lundi 22 août 2016

Aux origines de l'Islam









Le messie et son prophète : aux origines de l’Islam.Tome I : De Quram à MuhammadTome II : De Muhammad des Califes aux Muhammad de l’histoireEdouard-Marie GallezVersailles, Editions de Paris, 2010-2012. 2 volumes (574 pages, 524 pages)


Ces deux gros volumes présentent la thèse de Edouard-Marie Gallez pour le doctorat en théologie/histoire des religions soutenue à l’Université de Strasbourg II en 2004. C’est le résultat de plus de dix ans de recherches qui se répartit en deux tomes : le premier et axé sur le phénomène messianique et le second sur les questions islamologiques.

Pour l’auteur l’Islam s’enracine dans le judaïsme et le christianisme à travers les dérives de sectes  judéo-chrétiennes  qui avaient transformé le messianisme biblique en idéologie du salut : ils attendaient la seconde venue du messie qui dominerait la terre, la soumettant au pouvoir absolu de « Dieu » mais surtout de ses fidèles.
En partant d’une interprétation nouvelle des textes et des vestiges archéologiques l’auteur montre comment il est possible à l’historien de suivre cette pensée messianique qui se fait jour au IIè siècle de notre ère : il s’agit d’un système de pensée  qui de la fin du Ier siècle à la fin du Vième siècle donne naissance à une éphémère communauté judéo-arabe pour donner naissance à l’Islam tel qu’on le présente aujourd’hui.

Dans le premier tome l’auteur s’attache à déconstruire des certitudes :
- l’islam est né de la conjonction, dans la première moitié du VIIee siècle, de trois éléments qui vont se conjugués pour donner naissance à à l’Islam : les arabes qui avaient sans doute un vernis de christianisme, la présence de chrétiens appelés judéos-nazaréens porteurs d’une idéologie messianique de conquête, et pour finir le charisme d’un chef de guerre Mahomet appartenant à tribu arabe qui va permettre la réalisation d’une partie de cet objectif.une dans une alliance objective :

Dans le second tome Edouard-Marie Gallez donne une autre perspective sur le personnage de Mahomet et sur la diffusion de l’Islam par les califes qui se sont succédés  après la mort de Mahomet pour prendre le pouvoir .

 Délaissant les biographies officielles  E.-M. Gallez livre un autre portrait de Mahomet, loin de celle du prophète à qui l’ange Gabriel aurait révélé le Coran. Il dépeint un de ces hommes qui marque l’histoire par leur forte personnalité. En effet, il fut à la fois négociant, prédicateur, conquérant et chef d’Etat. Chef charismatique il va réussir à fédérer les tribus arabes, leur imposer une idéologie guerrière en  reprenant à son compte les idées messianiques des judéo-chrétiens qu’il connaissait bien pour les avoir côtoyés grâce à son métier de négociant à travers le Moyen-Orient. Ses qualités vont lui permettre d imposer une théocratie qui sera reprise et développée par ce qu’on appelle le califat.
Ainsi le Coran loin d’être un texte venant de Dieu lui-même serait le résultat d’une compilation de sources à la fois juives et chrétiennes. Ceci expliquerait alors pourquoi l’on y trouve de nombreux éléments que l’on peut retrouver  à la fois dans la Bible hébraïque et la Bible chrétienne. D’autre part l’on sait que le canon définitif fut élaboré après la mort de Mahomet par le premier calife Abû Bakr.


Conclusion

Cette analyse éclaire d’un jour nouveau - mais bien  loin de ce que l’on peut lire ou entendre -  cette période encore très mal connue de l’histoire du Proche-Orient. Les conclusions qu’en tirent l’auteur ne sont peut-être pour l’instant qu’une hypothèse scientifique que d’autres recherches historiographiques devront confirmer ou infirmer

publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles




Enregistrer un commentaire