mercredi 18 mars 2015

Dessine-moi la Guyane : l’histoire du diocèse de Cayenne

Dessine-moi la Guyane : histoire du diocèse, Strasbourg, Editions du Signe, 2013, 143 p.


Dans sa collection sur les diocèses français, les Editions du Signe ont publié un volume sur celui de Cayenne, qui s’étend géographiquement sur l’ensemble du territoire départemental de la Guyane, en Amérique du Sud.
L’évangélisation commence avec l’arrivée des Européens et, parmi eux, des premiers prêtres : Capucins en 1612 (p 7), Jésuites en 1667. Chez les Jésuites, la place de Pierre Aimé Lombard est rappelée (p 48). Il utilise la langue amérindienne pour évangéliser. Cet ancien professeur à Avignon et à Embrun est missionnaire à Karouabo et à Kourou (voir Eglise dans les Hautes-Alpes, n° 30, février 2008, p 15 : Marie Polderman, « Aimé Lombard : un Haut-Alpin missionnaire en Guyane, 1708-1748 »).
La mission de Cayenne devient préfecture apostolique en 1731, vicariat apostolique en 1932 puis est érigée en diocèse le 29 février 1956.
Une partie de l’ouvrage est consacrée à la Guyane « terre de peuplement, terre de déportations » (p 9-12). A la Révolution française des « opposants politiques et de nombreux prêtres réfractaires ou non sont déportés à Sinnamary et à Counamama ». Cette situation des prêtres déportés en Guyane est, par exemple, évoquée dans la Monographie d’Abriès (p 184) pour l’abbé Pierre Peyras-Bourcier. Il y meurt le 15 décembre 1798 selon l’ouvrage édité par Jean-Gérard Lapacherie, le 15 novembre 1798 selon le site diocese.cayenne.free.fr. Une étude archéologique et historique sérieuse et de grande ampleur sur cette question est attendue, au moins pour que la toponymie soit fixée (Counamama n’est pas Sinnamary) et que cessent la circulation de chiffres fantaisistes et de notions fausses (un bagne ouvert entre 1852 et 1854 n’a pu accueillir des prêtres en 1797 comme cela se lit parfois). Vous trouverez
La bienheureuse Anne-Marie Javouhey, fondatrice des sœurs de Saint-Joseph de Cluny au XIXe siècle, mène des actions en faveur des esclaves et de l’enseignement (p 64-69). Les Franciscaines missionnaires de Marie, de leur côté, agissent au XXe siècle contre le bacille de la lèpre et pour l’éducation de la petite enfance.
Dessine-moi la Guyane n’est pas seulement un ouvrage d’histoire. Il est une fenêtre ouverte sur la Guyane d’aujourd’hui et la vie de ses communautés chrétiennes. Le livre évoque la toute nouvelle paroisse de la Miséricorde divine de Soula, érigée en raison de l’expansion démographique. De même est expliqué le pèlerinage diocésain à Notre-Dame des Douleurs (Sinnamary) célébré le 15 septembre, ou bien la vie de la chapelle du quartier Forget pour les légionnaires et les familles du 3e régiment étranger d’infanterie, bénite en 2012 par Mgr Luc Ravel, évêque aux armées françaises.
Cet ouvrage s’inscrit dans une lignée d’histoire de la Guyane telle celle de Marie Polderman pour la période coloniale. Il suscitera « de nouveaux travaux » et favorisera l’écoute entre les composantes de
la communauté guyanaise, répondant ainsi au vœu de l’évêque de Cayenne, Mgr Emmanuel Lafont dans la préface.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun
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