mercredi 4 mars 2015

LE JOURNAL SPIRITUEL DU PERE LAGRANGE




MARIE-JOSEPH LAGRANGE
Journal spirituel
Paris, les Editions du Cerf, 2014. 522 pages.

À l’heure où meurent les chrétiens d’Orient, voici la saga de la plus belle aventure française, religieuse, intellectuelle et humaine en Terre sainte. Dominicain, savant, voyageur, explorateur, dissident et prophète, tel fut Marie-Joseph Lagrange (1855-1938), fondateur de l’École biblique de Jérusalem.

Ce Journal spirituel d’une vie plus que journal intime, ce texte inédit ne présente pas seulement un extraordinaire parcours dans l’histoire, mais encore un cheminement dans la foi. Quels que soient les événements, la réflexion du père Lagrange est celle d’un scientifique, jamais hâtive, toujours irriguée par les leçons de l’Évangile. C’est aussi un exercice d’admiration à propos d’une multitude de saints, comme Thérèse d Ávila, et une grande vénération pour Marie.Dans ces carnets où il notait des réflexions sur sa vie intérieure, des notes d’examen de conscience ou de retraite, des souvenirs d’événements marquants, des idées pour son travail, on est témoin de la compréhension de soi-même de ce dominicain, depuis son entrée au séminaire puis au noviciat, jusqu’à sa longue carrière d’exégète dans une Église secouée par la crise moderniste. Rappelons qu’il mourut cinq ans avant l’encyclique Divino Afflante Spiritu, qui libéralisa enfin l’exégèse scientifique dans l’Église catholique.
Si le P. Lagrange avait l’ambition de concilier la foi de l’Église avec l’exégèse scientifique. On le découvre déchiré entre un idéal spirituel extérieur de sacrifice, reposant sur des observances et mortifications auxquelles il ne se soumet jamais complètement, et cette mission reçue de l’étude, qui l’en détourne. Il va jusqu’à parler de « cette vie religieuse manquée ». Il manifeste toutefois un peu de dévotion sur le tard en travaillant les évangiles, mais le bilan reste tragique : « Je ne regrette pas le travail que j’ai fait sans m’appliquer à Dieu, mais pour Dieu : je regrette plutôt de n’avoir pas cherché mon repos et ma consolation en Dieu. » 

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