mercredi 5 octobre 2016

Charles de Foucauld par Pierre Sourisseau

Charles de Foucauld (1858-1916).
Paris, Salvator, 2016. 718 pages




Présentation du  livre –

Bâtie à partir de documents inédits, s’inspirant des écrits de Charles de Foucauld et des enquêtes menées pour sa canonisation, cette biographie, la plus complète à ce jour, devrait devenir une référence.

Cinq ans après la mort du Pères de Foucauld les premières biographies apparaissaient, la première étant celle de René Bazin en 1921. Mais bien souvent elles n’évitaient pas le style hagiographique occultant ainsi certains traits de la personnalité  du personnage. Cette dernière biographie, publiée pour le centenaire de sa mort, bénéficie d’un des meilleurs connaisseurs du Père de Foucauld : en tant qu’archiviste de sa cause de béatification, l’auteur a eu accès à des documents jusque-là inédits.

En retraçant toute la vie de ce cet officier, du brillant explorateur du Sahara, de ce prêtre ermite au milieu des Touaregs, de cette âme assoiffée de solitude et animée d’un zèle missionnaire, l’auteur sait se montrer objectif en s’en tenant rien qu’aux faits. En même temps il a su éviter les questions polémiques (la position du Frère Charles sur la colonisation, son statut particulier en tant que prêtre, les questions soulevées lors de sa mort en 1916…). Grâce aux documents inédits Pierre Sourisseau nous livre le portrait de celui qui fut longtemps un officier avide de plaisirs avant de devenir un être toujours en recherche de sa vocation, le croyant qui a trouvé un soutien dans l’abbé Huvelin, son directeur spirituel ou dans ses relations familiales,  un ermite qui se voulait missionnaire et rêvait de fonder des fraternités.
En même temps nous découvrons le scientifique : géographe de l’Afrique du Nord, linguiste qui a étudié la langue touareg. L’auteur n’oublie pas non plus de souligner ses rapports avec ses anciens condisciples de l’armée qui stationnaient en Algérie.

Il s’attache également à deux aspects de la vie du bienheureux, peut-être moins développés ailleurs et qui demeurent encore dans l'ombre aujourd'hui: son œuvre, exceptionnelle de géographe de lAfrique du Nord et de linguiste de la langue touarègue de même que ses rapports, nombreux avec l’armée française dont il fit jadis partie. Enfin, il montre bien aussi que, selon une expression même de Huvelin dans une lettre à Madame de Bondy, Foucauld « n’a guère les qualités d’un fondateur ». Pour autant, ce dernier fait preuve d’une « force hors du commun, aussi bien physiquement que moralement ».

Ainsi, l’on découvre au cours de cette œuvre le but du Père de Foucauld : « faire passer ce qu’il découvre de Jésus, ouvrier à Nazareth, dans le concret et le réel de sa vie personnelle ». Ce programme de toute sa vie sera interrompu tragiquement le 1er décembre 1916 après onze années passées dans son ermitage de Tamanrasset. Au final on peut dire que celui qui se voulait « frère universel » aura consacré sa vie au service de sa mission : ainsi comme le dit à ce propos le Père Sourisseau  « le service fraternel est la raison profonde de son emploi du temps ».

Cette biographie est construite de façon à donner dans sa continuité les principales étapes d’une vie toujours en mouvement et digne d’être un véritable roman d’aventures.



Biographie de l'auteur
Pierre SOURISSEAU est depuis plus de trente ans archiviste de la cause de canonisation. Licencié en théologie, expert référent pour les Amitiés et la Famille spirituelle de Charles de Foucauld, il fait des articles et des conférences sur les multiples aspects de la figure du bienheureux Charles de Foucauld.


Biographie de Charles de Foucauld (1858-1916)

 Charles de Foucauld (Frère Charles de Jésus) naquit à Strasbourg, en France, le 15 septembre 1858. Orphelin à six ans, il fut élevé, avec sa soeur Marie, par son grand-père, dont il suivit les déplacements dus à sa carrière militaire.
Adolescent, il s'éloigna de la foi. Connu pour son goût de la vie facile, il révéla cependant une volonté forte et constante dans les difficultés. Il entreprit une périlleuse exploration au Maroc (1883-1884). Le témoignage de la foi des musulmans réveilla en lui la question de Dieu:   "Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse".
De retour en France, touché par l'accueil affectueux et discret de sa famille profondément chrétienne, il se mit en quête. Guidé par un prêtre, l'abbé Huvelin, il retrouva Dieu en octobre 1886. Il avait 28 ans. "Aussitôt que je crus qu'il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui".
Un pèlerinage en Terre Sainte lui révéla sa vocation: suivre Jésus dans sa vie de Nazareth. Il passa sept années à la Trappe, d'abord à Notre-Dame des Neiges, puis à Akbès, en Syrie. Il vécut ensuite seul dans la prière et l'adoration près des Clarisses de Nazareth.
Ordonné prêtre à 43 ans (1901), il partit au Sahara, d'abord à Beni-Abbès, puis à Tamanrasset parmi les Touaregs du Hoggar. Il voulait rejoindre ceux qui étaient le plus loin, "les plus délaissés, les plus abandonnés". Il voulait que chacun de ceux qui l'approchaient le considère comme un frère, "le frère universel". Il voulait "crier l'Évangile par toute sa vie" dans un grand respect de la culture et de la foi de ceux au milieu desquels il vivait. "Je voudrais être assez bon pour qu'on dise: Si tel est le serviteur, comment donc est le Maître?".
Le soir du 1 décembre 1916, il fut tué pas une bande qui avait encerclé sa maison.
Il avait toujours rêvé de partager sa vocation avec d'autres: après avoir écrit plusieurs règles religieuses, il pensa que cette "vie de Nazareth" pouvait être vécue partout et par tous. Aujourd'hui, la "famille spirituelle de Charles de Foucauld" comprend plusieurs associations de fidèles, des communautés religieuses et des instituts séculiers de laïcs ou de prêtres.

On ne saurait terminer sans donner la prière bien connue du Père Charles de Foucauld. En 1896, alors qu'il est encore à la Trappe d'Akbès, il médite sur la dernière parole de Jésus, rapportée par l'Evangile selon Saint Luc (23,46): « Père, je remets mon esprit entre tes mains! ».

« Mon Père, je me remets entre Vos mains: mon Père, je me confie à Vous, mon Père, je m'abandonne à Vous; mon Père, faites de moi ce qu'il Vous plaira; quoique Vous fassiez de moi, je vous remercie; merci de tout; je suis prêt à tout; j’accepte tout; je Vous remercie de tout; Pourvu que Votre Volonté se fasse en moi, mon Dieu, pourvu que Votre Volonté se fasse en toutes Vos créatures, en tous Vos enfants, en tous ceux que Votre Coeur aime, je ne désire rien d'autre, mon Dieu; je remets mon âme entre Vos mains; je vous la donne, mon Dieu, avec tout l'amour de mon coeur, parce que je Vous aime, et que ce m'est un besoin d'amour de me donner, de me remettre en Vos mains sans mesure; je me remets entre Vos mains avec une infinie confiance, car Vous êtes mon Père. »


 Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles
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