vendredi 25 mars 2016

Commémorations nationales

Le projet de ce volume est dessiné par Catherine Bréchignac, membre du Haut comité des Commémorations nationales : « l’entreprise mémorielle est incomplète, risquée, souvent suspectée d’arbitraire voire d’amnésie [...] si la commémoration se limitait à n’être que la sanctification laïque d’un personnage, d’un événement, d’une œuvre, elle manquerait une grande part de sa portée » (p 7 et 9).
En 300 pages, avec 105 auteurs, la Mission aux Commémorations nationales balaie chaque année les anniversaires essentiels pour la France : arts, littérature, technique, événements politiques, économiques, militaires sont traités par ce que notre pays compte de meilleurs spécialistes pour chacune des questions. Le 1700e anniversaire présumé de la naissance de saint Martin (316) est rappelé. Lucien Bély évoque la fondation, en 966, de l’abbaye du Mont-Saint-Michel où les Normands s’appuient sur un sanctuaire créé en 708 (p 29-31). Cédric Michon, aux pages 42-43, explique l’importance du concordat de Bologne (1516) entre le pape Léon X et François 1er. Les incidences de cet accord sont de même ampleur pour l’histoire de l’Eglise et pour l’histoire de France. La vie de Charles de Foucauld (1858-1916) est décrite par Christine Jordis (p 207-209).

Les questions d’éducation scolaire au XIXe siècle, où l’Eglise a pris tant de part, sont le sujet de plusieurs articles. Parmi eux, retenons la fondation des Orphelins-Apprentis d’Auteuil par l’abbé Roussel (p 145-146), article rédigé par Alexandre Jardin.
Les Alpes, et particulièrement celles du sud, sont évidemment représentées avec l’érection de la Savoie en duché durant le règne d’Amédée VIII/Félix V (p 36) et la commémoration du décès de Paul Reynaud, originaire de Barcelonnette, en 1966 (p 234-235). La mort de Gondebaud (516) et le naufrage de la frégate La Méduse (p 127-130) ne sont pas traités sous l’angle régional. Pourtant l’expansion burgonde a eu une influence politique et religieuse pour les diocèses de Gap et d’Embrun comme l’a montré Odette Pontal dans l’Histoire des conciles mérovingiens (Le Cerf, 1989). Alexandre Corréard (1788-1857), quant à lui, est l’un des naufragés survivants de La Méduse : il est né à Serres. Edmond Hugues lui a consacré un article dans le Bulletin de la Société d’Etudes des Hautes-Alpes (1920, p 3-24). Il est à souhaiter que les Commémorations nationales donnent plus de place aux Hautes-Alpes, totalement absentes de ce volume, dans les années à venir.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun


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