormais au plan politique. Ces formes de pardon institutionnel ont pour but de reconstruire une communauté qui a été brisée par la violence et l’injustice ; cette forme de pardon institutionnel permet aux sociétés des retrouver des éléments fondamentaux de la tradition du pardon.

publication : Claude Tricoire. - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


vendredi 24 juin 2016

Naissance de de la Provence chrétienne : la Chanson de Geste de la Madeleine
Yves Bridonneau
Aix-en-Provence, Edisud, 2008. 95 pages.


Un ouvrage en trois parties, magnifiquement illustré, qui permet d’entrer dans la tradition provençale. Bien plus que du folklore, le lecteur pourra découvrir les différents épisodes de la vie de Marie Madeleine et de ses compagnons de voyage, avec les lieux marqués par leur passage : les Saintes-Maries-de-la-Mer, Saint-Maximin, la Sainte-Baume. Le livre fait état également de l’influence de cette tradition dans l’art, la littérature et aussi dans la piété populaire de la région à travers les pèlerinages

La Provence est née deux fois. Une première fois moins de 20 ans après la mort du christ, vers l’an 45, avec l’arrivée à l’embouchure du Petit Rhône de toute l’équipe des amis proches, la famille dite de « Béthanie » : Marie-Madeleine, sa sœur marthe, son frère Lazare, son ami Maximin, les servantes Marie-Jacobé et Marie-Salomé. La saga de cette arrivée, de la dispersion de la famille et de l’évangélisation de la Provence a traversé les siècles.La seconde fois, elle est née à  partir du IVè siècle, avec la conversion officielle qui a suivi l’Edit de Milan de 313.
Cette double naissance a opposé pendant des siècles – et encore aujourd’hui – fervents de la Tradition et historiens. Le sujet ici n’est pas de retracer cette querelle, mais de raconter la Chanson de geste provençale, écrite à partir du XIè siècle dans de nombreux manuscrits et reprise dans la Légende dorée de Jacques de Vorogine.
Cette époque a – historiquement – crée deux villes : les Sainte-Marie de la -Mer et Saint-Maximin la Sainte Baume. Trois autres villes lui doivent une part de leur réputation : Marseille, Tarascon, Aix-en-Provence.
Ce livre restitue à cette tradition – toujours vivante – l’importance qu’elle a dans le cœur de chaque Provençal, croyant ou non


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

jeudi 23 juin 2016

L'APOCALYPSE : L'ARME DES FANATIQUES





Revue l’Histoire
Mensuel, numéro 422, avril 2016.
Les fanatiques de l'apocalypse



Le fanatiques de l’Apocalypse : ce que dit la Bible. Luther, ke pape et l’Antéchrist. Le djihad de la fin des temps.


Ce numéro de l’Histoire tente d’expliquer pourquoi des textes écrits depuis plus de 2000 ans à nourrir tans de fantasmes encore aujourd’hui. Le monde d’aujourd’hui semble se confronter aux mêmes angoisses, aux mêmes peurs qu’à l’époque à laquelle ils furent rédigés et nourrissent également les mêmes fureurs guerrières..
Le livre de Daniel et l'Apocalypse de Jean sont cependant marginaux dans le canon biblique mais ils furent rédigés (dans le monde juif comme dans le monde chrétien) à des moments particuliers de grande tension avec le sentiment que la fin du monde était tout proche. Dans le monde juif les Israélites étaient en exil à Babylone, les chrétiens étaient persécutés par les autorités romaines.
Ils ont été rédigés, entre le IIe siècle av. J.-C. et le IIe siècle ap. J.-C., dans le but de r redonner espoir aux croyants confrontés à des temps de troubles qui semblaient les derniers. Beaucoup plus tard, on les redécouvre dans des moments où la chrétienté est en proie à des épreuves qui la désoriente et cherche une réponse  pour combattre les maux qui l’accablent  Ils furent utilisés comme armes de combat notamment en Europe pendant les guerres de religion entre catholiques et protestants
Aujourd’hui ils sont repris par leurs fondamentalistes américains, par les djihadistes  comme arme devant une menace de la fin des temps. Mais les uns comme les autres utilisent cette notion pour mobiliser l’opinion et leurs combattants à des fins politiques plus que religieuses  

Cependant il faut noter que l’Apocalypse fut écrit non comme une prédiction pour la fin du monde  mais comme une révélation qui devaient servir de consolation dans les évènements qui se profilaient à l’horizon. Les combats qui avaient lieu avant le retour du Christ signifiaient la victoire du bien sur le mal : la venue du Christ signifiait la défaite définitive de Satan.  Mais de ces textes consolateurs les hommes n’en ont retenu que l’aspect guerrier. Il faut dire que les images employées où se déploient toute une série de combats, de catastrophes par leurs auteurs ont fortement inspirés l’imaginaire des hommes de tout temps.
Si l’imprimerie a contribué à véhiculer ces images, aujourd’hui ce sont les œuvres cinématographiques, les jeux vidéos qui se sont emparés  de ces textes,  qui amplifient la violence des images. C’est ainsi que se propagent la notion simplifiée de la lutte contre le mal. Aux images viennent s’ajouter tout un symbolisme des chiffres : les sept sceaux, les quatre cavaliers, les mille ans de répit et surtout le chiffre 666 (signe de la Bête).

