lundi 9 juillet 2018

Byzance : un empire de mille ans


Byzance, l’empire de mille ans
In Les Collections de l’Histoire –
Numéro 80 - juillet-septembre 2018


« L’Empire byzantin a été chez nous sévèrement jugé (..). On n’a toujours tenu compte de la situation exceptionnelle dans laquelle a vécu cet empire, entre l’Occident germain et l’Orient slave, turc ou arabe. On a été impitoyable pour ses vices, sans faire attention à toutes ses vertus qu’il lui a fallu pour survivre mile ans à l’Empire romain d’Occident (…). Qu’on cite un seul état de notre Europe qui a du subir de tels assauts. Au IVè siècle les Goths ; au Vè les Huns et les Vandales ; au Viè les Slaves et les Antes ; au VIIè les Perses, s, les Avars et les Arabes ; du Viiè au Xè les Bulgares, les Russes, les Hongrois […] au XVè les Ottomans. De l’Occident lui viennent les Normands, les Croisés de 1098 et de 1202. Parfois l’empire parait accablé […]. Tout à coup, au sein de cette civilisation fatiguée, [… ] se manifeste une juvénilité nouvelle ; du fond de cette décrépitude apparente, jaillit une renaissance : un Bélissaire, un Basile II, un Nicéphore Phocas […] se révèlent […]. Qu’on se figure ce que pouvait être l’existence des citoyens de Constantinople : tous les raffinements de la civilisation sous la menace permanente de l’invasion […]. A certaines époques, on pouvait être, pour peu que l’on se hasardât  dans la campagne, pris dans le lacet d’un maraudeur slave, crucifié par les Russes, capturé par les pirates arabes, empalé par les Turcs.  En dépit des cataclysmes qui, tous les cinquante ans, menacent de la submerger […] Constantinople reste le siège d’une brillante civilisation »
Texte de Alfred RAMBAUD dans la préface de son ouvrage L’Empire grec au Xè siècle. Constantin Porphyrogénète en 1870.

Ce court extrait (placé en tête de ce numéro) résume assez bien le miracle de cet empire : comment cet empire, attaqué par les Perses ou les Arabes, a-t-il pu durer mille ans ?...
En Occident, Byzance a été reléguée à la marge. Pourtant, pendant mille ans, après la chute de Rome, elle a maintenu à l’est de la Méditerranée un empire qui rassemblait des Grecs, mais aussi des Latins, des Slaves, des Arméniens ou des Arabes.
Sans cesse convoité, cet empire a su manier l’art de la diplomatie et subjuguer ses puissants voisins, même amputé de la majorité de son territoire. Cet empire fut aussi un centre culturel et religieux de premier ordre en lutte avec Rome pour la suprématie du monde chrétien jusqu’à la rupture en 1054 et définitive en 1202 après le sac de Constantinople par les Croisés.
Lorsqu’en 1453 les Turcs prennent Constantinople, l’État byzantin a disparu. Mais pas l’idée impériale. Mehmed II se fait reconnaître comme le nouveau basileus. Avant que les tsars de Russie ne captent son double héritage impérial et orthodoxe.
Par Marie-France Auzépy, Patrick Boucheron, Béatrice Caseau, Jean-Claude Cheynet, Gilbert Dagron, Olivier Delouis, Alain Ducellier, Raúl Estangüi Gómez, Michel Kaplan, Sophie Métivier, Vincent Puech, Maurice Sartre, Georges Sidéris, Georges Tate, Stéphane Yerasimos.

Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

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