samedi 8 août 2015

LA GRANDE GUERRE VU PAR UN SOLDAT

Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier 1914-1918
Paris, le livre de poche 2013

Louis Barthas
Rémy CAZALS (Postface, Préface)


En 1914, Louis Barthas a trente-cinq ans. Tonnelier dans son village de l'Aude – Peyriac-Minervois –, il est mobilisé au 280 e d'infanterie basé à Narbonne. Il fera toute la guerre comme capora au 80è régiment d’infanterie basé à Narbonne (comme le 17è célèbré par la chanson populaire pour sa mutinerie en 1907 lors des manifestations de vignerons languedociens).
Louis Bartahs passera toute la guerre au front : les périodes de repos sont prises à quelques kilomètres en arrière du front, avec de rares permissions. Son régiment jusqu’à sa dissolution, fait partie des unités rurales qui servent de chair à canons pour les grandes opérations  Il connaîtra la Somme, le secteur sinistre de Lorette, Verdun, la Somme, l'offensive du Chemin des Dames la boue, les rats et les poux ; les attaques au-devant des mitrailleuses et les bombardements écrasants ; les absurdités du commandement, les mutineries de 1917, les tentatives de fraternisation, l’offensive allemande de 1918.
Louis Barthas  n’avait pas son certificat d’études ; du pays de Jaurès il était socialiste, syndicaliste ; il avait participé à la création du syndicat des ouvriers agricoles de Peyriac. Il écrit : « Je serai toujours fidèle à mes principes de socialiste, d’humantaire, de vrai chrétien même… »
Au front il   note tout ce qu'il voit, tout ce qu'il ressent sur n’importe quel papier, sur des feuilles disparates qu’il rapporte maculées de boues. En même temps il envoie de nombreuses lettres et cartes postales à sa femme et à ses enfants. Tout cela lui servira après sa démobilisation en 1919 à consigner ses souvenirs : de retour chez lui, survivant, il va rédiger au propre son journal de guerre, à l'encre violette, sur dix-neuf cahiers d'écolier. Sens de l'observation précise, lucidité, émotion et humour mêlés révèlent chez le caporal tonnelier un talent d'écrivain qui n'est gâté par aucune recherche d'effets littéraires.
Si les mémoires de guerre sont abondantes ceux des soldats du rang sont rares, plus rares ceux qui parlent de la vie au front sur une telle durée et qui ont été rédigées immédiatement et sans aucun recul.

Le livre a été mis au point par ses petits-enfants et il préfacé par Rémy Cazals dans le cadre de la Fédération audoise des œuvres laïques pour faire connaître les témoins de la Grande Guerre. Il est devenu un classique – plus de 100 000 exemplaires vendus 

publication : Claude Tricoire
                     bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

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