Ce dossier tend à démystifier ces textes pour les replacer dans leur contexte historique, pour en donner la signification et redonner raison quand des textes sacrés sont utilisés et manipulés par des politiques fanatiques et bien souvent sans scrupules.


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles





mercredi 22 juin 2016

LE RETOUR DE L'ENFANT PRODIGUE

Le retour de l’enfant prodigue : revenir à la maison

Henri Nouwen
Québec,  Bellarmin, 1992. 176 pages

Un livre pour prolonger la méditation sur la miséricorde de Dieu.

Dans ce petit livre, Henri Nouwen, universitaire et conférencier reconnu nous dit comment il est passé d’une carrière universitaire prometteuse à la vie avec des personnes ayant un handicap intellectuel profond au sein de l’Arche fondée par Jean Vannier. Après vingt ans d’enseignement comme professeur dans les plus grandes universités américaines et une carrière d’écrivain, ce prêtre à l’approche de la de la cinquantaine, a traversé une crise spirituelle profonde en se posant la question suivante : « Est-ce que le fait de vieillir m’a rapproché de Jésus ? ». Et c’est dans la contemplation d’un tableau de Rembrandt Le retour de l’enfant prodigue que l’auteur trouvera sa véritable vocation. Cette expérience a donné un très beau livre : Le retour de l’enfant prodigue.

On connait tous le tableau de Rembrandt Le Retour de l’enfant prodigue qui illustre bien souvent la parabole que l’on trouve dans l’Evangile de saint Luc (15, 11-32). C’est devant ce tableau qui est au musée de l’Ermitage à Léningrad en Russie que l’auteur, Henri Nouwen a médité durant des heures entières.  Voici ce que perçoit le Père Nouwen du peintre :
«   Le peintre de ce tableau est un homme qui a fait dans sa vie l’expérience d’une immense solitude. Ayant vécu des pertes immenses et ayant été témoin de la mort de plusieurs proches, Rembrandt aurait pu devenir une personne amère, en colère et pleine de ressentiment. Au lieu de cela, il devint celui qui a pu peindre un des tableaux les plus intimes de tous les temps, Le retour du fils prodigue. Ce n’est pas là un tableau qu’il aurait pu peindre lorsqu’il était jeune et que tout lui réussissait. Non, car il ne fut capable de peindre la pitié d’un père aveugle que lorsqu’il eut lui-même tout perdu : tous ses enfants sauf un, deux de ses femmes, tout son argent, sa notoriété ainsi que la popularité dont il jouissait. C’est alors seulement qu’il fut capable de peindre ce tableau, et il le peignit depuis un endroit à l’intérieur de lui-même où il savait ce qu’était la miséricorde de Dieu. D’une certaine façon, ses pertes et ses souffrances l’avaient vidé, le rendant apte à accueillir pleinement et profondément la miséricorde de Dieu. Lorsque Vincent Van Gogh vit ce tableau, il s’exclama : « Vous ne pouvez peindre ce genre de tableau que lorsque vous êtes mort plusieurs fois. » Rembrandt ne put le faire que parce qu’il était mort tant de fois qu’il savait dorénavant ce que la miséricorde de Dieu signifie vraiment. »  (Henri Nouwen, Revenir à la maison ce soir, Bellarmin, 2009, pp. 37-38)

Cet ouvrage est donc le fruit de ses méditations  Car c’est son témoignage qu’il livre tout en commentant le tableau de Rembrandt: S'identifiant d'abord au fils prodigue en quête d'une figure paternelle, Henri Nouwen se reconnaît ensuite dans la figure du fils aîné, jaloux du pardon inconditionnel accordé à ce cadet volage et inconséquent, avant de se découvrir retrouver dans celle du père qui accueille sans juger.  Mais du livre, comme de la parabole de Jésus, se déplace  sur le Père rempli de miséricorde pour ses deux fils. Et c’est ce « Père » que Nouwen désire devenir et qu’il nous invite à imiter pour trouver notre vocation propre : il faut cesser d’être « le fils » pour devenir « le père ».


Le tableau de Rembrandt a été l’occasion pour le père Nouwen d’entrer profondément dans le cœur du Père miséricordieux de la parabole de Jésus.  Il reste à souhaiter qu’il en soit ainsi pour le lecteur.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles